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jeudi 15 mars 2018

Droits de l’Homme : Il faut un cadre juridique garantissant les droits des réfugiés en Tunisie

Les intervenants à la séance d’ouverture de la rencontre régionale sur “Les bonnes pratiques en matière de protection des réfugiés et de gestion des flux migratoires mixtes” dont les travaux ont démarré, jeudi 14 décembre à Tunis, à l’initiative de l’Institut arabe des droits de l’Homme (IADH) et du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), ont mis l’accent sur la nécessité de mettre en place un cadre juridique garantissant le respect de la dignité des réfugiés en Tunisie ainsi que la protection de leurs droits et déterminant leurs devoirs envers la société.

A cette occasion, le président du conseil d’administration de l’IADH, Abdelbaset Ben Hassen, a souligné que le secours des réfugiés n’est pas seulement une question de moyens mais une conviction en la nécessité de respecter la dignité de ces derniers, indiquant que la grande solidarité avec les réfugiés libyens dans le sud du pays au lendemain de la révolution de 2011 constitue, selon le HCR, l’une des plus grandes actions de solidarité à travers l’histoire.

Il a affirmé que le projet de loi, élaboré depuis 2012 par le ministère tunisien de la Justice en collaboration avec les instances et les organisations nationales et internationales, revêt une dimension symbolique dans la mesure où, une fois adopté, il constituera une première du genre dans le monde arabe.

L’importance de ce projet de loi réside, selon Ben Hassen, dans le fait qu’il contribuera à promouvoir le système des droits de l’Homme en Tunisie et consacrer l’égalité des droits.

Le représentant du bureau du HCR à Tunis, Mazen Abou Chanab, a mis en exergue l’engagement de la société civile en faveur de la cause des réfugiés en Tunisie.

L’ambassadeur de Suisse en Tunisie, Rita Adams, a déclaré que la question des réfugiés est une question qui intéresse aussi bien les pays du nord que du sud, indiquant que la Suisse et la Tunisie s’emploient dans le cadre du programme sur l’immigration et la protection des catégories vulnérables, à agir pour renforcer la transition démocratique en Tunisie et à consolider la coopération dans le domaine de l’immigration au niveau du financement des projets relatifs à la mise en place du cadre juridique réglementant la question de l’immigration et de la gestion commune des frontières.

Le programme de la conférence comporte trois séances scientifiques consacrées à l’échange d’expertises au sujet des bonnes pratiques en matière de protection internationale des réfugiés, au complémentarité des rôles entre les acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux et à la gestion des situations de crises humanitaires.

Paru le 15 décembre 2017

dimanche 28 janvier 2018

Bruxelles et l’ONU veulent faire de la Tunisie une prison pour migrants





Par Sadek Sahraoui – Des nombreux médias tunisiens révèlent que des pays européens et des organisations internationales exercent de fortes pressions sur les autorités tunisiennes afin de les amener à adopter une loi qui transformerait la Tunisie en un vaste «asile» pour migrants illégaux. Ces pressions viendraient du notamment représentant local du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR), Mazen Abou Chanab, et de l’ambassadrice de Suisse à Tunis, Rita Adam.

La presse tunisienne soutient que ce projet de loi, à l’étude depuis 2012 au niveau du ministère de la Justice, a atterri depuis peu sur le bureau du Premier ministre tunisien. L’opinion tunisienne redoute aujourd’hui que ce projet de loi soit adopté sans faire l’objet d’aucune consultation ni d’aucun débat public.

De son côté, le représentant du Haut-Commissariat pour les réfugiés en Tunisie ne cache pas son vœu de voir les autorités tunisiennes aller plus vite dans le sens des attentes de l’ONU : «Nous voulons que 2018 soit l’année de la promulgation de cette loi. La Tunisie deviendrait ainsi le premier pays en Afrique du Nord et au Moyen-Orient à disposer d’une loi sur les réfugiés humanitaires.» Mazen Abou Chanab ne dit par contre pas ce que la Tunisie va concrètement gagner dans cette histoire. Il ne dit pas non plus que tout ce travail est fait pour éviter aux migrants illégaux de rejoindre l’Europe. Cette loi dont M. Abou Chanab parle est destinée à délocaliser les problèmes de l’Europe vers le Maghreb.

Le président de l’Institut arabe des droits de l’homme en Tunisie, Abdul Basit Bin Hassan, a reconnu aussi que son organisme et le HCR avaient «mené une intense campagne pour amener les autorités tunisiennes à adopter une telle loi».

L’ambassadrice de Suisse à Tunis a déclaré pour sa part que son pays, qui abrite le siège du HCR, a aidé financièrement et techniquement le ministère tunisien de la Justice pour préparer la loi tunisienne sur le «droit d’asile». Aussi a-t-elle appelé le Parlement tunisien à l’adopter afin qu’elle puisse être mise en œuvre le plus tôt possible.

La ministre suisse de la Justice et de la Police, Simonetta Sommaruga, avait annoncé, lors de sa visite en Tunisie en octobre dernier, que son pays donnera à l’Etat tunisien et au HCR, pour les deux prochaines années, environ 38 millions de dinars tunisiens. Cet argent sera destiné à aider les migrants en difficulté de passage en Tunisie. Lors de cette visite, la ministre suisse avait également annoncé l’ouverture d’un «bureau de sécurité» dans l’ambassade de son pays en Tunisie. «La lutte contre la migration illégale sera une priorité pour le travail de ce bureau», a-t-elle déclaré. La Suisse soutient, rappelle-t-on, la Tunisie dans la formulation et la mise en œuvre de politiques d’immigration «conformes aux normes internationales».

S. S. publié le 31.12.2017

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