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samedi 26 octobre 2019

Tunisie-Un médecin tunisien résident en Suisse fait don de trois ambulances au profit des hôpitaux tunisiens

Le directeur régional de la Santé à Tozeur, Nabih Ben Thabet a déclaré, ce mardi 22 octobre 2019, que “Najeh Farah”, un médecin tunisien résident en Suisse et originaire de la délégation de Metlaoui dans le gouvernorat de Gafsa, a fait don de trois ambulances et d’équipements médicaux au profit des hôpitaux de la région de Tozeur.




Lors de son intervention sur les ondes de Jawhara Fm, le responsable a fait savoir que les équipements médicaux seront répartis sur l’ensemble des établissements hospitaliers de la région en fonction des besoins.

Ecrit par Laameri Dorsaf le 22 octobre 2019


samedi 24 août 2019

Faouzi Mellah ecrivain tunisien installé en suisse

Par Mhamed Hassine Fantar le 17 mars 2014.

Histoire et littérature francophone de Tunisie: Avec Faouzi Mellah et la Reine vagabonde

HISTOIRE - Nous sommes toujours en compagnie de Fawzi Mellah qui nous raconte l'aventure d'Elyssa, la reine vagabonde. Le premier panneau se termine par une escale à Chypre qui constitue l'objet du second panneau de notre triptique. Nous voilà dans l'île de Chypre pour nous réjouir de ses merveilles et nous laisser aller au rêve.


Nous sommes toujours en compagnie de Fawzi Mellah qui nous raconte l'aventure d'Elyssa, la reine vagabonde.
Le premier panneau se termine par une escale à Chypre qui constitue l'objet du second panneau de notre triptique. Nous voilà dans l'île de Chypre pour nous réjouir de ses merveilles et nous laisser aller au rêve. Pour une princesse phénicienne, l'île de Chypre n'est point une contrée inconnue. Les marins de Tyr et des autres cités cananéennes la connaissaient depuis toujours. Ils y avaient établi une fondation, Kition, bien connue par les auteurs des écrits bibliques et les archéologues qui ont dégagé les vestiges.
Aux navigateurs phéniciens, Kition servaient d'escale, de refuge, de pied-à-terre et de comptoir pour le commerce des métaux, notamment le cuivre dont leurs métallurgistes faisaient du bronze. L'expédition d'Elissa ne manqua pas de s'enrichir. Elle se dota de femmes nécessaires à la multiplication et à l'équilibre du groupe.
Cet épisode, tel que décrit par le mythe, est incontestablement retouché: Dans le palimpseste, des vierges, qui se trouvaient au bord de la mer, furent enlevées par les compagnons d'Elissa. Fawzi Mellah a préféré y voir un don offert par les Chypriotes pour garantir la pérennité des migrants. En outre, il y a, une omission. La lettre conçue par l'auteur d'Elissa, la princesse vagabonde, passe sous silence l'apparition du grand prêtre de Chypre qui, dans le récit originel, se montra généreux à l'égard de la reine fugitive: d'après Justin, il vint accueillir la reine vagabonde. Pourquoi cette omission?
Au lieu de se perdre dans les méandres des explications gratuites, laissons les compagnons de la Princesse Vagabonde reprendre la mer en direction du couchant, vers les côtes d'Afrique, où, jadis, les Phéniciens installèrent un comptoir auprès de la population autochtone: c'était Utique dont le nom reste une énigme. Et le troisième tableau du triptique de se déployer pour nous introduire dans de nouveaux paysages naturels et ethnoculturels. On peut titrer ce panneau: Elissa au pays du roi Hiarbas. Au cours de cette longue traversée, on fit escale à Sabrata et à Hadrumète avant d'atteindre la Colline Parfumée, où la reine décida d'élire pied-à terre. La population accourut sous la houlette du roi Hiarbas, non point hostile mais inquiète et interrogatrice. Sur la scène se déroulent des palabres chargées de convoitises, de passions, de ruses, qui aboutissent à la naissance de la ville Neuve, Qart Hadasht, sur un terrain, qui livre aux fondateurs d'abord une tête de taureau et puis une tête de cheval, deux signes, dont il fallait pouvoir faire le décryptage. Le tableau se termine par le feu, qui offre à la reine la possibilité de poursuivre sa chaste fuite et de rejoindre, sans doute, l'âme de son mari, Acherbas. La vie de Carthage en dépendait; elle accepta de se donner la mort.
Voilà donc le récit de la fondation de Carthage, remodelé et instrumentalisé par Fawzi Mellah. Comment faut-il justifier les modifications introduites sur les versions les plus courantes, notamment celles de Timée de Taormine, qui vivait au IIe siècle avant J.C., et de Trogue-Pompée, un historien gaulois, contemporain d'Auguste, dont le récit fut adopté et transmis par Justin, entre le IIe et le troisième siècle de l'ère chrétienne.
Ces modifications touchent certains faits et leur interprétation comme par exemple l'affaire des vierges Chypriotes. La tradition classique parle de leur rapt, alors qu'elles vaquaient à l'accomplissement de leur devoir de jeunes filles envers la déesse Ashtart, dont le culte relevait de la prostitution sacrée: c'était une pratique religieuse bien établie en Mésopotamie et en Méditerranée. Des textes en parlent et des faits archéologiques en témoignent. Fawzi Mellah semble avoir estimé plus simple de justifier leur présence au sein du groupe par le don. Ainsi, il évita les méandres de la prostitution sacrée. Il fallait du temps et de la patience pour instruire ce dossier. Gustave Flaubert l'aurait sûrement fait; féru d'érudition, il n'aurait pas hésité de s'y investir. Parmi les modifications relevées, on relève l'absence du prêtre du temple de Junon à Chypre. Dans les deux plus grandes traditions, il est dit que la reine fut bien accueillie par le prêtre de Junon, lequel accepta de l'accompagner à condition que la magistrature sacerdotale lui fût reconnue et resta l'apanage de sa descendance. Pourquoi Fawzi Mellah a préféré écarter ces données pourtant admises par les principales versions disponibles du mythe, sachant que le fait religieux ne saurait être absent quand il s'agit d'une communauté humaine?
En revanche, il a jugé nécessaire d'inventer deux épisodes étrangers au récit de base : il s'agit des deux escales que nous avons déjà évoquées: l'une à Sabrata et l'autre à Hadrumète. Je ne veux pas croire qu'il s'agirait d'un acte gratuit. Mais il me serait difficile de trouver une justification convaincante si non celle qui offrirait à l'auteur l'opportunité de nous faire le portrait de chacune de ces deux villes telles qu'ils se les représentait et de dire ce qu'il voulait nous dire. Sabrata serait d'origine libyque. Elle représente l'altérité, un peuple différent, dont l'auteur fait un portrait laudatif. Fawzi Mellah se montre berbérophile. C'est la découverte d'un monde nouveau. Le maître d'œuvre et de l'ouvrage donne libre cours à son imagination : il crée un univers, qu'il anime en se référant à son propre cru, voire à ses fantasmes, tant pour le profane que pour le sacré. Mais là aussi, il tord le cou à l'histoire en faisant de Magon un Libyen de Sabrata au grand dam de Carthage et de l'histoire.
Quant à Hadrumetum, la rencontre ne semble pas avoir été heureuse. A tort, Fawzi Mellah la reconnaît antérieure à Carthage sur les côtes libyques. Il la présente comme l'incarnation de la laideur. Des erreurs sont commises tant pour les faits que pour leur interprétation, sans que l'on puisse savoir si elles sont volontaires ou inconscientes. Pourquoi un portrait si réducteur, voire répulsif ? Serait-ce pour le contraste? La beauté de Sabrata ferait ainsi le pendant à la laideur d'Hadrumète. Peut-être faudra-t-il fouiller dans les rapports de Fawzi Mellah avec Sousse, la perle du Sahel.
Mais là aussi, c'est à l'auteur de rendre compte ou de justifier ses assertions. Les Hadrumétins se montrent méprisants à l'égard des immigrés, "Gens venus de l'horizon": Aurions-nous déjà la semence de ce chauvinisme que l'on attribue aux Soussiens?
L'auteur rappelle une vieille expression que les Tunisois utilisaient naguère pour désigner, non sans orgueil, ceux qui venaient de la Tunisie profonde le terme d'afaqioun c'est-à-dire ceux des horizons lointains qui sont sensés être "gens grossiers et barbares". Pour le Soussien désignaient ceux qui n'étaient de Sousse par le terme péjoratif Zran, dont j'ignore l'étymologie.

samedi 10 août 2019

Réaction d’une Tunisienne en Suisse : La Tunisie est une et indivisible

Publié le 7 Septembre, 2016 - 07:37



J’entends et je lis par ci par là des appels à la division, à la séparation, au partage des richesses du sol tunisien, chacun dans sa région, je ne sais pas si ces gens sont conscients? Il est certes inscrit dans l’histoire de ce pays que ses frontières n’ont fait que se rétrécir au fil des siècles, mais La Tunisie était déjà un état, elle était déjà une république même sous forme de principauté, sous forme beylicale, et sous toutes les formes! Ceux qui appellent à la déchéance de ce viel état, ceux qui prétendent que Kasserine ferait mieux de revenir à l’Algérie, je rappelle que le sang des Frechichs est en Tunisie et en Algérie et que des frontières n’ont jamais rompu les liens familiaux et cela ne risque pas d’arriver. Ceux qui appellent à la séparation du sud, je rappelle que le sang des gens du Djerid est partout en Tunisie. Je rappelle à ceux qui appellent à la déchéance de La Tunisie, qu’ils disparaîtront, mais elle pas! L’unicité du sol tunisien est intouchable, et c’est une « firchichia » qui le dit! Car je sais ce que la terre veut dire et je sais ce que patrie veut dire! Kasserine sans Gabes ne serait rien, et Tunis sans Tataouine perdrait sa beauté. Le Kef sans Medenine ce ne serait pas possible et Béjà sans Remada serait  inconcevable! Tout est dépendant de tout dans ce pays si singulier!
Je suis heureuse d’aller partout en Tunisie, je suis heureuse de me baigner où je veux, je suis heureuse de vivre où je veux, et surtout très heureuse de savoir qu’une assemblée nationale où sont présents, les gens du sud, du nord, de l’est et de l’ouest de La Tunisie, décident des lois bonnes et moins bonnes pour presque 12 millions de tunisiens.  
La Tunisie c’est tout cela, c’est ce beau panel de couleurs et caractères, et si vous voulez qu’un changement soit, il faut d’abord changer votre manière de penser et réfléchir à tête reposer sur ce qui est possible et ce qui ne l’est pas, et La Tunisie est intouchable dans son unicité et unité !
Ibtissem Bonvin

samedi 20 juillet 2019

Tunisie : Amaris recrute 200 jeunes diplômés d’ici la fin de l’année

Tout juste installé dans la capitale tunisienne en vue d'un développement sur le continent, le cabinet de conseil en management et technologie recherche en majorité des profils IT mais aussi des fonctions support.
Le bureau tunisien d’Amaris, spécialisé dans le conseil en management et technologies, recrute 200 jeunes diplômés locaux d’ici la fin 2018 pour des contrats en CDI.
Technopark El Ghazala. © Mohamed Ramzi Ben Youssef/2016.

Finance et RH

Le groupe international suisse recherche des profils en technologies de l’information (IT) et télécommunications, notamment des chefs de projets, des ingénieurs support production ou encore des spécialistes de la fibre optique. La société embauche aussi dans le domaine de la finance et des RH. Amaris pourrait également avoir recours à des stagiaires rémunérés dans le domaine IT pour des projets de fin d’études.
Pour la formation de ses futurs salariés, Amaris a ciblé quelques établissements clés, sans toutefois s’y limiter : Ecole Polytechnique, Ecole nationale des sciences informatiques (ENSI), ESPRIT, Ecole nationale d’ingénierie de Tunis, Institut supérieur des sciences appliquées et de la technologie de Tunis et Sousse, Ecole nationale d’ingénieurs de Sousse, etc.

Ambition continentale

Au-delà de la bonne réputation de ces écoles tunisiennes dans le domaine de l’IT et de la télécommunication, Amaris, installé au sein du pôle Elgazala à Raoued, a choisi de développer son activité dans le pays pour des raisons de stratégie de développement continental : « Nous avons souhaité nous concentrer sur le pays car il possède tous les critères pour devenir une plateforme de services IT, indique-t-on au siège. Une telle plateforme représenterait l’opportunité pour le groupe de créer de nouvelles synergies entre ses bureaux africains et, par conséquent, de faciliter son développement sur le continent ».
La société est partenaire du programme Smart Tunisia issu d’un partenariat public-privé, qui, grâce à des incitations fiscales et juridiques, les sociétés offshore à s’implanter dans le pays. L’objectif de ce programme est la création de 50 000 emplois d’ici à 2020.

En Afrique, Amaris est présent au Maroc (Casablanca), en Côte d’Ivoire (Abidjan), en Afrique du Sud (Le Cap) et à l’Île Maurice (Phoenix). Ses principaux clients sont des entreprises de la télécommunication européenne. La société n’exlut pas de se lancer sur le marché local.Créé en 2007, l’entreprise compte 3 650 employés répartis sur tous les continents et a réalisé un chiffre d’affaires de 190 millions d’euros en 2017.
Par Mathieu Galtier, le 03 juillet 2018

samedi 11 mai 2019

ENTREPRISE TUNISIENNE DE SPORTS D'HIVER Des snowboards dans le désert

Par Antoine Harari et Valeria Mazzucchi, Tunis, le 4 janvier 2019

Ancienne propriété de la marque suisse de snowboard Nidecker, la société tunisienne Meditec travaille aujourd’hui avec plus de 20 marques. Parmi elles, l'entreprise helvétique West.
Une employée de l'usine tunisienne de snowboards Meditec. (Antoine Harari) + vidéos disponibles sur l'article original source en bas de page. 
Arrivé en lisière d’une zone industrielle, à une dizaine de kilomètres de Tunis, le chauffeur de taxi s’arrête d’un coup. «Meditec, c’est ici», nous lance-t-il. Un bâtiment en tôle bleu s’élève derrière un mur d’enceinte. Le responsable de projet de l’entreprise, Rami Oueslati, vient à notre rencontre. 
Ce trentenaire dynamique s’empresse de nous montrer les différents ateliers où les snowboards sont conçus. Il nous emmène ensuite dans les bureaux du directeur, Ali Kouki. «Cette entreprise était en mains de Nidecker jusqu’en 2011. J’ai eu l’idée de la reprendre l’année suivante, en partenariat avec d’autres investisseurs. Mais l’usine existe depuis 1993 et nous avons gardé la plupart des employés historiques», explique cet ancien champion de kitesurf en Tunisie. Ici, une septantaine d’employés s’affairent autour des planches en bois qui seront transformées petit à petit en engins de glisse.

Un savoir-faire, sans neige

«Ici, même si nous avons des machines, la plupart des étapes se font à la main, explique Rami Oueslati. Au début, nos clients se méfiaient un peu, vu qu’il ne neige pratiquement jamais en Tunisie. Mais très vite, ils ont pu constater notre savoir-faire et notre rigueur». Quant aux employés, Rami Oueslati assure: «Nous leur montrons souvent des vidéos des snowboards qu’ils construisent. Même s’ils n’en ont jamais fait, ils sont très fiers de voir leurs créations à la télévision».

Tout en se dirigeant vers la presse qui permettra au snowboard d’épouser sa forme finale, le responsable de projet continue sa présentation: «Nous produisons près de 30’000 pièces par an. Si 70% des commandes restent liées à notre client historique Nidecker, nous utilisons le reste pour travailler avec des petites marques. Cela nous permet de leur donner un coup de pouce».
Parmi ces petites entreprises, on trouve West, une marque de snowboard romande née des rêves de quatre amis. David Lambert, ancien snowboardeur professionnel, Michel Kropf, Ferdinand Muraglia et Matthieu Rouiller. Chacun a partagé une expérience avec l’entreprise de ski Movement et le marché du ski. Hasard des choses, l’usine Meditec se trouve à quelques centaines de mètres de l’usine Movement. En pleine rénovation, ses propriétaires n’ont pas pu nous recevoir.

Davantage de créativité

Contacté par téléphone, David Lambert explique: «Notre entreprise est née de conversations que nous avions sur le milieu du snowboard et son manque de créativité. On trouvait également dommage qu’à part Nidecker, il n’y ait pas d’autre marque suisse qui produise des planches de snowboard».
D’environ 120 planches en 2014, la firme romande produit aujourd’hui plus de 1000 unités par an. «Nous avons fait le tour de ce qui a été fait lors de ces 30 dernières années. On y a ajouté les techniques les plus modernes et le matériau le plus haut de gamme pour arriver à un produit de qualité. Nous restons suisses, donc très pointilleux», explique David Lambert. 
Avouant sans peine avoir été «très exigeant au début de la production», il est conscient du paradoxe de fabriquer un pur produit de sports d’hiver dans le désert africain. «C’est la première remarque que nous font nos clients suisses allemands, confie-t-il en souriant. Nous produisons également des planches en Suisse, mais la pièce coûte près de 2000 francs au lieu de 600 francs! Il n’existe pas d’industrie pour ces produits chez nous, uniquement des artisans qui n’arriveraient jamais à délivrer la quantité de planches dont nous avons besoin».
Les quatre Romands pensaient d’abord ouvrir une entreprise en Suisse, mais les coûts étaient trop élevés. «Nous avions quatre solutions en tête, initialement plutôt en Europe. Mais la Tunisie nous a plu et l'environnement francophone était un vrai plus».
S’il ne peut pas encore vivre complètement de la vente des snowboards West, David Lambert est satisfait de leur croissance: «Cette année, nous produirons environ 1000 planches. Pour pouvoir s’y consacrer à 100%, on devrait être aux alentours des 5000, mais ce n’est pas forcément le but. On prend notre temps».

Développer la confiance

Du coup, les locaux suisses de l’entreprise sont pour l’instant installés dans un petit bureau de sa propre maison. Et les planches sont entreposées au magasin Lévitation à Martigny, propriété de Matthieu Rouiller, l’un des quatre partenaires. «En 2018, tout ce dont tu as besoin pour ouvrir ta boîte, c’est d’un téléphone et d’un ordinateur. Le reste, tu le fais à distance», observe David Lambert. En effet, en raison d’une relation de confiance toujours plus renforcée avec Meditec, le natif de Châtel-Saint-Denis, dans le canton de Fribourg, ne se rend en général qu’entre deux et trois fois par an en Tunisie.
Pourtant, petit à petit, la notoriété de West dépasse les frontières. Au printemps dernier, la marque a reçu la visite de l’ambassade helvétique à Tunis. Suisse Tourisme a également invités ses responables à la World Winter Sports Expo de Pékin cette année, où la Suisse était hôte d'honneur. En parallèle, de plus en plus de riders représentent la marque dans des compétitions. Parmi eux, la Suissesse Elena Koenz, qui a amené West sous le feu des projecteurs lors des derniers Jeux olympiques d'hiver à Pyongchang l'hiver dernier.

vendredi 3 mai 2019

La marque vaudoise Movement Skis slalome sur un nuage

Par Jean-Marc Croset, le 13 novembre 2016

Série: "des entreprises multiculturelles"Reprise par la société d’investissement Airesis, Wild Duck SA, à Puidoux, affiche de nouvelles ambitions.


En scrutant le ciel au dessus des Préalpes vaudoises, ces derniers jours, les gens de la marque Movement Skis avaient le sourire aussi large qu’un grand écart de saut freestyle. Après trois années de disette, les premières neiges abondantes de ce mois de novembre laissent présager un hiver radieux pour la société Wild Duck SA propriétaire de la marque, basée à Puidoux.


Dans les locaux à Puidoux, les collections de la marque Movement vont rapidement prendre le chemin des pistes.
Image: Patrick Martin


Wild Duck est un nom de légende pour toute une génération d’ados en sweat à capuche et «frocs XXL» qui ont découvert la glisse sur un snowboard. La marque s’est imposée au début des années 90 comme l’une des plus grandes au monde face au rollois Nidecker. «On a produit jusqu’à 30 000 planches la meilleure année», raconte Serge Baud, directeur général de l’entreprise fondée en 1981. Au départ, ce passionné de sport de glisse les fabriquait avec deux amis dans une ferme à Bussigny. Il n’avait pas 20 ans. L’aventure du «canard sauvage» dans le snowboard a duré 18 ans. Sentant le vent tourner dans ce marché qui comptait plus de 400 fabricants en période d’euphorie, Serge Baud et son investisseur de longue date, qu’il appelle «mon business angel», Richard Cattanéo, se tournent vers le ski.

La pomme de Guillaume Tell
La nouvelle gamme de skis, issue de trois ans de développement, est lancée en 2001 sous le nom de Movement. Son symbole: une pomme, en référence à Guillaume Tell, avec une croix suisse. Inspiré par les planches à neige, le design des skis rompt avec les canons traditionnels. Il permet au skieur un nouveau pilotage des lattes en courbes plus chaloupé. Après un essai infructueux de production en France, la société s’installe au Nord de l’Italie chez un fabricant traditionnel. Mais un incendie la contraint à s’exiler en Tunisie où ce dernier possède une seconde usine en zone franche, où elle retrouve... Nidecker!.
L’entreprise vit un nouveau tournant depuis l’an dernier. Elle a été rachetée par la société d’investissement Airesis, basée à Montreux, qui possède la marque Le Coq Sportif. et qui a déjà fait une expérience dans le domaine du windsurf et kitesurf. Actionnaire minoritaire, Serge Baud est resté à la tête du fabricant de skis avec de nouvelles ambitions.
Chaussures de ski
Sans vouloir s’engouffrer dans la piste des géants mondiaux, il ambitionne d’accroître les ventes à 40 000 paires de skis par année contre 25 000 à 30 000 ces dernières années. Le marché de Movement Skis est européen avec une quinzaine de pays. Mais la Suisse représente encore près de 40% des ventes. Depuis 3 ans, la société se développe également dans les chaussures de ski ainsi que les «produits satellites», casques et fixations. Elle compte aussi lancer un produit outdoor estival.
Wild Duck SA s’est allié dans les chaussures de ski à un petit fabricant italien indépendant, à qui elle fournit les moules, explique Serge Baud qui relève qu’il n’y a que huit entreprises au monde maîtrisant la fabrication des plastiques dans ce domaine.
En matière de skis, le fabricant veut aujourd’hui redynamiser le secteur freeski après s’être beaucoup développé dans le freerando (montagne). Il vient ainsi d’engager un nouvel ambassadeur de la marque, le double champion du monde de ski freeride Aurélien Ducroz, multiple vainqueur de l’Xtreme de Verbier, qui est aussi navigateur de voile. Le sportif originaire de Chamonix rejoint d’autres champions au sein du team Movement Skis et de l’équipe recherche et développement.
Si elle ne fait pas de ski pour enfants, la société - qui réalise près de neuf millions de chiffre d’affaires - dit couvrir 95% des pratiques du ski, de la piste à la randonnée, avec des modèles de course ultralégers. Un ski qui a gagné la Patrouille des Glaciers pèse 600 grammes pièce sans fixation (949 francs la paire) et le modèle des dévaleurs de pente de l’Xtreme (899.-) 2,2 kg par ski!
Les prix de l’ensemble de la collection - que l’on trouve uniquement dans des magasins spécialisés - se situent dans une fourchette de 499.- à 1100 francs pour un ski «customisé» de série limitée. Des prix que le directeur de la société veut maintenir accessibles dans une période marquée par plusieurs hiver sans neige, l’arrivée de nouveaux acteurs ainsi que les achats par internet qui attisent la concurrence et la guerre des prix. Un environnement qui a conduit la société a baisser ses prix débuts 2015 de 18% à 30% à la suite du nouvel envol du franc.
Materiel de Authier
Wild Duck SA conçoit ses nouveaux produits dans ses ateliers de Puidoux, où se situe également son centre logistique pour la Suisse. 23 personnes y travaillent, partagées entre une entité de vente (également d’autres marques) et l’unité de développement produits. L’usine de production en périphérie de Tunis, rachetée en 2004, emploie 80 à 100 employés selon la saison, avec un management local et italien. A noter qu’une partie des machines proviennent de l’ancienne usine Authier à Bière, qui, à l’époque, voulait reprendre Wild Duck et son activité snowboard. Une société suisse lui fournit les variétés de bois - d’essences multiples - pour les noyaux des lattes. La production s’est automatisée grâce à de nouveaux équipements, mais certaines tâches, telles que les contrôles de qualité et de cambrure des lattes se font encore sous l’oeil d’ employés... qui n’ont généralement jamais vu de neige. Sur les bords du Léman, leur collègues ne pourraient s’en passer.(TDG)

samedi 20 avril 2019

Comment rajeunir l'image de l'Eglise sur les réseaux sociaux

Patrick Chuard, le 24 juillet 2018

LausannePoussiéreuse, l’institution romaine? Pas pour Malika Oueslati, la nouvelle porte-parole de l’Église dans le canton de Vaud.


Pour faire acte de candidature, il fallait impérativement remplir une exigence: être catholique. «On peut apprendre et se former à beaucoup de choses, mais être catholique ne s’apprend pas», explique Olivier Schöpfer, responsable du service d’information de l’Église catholique dans le canton de Vaud. Malika Oueslati (27 ans) remplissait cette exigence en plus d’autres compétences et elle a été engagée en mars dernier pour gérer la communication de l’Église sur la Toile et les réseaux sociaux.

Malika Oueslati est la dernière recrue du service d’information de l’Église. Sa tâche: gérer la communication sur la Toile.
Image: JEAN-P. GUINNARD
La Lausannoise porte le nom tunisien de son père, musulman non pratiquant; elle a hérité du catholicisme de sa mère. «J’ai fait des études en sciences des religions, car le fait religieux me fascinait, explique-t-elle. Pourquoi c’est la grande affaire des êtres humains depuis le début des temps et jusqu’à nos jours? Mes études m’ont permis d’obtenir des réponses sur le fond.»
«C’est tout le défi de trouver le moyen de rendre l’Église attractive auprès des jeunes. Cela passe par la vidéo et le fait de montrer ce qui se déroule concrètement dans les différents lieux d’Église.»
Catholique croyante, Malika Oueslati ne s’imaginait pourtant pas travailler un jour pour l’institution romaine et en faire la promotion. Mais comment rajeunir l’image d’une Église bimillénaire qui a parfois une image poussiéreuse? «C’est effectivement tout le défi de trouver le moyen de rendre l’Église attractive auprès des jeunes, admet-elle. Cela passe par la vidéo et le fait de montrer ce qui se déroule concrètement dans les différents lieux d’Église. Cela dit, la demande des jeunes chrétiens pour une présence de l’Église sur les réseaux sociaux est grande.» Au sommet de l’Église, le pape François montre l’exemple par ses tweets réguliers.
Le site cath-vd.ch a déjà reçu un sérieux dépoussiérage depuis quelque temps. La majorité des internautes y viennent encore pour avoir les horaires des messes (12 000 clics le 24 décembre dernier) mais cela évolue petit à petit: «Le but est de profiter de cette fréquentation pour montrer d’autres choses.»
Et il y a de quoi montrer. Avec ses 54 paroisses et près de 193 000 baptisés, l’Église catholique vaudoise est réputée très dynamique. Elle présente des réalités contrastées: «On le voit bien chaque année à la messe de la cathédrale, explique Olivier Schöpfer. Certains sont très progressistes, d’autres communient dans la bouche, d’autres encore ont des dévotions particulières. Mais nous sommes tous catholiques.» Pour faire connaître cette réalité, le service d’information compte trois personnes, dont Malika Oueslati.
Et si elle avait une baguette magique pour améliorer quelque chose tout de suite? «J’améliorerais la compréhension entre les membres du clergé et des laïcs», dit-elle. (24 heures)

samedi 6 avril 2019

Les liaisons dangereuses de l’islamiste tunisien emprisonné à Genève

Par Valérie de Graffenried, Publié mardi 20 janvier 2015 

Ahmed, un Tunisien de 35 ans, est jugé dangereux pour la sécurité intérieure par le Service de renseignement de la Confédération. L’étudiant pourrait être lié à la mouvance «Lis!» qui s’est implantée en Suisse. Son comportement extrême l’a fait remarquer à Lausanne et Fribourg. Son avocat le rencontrera pour la première fois ce mercredi matin.



Les liaisons dangereuses d’un islamiste
Un Tunisien de 35 ans va être expulsé en raison d’un profil jugé dangereux pourla sécurité intérieure
L’étudiant pourrait être lié à la mouvance «Lis!», qui a distribué des Corans gratuits dans les villes suisses
Son comportement extrême l’a fait remarquer à Lausanne et Fribourg
Avec l’arrestation d’Ahmed*, c’est un nouveau pan de la nébuleuse djihadiste en Suisse qui se dévoile. Le Tunisien de 35 ans domicilié à Marly (FR) croupit derrière les barreaux, à Champ-Dollon, en vue d’un renvoi par vol spécial. Jugé dangereux pour la sécurité intérieure, il a été arrêté début janvier à Fribourg.
Rejeté par les musulmans fribourgeois pour son comportement vindicatif, Ahmed a fait allégeance au chef du groupe l’Etat islamique, selon la Tribune de Genève , qui a eu accès à un jugement du Tribunal administratif de première instance (TAPI).
Un détail semble ne pas figurer dans ce document, mais pourrait expliquer pourquoi le Service de renseignement de la Confédération (SRC) s’est tellement intéressé à Ahmed. Selon nos informations, ce Tunisien pourrait être lié à un autre islamiste radical, Salahdin*. Les deux hommes ont distribué des Corans dans la rue, à Genève, à peu près au même moment l’an dernier.
Salahdin, qui récemment encore apparaissait sur Facebook avec le qualificatif «as-Swissry», affichait clairement sa sympathie pour l’Etat islamique. Sur Facebook, sa photo de profil reprenait le drapeau de l’organisation. Selon les informations du Temps,Salahdin a tout récemment quitté la Suisse. Il connaît Abou Suleyman Suissery, un djihadiste parti du Nord vaudois pour combattre aux côtés de l’Etat islamique en Syrie, où il se trouve actuellement.
Auparavant, Salahdin aurait appartenu au groupe «Lies!» («Lis!»), en français), une initiative lancée par des musulmans installés en Allemagne, qui distribue gratuitement des Corans. Dirigé par le prédicateur Ibrahim Abou-Nagie, un chef d’entreprise de Cologne d’origine palestinienne, proche des milieux salafistes, «Lis!» s’est implanté en Suisse et a son propre groupe sur Facebook, en français. Des distributions gratuites de Corans ont eu lieu dans plusieurs villes suisses.
«Selon les dires de Salahdin, le groupe «Lis!» a divisé la Suisse en «gouvernorats». Et lui-même serait responsable du gouvernorat de Genève», commente une source proche des milieux sécuritaires. Selon elle, «le groupe comprendrait une centaine de sympathisants en Suisse». Jusqu’ici, les autorités peinaient à établir un lien évident entre «Lis!» et des mouvements djihadistes, malgré certaines inscriptions douteuses sur leurs stands. Mais dans une vidéo faite lors d’une de leur manifestation à Lausanne, le logo d’Ansar al-Charia Tunisie était clairement visible.
Or, Ahmed est notamment dans le viseur des autorités fédérales depuis les 17 et 30 mai 2014, date auxquelles il participait précisément à une distribution gratuite de Corans sur la place de Plainpalais puis celle du Molard, à Genève. Alerté, le SRC a depuis mené son enquête et surveillé étroitement Ahmed.
Toujours selon le jugement cité par la Tribune de Genève , le SRC s’adresse le 26 septembre à l’Office fédéral des migrations (ODM, entre-temps devenu Secrétariat d’Etat aux migrations), pour lui faire part de ses inquiétudes. Il lui demande de ne pas renouveler l’autorisation de séjour d’Ahmed, qui était officiellement étudiant depuis son arrivée en Suisse en 2006. Le 26 novembre, l’ODM obtempère et le somme de quitter le pays. Genève est chargé de l’exécution du renvoi. Le Tunisien disparaît pendant un mois. Le 24 décembre, Fedpol, l’Office fédéral de police, prononce une interdiction du territoire. Il se fera finalement pincer dans un train début janvier, à Fribourg.
Selon la base de donnée Teledata, Ahmed a vécu à Lausanne, à Marly (FR), à Fribourg, puis à Onex (GE). Sa dernière adresse, depuis le 7 décembre 2010, est située à Marly, où il vivrait avec une femme et un enfant.
Il a tenté d’entrer en contact avec plusieurs associations de musulmans fribourgeoises. Mais son comportement, décrit comme agressif et arrogant, lui a fermé des portes.
«Partout où il est passé, il est persona non grata. Mais rien dans ses propos ne laissait penser qu’il représentait un risque terroriste, sinon nous l’aurions signalé aux autorités. C’est plutôt son attitude invasive qui dérangeait», souligne un membre de l’Association des musulmans de Fribourg. Lors des élections législatives en Tunisie, en octobre dernier, Ahmed a été aperçu devant le bureau de vote lausannois ouvert aux Tunisiens de Suisse. Il aurait harangué les électeurs pour tenter de les convaincre de boycotter le scrutin, en affirmant que «la démocratie est contraire à l’islam». Les organisateurs ont fini par appeler la police pour l’éloigner.
L’été dernier, rapporte-t-on encore au sein de la communauté musulmane, il avait tenté de s’associer à une manifestation de soutien aux populations touchées par les raids israéliens sur Gaza. On l’a prié de passer son chemin après qu’il a sermonné une femme musulmane sur sa tenue vestimentaire.
Condamné à plusieurs reprises pour lésions corporelles et violence ou menace contre des fonctionnaires, Ahmed aurait des contacts avec un «Tunisien condamné à l’étranger pour ses liens avec le terrorisme international». Contacté, le SRC ne fait pas de commentaire. Aucune procédure pénale n’a été ouverte contre lui, confirme au Temps son avocat Bernard Nuzzo. «J’ai été saisi du dossier lors de l’audience au TAPI le 12 janvier et n’ai pas encore pu voir mon client. Je le rencontre ce mercredi matin pour la première fois», précise-t-il. Impossible donc de savoir quelle sera sa ligne de défense.
Ces révélations interviennent au moment où la Suisse est pour la deuxième fois signalée comme cible possible par des djihadistes dans une vidéo. «Un profil comme celui du Tunisien arrêté interpelle. Et on doit considérer avec sérieux les liens et relations supposées de cet homme avec des individus en Suisse», commente Jean-Paul Rouiller, directeur du Geneva Centre for Training and Analysis of Terrorism (GCTAT).
* Prénoms fictifs
«Partout où il est passé, il est persona non grata. Mais rien ne laissait penser qu’il représentait un risque»

samedi 30 mars 2019

Le créateur de la « 404 bâchée de l’espoir » célébré à l’ONU

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Devant le Palais des Nations, siège des Nations Unies, des effigies de 100 artistes ont été exposées. Au premier rang, celle du Tunisien Bilel Aloui avec son slogan « La culture partout et pour tous» Bilel est ce jeune homme qui a tout fait pour amuser les enfants des zones défavorisées.


Plusieurs villes du monde vont accueillir ces portraits pour rendre hommages aux artistes. Cette opération s’inscrit dans le cadre du 100e anniversaire de la Haute École de travail Social sise à Genève (HETS).

Bilel Aloui a été choisi grâce pour sa participation à la décentralisation de la culture en Tunisie. Avec la 404 bâchée de l’espoir, la « bibliogidaire », le « vélo-théâtre » et « l’espace Vénus », Bilel a réussi d’émouvantes conquêtes culturelles dans les régions défavorisées.
Depuis des années, Bilel nous raconte les souffrances des enfants avant de nous montrer les sourires qu’il arrive à dessiner sur leurs visages grâce à ses spectacles.






samedi 23 mars 2019

Scientifique assassiné en Tunisie : un Belge d’origine marocaine et un Suisse suspectés

19 12 2016



Un Belge d’origine marocaine et un Suisse sont suspectés d’être les auteurs de l’assassinat de l’ingénieur tunisien Mohamed Zouari jeudi dernier à Sfax en Tunisie, a indiqué, ce lundi 19 décembre, une source officielle. 

Selon le porte-parole des tribunaux de Sfax et vice-procureur général à la Cour d’Appel de Sfax, Mourad Turki, « un homme de nationalité belge et d’origine marocaine ainsi qu’un homme de nationalité suisse, sont suspectés d’être impliqués dans l’assassinat de l’ingénieur tunisien » qui faisait partie des brigades Azzedine Al Qassam, le bras armé du Hamas palestinien, rapporte Shemsfm sur son site internet. 

Une photo d’identité de l’accusé belge a été envoyée à Interpol, afin d’approfondir les investigations à son sujet, a ajouté M. Turki, qui n’a rien dit sur le suspect suisse. 

Abattu à bout portant dans sa voiture par balles jeudi dernier devant son domicile à Sfax, l’ingénieur tunisien en aviation et ancien pilote aurait développé des drones armés pour les combattants palestiniens du mouvement Hamas. Plusieurs sources pointent la responsabilité du Mossad, les services secrets israéliens. 


Source


samedi 19 janvier 2019

Un policier m’a dit : "Pour vous les Arabes, c’est fini la Suisse".

 28 octobre 2014 par Laure Siegel (Texte et Photos)

De Sfax à Strasbourg, l’odyssée d’un haraga tunisien

On les appelle les haragas, ceux qui "grillent" la mer. Z. est l’un d’entre eux : il a 38 ans, une mémoire des dates et des chiffres incroyable et une passion pour le sudoku. Ce Tunisien est arrivé en France au printemps 2011, quelques semaines après la révolution et le délitement du régime Ben Ali, et depuis vivote dans la capitale européenne. Cette chronique a été publiée initialement en novembre 2013 sur l'ancien site d'ARTE Journal et rien n'a vraiment changé en un an : Z. accepte toujours n'importe quel boulot, se fait réexpulser à l'occasion vers l’Italie et vit de café-clopes en rêvant de mariage et de voyage. De Sfax à Strasbourg en passant par Lampedusa, l’histoire d’un migrant qui pourrait être votre voisin. 



Je viens de Sfax, j’ai arrêté l’école à 17 ans parce que ça me faisait de la peine de voir mes parents trimer et je voulais les aider. Je détestais aller à l’internat aussi. J’étais seulement bon en histoire et en mathématiques, peut-être que j’aurais dû aller jusqu’au baccalauréat. Après, j’ai travaillé dix ans à l’université où j’étais responsable de la cafétéria des étudiants puis j’ai cumulé avec des courses de taxi pendant le Ramadan, les vacances, les week-ends. Les dernières années, je n’ai plus fait que chauffeur de taxi, ça payait mieux et j’aimais bien. 

Il y a quinze ans, j’ai commencé à faire des demandes de visas, mais ça ne marchait pas parce que je n’avais ni bon salaire, ni hébergement sûr, ni promesse d’embauche, … donc la France n’a aucun intérêt à m’accueillir. Un jour, un type dans un café m’a dit : "Tu me donnes 1 000 euros, je te fournis un faux visa". Je lui ai donné l’argent, mais il m’a carotté, je ne l’ai plus jamais revu. Normalement un visa ça coûte juste un timbre, autour de 45 dinars (20 euros) à l’époque. 

En 2001, j’ai pris un vol de Tunis pour Abidjan avec escale à Zurich. En Suisse, j’ai voulu partir pour prendre un train vers la France mais je n’ai pas réussi à sortir de la zone de transit. Un policier m’a dit : "Pour vous les Arabes, c’est fini la Suisse". C’était un mois après les attentats du 11 septembre. J’ai dû prendre le vol pour la Côte d’Ivoire où je suis resté dix jours puis je suis rentré chez moi. 

En juillet 2002, j’ai essayé d’obtenir un visa pour l’Allemagne, ça n’a pas marché non plus. J’ai commencé à m’intéresser aux bateaux même si sous Ben Ali, on risquait minimum deux ans de prison si on se faisait attraper en train de prendre la mer. Pour le passeur, la peine était encore bien plus lourde. Le président recevait de l’argent de la France pour arrêter les candidats à la migration. 
Début 2011, j’ai commencé à oublier cette idée de bateaux puis les manifestations ont éclaté. Elles ont commencé le 12 janvier à Sfax. C’était violent, je devais continuer à faire le taxi pendant les affrontements avec la police. Et puis la police a disparu, plus personne ne la commandait, il ne restait plus que les militaires le long des côtes. Dans un café, j’ai trouvé quelqu’un qui m’a dit "C’est 1000 dinars (450 euros) pour passer"



Fin mars, j’ai dit au revoir à ma mère, mon frère et ma sœur et je suis parti pour la plage de Djerba avec juste un peu d’eau et de lait. Je n’ai surtout pas emmené de papiers, pour ne pas risquer de les perdre et pour ne pas qu’on m’identifie à l’arrivée. Nous avions rendez-vous à 21h30, nous avons chacun donné l’argent au passeur qui l’a remis à son frère avant de monter avec nous. Nous étions 64, que des hommes, serrés comme des sardines, sur un petit bateau en bois de moins de 10 mètres. 
Quelques kilomètres après Djerba, un bateau de l’armée nous a arrêtés et les militaires nous ont ordonné de faire demi-tour. Ils nous ont aussi dit qu’il y allait avoir du vent une fois en pleine mer, et pour ça ils avaient raison, nous avons subi la houle plus tard. Mais nous ne voulions pas retourner sur la côte tunisienne, nous avons menacé de mettre le feu au bateau s’ils ne nous laissaient pas repartir. Nous avons commencé à balancer du gasoil au sol et ils nous ont dit "Ok, allez-y, faites ce que vous voulez".
Au milieu de la route, nous sommes tombés en panne à cause de la pompe à eau qui a lâché. L’eau a commencé à remplir le bateau, nous avons écopé avec les bidons de gasoil vides, et heureusement le passeur a réussi à réparer la pompe. Le voyage a duré 25 heures. On s’est raconté nos vies et nos rêves sur l’Europe.
Un bateau qui est parti en même temps que nous transportait 45 personnes. Il est aussi tombé en panne mais n’a pas réussi à repartir. Seuls trois gars ont été sauvés en s’accrochant à des bouts du bateau et ont été récupérés par le dernier bateau parti le même soir. Je les ai vus à Lampedusa, ce n’était pas beau à voir, ils avaient tout le corps, le visage troués parce qu’ils s’étaient fait bouffer par les petits poissons. Nous avons perdu beaucoup de gens dans la mer, c’est une catastrophe. 



Nous sommes arrivés à Lampedusa à 22h45 le lendemain. A 100 mètres du rivage, les bateaux des pompiers nous ont cherché. La police a détruit notre embarcation. Les malades ont été pris en charge par les ambulances puis ils nous ont emmenés au centre de rétention. La Croix-Rouge s’est bien occupée de nous, nous a donné à manger, des vêtements, des cigarettes mais le centre était plein à craquer. Tous les lits étaient occupés, les gens dormaient par terre et même sur les flancs de la montagne autour du centre. En 2011, 25 000 Tunisiens sont passés par Lampedusa, c’est énorme. 
Au bout de huit jours, ils nous ont dispatché dans plusieurs centres de l’Italie. J’ai été placé à Foggia avec un des copains de Sfax avec qui j’étais parti, j’ai eu de la chance. Il est à Paris maintenant. C’est un vrai copain, je ferais tout pour lui. A Foggia, il n’y avait pas beaucoup de monde, nous n’étions que deux par chambre, c’était plus vivable. Ils nous ont donné un permis de séjour pour l’Italie valable six mois. 

La journée, nous avions le droit de nous balader en ville puis le soir nous devions rentrer. Au bout de trois jours, je ne suis pas revenu au centre, j’ai pris le train pour Milan puis pour Lyon. Mais la police frontière est montée dans le train, m’a contrôlé et m’a fait descendre à Modane, juste à la frontière. Deux autres sans-papiers se sont faits choper dans le train, un autre Tunisien et un Turc. La police ferroviaire a pris nos empreintes, une photo et nous ont donné un papier d’obligation de quitter le territoire français. J’ai demandé au policier où je devais aller, il m’a dit "En Italie ou en France, je m’en fous." Ils nous ont donné à manger et nous ont relâché dans la nuit. 



J’ai appelé un ami qui habite à Strasbourg, je lui ai décrit le village où je me trouvais, il a trouvé sur Google Maps et il m’a dit de l’attendre, qu’il partait tout de suite et serait là au petit matin. Je suis resté toute la nuit dans la montagne, loin de la route, sous la pluie et dans le froid. A 7 heures, mon ami est arrivé et m’a ramené en France. 

Je n’ai pas demandé de papiers en France parce que je suis sûr à 100% que je ne les aurais pas : je n’ai pas de fiche de paie, ni de promesse d’embauche fixe, ni de mariage en vue et je n’ai pas les moyens de me payer un avocat. J’ai quelques amis tunisiens et un docteur français qui m’aide. 
Je savais que ça allait être dur mais je ne pensais pas que la loi serait aussi difficile à comprendre. Comme on dit chez nous, c’est comme "un mariage impossible" ce problème de papiers. J’aime la liberté plus que tout et je n’y ai pas droit. Je ne peux pas me balader près de la gare, à Homme de fer (la station de tram centrale de Strasbourg) ou au marché de Noël, il y a trop de policiers. Ce qui me fait le plus mal c’est de ne pas être libre. Vous êtes des gens, vous vous baladez comme vous voulez en Tunisie et nous ici on est quoi ? On est des animaux. 

J’ai d’abord passé six mois à Paris. A Pantin, une journaliste d’Al-Arabiya nous a proposé de l’argent pour répondre à une interview filmée sur les chantiers illégaux. Nous avons refusé. Je vivais dans un squat, bossais avec un Turc dans un magasin qui fournissait du matériel de chantier aux entreprises. Puis je suis revenu à Strasbourg, où je travaille sur des chantiers de démolition dans des petites entreprises, au black. 

Depuis que je suis en France, je me suis fait arrêter six fois. Mais en mai, j’ai été envoyé au centre de rétention de la région. J’y suis resté cinq jours, je suis passé devant le juge puis ils m’ont expulsé en Italie par avion. A Rome, ils m’ont à nouveau relâché, je suis allé à Milan et j’ai repris le bus pour Strasbourg. La douane en Suisse m’a laissé passer avec le permis de séjour italien périmé, le récépissé correspondant et mon passeport tunisien. C’est n’importe quoi, j’avais prévenu le juge que je reviendrais tout de suite après mon expulsion et qu’ils dépensaient de l’argent pour rien. 
Du mois de juin au mois d’août, je n’ai pas trouvé de travail, c’était difficile. En plus c’était le Ramadan, je ne mangeais pas, je n’avais pas d’argent mais je devais quand même fumer mon paquet et demi par jour. En Tunisie, je ne fumais que la chicha une fois par semaine, ici avec tout ce stress, je me suis mis à fumer énormément. J’ai l’aide médicale mais pas l’aide au logement, je vis dans un foyer de travailleurs. Je sais que je vais me faire expulser à nouveau, si ce n’est pas aujourd’hui, c’est demain. J’ai franchement une vie de merde en ce moment mais je suis quand même content. Je voyage, je veux construire ma vie et ça me fait tenir. 
J’aime la difficulté. Je me suis acheté des carnets de sudoku de plus en plus durs. Ça m’a même sauvé un jour. J’étais dans le tram en train de remplir une grille et des policiers sont montés dans la rame. Je suis resté concentré, ne laissant pas transparaître ma panique et ils ont passé à côté de moi sans me contrôler, sûrement parce que j’avais l’air d’un mec normal qui allait au travail.

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