Affichage des articles dont le libellé est femmes. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est femmes. Afficher tous les articles

vendredi 13 avril 2018

Le géant du luxe suisse Richemont perd son couturier tunisien


 Paru le 18 novembre 2017

Allergique à la promotion, ce petit homme discret, invariablement vêtu d'un costume chinois passe-partout, avait le luxe de se passer de publicité.
KEYSTONE/AP/FRANCOIS MORI
(sda-ats)



Le couturier franco-tunisien Azzedine Alaïa est décédé à l'âge de 77 ans. Il s'est fait connaître dans les années 1980 avant de poursuivre son travail hors système, loin des calendriers de défilés et de la presse, grâce à un réseau de clientes très fidèles.

Son décès, annoncé par l'hebdomadaire le Point, et confirmé par la Fédération de la haute couture et de la mode, a entraîné de multiples hommages.

"C'est un couturier de grand talent qui s'en va", a déclaré le couturier Pierre Cardin. "Petit par la taille mais immense dans la mode. Adieu Azzedine Alaïa", a réagi la créatrice et ancien mannequin Inès de la Fressange sur Twitter.

Pour l'ancien ministre de la Culture et président de l'Institut du Monde Arabe (IMA) Jack Lang, "Azzedine savait mieux que quiconque sublimer les femmes". "Il les aimait et elles, en retour, lui vouaient une vénération infinie", a-t-il déclaré sur son compte Facebook.

Défilés en petit comité
 
Allergique à la promotion, ce petit homme discret, invariablement vêtu d'un costume chinois passe-partout, avait le luxe de se passer de publicité. Ses rares défilés se déroulant en petit comité dans son atelier-boutique du Marais.

"J'aime les femmes. (...) Je ne pense pas toujours à faire des nouveautés, à être créatif, mais à faire un vêtement pour que les femmes soient belles", avait expliqué le couturier en 2013, à l'occasion d'une rétrospective de son oeuvre au Musée Galliéra.

Alaïa concevait ses vêtements en trois dimensions, se servant peu du dessin. Il faisait beaucoup de sur mesure, en haute couture, mais aussi du prêt-à-porter, contournant le diktat du renouvellement systématique à chaque saison: il lui arrivait de proposer la même robe "indémodable" deux ans d'affilée.

Jeune homme au pair
 
Le créateur était né en Tunisie autour de 1940 mais cultivait la coquetterie quant à sa date de naissance précise. "J'ai l'âge des pharaons. Les dates, je les ai effacées", disait-il.

Etudiant la sculpture aux Beaux-Arts de Tunis, ce fils d'agriculteurs commence à travailler pour une couturière de quartier. Débarquant à Paris à la fin des années 1950, il travaille brièvement chez Dior et chez Guy Laroche.

Jeune homme au pair, il commence à habiller des femmes du monde dont il devient souvent le confident. Elles lui présentent Arletty, l'une de ses muses, et même "la" Garbo.

Silhouette des années 1980
 
Le couturier contribue largement à définir la silhouette féminine des années 1980, à l'assurance sexy, en inventant le body, le caleçon noir moulant, la jupe zippée dans le dos, des modèles copiés à l'infini. Ses robes seconde peau sont à la fois provocantes et distinguées.

Les célébrités se l'arrachent, notamment la sculpturale Grace Jones qui pose dans ses vêtements sous l'objectif de Jean-Paul Goude. En 1989, c'est lui qui commande à Alaïa la toge-drapeau portée par la cantatrice Jessye Norman pour le défilé du Bicentenaire de la Révolution française.

Avec le géant suisse Richemont
 
En 2000, il signe un accord avec Prada qui lui permet de se développer, mais dont il se dégage sept ans plus tard, préférant s'adosser au géant suisse du luxe Richemont.

Son ultime défilé avait été présenté en juillet et ouvert par Naomi Campbell, protégée du couturier, qui l'appelait affectueusement "papa".

lundi 19 juin 2017

63% des femmes tunisiennes n’ont pas accès aux institutions financières traditionnelles pour se financer








Le déficit de financement des entrepreneuses tunisiennes est estimé à près de 300 millions de dollars (environ 729 millions de dinars), c’est ce qui a été annoncé lors d’une table ronde, organisée récemment par l’IFC, la société financière internationale, membre du Groupe de la Banque mondiale, et l’Association professionnelle tunisienne des banques et établissements financiers (APTBEF), sur l’inclusion financière des femmes entrepreneurs en Tunisie.
L’objectif de cette rencontre est d’aider les entreprises créées par des femmes à accéder aux financements dont elles ont besoin pour se développer, devenir profitables et créer des emplois.
En Tunisie, les micro, petites et moyennes entreprises représentent 97% des entreprises, réalisent 40% du PIB et emploient 56% des salariés tunisiens. 12% de ces entrepreneurs sont des femmes, 63% d’entre elles indiquent ne pas avoir accès au réseau traditionnel des banques et institutions financières pour se financer.
“Les banques sont réticentes à accorder des prêts aux PME, en particulier aux entreprises gérées par des femmes”, a souligné Ahmed El Karm, président d’APTBEF, ajoutant que “le partenariat avec l’IFC va nous aider à accroître les prêts proposés aux femmes entrepreneurs, essentiels pour stimuler la croissance et soutenir l’économie”.
De son côté, Georges Ghorra, responsable en charge des activités d’IFC en Tunisie, a affirmé que “les discussions d’aujourd’hui permettent d’établir de solides arguments en faveur de l’investissement auprès des femmes. L’extension des services financiers à cette population générera de la croissance et créera des emplois. Elle aidera également les banques à toucher un segment jusque-là mal ou inexploité”.
Dans ce cadre, le responsable a révélé que l’IFC, à travers son programme d’inclusion financière pour les femmes ‘Banking on Women’, a travaillé avec 26 banques dans le monde en fournissant des produits financiers ou des services de conseil. L’IFC a également engagé 1,13 milliard de dollars pour financer des entreprises appartenant à des femmes.
Ce projet est réalisé grâce au soutien de la coopération suisse (SECO) et du département des affaires étrangères, commerce et développement du Canada (DFATD).
Ont pris part à cette table ronde, le gouverneur de la BCT et des représentants des principales banques et institutions financières tunisiennes.