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vendredi 21 décembre 2018

Arlette Monnard-Elhajhasan, une Genevoise à l’âme arabe

Par Aline Jaccottet ,Publié lundi 13 août 2018 à 19:53, modifié mardi 14 août 2018 à 20:48.

Arlette Monnard-Elhajhasan, une Genevoise à l’âme arabe

Par amour et goût de l’aventure, l’Helvète a abandonné le confort de son pays pour s’immerger dans le monde arabe. Une exploration de toute une vie qu’elle ne regrette pas un instant

Ne vous fiez ni à sa blondeur ni à ses yeux verts: après quasi quarante ans passés au Proche-Orient et au Maghreb, Arlette Monnard-Elhajhasan est Arabe. Généreuse dans l’accueil, le verbe haut et l’émotion spontanée, ses gestes respirent l’aisance de ceux qui sont habitués à voguer d’un monde à l’autre. En Suisse, sa nature expansive détonne; en Tunisie, en Jordanie et en Cisjordanie, on s’étonne qu’une ajnabia (étrangère) maîtrise à ce point une langue et des codes si complexes. C’est qu’Arlette, infirmière de profession et originaire de Chambésy (GE), a vécu des années en Palestine rurale avant de s’établir à Djerba.

Un réveillon décisif

Son destin bascule à Londres, lors du réveillon du 31 décembre 1970. Elle qui était venue suivre une école d’infirmières rencontre Hasan, un étudiant en gynécologie palestinien. L’homme est issu de la tribu bédouine turkmène Achira qui vit depuis 1948 à Nazalwasta, petit village de Cisjordanie entre Tulkarem et Jénine. C’est le coup de foudre, puis le mariage et quatre naissances: Abdulmuti en 1972, Raya en 1974, Yasmine en 1975 et Khaled en 1977.

Hasan ne veut pas quitter l’Angleterre, mais Arlette, en mal d’exotisme, rêve de voir la Palestine. Sa persévérance a raison des réticences de son mari et le 15 mai 1979, la famille quitte Londres pour Nazalwasta, à la stupeur des parents et de la sœur d’Arlette. Laquelle atterrit dans un monde arabe rural qui lui réserve quelques difficultés. «J’ai eu de la peine à me faire à la séparation hommes-femmes pratiquée strictement par les Bédouins», dit-elle. Et puis, la vie est spartiate: pas de téléphone, des toilettes à la turque, des serpents et des lézards qui s’invitent à l’improviste dans la maison, des moustiques omniprésents… Surtout, Arlette doit se familiariser avec la langue et la culture de sa belle-famille. Tous les soirs, elle apprend un mot d’arabe, aidée par ses belles-sœurs et encouragée par son inénarrable belle-mère, Jitti, une vieille Bédouine ridée et tatouée qui mange avec les mains et avec force bruits de bouche. Arlette se fond tout entière dans cette nouvelle vie, embrassant l’islam qu’elle pratique dans un mélange serein de décontraction et de respect des traditions.

Mille naissances

Les quinze années qui suivent laissent peu de place aux regrets, aucune aux loisirs. Arlette l’infirmière et Hasan le gynécologue font équipe pour accoucher des centaines de femmes. «Pas une n’est morte entre nos mains», dit-elle avec fierté. Un exploit au vu de la dureté de la vie des mères souvent harassées par le travail des champs, et des conditions humaines et sanitaires des naissances. Lorsqu’elle revient en Suisse pour de courts séjours, Arlette ne s’y retrouve pas, entre la rigidité de sa famille qui l’étouffe et «les préjugés des gens qui avaient tant de peine à penser que j’étais la mère de ces quatre enfants qu’ils imaginaient que je travaillais comme nounou pour une famille saoudienne».

Exilée dans sa patrie

C’est pourtant en Suisse que la famille trouve refuge lors de la première Intifada. «Quitter la Palestine nous a brisé le cœur, mais les checkpoints, les militaires israéliens, la paranoïa, on n’en pouvait plus. Nos enfants adolescents auraient pu être arrêtés, voire pire», dit Arlette. Elle se préoccupe particulièrement du sort de son aîné, Abdulmuti, qui souffre de myopathie, une dégénérescence musculaire grave. Les Elhajhasan s’établissent à Saint-Imier, dans le Jura, où Hasan a trouvé un poste. Au soulagement d’être en sécurité succède rapidement la difficulté de l’intégration. «Nous avons été confrontés au racisme, à l’ignorance», raconte Arlette. Quatre ans plus tard, trois des quatre enfants partent étudier en Jordanie où ils se sentent bien plus à l’aise. Arlette et Hasan rentrent à leur tour en Cisjordanie, mais d’autres problèmes les attendent. «La corruption, l’autoritarisme, le clientélisme établis par le clan Arafat nous ont écœurés. On ne pouvait rien faire sans être membres d’un parti», explique-t-elle. Déçu de ce pays dans lequel il ne se reconnaît plus, le couple rentre en Suisse. Un drame les frappe alors: le rapt de leurs deux petits-fils en 2000 par leur père, un Palestinien de Cisjordanie. Il faudra des années à leur fille Raya, souffrant d’une grave anorexie qu’avait adoucie la maternité, pour surmonter cet arrachement. Deux ans plus tard, la vieille Jitti, la belle-mère bédouine adorée, rend l’âme.

Le pays de la liberté

Arlette tombe alors en dépression. «Les années à trimer, l’Intifada, la maladie de mes enfants, le kidnapping de mes petits-fils…, soudain, tout m’est tombé dessus», dit-elle. Elle réalise aussi combien le caractère possessif de Hasan lui pèse et décide de partir seule en vacances pour décompresser. «J’ai tapé «vacances + soleil» sur Google et je suis tombée sur une pub pour la Tunisie.» Ni une ni deux, Arlette débarque dans ce pays inconnu et en tombe amoureuse. «La nature, les paysages, la gentillesse des Tunisiens m’ont fait un bien immense.» La liberté l’appelle, elle répond: trois ans plus tard, à la stupeur de tous, elle divorce de Hasan sans rien lui demander. «Il m’avait déjà donné tout ce que j’aurais pu souhaiter», dit-elle. Arlette achète un appartement à Djerba, où elle vit depuis neuf ans. Revenir en Suisse, où ont fini par s’établir trois de ses enfants? A cette idée, elle rigole. «Ce pays est magnifique, propre et organisé, mais il ne me correspond plus. Je ne supporterais pas le train-train, l’ennui et la grisaille de la météo. Les gens sont si moroses… Décrocher un sourire dans les bus genevois, c’est un exploit!»
N’allez pas croire pour autant qu’elle tresse des couronnes à la Tunisie. «Certains endroits sont très sales, la corruption est omniprésente, les infrastructures sont défaillantes et la société est anarchique», fustige-t-elle. Sans jamais oublier la Palestine, c’est pourtant là qu’elle se sent chez elle, dans ce pays nouvellement libéré qui lui ressemble tant. Une Tunisie entre deux mondes, l’arabe et l’européen, passant de l’un à l’autre dans une quête identitaire à jamais inachevée.

Profil

1951 Naissance à Chambésy (GE).
Mai 1979 Arrivée à Nazalwasta (Cisjordanie).
1988 Retour en Suisse à Saint-Imier dans le Jura.
Mai 1992 Retour en Cisjordanie.
2009 Arrivée à Djerba.





samedi 20 octobre 2018

5 questions sur la Tunisie au blogueur globetrotteur "Suisse moi"

Publié le 02 avril 2018 par Anissa Mahdaoui

Vous avez certainement entendu parler de lui... Véritable globetrotter 2.0, Sylvain Nicolier est celui qui se cache derrière le concept Suisse moi.
Le principe? Le jeune homme suggère à ses abonnés de proposer le contenu de ses reportages vidéo et de voyager avec lui en direct!
Sylvain voyage au fil de ses rencontres, il a visité 15 pays en quatre ans!
Un séduisant projet qui jusqu’ici bien porté ses fruits. La chaîne Youtube de ce blogueur lausannois compte, en effet, plus de 3 600 abonnés et ses pages Facebook et Instagram pas moins de 20 600.

Le HuffPost Tunisie est allé à sa rencontre suite à son aventure tunisienne à Dahar au sud-est de la Tunisie, et lui a posé cinq questions flash. Voici ses réponses:



1. Le point de départ de ton voyage à Dahar 

Sylvain Nicolier: En avril 2017, à la suite de ma visite du Salon des blogueurs de voyage, on m’a invité à me rendre direction Dahar.
J’y suis resté une semaine puis deux jours dans le désert avant Djerba


2. Ton premier contact avec la Tunisie

Plus jeune, je suis parti à Djerba avec mes parents, on a connu les plages, etc. mais ce n’était pa vraiment la Tunisie authentique que je recherche.
Alors qu’en me rendant ensuite à Dahar, j’ai découvert une région authentique pleine de richesse.

3. Ce qui t’a marqué à Dahar

Mes rencontres, les Amazighs, les Berbères, les traditions et la manière de vivre dans les régions arides.
Je me rappelle avoir vraiment très bien mangé, agneau, soupe, etc.
J’ai adoré vivre dans une maison troglodyte, c’était une vraie expérience. Les courses de chevaux aussi m’ont marquées.

4. La particularité de la Tunisie

Les paysages sont vraiment particuliers, le contexte de mon séjour aussi, j’ai vécu une expérience inoubliable!
Le contact avec les Berbères, qui sont simples et authentiques. Je trouve les gens tellement beaux avec leurs yeux clairs... J’ai été frappé par cette beauté!
Cela m’a donné envie de revenir mais dans une autre région, l’idée pour moi reste de se rapprocher de la vie locale, surtout pas touristique.
J’ai vraiment vécu une expérience qui vaut la peine et que je recommande!

5. Les premiers échos suite à la publication de ta vidéo

Les gens m’ont principalement demandé comment partir en voyage là-bas et m’ont remercié de leur avoir fait découvrir cet endroit.
Ce que j’adore et que j’ai trouvé drôle, c’est que même les Tunisiens eux-même ont fait une découverte car la région reste peu connue même des habitants tunisiens.

Photos sur Instagram

Source

samedi 21 juillet 2018

L'Ambassadrice de Suisse en Tunisie: "Le retour des touristes est un constat"

Publié le 10 juillet 2018 par Cheker Berhima

Prenant la parole, lors de la conférence de présentation de la destination Dahar,l’Ambassadrice de Suisse en Tunisie, Adam Rita, n’a pas caché sa sympathie par le fait de constater le retour des touristes à Djerba: "Je viens de constater une pénurie de lits à Djerba, c’est un bon signe…"
L’ambassadrice a affirmé, dans ce sens, que la Suisse croit beaucoup au Tourisme d’où son implication pour financer et promouvoir le projet Destination Dahar: "Ce projet nous rassemble tous et a pour ambition d’appuyer la transition en Tunisie". Pour l’ambassadrice suisse, l’objectif à travers ce projet est de regrouper tous les acteurs du tourisme présents dans cette région de Matmata et Tataouine, précisant que la Fédération et le ministère ont assumé dans ce sens.
Et l’ambassadrice d’annoncer une autre bonne nouvelle: un nouvel engagement suisse pourrait avoir lieu, il est dans l’étude, et sera mis en œuvre quand la destination Dahar arrive à son terme en 2019. La diplomate suisse conclut: "Nous continuons tous les jours à promouvoir la destination Dahar auprès des touristes suisses".




mardi 20 juin 2017

22,1% de touristes suisses en plus en Tunisie cette année !

Tunisie: À juin 2017, 46% de touristes français et 33% de touristes allemands en plus qu'en 2016

 |  Par Yassine Bellamine Publication:
Les Tunisiens résidents à l'étrangers sont quant à eux près de 428.000 a être entrés sur le territoire tunisien au 10 juin 2017 soit une hausse de 6,7%.
Au total, les entrées des non-résidents étrangers est estimé à près de 80% du total des entrées des non-résidents en Tunisie alors que celui des Tunisiens résidents à l'étranger représente près de 20% selon l'ONTT.

Le tourisme européen à la relance
Cela est dû en grande partie au retour de touristes français et allemands. En effet, par rapport à l'année 2016, il y'a eu 46% de touristes français et 33% de touristes allemands en plus. À eux deux, cela fait plus de 230.000 visiteurs.
Après les touristes français et allemands, les touristes anglais font également leur retour en Tunisie avec une hausse de 16% des entrées venant d'Angleterre. Cependant, ils ne sont que près de 10.000 anglais à avoir visité la Tunisie cette année.
Ils sont également près de 31.000 italiens à avoir visité la Tunisie, soit une hausse de 13,3% par rapport à 2016.
La bonne surprise vient de Belgique où 14.573 personnes ont visité la Tunisie, soit une hausse de 89% par rapport à 2016.

Derrière, la Tunisie a vu une hausse des entrées de nombreux autres ressortissants de pays européens: 15,8% pour les pays scandinaves, 22,1% pour les ressortissants suisses, 21,1% pour les Hollandais, 27% pour les Autrichiens, 54,5% pour les Serbes ou encore 49,2% pour les Hongrois...  

Cependant, si pour une majorité écrasante de pays européens le nombre de visiteurs en Tunisie a augmenté, la Tunisie a perdu 14.000 touristes russes, soit une baisse de 13,2%.
Au total, ils sont près de 432.000 européens à être entrés en Tunisie depuis le début de l'année 2017, soit une hausse de 22,7% par rapport à 2016.
Les touristes européens représentent 19,6% de l'ensemble des touristes ayant visité la Tunisie en 2017.

Les voisins algériens et libyens en tête
Le nombre d'Algériens à avoir visité la Tunisie en 2017 est de 700.364 soit une hausse de 58,5% par rapport à 2016. Idem du côté des ressortissants libyens où ils sont 557.822 à être entrés sur le territoire tunisien soit une hausse de près de 22% par rapport à 2016.
Cependant le nombre de Marocains ayant visité la Tunisie en 2017 a baissé de près de 9% avec moins de 18.000 marocains en visite en Tunisie.
Les Maghrébins ayant visité la Tunisie jusqu'au 10 juin 2017 représentent 58,1% de l'ensemble des touristes ayant visité la Tunisie en 2017.

Une hausse des visiteurs des États-Unis et du Canada
Le nombre de ressortissants américains entrés en Tunisie s'élève à 6970 personnes, soit une hausse de près de 26% par rapport à 2016. Pour les ressortissants canadiens, cet écart est plus grand encore.
En effet, ils sont près de 4000 à avoir visité la Tunisie en 2017, soit une hausse de près de 45%.
Reste du monde
Dans le reste du monde, le nombre de visiteurs venu de Chine a été multiplié par 4. Ils sont près de 8.000 chinois a avoir visité la Tunisie en 2017 soit une hausse de 376,7%.
Dans les pays du Golfe, il y'a une légère hausse vers la destination Tunisie. Idem pour les autres pays africains et le Japon.