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samedi 26 octobre 2019

Tunisie-Un médecin tunisien résident en Suisse fait don de trois ambulances au profit des hôpitaux tunisiens

Le directeur régional de la Santé à Tozeur, Nabih Ben Thabet a déclaré, ce mardi 22 octobre 2019, que “Najeh Farah”, un médecin tunisien résident en Suisse et originaire de la délégation de Metlaoui dans le gouvernorat de Gafsa, a fait don de trois ambulances et d’équipements médicaux au profit des hôpitaux de la région de Tozeur.




Lors de son intervention sur les ondes de Jawhara Fm, le responsable a fait savoir que les équipements médicaux seront répartis sur l’ensemble des établissements hospitaliers de la région en fonction des besoins.

Ecrit par Laameri Dorsaf le 22 octobre 2019


samedi 31 août 2019

La Tunisie serait la Suisse du Maghreb selon un grand responsable français

Par W.J. le premier février 2018



A l’occasion du forum économique France-Tunisie, le président de l’Association des Investisseurs européens en Tunisie, Alexandre Ratle a déclaré ce jeudi 1er février 2018, que la Tunisie serait la Suisse du Maghreb.

« Ce forum est extrêmement important. La transition démocratique tunisienne est réussie. Aujourd’hui, il faut œuvrer pour une transition économique, c’est à dire il faut donner une nouvelle impulsion à l’économie tunisienne et nous pensons, nous! investisseurs français avec nos 1490 entreprises que c’est notre rôle et notre devoir d’aider la Tunisie à franchir ce cap et à passer cette transition économique, c’est pour cela d’ailleurs que nous avons lancé un appel aux entreprises françaises pour qu’elles viennent investir en Tunisie.
Malheureusement les Tunisiens sont plus déprimés que les Français mais nous on a de l’espoir sur la Tunisie et lorsque vous avez un grand patron, qui vous dit que la Tunisie serait la Suisse du Maghreb, c’est une personne qui a une vision globale, une vision mondiale de ce qui se passe en économie, je crois qu’il faut la croire.

Il y a des participants de très très haut niveau à ce forum. Le panel que vous allez voir à la fin du forum, réunit Stéphane Richard, Jacques Séguéla, et Xavier Neil, même en France on aurait pas été capable de les réunir. Ils sont réunis aujourd’hui pour la Tunisie. C’est un vrai message d’amitié et de fraternité qu’on veut donner à tous les Tunisiens.« a-t-il exprimé.

Source

samedi 10 août 2019

Réaction d’une Tunisienne en Suisse : La Tunisie est une et indivisible

Publié le 7 Septembre, 2016 - 07:37



J’entends et je lis par ci par là des appels à la division, à la séparation, au partage des richesses du sol tunisien, chacun dans sa région, je ne sais pas si ces gens sont conscients? Il est certes inscrit dans l’histoire de ce pays que ses frontières n’ont fait que se rétrécir au fil des siècles, mais La Tunisie était déjà un état, elle était déjà une république même sous forme de principauté, sous forme beylicale, et sous toutes les formes! Ceux qui appellent à la déchéance de ce viel état, ceux qui prétendent que Kasserine ferait mieux de revenir à l’Algérie, je rappelle que le sang des Frechichs est en Tunisie et en Algérie et que des frontières n’ont jamais rompu les liens familiaux et cela ne risque pas d’arriver. Ceux qui appellent à la séparation du sud, je rappelle que le sang des gens du Djerid est partout en Tunisie. Je rappelle à ceux qui appellent à la déchéance de La Tunisie, qu’ils disparaîtront, mais elle pas! L’unicité du sol tunisien est intouchable, et c’est une « firchichia » qui le dit! Car je sais ce que la terre veut dire et je sais ce que patrie veut dire! Kasserine sans Gabes ne serait rien, et Tunis sans Tataouine perdrait sa beauté. Le Kef sans Medenine ce ne serait pas possible et Béjà sans Remada serait  inconcevable! Tout est dépendant de tout dans ce pays si singulier!
Je suis heureuse d’aller partout en Tunisie, je suis heureuse de me baigner où je veux, je suis heureuse de vivre où je veux, et surtout très heureuse de savoir qu’une assemblée nationale où sont présents, les gens du sud, du nord, de l’est et de l’ouest de La Tunisie, décident des lois bonnes et moins bonnes pour presque 12 millions de tunisiens.  
La Tunisie c’est tout cela, c’est ce beau panel de couleurs et caractères, et si vous voulez qu’un changement soit, il faut d’abord changer votre manière de penser et réfléchir à tête reposer sur ce qui est possible et ce qui ne l’est pas, et La Tunisie est intouchable dans son unicité et unité !
Ibtissem Bonvin

samedi 25 mai 2019

Etienne Thévoz : Le bio tunisien souffre d’un déficit de communication

Par : WMC avec TAP

“La Tunisie a un énorme potentiel en bio, mais elle accuse un déficit en matière de promotion de ses produits et de son savoir-faire en la matière, en Europe et particulièrement en Suisse. Venez donc nous montrer ce que vous savez faire ! Venez séduire nos consommateurs”, tel est le message de l’ambassadeur suisse en Tunisie, Etienne Thévoz, aux responsables et professionnels tunisiens du BIO.
L’ambassadeur, qui participait à un débat autour du thème ” Le marché Bio en Suisse et en Europe et le potentiel tunisien, organisé vendredi à Tunis, par le Conseil des chambres mixtes de Tunisie, a aussi, fait savoir que la Suisse est le pays qui consomme le plus de produits bio par habitant et que le chiffre d’affaires du marché bio s’y établit à 2,4 milliards d’euros.
Il a rappelé que ce marché est des plus exigeants en termes de conformité aux normes.
Intervenant, le consultant international en produits Bio, Udo Bürk, a souligné que “chez plusieurs suisses, la Tunisie est toujours associée à l’image du désert, des chameaux et des plages. Parmi les produits Bio que vous commercialisez, on ne connait pratiquement que l’huile d’olive et les dattes. Un effort en marketing est nécessaire pour améliorer le positionnement de la Tunisie, sur le marché bio mondial en général et suisse en particulier”.
Ce constat de déficit d’image n’était pas très partagé par les responsables tunisiens présents. Ainsi le ministre de l’agriculture, des ressources hydrauliques et de la pêche, Samir Taïeb, a tenu à rappeler que “la Tunisie est le premier pays africain et arabe ayant mis en place une réglementation spécifique à l’agriculture biologique depuis 1999. Elle occupe, par ailleurs, le 1er rang africain en superficies agricoles biologiques et le 23ème rang mondial sur 181 pays pratiquant le bio”.
Elle est aussi le 1er pays mondial en terme de superficies oléicoles biologiques”.
Il a encore affirmé que “la Tunisie est aussi l’unique pays africain et arabe qui bénéficie de la reconnaissance d’équivalence avec l’Union européenne pour l’exportation des produits biologiques et ce depuis 2009. Elle bénéficie également de la reconnaissance avec la Suisse depuis 2011 et de la reconduction indéterminée sur ce marché depuis juin 2015”.
Et de poursuivre “avec près de 8.000 intervenants dans le secteur de l’agriculture biologique et plus de 336.000 ha de superficies certifiées bio, la Tunisie a réussi à réaliser un chiffre d’affaires de près de 700 millions de dinars à travers l’exportation notamment de l’huile d’olive et de dattes, mais aussi de 60 autres produits bio”.
“La vision 2030 et la stratégie 2016-2020 pour le bio visent à bâtir un modèle bio tunisien via le développement de 5 bio territoires pilotes, de 20 filières de l’agriculture biologique et de 24 circuits de bio-tourisme”.
De son côté, le président de la chambre syndicale des exportateurs de l’huile d’olive, Abdessalem Eloued, a affirmé que ” l’image folklorique des chameaux et des plages est une fierté pour les tunisiens, mais elle ne traduit aucunement le présent du pays qui enregistre des avancées énormes notamment en matière d’agriculture biologique”.
Il a, toutefois, considéré que le renforcement des exportations bio vers le marché suisse dépend fortement de la révision de certains accords commerciaux notamment celui qui régit l’exportation de l’huile d’olive.
“Nous avons négocié avec les suisses un contingent annuel de 1.000 tonnes d’huile d’olive mais nous n’arrivons à exporter réellement que 200 à 300 tonnes à cause de certaines barrières tarifaires relatives notamment à l’emballage. Nous avons revendiqué depuis 2012, la révision de cet accord qui engendre un manque à gagner pour nous, de plus de 10 millions de dinars annuellement mais rien n’a été fait dans ce sens”.
Eloued a également exhorté les professionnels du bio à se regrouper dans des chambres et des groupement professionnels à l’instar des filières de l’huile d’olive et des dattes, à travailler plus sur la certification et à veiller à une meilleure valeur ajoutée de leur produits.

samedi 11 mai 2019

ENTREPRISE TUNISIENNE DE SPORTS D'HIVER Des snowboards dans le désert

Par Antoine Harari et Valeria Mazzucchi, Tunis, le 4 janvier 2019

Ancienne propriété de la marque suisse de snowboard Nidecker, la société tunisienne Meditec travaille aujourd’hui avec plus de 20 marques. Parmi elles, l'entreprise helvétique West.
Une employée de l'usine tunisienne de snowboards Meditec. (Antoine Harari) + vidéos disponibles sur l'article original source en bas de page. 
Arrivé en lisière d’une zone industrielle, à une dizaine de kilomètres de Tunis, le chauffeur de taxi s’arrête d’un coup. «Meditec, c’est ici», nous lance-t-il. Un bâtiment en tôle bleu s’élève derrière un mur d’enceinte. Le responsable de projet de l’entreprise, Rami Oueslati, vient à notre rencontre. 
Ce trentenaire dynamique s’empresse de nous montrer les différents ateliers où les snowboards sont conçus. Il nous emmène ensuite dans les bureaux du directeur, Ali Kouki. «Cette entreprise était en mains de Nidecker jusqu’en 2011. J’ai eu l’idée de la reprendre l’année suivante, en partenariat avec d’autres investisseurs. Mais l’usine existe depuis 1993 et nous avons gardé la plupart des employés historiques», explique cet ancien champion de kitesurf en Tunisie. Ici, une septantaine d’employés s’affairent autour des planches en bois qui seront transformées petit à petit en engins de glisse.

Un savoir-faire, sans neige

«Ici, même si nous avons des machines, la plupart des étapes se font à la main, explique Rami Oueslati. Au début, nos clients se méfiaient un peu, vu qu’il ne neige pratiquement jamais en Tunisie. Mais très vite, ils ont pu constater notre savoir-faire et notre rigueur». Quant aux employés, Rami Oueslati assure: «Nous leur montrons souvent des vidéos des snowboards qu’ils construisent. Même s’ils n’en ont jamais fait, ils sont très fiers de voir leurs créations à la télévision».

Tout en se dirigeant vers la presse qui permettra au snowboard d’épouser sa forme finale, le responsable de projet continue sa présentation: «Nous produisons près de 30’000 pièces par an. Si 70% des commandes restent liées à notre client historique Nidecker, nous utilisons le reste pour travailler avec des petites marques. Cela nous permet de leur donner un coup de pouce».
Parmi ces petites entreprises, on trouve West, une marque de snowboard romande née des rêves de quatre amis. David Lambert, ancien snowboardeur professionnel, Michel Kropf, Ferdinand Muraglia et Matthieu Rouiller. Chacun a partagé une expérience avec l’entreprise de ski Movement et le marché du ski. Hasard des choses, l’usine Meditec se trouve à quelques centaines de mètres de l’usine Movement. En pleine rénovation, ses propriétaires n’ont pas pu nous recevoir.

Davantage de créativité

Contacté par téléphone, David Lambert explique: «Notre entreprise est née de conversations que nous avions sur le milieu du snowboard et son manque de créativité. On trouvait également dommage qu’à part Nidecker, il n’y ait pas d’autre marque suisse qui produise des planches de snowboard».
D’environ 120 planches en 2014, la firme romande produit aujourd’hui plus de 1000 unités par an. «Nous avons fait le tour de ce qui a été fait lors de ces 30 dernières années. On y a ajouté les techniques les plus modernes et le matériau le plus haut de gamme pour arriver à un produit de qualité. Nous restons suisses, donc très pointilleux», explique David Lambert. 
Avouant sans peine avoir été «très exigeant au début de la production», il est conscient du paradoxe de fabriquer un pur produit de sports d’hiver dans le désert africain. «C’est la première remarque que nous font nos clients suisses allemands, confie-t-il en souriant. Nous produisons également des planches en Suisse, mais la pièce coûte près de 2000 francs au lieu de 600 francs! Il n’existe pas d’industrie pour ces produits chez nous, uniquement des artisans qui n’arriveraient jamais à délivrer la quantité de planches dont nous avons besoin».
Les quatre Romands pensaient d’abord ouvrir une entreprise en Suisse, mais les coûts étaient trop élevés. «Nous avions quatre solutions en tête, initialement plutôt en Europe. Mais la Tunisie nous a plu et l'environnement francophone était un vrai plus».
S’il ne peut pas encore vivre complètement de la vente des snowboards West, David Lambert est satisfait de leur croissance: «Cette année, nous produirons environ 1000 planches. Pour pouvoir s’y consacrer à 100%, on devrait être aux alentours des 5000, mais ce n’est pas forcément le but. On prend notre temps».

Développer la confiance

Du coup, les locaux suisses de l’entreprise sont pour l’instant installés dans un petit bureau de sa propre maison. Et les planches sont entreposées au magasin Lévitation à Martigny, propriété de Matthieu Rouiller, l’un des quatre partenaires. «En 2018, tout ce dont tu as besoin pour ouvrir ta boîte, c’est d’un téléphone et d’un ordinateur. Le reste, tu le fais à distance», observe David Lambert. En effet, en raison d’une relation de confiance toujours plus renforcée avec Meditec, le natif de Châtel-Saint-Denis, dans le canton de Fribourg, ne se rend en général qu’entre deux et trois fois par an en Tunisie.
Pourtant, petit à petit, la notoriété de West dépasse les frontières. Au printemps dernier, la marque a reçu la visite de l’ambassade helvétique à Tunis. Suisse Tourisme a également invités ses responables à la World Winter Sports Expo de Pékin cette année, où la Suisse était hôte d'honneur. En parallèle, de plus en plus de riders représentent la marque dans des compétitions. Parmi eux, la Suissesse Elena Koenz, qui a amené West sous le feu des projecteurs lors des derniers Jeux olympiques d'hiver à Pyongchang l'hiver dernier.

vendredi 3 mai 2019

La marque vaudoise Movement Skis slalome sur un nuage

Par Jean-Marc Croset, le 13 novembre 2016

Série: "des entreprises multiculturelles"Reprise par la société d’investissement Airesis, Wild Duck SA, à Puidoux, affiche de nouvelles ambitions.


En scrutant le ciel au dessus des Préalpes vaudoises, ces derniers jours, les gens de la marque Movement Skis avaient le sourire aussi large qu’un grand écart de saut freestyle. Après trois années de disette, les premières neiges abondantes de ce mois de novembre laissent présager un hiver radieux pour la société Wild Duck SA propriétaire de la marque, basée à Puidoux.


Dans les locaux à Puidoux, les collections de la marque Movement vont rapidement prendre le chemin des pistes.
Image: Patrick Martin


Wild Duck est un nom de légende pour toute une génération d’ados en sweat à capuche et «frocs XXL» qui ont découvert la glisse sur un snowboard. La marque s’est imposée au début des années 90 comme l’une des plus grandes au monde face au rollois Nidecker. «On a produit jusqu’à 30 000 planches la meilleure année», raconte Serge Baud, directeur général de l’entreprise fondée en 1981. Au départ, ce passionné de sport de glisse les fabriquait avec deux amis dans une ferme à Bussigny. Il n’avait pas 20 ans. L’aventure du «canard sauvage» dans le snowboard a duré 18 ans. Sentant le vent tourner dans ce marché qui comptait plus de 400 fabricants en période d’euphorie, Serge Baud et son investisseur de longue date, qu’il appelle «mon business angel», Richard Cattanéo, se tournent vers le ski.

La pomme de Guillaume Tell
La nouvelle gamme de skis, issue de trois ans de développement, est lancée en 2001 sous le nom de Movement. Son symbole: une pomme, en référence à Guillaume Tell, avec une croix suisse. Inspiré par les planches à neige, le design des skis rompt avec les canons traditionnels. Il permet au skieur un nouveau pilotage des lattes en courbes plus chaloupé. Après un essai infructueux de production en France, la société s’installe au Nord de l’Italie chez un fabricant traditionnel. Mais un incendie la contraint à s’exiler en Tunisie où ce dernier possède une seconde usine en zone franche, où elle retrouve... Nidecker!.
L’entreprise vit un nouveau tournant depuis l’an dernier. Elle a été rachetée par la société d’investissement Airesis, basée à Montreux, qui possède la marque Le Coq Sportif. et qui a déjà fait une expérience dans le domaine du windsurf et kitesurf. Actionnaire minoritaire, Serge Baud est resté à la tête du fabricant de skis avec de nouvelles ambitions.
Chaussures de ski
Sans vouloir s’engouffrer dans la piste des géants mondiaux, il ambitionne d’accroître les ventes à 40 000 paires de skis par année contre 25 000 à 30 000 ces dernières années. Le marché de Movement Skis est européen avec une quinzaine de pays. Mais la Suisse représente encore près de 40% des ventes. Depuis 3 ans, la société se développe également dans les chaussures de ski ainsi que les «produits satellites», casques et fixations. Elle compte aussi lancer un produit outdoor estival.
Wild Duck SA s’est allié dans les chaussures de ski à un petit fabricant italien indépendant, à qui elle fournit les moules, explique Serge Baud qui relève qu’il n’y a que huit entreprises au monde maîtrisant la fabrication des plastiques dans ce domaine.
En matière de skis, le fabricant veut aujourd’hui redynamiser le secteur freeski après s’être beaucoup développé dans le freerando (montagne). Il vient ainsi d’engager un nouvel ambassadeur de la marque, le double champion du monde de ski freeride Aurélien Ducroz, multiple vainqueur de l’Xtreme de Verbier, qui est aussi navigateur de voile. Le sportif originaire de Chamonix rejoint d’autres champions au sein du team Movement Skis et de l’équipe recherche et développement.
Si elle ne fait pas de ski pour enfants, la société - qui réalise près de neuf millions de chiffre d’affaires - dit couvrir 95% des pratiques du ski, de la piste à la randonnée, avec des modèles de course ultralégers. Un ski qui a gagné la Patrouille des Glaciers pèse 600 grammes pièce sans fixation (949 francs la paire) et le modèle des dévaleurs de pente de l’Xtreme (899.-) 2,2 kg par ski!
Les prix de l’ensemble de la collection - que l’on trouve uniquement dans des magasins spécialisés - se situent dans une fourchette de 499.- à 1100 francs pour un ski «customisé» de série limitée. Des prix que le directeur de la société veut maintenir accessibles dans une période marquée par plusieurs hiver sans neige, l’arrivée de nouveaux acteurs ainsi que les achats par internet qui attisent la concurrence et la guerre des prix. Un environnement qui a conduit la société a baisser ses prix débuts 2015 de 18% à 30% à la suite du nouvel envol du franc.
Materiel de Authier
Wild Duck SA conçoit ses nouveaux produits dans ses ateliers de Puidoux, où se situe également son centre logistique pour la Suisse. 23 personnes y travaillent, partagées entre une entité de vente (également d’autres marques) et l’unité de développement produits. L’usine de production en périphérie de Tunis, rachetée en 2004, emploie 80 à 100 employés selon la saison, avec un management local et italien. A noter qu’une partie des machines proviennent de l’ancienne usine Authier à Bière, qui, à l’époque, voulait reprendre Wild Duck et son activité snowboard. Une société suisse lui fournit les variétés de bois - d’essences multiples - pour les noyaux des lattes. La production s’est automatisée grâce à de nouveaux équipements, mais certaines tâches, telles que les contrôles de qualité et de cambrure des lattes se font encore sous l’oeil d’ employés... qui n’ont généralement jamais vu de neige. Sur les bords du Léman, leur collègues ne pourraient s’en passer.(TDG)

samedi 20 avril 2019

Comment rajeunir l'image de l'Eglise sur les réseaux sociaux

Patrick Chuard, le 24 juillet 2018

LausannePoussiéreuse, l’institution romaine? Pas pour Malika Oueslati, la nouvelle porte-parole de l’Église dans le canton de Vaud.


Pour faire acte de candidature, il fallait impérativement remplir une exigence: être catholique. «On peut apprendre et se former à beaucoup de choses, mais être catholique ne s’apprend pas», explique Olivier Schöpfer, responsable du service d’information de l’Église catholique dans le canton de Vaud. Malika Oueslati (27 ans) remplissait cette exigence en plus d’autres compétences et elle a été engagée en mars dernier pour gérer la communication de l’Église sur la Toile et les réseaux sociaux.

Malika Oueslati est la dernière recrue du service d’information de l’Église. Sa tâche: gérer la communication sur la Toile.
Image: JEAN-P. GUINNARD
La Lausannoise porte le nom tunisien de son père, musulman non pratiquant; elle a hérité du catholicisme de sa mère. «J’ai fait des études en sciences des religions, car le fait religieux me fascinait, explique-t-elle. Pourquoi c’est la grande affaire des êtres humains depuis le début des temps et jusqu’à nos jours? Mes études m’ont permis d’obtenir des réponses sur le fond.»
«C’est tout le défi de trouver le moyen de rendre l’Église attractive auprès des jeunes. Cela passe par la vidéo et le fait de montrer ce qui se déroule concrètement dans les différents lieux d’Église.»
Catholique croyante, Malika Oueslati ne s’imaginait pourtant pas travailler un jour pour l’institution romaine et en faire la promotion. Mais comment rajeunir l’image d’une Église bimillénaire qui a parfois une image poussiéreuse? «C’est effectivement tout le défi de trouver le moyen de rendre l’Église attractive auprès des jeunes, admet-elle. Cela passe par la vidéo et le fait de montrer ce qui se déroule concrètement dans les différents lieux d’Église. Cela dit, la demande des jeunes chrétiens pour une présence de l’Église sur les réseaux sociaux est grande.» Au sommet de l’Église, le pape François montre l’exemple par ses tweets réguliers.
Le site cath-vd.ch a déjà reçu un sérieux dépoussiérage depuis quelque temps. La majorité des internautes y viennent encore pour avoir les horaires des messes (12 000 clics le 24 décembre dernier) mais cela évolue petit à petit: «Le but est de profiter de cette fréquentation pour montrer d’autres choses.»
Et il y a de quoi montrer. Avec ses 54 paroisses et près de 193 000 baptisés, l’Église catholique vaudoise est réputée très dynamique. Elle présente des réalités contrastées: «On le voit bien chaque année à la messe de la cathédrale, explique Olivier Schöpfer. Certains sont très progressistes, d’autres communient dans la bouche, d’autres encore ont des dévotions particulières. Mais nous sommes tous catholiques.» Pour faire connaître cette réalité, le service d’information compte trois personnes, dont Malika Oueslati.
Et si elle avait une baguette magique pour améliorer quelque chose tout de suite? «J’améliorerais la compréhension entre les membres du clergé et des laïcs», dit-elle. (24 heures)

samedi 2 mars 2019

Un Suisse arrêté pour avoir filmé des sites sensibles en Tunisie

08.08.2014 / ATS



La police tunisienne a arrêté mardi un citoyen suisse qui tentait de filmer la résidence du ministre de l'Intérieur à Kasserine, au centre du pays. Selon la radio tunisienne Express FM, citée jeudi dans le journal alémanique "20 Minuten", l'homme a été transféré à Tunis.
Toujours selon les médias du pays, il doit y être interrogé par des spécialistes du terrorisme. La police a retrouvé sur son appareil des centaines de photos de postes de police et de bâtiments officiels.
A Berne, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a lui confirmé vendredi l'arrestation d'un Suisse en Tunisie. Le DFAE est en contact avec les autorités tunisiennes compétentes. Pour des raisons de protection des données et de la personnalité, il ne peut donner davantage d'informations sur cette affaire.
ATS




samedi 16 février 2019

L’avenir de la Tunisie passe par la décentralisation

Par Renat Kuenzi, swissinfo.ch, publié le 14 mai 2015


Forum de Tunis 2015




Spécialiste de la démocratie directe suisse, Andreas Gross a aussi une profonde connaissance de sa situation en Tunisie, où il s'est déjà rendu à de nombreuses reprises, notamment pour surveiller de déroulement des élections.
(Keystone)


 

La décentralisation est l’un des grands défis de la Tunisie issue de la révolution. Le pouvoir devrait être partagé avec les communes et les provinces. Mais pour le moment, «ces dernières ressemblent plutôt à des coquilles vides dont les structures doivent être remplies», estime Andreas Gross, expert suisse de la démocratie directe.

La décentralisation figure aussi parmi les thèmes proposés lors du Forum global sur la démocratie directe moderne, qui a lieu à Tunis du 14 au 17 mai. Andreas Gross y prendra la parole en ouverture de la manifestation. Interview.

swissinfo.ch: La Tunisie a de gros problèmes économiques et pour les gens, la situation est plutôt plus mauvaise qu’avant la révolution de 2010-2011. Le Forum global représente-t-il un signe d’espoir pour les citoyens?

Andreas Gross: Les Tunisiens semblent en tout cas le percevoir ainsi. Beaucoup se réjouissent des discussions, car ils sont convaincus que celles-ci vont continuer à les faire avancer. Par ailleurs, pour beaucoup de Tunisiens, chaque visiteur étranger – et une très grande partie des quelque 400 participants officiels au Forum le sont – représente un signe d’encouragement et de soutien. La révolution démocratique tunisienne est la seule qui ait connu le succès dans le monde arabe et elle mérite tout notre soutien.

swissinfo.ch: «La décentralisation par la participation» est à la fois le mot d’ordre de la constitution tunisienne et le titre de ce Forum. Quels sont les principaux problèmes pour parvenir à une plus grande autonomie des communes et des provinces?

A. G. : La structure extrêmement centralisée de l’Etat actuel et le manque d’expérience en matière d’auto administration au niveau local et régional. Bien qu’elle n’ait jamais été une colonie de la France, la Tunisie a repris le système centralisé et hiérarchisé de ce pays. Les différences entre les régions en matière de perspectives de vie sont énormes. Ces disparités économiques entre régions ont été une des causes de la révolution. Dans certaines parties du pays, il n’a jamais été possible de vivre dignement. Changer cela représente une tâche énorme, mais c’est justement ce à quoi s’attaquent le nouveau gouvernement et le nouveau parlement.
C’est là que peuvent aider des expériences en matière de démocratie directe et de fédéralisme, les deux se caractérisant par la répartition du pouvoir. La culture de la subsidiarité signifie: plus les problèmes sont résolus à un échelon proche des citoyens, meilleur est le résultat. Il est par conséquent nécessaire de poursuivre les réformes de la révolution, car l’élan révolutionnaire n’est pas encore émoussé et doit continuer à être utilisé.

swissinfo.ch: Il existe manifestement aussi des tendances contre-révolutionnaires.

A. G. : J’en ai entendu parler. Mais la Tunisie dispose d’une société civile très développée et bien organisée. Si le gouvernement ou le parlement œuvraient dans la mauvaise direction, les gens iraient tout de suite dans la rue et rappelleraient les autorités à l’ordre - ainsi qu’ils l’ont fait à quelques reprises au cours de ces quatre dernières années.

swissinfo.ch: Où la Tunisie en est-elle exactement dans ce processus de répartition du pouvoir? Existe-t-il déjà des communes et des régions où les citoyens peuvent participer aux décisions?

A. G. : Elles existent, mais elles ressemblent plutôt à des coquilles vides. Ces structures doivent donc être entièrement remplies. Souvent, ceux qui ont beaucoup de pouvoir ne sont pas prêts à le partager. Il faut donc la pression du peuple. Lors des prochaines élections régionales, il est important de n’élire que ceux qui portent l’idée révolutionnaire et qui font avancer la décentralisation.

swissinfo.ch: Yadh Ben Achour, président de la Haute Instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique a qualifié la modernisation de la société sous l’ère Bourguiba de fondement du succès de la révolution de Jasmin. Partagez-vous cette vision?

A. G. : Habib Bourguiba était certes aussi un dirigeant autoritaire. Mais en accordant l’égalité aux femmes en 1956, il allait bien plus loin que les Suisses de l’époque. Il a aussi instauré le libre accès à l’instruction. Cela a conduit à des organisations très fortes dans la société civile, qui sont l’une des raisons expliquant le succès de la révolution en Tunisie. Elles sont d’ailleurs aussi utiles dans le cadre du processus de décentralisation. 

swissinfo.ch: Beaucoup de postes importants au gouvernement et au parlement sont aux mains de politiciens assez âgés. Ceux-ci ont-ils vraiment la volonté de partager le pouvoir?

A. G. : La nature de votre question ne rend pas justice à ces gens. La révolution doit beaucoup à certains d’entre eux. Par exemple, c’est grâce à eux qu’il n’y a pas eu d’affrontements violents ou de revers importants. Le principal problème est la relation entre l’Etat et la religion. Le dictateur déchu interdisait ou marginalisait la religion. Maintenant, elle domine là où elle est à nouveau permise. Trouver le bon équilibre entre religion et Etat et un processus d’apprentissage de la société qui n’est possible que lorsqu’on est libre d’exprimer une critique.
Ces vieux messieurs étaient en partie déjà présents sous Bourguiba, mais ils se sont de plus en plus distanciés de Ben Ali au cours des 15 dernières années. Yadh Ben Achour fait aussi partie de ces gens. La commission révolutionnaire qu’il a présidée a construit un pont essentiel entre la révolution et l’Assemblée constituante qui a intégré les différents courants révolutionnaires et créé les bases pour deux élections libres. Il est âgé, mais très circonspect et sage. Tout comme Béji Caïd Essebsi, le nouveau président. Ils veulent vraiment appliquer les valeurs de la révolution et n’ont pas de grandes ambitions personnelles.
La Tunisie est un exemple qui montre que les personnes sages avec des racines dans l’ancienne société peuvent constituer un pont important vers la nouvelle société révolutionnaire.

swissinfo.ch: L’attaque terroriste contre le Musée national, en mars, montre la vulnérabilité de ce pays qui fournit la plupart des combattants de l’Etat islamique. Comment estimez-vous le danger représenté par ceux qui reviennent de Syrie?

A. G.: La question est de savoir pourquoi des milliers de jeunes Tunisiens quittent leur pays pour rejoindre des extrémistes violents. Cela a à voir avec le manque de perspectives de vie et la misère noire de beaucoup de jeunes. En Tunisie, beaucoup de gens ont des difficultés économiques, notamment parce que désormais, de manière injuste, il y a beaucoup moins de touristes, ce qui nuit à la principale industrie du pays.
La proximité avec la Libye éclatée joue aussi un rôle. Ce pays est aujourd’hui un Etat en déliquescence et sans ordre, d’où sont venus un million de réfugiés vers la Tunisie. S’y ajoutent encore un autre million de réfugiés en provenance des zones de guerre au sud du Sahara. Pour la Tunisie et ses dix millions d’habitants, avoir 10 à 20% de réfugiés crée un problème énorme.
La principale difficulté est de sortir de la misère économique. Il faut tout de suite offrir de meilleures perspectives de vie aux jeunes, qui ont allumé la révolution en raison de la misère et du manque de perspectives. C’est le meilleur moyen de contrer l’instrumentalisation de la misère par les fondamentalistes islamiques.

swissinfo.ch: Pour en revenir au Forum, de quoi vous réjouissez-vous le plus durant ces quatre jours?

A. G.: Tout d’abord que je puisse, en tant que Suisse, donc en tant qu’enfant de la seule révolution réussie du «Printemps des peuples» de 1848, être aux côtés de la seule révolution réussie du «Printemps arabe» de 2011. Ensuite, je me réjouis des réponses à ma question qui est de savoir pourquoi ils ont rédigé une excellente constitution après la révolution, mais sans la soumettre au peuple par référendum, comme c’est habituellement le cas après une révolution démocratique. 

(Traduction de l'allemand: Olivier Pauchard), swissinfo.ch

Andreas Gross
Agé de 62 ans, Andreas Gross est historien, politologue et spécialiste des questions de démocratie directe.
Politiquement, il est depuis 24 ans membre de la Chambre basse du Parlement (socialiste). Il préside depuis huit ans le groupe socialiste du Conseil de l’Europe.
Dans le cadre du Conseil de l’Europe, Andreas Gross a surveillé à plusieurs reprises des processus électoraux dans différents pays. En Tunisie, il a été chef de la délégation des observateurs lors des élections de 2011 et de 2014. 

Plateforme internationale de la démocratie directe
Le Forum global pour la démocratie directe moderne a lieu du 14 au 17 mai à Tunis.
Le thème est «La décentralisation par la participation». Le hashtag pour Twitter est #globfor15.
Pour swissinfo.ch, le Forum de Tunis sera l’occasion de lancer au niveau international son nouveau portail consacré à la démocratie directe (hashtag #citizenpower).
Cette plateforme journalistique éclaire en dix langues les discussions, processus et défis actuels autour des thèmes des droits populaires, de la participation active des citoyens et de la démocratie participative.
 
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samedi 19 janvier 2019

Un policier m’a dit : "Pour vous les Arabes, c’est fini la Suisse".

 28 octobre 2014 par Laure Siegel (Texte et Photos)

De Sfax à Strasbourg, l’odyssée d’un haraga tunisien

On les appelle les haragas, ceux qui "grillent" la mer. Z. est l’un d’entre eux : il a 38 ans, une mémoire des dates et des chiffres incroyable et une passion pour le sudoku. Ce Tunisien est arrivé en France au printemps 2011, quelques semaines après la révolution et le délitement du régime Ben Ali, et depuis vivote dans la capitale européenne. Cette chronique a été publiée initialement en novembre 2013 sur l'ancien site d'ARTE Journal et rien n'a vraiment changé en un an : Z. accepte toujours n'importe quel boulot, se fait réexpulser à l'occasion vers l’Italie et vit de café-clopes en rêvant de mariage et de voyage. De Sfax à Strasbourg en passant par Lampedusa, l’histoire d’un migrant qui pourrait être votre voisin. 



Je viens de Sfax, j’ai arrêté l’école à 17 ans parce que ça me faisait de la peine de voir mes parents trimer et je voulais les aider. Je détestais aller à l’internat aussi. J’étais seulement bon en histoire et en mathématiques, peut-être que j’aurais dû aller jusqu’au baccalauréat. Après, j’ai travaillé dix ans à l’université où j’étais responsable de la cafétéria des étudiants puis j’ai cumulé avec des courses de taxi pendant le Ramadan, les vacances, les week-ends. Les dernières années, je n’ai plus fait que chauffeur de taxi, ça payait mieux et j’aimais bien. 

Il y a quinze ans, j’ai commencé à faire des demandes de visas, mais ça ne marchait pas parce que je n’avais ni bon salaire, ni hébergement sûr, ni promesse d’embauche, … donc la France n’a aucun intérêt à m’accueillir. Un jour, un type dans un café m’a dit : "Tu me donnes 1 000 euros, je te fournis un faux visa". Je lui ai donné l’argent, mais il m’a carotté, je ne l’ai plus jamais revu. Normalement un visa ça coûte juste un timbre, autour de 45 dinars (20 euros) à l’époque. 

En 2001, j’ai pris un vol de Tunis pour Abidjan avec escale à Zurich. En Suisse, j’ai voulu partir pour prendre un train vers la France mais je n’ai pas réussi à sortir de la zone de transit. Un policier m’a dit : "Pour vous les Arabes, c’est fini la Suisse". C’était un mois après les attentats du 11 septembre. J’ai dû prendre le vol pour la Côte d’Ivoire où je suis resté dix jours puis je suis rentré chez moi. 

En juillet 2002, j’ai essayé d’obtenir un visa pour l’Allemagne, ça n’a pas marché non plus. J’ai commencé à m’intéresser aux bateaux même si sous Ben Ali, on risquait minimum deux ans de prison si on se faisait attraper en train de prendre la mer. Pour le passeur, la peine était encore bien plus lourde. Le président recevait de l’argent de la France pour arrêter les candidats à la migration. 
Début 2011, j’ai commencé à oublier cette idée de bateaux puis les manifestations ont éclaté. Elles ont commencé le 12 janvier à Sfax. C’était violent, je devais continuer à faire le taxi pendant les affrontements avec la police. Et puis la police a disparu, plus personne ne la commandait, il ne restait plus que les militaires le long des côtes. Dans un café, j’ai trouvé quelqu’un qui m’a dit "C’est 1000 dinars (450 euros) pour passer"



Fin mars, j’ai dit au revoir à ma mère, mon frère et ma sœur et je suis parti pour la plage de Djerba avec juste un peu d’eau et de lait. Je n’ai surtout pas emmené de papiers, pour ne pas risquer de les perdre et pour ne pas qu’on m’identifie à l’arrivée. Nous avions rendez-vous à 21h30, nous avons chacun donné l’argent au passeur qui l’a remis à son frère avant de monter avec nous. Nous étions 64, que des hommes, serrés comme des sardines, sur un petit bateau en bois de moins de 10 mètres. 
Quelques kilomètres après Djerba, un bateau de l’armée nous a arrêtés et les militaires nous ont ordonné de faire demi-tour. Ils nous ont aussi dit qu’il y allait avoir du vent une fois en pleine mer, et pour ça ils avaient raison, nous avons subi la houle plus tard. Mais nous ne voulions pas retourner sur la côte tunisienne, nous avons menacé de mettre le feu au bateau s’ils ne nous laissaient pas repartir. Nous avons commencé à balancer du gasoil au sol et ils nous ont dit "Ok, allez-y, faites ce que vous voulez".
Au milieu de la route, nous sommes tombés en panne à cause de la pompe à eau qui a lâché. L’eau a commencé à remplir le bateau, nous avons écopé avec les bidons de gasoil vides, et heureusement le passeur a réussi à réparer la pompe. Le voyage a duré 25 heures. On s’est raconté nos vies et nos rêves sur l’Europe.
Un bateau qui est parti en même temps que nous transportait 45 personnes. Il est aussi tombé en panne mais n’a pas réussi à repartir. Seuls trois gars ont été sauvés en s’accrochant à des bouts du bateau et ont été récupérés par le dernier bateau parti le même soir. Je les ai vus à Lampedusa, ce n’était pas beau à voir, ils avaient tout le corps, le visage troués parce qu’ils s’étaient fait bouffer par les petits poissons. Nous avons perdu beaucoup de gens dans la mer, c’est une catastrophe. 



Nous sommes arrivés à Lampedusa à 22h45 le lendemain. A 100 mètres du rivage, les bateaux des pompiers nous ont cherché. La police a détruit notre embarcation. Les malades ont été pris en charge par les ambulances puis ils nous ont emmenés au centre de rétention. La Croix-Rouge s’est bien occupée de nous, nous a donné à manger, des vêtements, des cigarettes mais le centre était plein à craquer. Tous les lits étaient occupés, les gens dormaient par terre et même sur les flancs de la montagne autour du centre. En 2011, 25 000 Tunisiens sont passés par Lampedusa, c’est énorme. 
Au bout de huit jours, ils nous ont dispatché dans plusieurs centres de l’Italie. J’ai été placé à Foggia avec un des copains de Sfax avec qui j’étais parti, j’ai eu de la chance. Il est à Paris maintenant. C’est un vrai copain, je ferais tout pour lui. A Foggia, il n’y avait pas beaucoup de monde, nous n’étions que deux par chambre, c’était plus vivable. Ils nous ont donné un permis de séjour pour l’Italie valable six mois. 

La journée, nous avions le droit de nous balader en ville puis le soir nous devions rentrer. Au bout de trois jours, je ne suis pas revenu au centre, j’ai pris le train pour Milan puis pour Lyon. Mais la police frontière est montée dans le train, m’a contrôlé et m’a fait descendre à Modane, juste à la frontière. Deux autres sans-papiers se sont faits choper dans le train, un autre Tunisien et un Turc. La police ferroviaire a pris nos empreintes, une photo et nous ont donné un papier d’obligation de quitter le territoire français. J’ai demandé au policier où je devais aller, il m’a dit "En Italie ou en France, je m’en fous." Ils nous ont donné à manger et nous ont relâché dans la nuit. 



J’ai appelé un ami qui habite à Strasbourg, je lui ai décrit le village où je me trouvais, il a trouvé sur Google Maps et il m’a dit de l’attendre, qu’il partait tout de suite et serait là au petit matin. Je suis resté toute la nuit dans la montagne, loin de la route, sous la pluie et dans le froid. A 7 heures, mon ami est arrivé et m’a ramené en France. 

Je n’ai pas demandé de papiers en France parce que je suis sûr à 100% que je ne les aurais pas : je n’ai pas de fiche de paie, ni de promesse d’embauche fixe, ni de mariage en vue et je n’ai pas les moyens de me payer un avocat. J’ai quelques amis tunisiens et un docteur français qui m’aide. 
Je savais que ça allait être dur mais je ne pensais pas que la loi serait aussi difficile à comprendre. Comme on dit chez nous, c’est comme "un mariage impossible" ce problème de papiers. J’aime la liberté plus que tout et je n’y ai pas droit. Je ne peux pas me balader près de la gare, à Homme de fer (la station de tram centrale de Strasbourg) ou au marché de Noël, il y a trop de policiers. Ce qui me fait le plus mal c’est de ne pas être libre. Vous êtes des gens, vous vous baladez comme vous voulez en Tunisie et nous ici on est quoi ? On est des animaux. 

J’ai d’abord passé six mois à Paris. A Pantin, une journaliste d’Al-Arabiya nous a proposé de l’argent pour répondre à une interview filmée sur les chantiers illégaux. Nous avons refusé. Je vivais dans un squat, bossais avec un Turc dans un magasin qui fournissait du matériel de chantier aux entreprises. Puis je suis revenu à Strasbourg, où je travaille sur des chantiers de démolition dans des petites entreprises, au black. 

Depuis que je suis en France, je me suis fait arrêter six fois. Mais en mai, j’ai été envoyé au centre de rétention de la région. J’y suis resté cinq jours, je suis passé devant le juge puis ils m’ont expulsé en Italie par avion. A Rome, ils m’ont à nouveau relâché, je suis allé à Milan et j’ai repris le bus pour Strasbourg. La douane en Suisse m’a laissé passer avec le permis de séjour italien périmé, le récépissé correspondant et mon passeport tunisien. C’est n’importe quoi, j’avais prévenu le juge que je reviendrais tout de suite après mon expulsion et qu’ils dépensaient de l’argent pour rien. 
Du mois de juin au mois d’août, je n’ai pas trouvé de travail, c’était difficile. En plus c’était le Ramadan, je ne mangeais pas, je n’avais pas d’argent mais je devais quand même fumer mon paquet et demi par jour. En Tunisie, je ne fumais que la chicha une fois par semaine, ici avec tout ce stress, je me suis mis à fumer énormément. J’ai l’aide médicale mais pas l’aide au logement, je vis dans un foyer de travailleurs. Je sais que je vais me faire expulser à nouveau, si ce n’est pas aujourd’hui, c’est demain. J’ai franchement une vie de merde en ce moment mais je suis quand même content. Je voyage, je veux construire ma vie et ça me fait tenir. 
J’aime la difficulté. Je me suis acheté des carnets de sudoku de plus en plus durs. Ça m’a même sauvé un jour. J’étais dans le tram en train de remplir une grille et des policiers sont montés dans la rame. Je suis resté concentré, ne laissant pas transparaître ma panique et ils ont passé à côté de moi sans me contrôler, sûrement parce que j’avais l’air d’un mec normal qui allait au travail.

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samedi 5 janvier 2019

Décès d’un pilier de l’armée, Béchir Turki

La Tunisie vient de perdre l’un des pères de l’armée tunisienne, le colonel Béchir Turki, ingénieur en électronique spécialiste des systèmes de transmission et radars, né à Mahdia le 21 Mars 1931.

Ancien du Collège Sadiki, Béchir Turki avait reçu une formation d’officier à l’école militaire spéciale de Saint-Cyr, à l’école pratique de renseignements de Montargis, à l’école supérieure technique de renseignements de Pontoise et enfin à l’Ecole de guerre de Paris. Egalement ingénieur en radar, il a été à la tête de la direction des renseignements généraux au ministère de la Défense, puis à celui de l’Intérieur.
Major de promotion, il a eu pour mission de bâtir avec ses compagnons la jeune armée nationale de la Tunisie indépendante dès 1956, ainsi que l’implantation des premiers systèmes de transmission sans fil militaires et civils de la Tunisie ERTT, de Bizerte à Borj Khadhra.
Suite à des divergences politiques avec sa hiérarchie, il fut contraint à l’exil en Suisse, comme réfugié politique. Il est, depuis, consultant international pour les questions de sécurité et de guerre électronique.
Ancien militaire atypique, Béchir Turki est l’auteur du livre “Ben Ali le ripou” et d’un autre ouvrage intitulé “Eclairage sur les recoins sombres de l’ère Bourguibienne”.
Suite à une complication cardiaque chronique, le colonel Béchir Turki est décédé le matin du 23 octobre 2018. Il sera inhumé demain mercredi 24 octobre 2018 à Sidi Daoud.
Que Dieu ait son âme !
Ameni Fraj