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samedi 17 novembre 2018

Un Suisse heureux au milieu de ses vignes et de ses oliviers bio

Publié le 17. SEPTEMBRE 2018 - 17:33 par Rachid Khechana, Tunis
Au départ, il cherchait juste un ancrage pour son bateau. Aujourd’hui, avec ses deux associés, il exploite un domaine agricole bio. Histoire d’un coup de cœur pour la Tunisie.
David Rachex (à gauche), avec ses associés tunisien, français et suisse.
(swissinfo.ch)
Lorsqu’ils arrivent pour la première fois en Tunisie, à Hammamet, David Rachex, sa femme abPeggy et leurs deux garçons aujourd’hui âgés de 15 et 18 ans, ne cherchent rien d’autre qu’un anneau pour l’hivernage de leur bateau.
Mais très vite, la famille succombe au charme de la région. En partenariat avec deux autres promoteurs, un Tunisien et un Suisse, elle décide de valoriser un domaine agricole, à Takelsa, et d’y développer un projet d’arboriculture fruitière biologique.
Quatre ans après, les affaires ont prospéré. Aujourd’hui, la société «Bio Natura», chargée de la gestion de cette exploitation, exporte, avec succès, des produits de terroir bio. David Rachex raconte son parcours d’investisseur.

swissinfo.ch: Pourquoi avez-vous choisi de venir en Tunisie?

David Rachex: Quand nous sommes arrivés en 2007, c’était un peu par défaut. Nous cherchions une place pour l’hivernage de notre bateau, et nous ne l’avions pas trouvée en France à l’époque. Tout le monde nous disait de venir tenter notre chance en Tunisie, à la marina d’Hammamet.
Après quatre journées passées ici, nous sommes repartis enchantés. Il y a vraiment eu un coup de cœur. Nous avons compris que ce pays est complètement différent de l'image qu’on pouvait en avoir depuis l'Europe.
David Rachex en famille.
(swissinfo.ch)

Comment vous en êtes venu au projet agricole à Takelsa?

Notre ami Chiheb Khiari, qui est un promoteur à Tunis, m’a emmené un jour au Cap Bon [province agricole à l’est de la capitale] et m’a dit: «écoute, je te présente ce terrain, c’est le mien. Je voudrais y développer un projet agricole avec toi».
En arrivant sur place, j'ai eu un autre coup de cœur. L’emplacement est magnifique, mais ni moi ni notre partenaire suisse Jean Follonier n’avions la moindre expérience dans ce domaine. J’ai dit: «l'idée me plait beaucoup, mais je ne suis pas capable, je n'ai pas les compétences pour cela». Chiheb m’a répondu que faire du vin, cela pouvait s’apprendre, comme tout le reste.
On avait le terrain et les hommes, ne restait que l'envie. Nous sommes donc partis sur ce projet un peu fou, à Takelsa. Le terrain fait 90 hectares au total et à ce jour, nous en exploitons 25, dont 14 de vignes. C'est un environnement vraiment privilégié pour l'agriculture.

Comment se sont passés les premiers pas?

On a commencé à zéro. On a constitué la société, puis on a équipé les routes d'accès, installé un système d'irrigation et, bien sûr, planté des arbres: trois ans de travail.

Combien d'arbres avez-vous planté?

8000 oliviers, des grenadiers, des figuiers de barbarie, des amandiers et trois cépages de vigne sur la totalité des 14 hectares. On a également développé toute une filière par rapport à la stevia [plante dont on tire un édulcorant naturel] qui a le vent en poupe au Japon et aux Etats-Unis et même en Europe en ce moment.

Avez-vous souffert des tracasseries administratives en Tunisie?

En général, l'administration tunisienne est très compliquée, même si les individus en eux-mêmes font tout ce qu’ils peuvent pour vous aider. Le mécanisme demeure très lourd. C’est vraiment fatigant quand on n’y est pas habitué.
Par exemple, quand on a affaire à la douane pour importer ou exporter, c'est très compliqué. Avant la révolution, on était facilement approchés par des fonctionnaires corrompus du régime de l’ancien président.
Nous sommes une société et je ne suis pas le seul investisseur. Notre credo est de faire les choses avec rigueur et dans la légalité. C’est pourquoi, je m’étais interdit d’être tenté par tout recours aux moyens illégaux. Je ne pouvais pas engager mes associés dans de telles voies, car à mon avis c'est une vision à court terme. Parce qu’un jour ou l'autre il y aura un retour de manivelle.
Derrière la haie, le domaine des vignes et des fruits.
(swissinfo.ch)

Donc, vous avez résisté et refusé de jouer le jeu des corrupteurs?

Oui bien sûr, mais c'est dommage que la corruption ait été si répandue avant la révolution. Il y a beaucoup d'investisseurs qui ont essayé de lancer des projets ici mais ils ont très vite jeté l’éponge à cause de ce fléau. Car quand on veut exporter, la coopération avec des services administratifs et douaniers professionnels et intègres est capitale pour le succès de tout projet.

jeudi 15 juin 2017

Caves Ceptune par un élaborateur tuniso-suisse

La Société Ceptunes a été fondée le 16 août 2000 et la Cave Vinicole de Grombalia (Tunisie) a été construite en 2002, date de son premier millésime. GROMBALIA est une ville tunisienne d’origine andalouse, située à la péninsule du Cap Bon (à une trentaine de km au sud de Tunis et de Carthage). Grombalia se distingue par ses terres fertiles, son climat modéré, dont la viticulture est une activité phare de la région. Lors de la rencontre internationale sur la vigne or...ganisée à Rome le 30 octobre 1987, on lui procure le titre de « VILLE INTERNATIONALE DE LA VIGNE ».





Un élaborateur tuniso-suisse qui élabore depuis 2001 la série très abordable Jour et Nuit dans les trois couleurs – des vins de bonne facture pour le prix – et quelques cuvées plus élaborées comme Château Maria, Clos de Carthage, et le haut de gamme Didona. Les raisins proviennent de partenariats avec des vignerons locaux. La cave souterraine est équipée de matériel moderne et performant.

Source



Avec CEPTUNES, le vent du renouveau souffle sur le vin tunisien !

Par : Tallel 11 juillet 2007



En prélude à sa participation au Salon international d’agriculture, du
machinisme agricole et de la pêche (SIAMAP), nous avons rencontré M. Ludovic
Pochard, Directeur général de la société CEPTUNES –la Cave Viticole d’El
Karmia, située entre Tunis et Hammamet, près de Grombalia. Petite par sa
taille, CEPTUNES n’en constitue pas moins le renouveau du vin tunisien qui
n’arrivait pas à trouver sa place dans le concert des nations vinicoles
mondiales.

 

Il faut dire que
CEPTUNES a vite parié sur la modernité et surtout élevé la qualité au rang
de priorité absolue, un pari vite récompensé puisqu’elle a déjà récolté
trois distinctions internationales obtenues en 2005, 2006 et 2007. Entretien
et visite guidée avec le patron de cette entreprise émergente qui fait déjà
parler d’elle !  


Pour commencer,
pourriez-vous nous faire un état des lieux de votre entreprise ?


Ludovic Pochard
 :
La société Ceptunes, de ‘’Cep’’= pied de vigne, et Tunes= ancien nom de
Tunis à proximité de Carthage, le tout signifiant ‘’la vigne de Tunisie’’, a
été créée en 2002 -exactement le 26 juillet, presque 5 ans jour pour jour-
suite à projet de partenariat tuniso-suisse. Mais une restructuration du
capital a permis d’avoir, aujourd’hui, 95% tunisien et 5% suisse.

Je précise également
que Ceptunes n’a pas de domaine ; nous avons deux hectares de terre, mais
nous avons arraché la vieille vigne de Carignon et en lieu et place nous
sommes en train de faire des céréales d’ici 5 ans pour aseptiser et
dépolluer un peu le sol, avant de replanter de nouveau la vigne.


Dans ce cas, comment
vous approvisionnez votre usine ?

Actuellement, nous
avons des contrats avec les viticulteurs qui nous fournissent les raisins ;
on les conseille depuis la taille jusqu’à la récolte, c’est-à-dire
l’irrigation, les fertilisants, le traitement… et au moment de la récolte,
nous ramassons les raisins et les ramenons à Ceptunes.

Toute la récolte se
fait uniquement dans des caisses plastiques, et le transport c’est 1H de
route par camion… ce qui évite l’éclatement des raisins durant le trajet et
donc l’oxydation du futur jus.

Dès leur arrivée, les
raisins sont directement acheminés sur la table de tri, où une vingtaine de
femmes travaillent pendant la saison pour faire le tri, comme son l’indique
(tous les raisins non mûrs, ceux abîmés par les oiseaux et insectes vont
être mis de côté) afin de faire rentrer uniquement les raisins propres et
sains.

Puis, une machine de
séparer la partie végétale appelée la ‘’rafle’’ -qui contient de l’eau et le
fruit- dont la présence fait que le vin est dilué, donc entraîne la
diminution du taux d’alcoolémie.

Par ailleurs, toutes
les cuves (une quarantaine au total) sont équipées avec du matériel italien,
parce que nous avons été financés avec une ligne de crédit italienne ; et
l’investissement a coûté environ 7 millions de dinars.

Elles sont à 100%
inox, c’est la pointe de la technologie dans l’industrie agroalimentaire, ce
qui a permis d’avoir une bonne hygiène de nettoyage. En tout cas, pour le
traitement des vins, c’est très efficace.

La cave se trouve à 4
mètres sous terre afin de bénéficier de la fraîcheur, car tout au long de
l’année, la température n’y dépasse pas 20° -et l’hiver, on est beaucoup
plus bas. De plus, toutes les cuves sont thermo-régulées , c’est-à-dire
qu’on peut aussi bien refroidir que chauffer les vins, sachant que le blanc
et le rosé sont fermentés entre 16 et 18°, alors que le rouge l’est entre 20
et 28°. C’est donc important de varier entre les températures. 


Combien de litres vous
produisez-vous par an ?

Nous produisons
pratiquement 5.000 hectolitres par an –on a une capacité d’en faire un plus,
mais pour l’instant on se contente de faire cette quantité-, soit entre 750
et 800.000 bouteilles par an.


Tout est destiné au
marché local ?

Non, on exporte 70% de
notre production, et le reste, soit 30% pour le marché local. Ceci dit, on
voudrait faire un peu plus pour le marché local, mais malheureusement nos
critères d’exportation ne nous permettent pas d’en faire davantage.


Sur quels marchés
exportez-vous ?

Nous exportons
essentiellement sur la France, Belgique, Suisse, Russie, Sénégal, Italie, et
peut-être bientôt le Canada (notamment le Québec).  


Comment est apprécié
le vin tunisien par les ‘’consommateurs’’ étrangers ?

Excellente question.
Je dois d’abord préciser que nous assistons au renouveau du vin tunisien,
car même si celui-ci existe depuis fort longtemps, il n’avait pas d’image
–ou une mauvaise image en tout cas. Donc, depuis l’an 2000, avec la
privatisation des terres étatiques, des partenariats tuniso-étrangers se
sont installés, et cela a permis une forte amélioration des vins tunisiens
qui trouvent maintenant une bonne place sur le marché mais qui restent très
concurrentiels, puisqu’on prend de plein fouet la concurrence, d’une part,
des vins européens, mais également ceux d’Amérique du Sud avec les vins
chiliens, argentins, et autres asiatiques (néo-zélandais, australiens…). Car
ces pays ont des coûts de production très faibles par rapport à la Tunisie,
ce qui fait que, pour avoir sa place sur ces marchés, il faut faire de gros
efforts sur les prix.


Sur le marché local,
quels sont vos concurrents ?

Il faut savoir que,
sur le plan local, Ceptunes est une petite entreprise comparée à l’UCCV, par
exemple, laquelle produit à elle seule presque la moitié de la production
nationale. Il faut savoir qu’on produit en Tunisie environ 400.000
hectolitres par an, dont environ 200.000 par UCCV. Viennent ensuite SICOV
–qui appartient à M. Boujnah-, la Cave vinicole de Bouargoub. A eux trois,
ils représentent quelque 80% de la production nationale. Et les 20% restants
se partagent entre tous les autres.


Combien de marques
sont produites par la Cave vinicole CEPTUNES ?  

Nous produisons 6
marques (‘’Clos de Carthage’’, ‘’Château Maria’’, ‘’Clos Mornag’’, Salammbo,
‘’Jour et Nuit’’ et ‘’Didona’’) en trois couleurs, Rouge, Blanc et Rosé.



Il paraîtrait que vous
prévoyiez de construire un restaurant panoramique à côté de l’usine.
Pourquoi ?

Tout à fait, nous
envisageons de construire, dans une prochaine étape, un grand restaurant
panoramique, dont le but est de développer le tourisme et le vitivinicole en
Tunisie. Les travaux devraient démarrer dès la fin de la saison des récoltes
de cette année.


Combien d’employés
comptez-vous ?

Entre 45 et 50
personnes, entre la cave, les commerciaux, les chauffeurs, les
administratifs.


La société Ceptunes
possède-t-elle des points de vente propres à elle ?

Malheureusement non.
On aimerait en avoir et pouvoir développer des petites boutiques de vin,
mais jusqu’à présent nous n’avons pas obtenu l’agrément.


Malgré les
difficultés, tout de même trois distinctions internationales … Ce n’est pas
mal non ?
                                            
Tout à fait. CEPTUNES
a obtenu cette année 2007 la ‘’Médaille d’Argent’’ à l’occasion du 15ème
concours de Sélection Mondiale des Vins Canada qui s’est déroulé au Québec
(Canada) du 3 au 9 février 2007, avec son Grand Cru «Didona Blanc»
(d’appellation contrôlée ‘’Sidi Salem’’).

medailvin.jpgLors du
SIAL (du 22 au 26 octobre 2006 à Paris), qui avait rassemblé les plus grands
pays producteurs vinicoles du monde, Ceptunes a été sélectionnée et primée
parmi les 33 vainqueurs du ‘’BEST BUY 2006’’, le concours des vins ayant le
meilleur qualité/prix pour son Premier Cru ‘’Jour et Nuit’’ (d’appellation
contrôlée «Sidi Salem»).

Mais cette aventure a
commencé en 2005, lorsque la Cave Ceptunes a participé aux Vinalies
internationales 2005 (Les Vins du Monde), une édition au cours de laquelle
la Médaille d’Argent lui a été décernée, avec son Grand Cru «Didona»
(d’appellation contrôlée ‘’Sidi Salem’’.

Tout ceci pour saluer
le mérite, certes, d’une entreprise émergente, mais également une heureuse
façon de d’offrir à la Tunisie une reconnaissance internationale.


Comment faites-vous
pour la promotion de vos vins à l’étranger ?

Nous avons participé
–et nous participons- aux plus importants salons… C’est ainsi que nous avons
participé aux salons de Paris et Montréal (SIAL) en collaboration avec le
CEPEX, et d’autres avec GIFRUITS (Groupement interprofessionnel des
fruits)…     

Enfin, en octobre
prochain, nous participerons bien entendu au SIAMAP 2007 (Salon
international d’agriculture, du machinisme agricole et de la pêche) au Kram
où nous sommes sponsors pour le dîner officiel qui sera offert aux invités
et autres participants de marque du Salon.


Maintenant, si vous
nous parliez de la législation tunisienne concernant votre secteur…

Il est vrai que la
Tunisie reste un pays arabo-musulman –et donc tout le respect pour chacun-,
mais il faut savoir qu’on produit en moyenne en Tunisie 400.000 hectolitres
de vin, un produit issu de la vigne tunisienne, laquelle est exploitée par
des agriculteurs tunisiens, autrement dit elle fait vivre de nombreuses
familles. D’un autre côté, les fabricants de bière produisent 5, 10, 15 fois
plus –l’un d’eux produirait à lui seul 1.200 hectolitres de bière par an,
soit 3 fois plus pour l’ensemble de la production nationale de vin. Mais
contrairement à la production de vin, on fabrique de la bière avec des
céréales dont une grosse quantité est importée. Maintenant la question qui
se pose est de savoir si ces derniers arrivent à nourrir autant de familles
que les fabricants de vin. En tout cas je me pose la question.

Par ailleurs, la
formule du tourisme ‘’all inclusive’’ pose un autre gros problème. Nous
avons bon an mal an plus de 5 millions de touristes par an, mais nos chers
partenaires clients hôteliers, pour rentrer dans leur coût de production,
nous demandent du vin à un prix qui ne peut acheter que la qualité moyenne
de nos vins. Du coup, le touriste, en dégustant le vin, va sentir qu’il
n’est pas de bonne qualité, alors que nous avons des très bons vins en
Tunisie. De ce fait, c’est une image négative de la qualité des vins
tunisiens qui est véhiculée à l’étranger, parce qu’à chaque fois que ces
touristes vont rencontrer un vin d’origine tunisienne, forcément ils
penseront qu’il s’agit du même vin qu’ils ont dégusté dans les hôtels
tunisiens. C’est une contre-publicité. Et c’est dommage, puisque je suis
persuadé qu’on peut exporter beaucoup plus de vin que nous ne le faisons
actuellement.


Dans ce cas, pour
avoir un meilleur qualité/prix, à quel prix le vin devrait être vendu aux
hôteliers/restaurateurs ?

Aujourd’hui, nous
vendons le vin à 1,116 dinar HT, c’est un prix qui a été plus ou moins
conventionné avec la Chambre syndicale (qui fait parie de l’UTICA). S’il
fallait proposer quelque chose de correct, il faudrait qu’on soit aux
alentours de 1,6 ou 1,8 dinar, cela pourrait nous donner un très bon rapport
qualité/prix. 


Est-ce que des
négociations sont engagées dans ce sens entre les parties concernées… ?

Les hôteliers et le
ministère du Tourisme sont sensibilisés à ce problème, et ils sont en train
de revoir la formule ‘’all inclusive’’, de passer davantage à des formules
demi pension…, par exemple. Ceci étant, je comprends la concurrence à
laquelle la Tunisie fait face en matière de tourisme, mais il est nécessaire
de faire un peu d’effort en ce sens.
Propos recueillis par
Tallel BAHOURY

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