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samedi 3 août 2019

«Je n’ai pas d'avenir là-bas, j'y serai en danger»

par Marine Guillain le 23 mars 2015 - Un délinquant né en Suisse doit être expulsé en Tunisie, pays qu'il ne connaît pas mais dont il a le passeport. Il lui reste une dernière chance pour obtenir le droit de rester.


Chaque jour, depuis le centre de détention administrative de Frambois (GE), Medhi voit passer les avions au-dessus de sa tête. Il sait qu'il peut se retrouver dans l'un d’eux n'importe quand, direction Tunis. «J'avais pris une fausse route, la prison m'a servi et je ne referai pas les mêmes erreurs», promet le jeune homme, les yeux brillants.
Medhi (à gauche) entouré de ses trois frères, au mois de février à Frambois. (Photo: dr)
Entre 17 et 22 ans, il a cumulé les délits dans le canton de Vaud, où il a grandi: vols, dommages à la propriété, bagarres, conduite sans permis. Medhi a passé plus de 3 ans en prison à cause de diverses condamnations. Au bénéfice d'un permis C, le multirécidiviste d'origine tunisienne, aujourd'hui âgé de 24 ans, a reçu un avis d'expulsion. Il dort à Frambois depuis fin décembre.
«Notre pays doit assumer ses responsabilités»
«Mais il n'a aucun lien avec la Tunisie, toute sa famille vit ici. Il avait commencé un apprentissage de peintre en bâtiment. Il est Suisse!» s'insurge sa mère, établie à Lausanne depuis 25 ans. Pour Medhi, qui connaît mal l'arabe, «aucun avenir n'est possible là-bas. Je serai en danger, ce pays n'est pas sûr, surtout ces temps.» Il a déposé un recours au Tribunal fédéral, mais il a été débouté.
Seul espoir désormais: ses avocats vont saisir la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg: «Notre client a commis plusieurs infractions, aucune d'elles particulièrement grave, soutiennent Me Bayenet et Me Peter. Il est né et a grandi en Suisse, notre pays doit donc assumer ses responsabilités à son égard et ne peut pas s'en décharger sur la Tunisie. Par ailleurs, c'est ici que se trouvent sa famille, sa compagne et tout son réseau social. Son renvoi vers la Tunisie, qui est pour lui une terre inconnue, viole ses droits fondamentaux.» La Cour, surchargée, ne traite que peu de demandes. Une réponse négative tomberait en quelques mois, une procédure positive prendrait plusieurs années. Medhi demande à être libéré dans l’attente du verdict.
Le cas de Medhi est «extrêmement rare»
Des personnes étrangères nées en Suisse ont déjà été expulsées, à la suite de décisions de révocation de permis C prises au motif de condamnations pénales pour infractions graves, indique le Département de la sécurité à Genève. Il souligne que «ces situations exceptionnelles sont très rares». Même son de cloche dans le canton de Vaud: «Si la personne est née en Suisse, il faut que le crime soit particulièrement grave ou l'accumulation de délits très forte, avec un risque de récidive élevé», explique Frédéric Rouyard, du Service de la population. Vaud décide du sort des étrangers condamnés au cas par cas, en fonction de la menace qu'ils représentent pour la société et du contexte: l'âge de l'arrivée en Suisse, la durée de séjour, la gravité des actes, les risques de récidive, le lien avec le pays d’origine.
Tour de vis validé la semaine dernière
Le Parlement a accepté lundi dernier la révision du Code pénal mettant en œuvre l'initiative de l’UDC sur le renvoi des criminels étrangers, votée en 2010. L’expulsion automatique pour 5 à 15 ans sera en principe réservée aux crimes passibles d'au moins 3 ans de prison. Le juge pourra exceptionnellement renoncer à une expulsion si cela met l'étranger dans une situation personnelle grave et que les intérêts publics à l'expulsion ne l'emportent pas sur les intérêts de l'intéressé à demeurer en Suisse. Il devra aussi tenir compte de la situation particulière d'une personne née et ayant grandi en Suisse.
Statu quo malgré les attaques terroristes
Les attentats qui ont causé la mort de 21 personnes, dont 20 touristes, la semaine dernière au Musée du Bardo, à Tunis, ne devraient pas avoir d'incidence sur la décision de renvoi de Medhi. Lors d'une demande d'asile, les autorités fédérales tiennent compte de la situation et du potentiel danger dans le pays d'origine. Mais lors de l'expulsion d'un criminel étranger, du ressort des autorités cantonales, «ce sont la situation et la dangerosité de la personne en Suisse qui sont appréciées, indique Frédéric Rouyard. La licéité du renvoi et le risque personnellement encouru dans le pays de destination (par exemple le risque de condamnation à la peine de mort) sont également vérifiés». Le risque d'attentat ne pèse pas plus sur la personne concernée par le renvoi que sur l'ensemble des habitants ou voyageurs présents.

samedi 22 juin 2019

Des maires tunisiens à l’école de la démocratie directe

Article paru le 25 juin, écrit par Isolda Agazzi

Huit maires tunisiens sont venus à Genève découvrir le système fédéral suisse. Dans le but, non de le copier, mais de s’en inspirer pour asseoir le processus de décentralisation et relever les nombreux défis de la jeune démocratie, à commencer par la gestion de l’environnement et la faiblesse de la participation citoyenne.
«Genève a été à la pointe de l’opposition à l’ancien dictateur Ben Ali», s’enthousiasme Jalel Matri, président de l’association Le Pont qui promeut des échanges citoyens entre la Suisse et la Tunisie. L’ONG a invité en Suisse 8 maires tunisiens de différentes sensibilités politiques pour rencontrer les autorités communales et fédérales, dans le but de les aider à mieux gérer leurs municipalités.
Jalel Matri poursuit: «Les défenseurs tunisiens des droits humains venaient aux réunions des organisations internationales et nous les avons soutenus et accompagnés dans leur combat. Depuis la révolution de 2011, nous aidons à construire la jeune démocratie depuis Genève.»
Membre de l’exécutif de la ville, Rémy Pagani abonde: « La Ville de Genève a une attache très forte avec la Tunisie car elle a toujours soutenu les opposants. Lors de sa première venue en Suisse, Moncef Marzouki, le premier président démocratiquement élu, est venu nous remercier personnellement.»
Le 12 juin, les maires – quatre hommes et quatre femmes – étaient invités au Palais Eynard (mairie) pour assister à une conférence du professeur de droit François Bellanger portant sur la décentralisation et la démocratie directe.
Premières élections municipales de l’histoire de la Tunisie
D’emblée, la décentralisation a été inscrite dans la nouvelle constitution tunisienne de 2014. En avril 2018, le parlement a adopté le code des collectivités locales et les premières élections municipales libres et démocratiques ont eu lieu le 6 mai 2018. Les conseils municipaux ont été élus pour cinq ans et ils ne sont donc pas concernés par les élections législatives et présidentielles qui se tiendront à la fin de cette année. Fiscalement, les communes tunisiennes sont partiellement autonomes: elles se financent en prélevant certains impôts, comme les taxes locatives et celles sur les terrains non bâtis, et en recevant des transferts de fonds de l’Etat. «Mais nous comptons avoir plus d’autonomie fiscale dans les années à venir», précisent les maires.
«Le code des collectivités locales n’est que le premier pas sur le chemin de la décentralisation. Une trentaine d’actes législatifs sont en cours de préparation pour le mettre en œuvre et transférer les compétences au niveau local. Nous ne sommes pas ici pour copier le modèle suisse, mais pour nous en inspirer dans notre transition démocratique», nous confie Faouzi Boussoffara, maire adjoint de Djerba Houmek Souk.
 « Processus irréversible », malgré la difficulté de faire participer la population
Son principal souci, c’est la gestion de l’énorme masse de déchets produits par le million de touristes qui visitent l’île de Djerba chaque année. «C’est un sujet de discorde, reconnaît-il. Il n’y a pas de solidarité au niveau du gouvernorat. On se dirige donc vers une structure intercommunale de gestion des déchets avec les trois communes de l’île à laquelle participeront es structures professionnelles, patronales et syndicales et les autres composantes de la société civile – une première en Tunisie.» Un souci largement partagé par les autres maires présents, très intéressés par la gestion des ordures en Suisse, où elle est du ressort des communes.
«Votre expérience de la démocratie directe est très jolie, mais notre problème, c’est le manque d’habitude des citoyens à participer à la prise de décisions, s’exclame Imen Sahnoun, maire adjointe de Al Ain, dans le gouvernorat de Sfax. Les citoyens sont réticents à participer aux élections. Le taux de participation est à peine de 30%. Dans les conseils municipaux, ils ne s’impliquent pas, même pour soutenir les élus. Quelle stratégie de communication adoptez-vous pour avoir des citoyens aussi avertis ?»
François Bellanger concède qu’en Suisse aussi, la participation aux élections tourne autour de 30 – 40%. «Mais ceux qui n’ont pas voté acceptent les décisions de la majorité. C’est la pratique qui va amener la participation démocratique, avec des débats dans les associations, les médias, en groupe… La liberté d’expression est le bien le plus précieux.»
Malgré tout, Imen Sahnoun est optimiste : «Le transfert de compétences vers les communes va se faire progressivement, mais rapidement. L’être humain aime le pouvoir, mais au niveau du gouvernement, ils n’ont pas d’autre choix que de décentraliser. C’est un processus irréversible. On sent une volonté de faire échouer cette tentative, mais nous avons une société civile extraordinaire qui travaille sur le terrain, observe, dérange. Et qui devient de plus en plus forte depuis la révolution.»
Maroua Dridi qui, à 26 ans, est la plus jeune maire de Tunisie, espère nouer des partenariats avec des communes suisses, comme cela a déjà été fait avec des communes françaises.
Dans une analyse qui vient de paraître, l’International Crisis Group relève que le processus de décentralisation tunisien est de plus en plus clivant. Vu l’austérité budgétaire, il appelle les bailleurs internationaux à augmenter leur soutien. A partir de 2021, la Direction du développement et de la coopération (DDC, coopération suisse) prévoit d’augmenter son soutien au processus de décentralisation en Tunisie.

samedi 6 avril 2019

Les liaisons dangereuses de l’islamiste tunisien emprisonné à Genève

Par Valérie de Graffenried, Publié mardi 20 janvier 2015 

Ahmed, un Tunisien de 35 ans, est jugé dangereux pour la sécurité intérieure par le Service de renseignement de la Confédération. L’étudiant pourrait être lié à la mouvance «Lis!» qui s’est implantée en Suisse. Son comportement extrême l’a fait remarquer à Lausanne et Fribourg. Son avocat le rencontrera pour la première fois ce mercredi matin.



Les liaisons dangereuses d’un islamiste
Un Tunisien de 35 ans va être expulsé en raison d’un profil jugé dangereux pourla sécurité intérieure
L’étudiant pourrait être lié à la mouvance «Lis!», qui a distribué des Corans gratuits dans les villes suisses
Son comportement extrême l’a fait remarquer à Lausanne et Fribourg
Avec l’arrestation d’Ahmed*, c’est un nouveau pan de la nébuleuse djihadiste en Suisse qui se dévoile. Le Tunisien de 35 ans domicilié à Marly (FR) croupit derrière les barreaux, à Champ-Dollon, en vue d’un renvoi par vol spécial. Jugé dangereux pour la sécurité intérieure, il a été arrêté début janvier à Fribourg.
Rejeté par les musulmans fribourgeois pour son comportement vindicatif, Ahmed a fait allégeance au chef du groupe l’Etat islamique, selon la Tribune de Genève , qui a eu accès à un jugement du Tribunal administratif de première instance (TAPI).
Un détail semble ne pas figurer dans ce document, mais pourrait expliquer pourquoi le Service de renseignement de la Confédération (SRC) s’est tellement intéressé à Ahmed. Selon nos informations, ce Tunisien pourrait être lié à un autre islamiste radical, Salahdin*. Les deux hommes ont distribué des Corans dans la rue, à Genève, à peu près au même moment l’an dernier.
Salahdin, qui récemment encore apparaissait sur Facebook avec le qualificatif «as-Swissry», affichait clairement sa sympathie pour l’Etat islamique. Sur Facebook, sa photo de profil reprenait le drapeau de l’organisation. Selon les informations du Temps,Salahdin a tout récemment quitté la Suisse. Il connaît Abou Suleyman Suissery, un djihadiste parti du Nord vaudois pour combattre aux côtés de l’Etat islamique en Syrie, où il se trouve actuellement.
Auparavant, Salahdin aurait appartenu au groupe «Lies!» («Lis!»), en français), une initiative lancée par des musulmans installés en Allemagne, qui distribue gratuitement des Corans. Dirigé par le prédicateur Ibrahim Abou-Nagie, un chef d’entreprise de Cologne d’origine palestinienne, proche des milieux salafistes, «Lis!» s’est implanté en Suisse et a son propre groupe sur Facebook, en français. Des distributions gratuites de Corans ont eu lieu dans plusieurs villes suisses.
«Selon les dires de Salahdin, le groupe «Lis!» a divisé la Suisse en «gouvernorats». Et lui-même serait responsable du gouvernorat de Genève», commente une source proche des milieux sécuritaires. Selon elle, «le groupe comprendrait une centaine de sympathisants en Suisse». Jusqu’ici, les autorités peinaient à établir un lien évident entre «Lis!» et des mouvements djihadistes, malgré certaines inscriptions douteuses sur leurs stands. Mais dans une vidéo faite lors d’une de leur manifestation à Lausanne, le logo d’Ansar al-Charia Tunisie était clairement visible.
Or, Ahmed est notamment dans le viseur des autorités fédérales depuis les 17 et 30 mai 2014, date auxquelles il participait précisément à une distribution gratuite de Corans sur la place de Plainpalais puis celle du Molard, à Genève. Alerté, le SRC a depuis mené son enquête et surveillé étroitement Ahmed.
Toujours selon le jugement cité par la Tribune de Genève , le SRC s’adresse le 26 septembre à l’Office fédéral des migrations (ODM, entre-temps devenu Secrétariat d’Etat aux migrations), pour lui faire part de ses inquiétudes. Il lui demande de ne pas renouveler l’autorisation de séjour d’Ahmed, qui était officiellement étudiant depuis son arrivée en Suisse en 2006. Le 26 novembre, l’ODM obtempère et le somme de quitter le pays. Genève est chargé de l’exécution du renvoi. Le Tunisien disparaît pendant un mois. Le 24 décembre, Fedpol, l’Office fédéral de police, prononce une interdiction du territoire. Il se fera finalement pincer dans un train début janvier, à Fribourg.
Selon la base de donnée Teledata, Ahmed a vécu à Lausanne, à Marly (FR), à Fribourg, puis à Onex (GE). Sa dernière adresse, depuis le 7 décembre 2010, est située à Marly, où il vivrait avec une femme et un enfant.
Il a tenté d’entrer en contact avec plusieurs associations de musulmans fribourgeoises. Mais son comportement, décrit comme agressif et arrogant, lui a fermé des portes.
«Partout où il est passé, il est persona non grata. Mais rien dans ses propos ne laissait penser qu’il représentait un risque terroriste, sinon nous l’aurions signalé aux autorités. C’est plutôt son attitude invasive qui dérangeait», souligne un membre de l’Association des musulmans de Fribourg. Lors des élections législatives en Tunisie, en octobre dernier, Ahmed a été aperçu devant le bureau de vote lausannois ouvert aux Tunisiens de Suisse. Il aurait harangué les électeurs pour tenter de les convaincre de boycotter le scrutin, en affirmant que «la démocratie est contraire à l’islam». Les organisateurs ont fini par appeler la police pour l’éloigner.
L’été dernier, rapporte-t-on encore au sein de la communauté musulmane, il avait tenté de s’associer à une manifestation de soutien aux populations touchées par les raids israéliens sur Gaza. On l’a prié de passer son chemin après qu’il a sermonné une femme musulmane sur sa tenue vestimentaire.
Condamné à plusieurs reprises pour lésions corporelles et violence ou menace contre des fonctionnaires, Ahmed aurait des contacts avec un «Tunisien condamné à l’étranger pour ses liens avec le terrorisme international». Contacté, le SRC ne fait pas de commentaire. Aucune procédure pénale n’a été ouverte contre lui, confirme au Temps son avocat Bernard Nuzzo. «J’ai été saisi du dossier lors de l’audience au TAPI le 12 janvier et n’ai pas encore pu voir mon client. Je le rencontre ce mercredi matin pour la première fois», précise-t-il. Impossible donc de savoir quelle sera sa ligne de défense.
Ces révélations interviennent au moment où la Suisse est pour la deuxième fois signalée comme cible possible par des djihadistes dans une vidéo. «Un profil comme celui du Tunisien arrêté interpelle. Et on doit considérer avec sérieux les liens et relations supposées de cet homme avec des individus en Suisse», commente Jean-Paul Rouiller, directeur du Geneva Centre for Training and Analysis of Terrorism (GCTAT).
* Prénoms fictifs
«Partout où il est passé, il est persona non grata. Mais rien ne laissait penser qu’il représentait un risque»

samedi 30 mars 2019

Le créateur de la « 404 bâchée de l’espoir » célébré à l’ONU

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Devant le Palais des Nations, siège des Nations Unies, des effigies de 100 artistes ont été exposées. Au premier rang, celle du Tunisien Bilel Aloui avec son slogan « La culture partout et pour tous» Bilel est ce jeune homme qui a tout fait pour amuser les enfants des zones défavorisées.


Plusieurs villes du monde vont accueillir ces portraits pour rendre hommages aux artistes. Cette opération s’inscrit dans le cadre du 100e anniversaire de la Haute École de travail Social sise à Genève (HETS).

Bilel Aloui a été choisi grâce pour sa participation à la décentralisation de la culture en Tunisie. Avec la 404 bâchée de l’espoir, la « bibliogidaire », le « vélo-théâtre » et « l’espace Vénus », Bilel a réussi d’émouvantes conquêtes culturelles dans les régions défavorisées.
Depuis des années, Bilel nous raconte les souffrances des enfants avant de nous montrer les sourires qu’il arrive à dessiner sur leurs visages grâce à ses spectacles.






samedi 9 mars 2019

Tunisie: manifestations de joie en Suisse

samedi 23 février 2019

«Notre islam se base sur la connaissance de l’autre et la paix des religions»

Par Marie Destraz, le 17 avril 2018


© Réformés.ch


Nourredine Ferjani est l’imam de la mosquée du Petit-Saconnex à Genève. Malgré son engagement à plein-temps, il suit la nouvelle formation pour les imams de l’Université de Genève qu’il juge nécessaire.

Les yeux rivés sur le sol en marbre lustré, j’admire les rares rayons de soleil qui traversent la verrière et se reflètent sur le sol. J’explore du regard l’architecture faite d’alcôves soutenues par de hautes colonnes et l’espace d’un instant, je suis transportée en Orient. Je suis bien vite ramenée à la réalité par la femme qui m’accueille. «Vous êtes Suissesse?», demande-t-elle en m’invitant à prendre place sur une chaise.

Un homme pressé

Dans une poignée de minutes, il sera 11h et je retrouverai Nourredine Ferjani, imam de la mosquée du Petit-Saconnex à Genève, pour parler de la nouvelle formation pour les imams qui a ouvert ses portes à l’automne à l’Université du bout du lac. Mais pour l’heure, mon interlocuteur est occupé. J’attends donc dans un bureau contigu à la salle plongée dans la lumière. La pièce fait à peine 2m2. La paperasse éparse s’entasse dans les étagères qui occupent les murs. Sur le bureau, le téléphone ne cesse de sonner au milieu des piles de dossiers. La porte s’ouvre enfin. Un petit homme en costume en sort. A ma vue, il porte sa main à son front, l’air hébété. L’imam surbooké a oublié notre rendez-vous. Mais «Soyez la bienvenue. Je vous prie de m’excuser. Je suis en pleine préparation d’une présentation sur la Convention des droits de l’homme que je dois effectuer demain, dans le cadre de la formation pour laquelle vous venez m’entretenir», m’explique fébrilement Nourredine Ferjani. Il s’assied derrière son bureau, j’opte pour l’un des quatre fauteuils de cuir cerclant la table basse.
Devant lui, les papiers s’amoncellent. «J’ai suivi des études de droit, mais ça ne m’épargne pas de travailler cette présentation», lâche-t-il tout sourire. Nourredine Ferjani occupe le poste d’imam à la mosquée du Petit-Saconnex depuis un an. Ils étaient trois, mais depuis novembre dernier, il occupe seul la fonction. Quatre employés de la mosquée, dont deux imams, soupçonnés d’être des «fichés S» en France, ont été licenciés.
L’imam ne manque pas de travail et ne le cache pas. Aménager du temps pour se former en parallèle à un emploi à plein-temps dans la plus grande mosquée de Suisse, demande un peu d’organisation. 

Retour sur les bancs de l'uni

«Aujourd’hui, je fais l’impasse sur 80% des appels que je reçois. Je ne parviens pas à tout faire. Les nouveaux responsables de la Fondation culturelle islamique de Genève (FCIG) dont dépend la mosquée cherchent d’ailleurs des solutions.» Et pourtant, au semestre de printemps, Nourredine Ferjani a rejoint les bancs de l’Université de Genève pour suivre la nouvelle formation pour les imams. «Nous avons besoin de comprendre la réalité dans laquelle nous vivons. J’ai beau être en Suisse depuis vingt ans, je peux toujours en apprendre plus. Il est donc juste pour moi d’y participer.» Derrière son bureau, Nourredine Ferjani pousse sur le côté les feuillets de son exposé et s’installe confortablement contre le dossier en cuir de sa chaise.

Arrivé sur le territoire suisse en 1998, ce quinquagénaire d’origine tunisienne a passé son bac en Syrie et a obtenu sa licence en théologie islamique au Soudan, suivi d’une licence en arabe classique et en philosophie. En 2010, après un bachelor, il obtient, un master en droit à l’Université de Neuchâtel. Et pendant dix ans, il a été imam à La Chaux-de-Fonds et Neuchâtel, avant de postuler à la FCIG. «A l’université, nous explorons le droit, l’éthique, l’histoire suisse et genevoise et avons une réflexion générale sur les textes islamiques, détaille-t-il. Lire les textes que j’ai déjà étudiés, avec mes concitoyens, me permet notamment de voir comment l’autre les comprend et donc comment il va me comprendre. » C’est donc sans équivoque que l’imam, qui jongle avec des fidèles de septante nationalités différentes, estime que ce cursus est autant utile que nécessaire.

Un point de vue que partage le secrétaire saoudien de la Ligue islamique mondiale (LIM), organisation panislamique sunnite basée à La Mecque, dont dépend la FCIG. De passage à Genève en novembre dernier, le secrétaire a accordé une interview à La Tribune de Genève. Il y expliquait avoir visité le département chargé de la formation pour les imams de l’Université de Genève. Impressionné par le programme, il avouait que la LIM serait même prête à la subventionner. «La LIM manifeste ainsi une volonté d’ouverture, de compréhension de l’autre et des différentes religions pour œuvrer pour le bien de tous. Je crois à cette subvention», réagit l’imam. 

Interpréter les texte, lutter contre l'extrémisme

Une volonté qui s’exprime aussi, selon lui, avec le changement de direction de la FCIG, nommée par la LIM. «On veut lutter contre les extrémismes, et avoir une vision de l’islam basée sur la connaissance de l’autre et la paix des religions», continue-t-il. Accoudé à son bureau, il précise que ses propos sont les siens et qu’il ne s’exprime pas en tant que représentant de la Fondation.
Après la formation universitaire pour les imams, à quand une Faculté de théologie islamique, comme semble l’envisager d’autres responsables de communautés musulmanes de Suisse romande?

«C’est pour moi tout à fait envisageable. Reste en suspens la question des compétences de ceux qui y enseigneront et de la façon dont est envisagée la théologie enseignée. En islam, le message est unique, mais les interprétations sont différentes. Aussi, une même question reçoit des réponses qui diffèrent selon les cultures et la situation de la personne qui la pose. J’ai eu la chance d’étudier les différentes doctrines islamiques, dans un pays très ouvert. Ce n’est pas le cas partout.» Or en Suisse, l’islam est pluriel, et le risque d’un décalage est inévitable.
 
Mais ce que déplore Nourredine Ferjani, c’est la perte, chez les musulmans, de la «faculté d’Idjtihad. Cet effort d’interprétation des textes fondamentaux s’est perdu au fil des siècles. Alors même que le monde musulman était rempli de débat, aujourd’hui, on blâme la réflexion. On ne revient plus au texte, mais vers celui qui l’explique. Or cet effort s’impose pour vivre ensemble et éviter le repli communautaire.»

L’entretien touche à sa fin. Nourredine Ferjani s’excuse une dernière fois: «Je ne peux même pas vous inviter à partager ma table. Je dois encore terminer cette présentation et je vais devoir manger à mon bureau. Mais repassez me voir et nous dînerons ensemble.» En sortant de son bureau, je jette un dernier coup d’œil à la verrière. Le ciel s’est rempli de nuages.



 Source

samedi 9 février 2019

Le frère de Bouteflika éloigne un médecin tunisien du service où est hospitalisé son frère à Genève

Publié le 1 Septembre, 2018 - 10:35 




Ne voulant pas d’étrangers autour de son frère interné dans un hôpital à Genève, le frère du président algérien, Said Bouteflika, a demandé l’éloignement d’un médecin tunisien et d’une infirmière marocaine travaillant dans le service.

Affaibli par les séquelles d'un accident vasculaire cérébral en 2013, le président algérien, Abdelaziz Bouteflika (81 ans) est à Genève pour des «contrôles médicaux périodiques», selon la présidence citée par l'agence d'Etat APS. Sur place, le frère du président, Saïd Bouteflika a demandé l’éloignement de tous les étrangers de son frère, selon afrik.com.

La même source révèle qu’Abdelaziz Bouteflika est soigné au huitième étage du service d'oncologie de l’hôpital cantonal de Genève, dans l’aile des malades en phase critique. De peur que les informations ne fuitent et ne soient publiées sur l’état de santé de Bouteflika, plusieurs précautions ont été prises par l’entourage du chef d’Etat.

Bouteflika junior a ainsi demandé et obtenu qu'un médecin tunisien et une infirmière marocaine travaillant dans ce service des maladies critiques soient déplacés.

Présent sur place, Said Bouteflika, supervise de près l’état médical de son frère. Les gardes du corps du président sont logés dans les cinq chambres voisines.

vendredi 1 février 2019

La Maison du Tunisien voit le jour à Genève

vendredi 21 décembre 2018

Arlette Monnard-Elhajhasan, une Genevoise à l’âme arabe

Par Aline Jaccottet ,Publié lundi 13 août 2018 à 19:53, modifié mardi 14 août 2018 à 20:48.

Arlette Monnard-Elhajhasan, une Genevoise à l’âme arabe

Par amour et goût de l’aventure, l’Helvète a abandonné le confort de son pays pour s’immerger dans le monde arabe. Une exploration de toute une vie qu’elle ne regrette pas un instant

Ne vous fiez ni à sa blondeur ni à ses yeux verts: après quasi quarante ans passés au Proche-Orient et au Maghreb, Arlette Monnard-Elhajhasan est Arabe. Généreuse dans l’accueil, le verbe haut et l’émotion spontanée, ses gestes respirent l’aisance de ceux qui sont habitués à voguer d’un monde à l’autre. En Suisse, sa nature expansive détonne; en Tunisie, en Jordanie et en Cisjordanie, on s’étonne qu’une ajnabia (étrangère) maîtrise à ce point une langue et des codes si complexes. C’est qu’Arlette, infirmière de profession et originaire de Chambésy (GE), a vécu des années en Palestine rurale avant de s’établir à Djerba.

Un réveillon décisif

Son destin bascule à Londres, lors du réveillon du 31 décembre 1970. Elle qui était venue suivre une école d’infirmières rencontre Hasan, un étudiant en gynécologie palestinien. L’homme est issu de la tribu bédouine turkmène Achira qui vit depuis 1948 à Nazalwasta, petit village de Cisjordanie entre Tulkarem et Jénine. C’est le coup de foudre, puis le mariage et quatre naissances: Abdulmuti en 1972, Raya en 1974, Yasmine en 1975 et Khaled en 1977.

Hasan ne veut pas quitter l’Angleterre, mais Arlette, en mal d’exotisme, rêve de voir la Palestine. Sa persévérance a raison des réticences de son mari et le 15 mai 1979, la famille quitte Londres pour Nazalwasta, à la stupeur des parents et de la sœur d’Arlette. Laquelle atterrit dans un monde arabe rural qui lui réserve quelques difficultés. «J’ai eu de la peine à me faire à la séparation hommes-femmes pratiquée strictement par les Bédouins», dit-elle. Et puis, la vie est spartiate: pas de téléphone, des toilettes à la turque, des serpents et des lézards qui s’invitent à l’improviste dans la maison, des moustiques omniprésents… Surtout, Arlette doit se familiariser avec la langue et la culture de sa belle-famille. Tous les soirs, elle apprend un mot d’arabe, aidée par ses belles-sœurs et encouragée par son inénarrable belle-mère, Jitti, une vieille Bédouine ridée et tatouée qui mange avec les mains et avec force bruits de bouche. Arlette se fond tout entière dans cette nouvelle vie, embrassant l’islam qu’elle pratique dans un mélange serein de décontraction et de respect des traditions.

Mille naissances

Les quinze années qui suivent laissent peu de place aux regrets, aucune aux loisirs. Arlette l’infirmière et Hasan le gynécologue font équipe pour accoucher des centaines de femmes. «Pas une n’est morte entre nos mains», dit-elle avec fierté. Un exploit au vu de la dureté de la vie des mères souvent harassées par le travail des champs, et des conditions humaines et sanitaires des naissances. Lorsqu’elle revient en Suisse pour de courts séjours, Arlette ne s’y retrouve pas, entre la rigidité de sa famille qui l’étouffe et «les préjugés des gens qui avaient tant de peine à penser que j’étais la mère de ces quatre enfants qu’ils imaginaient que je travaillais comme nounou pour une famille saoudienne».

Exilée dans sa patrie

C’est pourtant en Suisse que la famille trouve refuge lors de la première Intifada. «Quitter la Palestine nous a brisé le cœur, mais les checkpoints, les militaires israéliens, la paranoïa, on n’en pouvait plus. Nos enfants adolescents auraient pu être arrêtés, voire pire», dit Arlette. Elle se préoccupe particulièrement du sort de son aîné, Abdulmuti, qui souffre de myopathie, une dégénérescence musculaire grave. Les Elhajhasan s’établissent à Saint-Imier, dans le Jura, où Hasan a trouvé un poste. Au soulagement d’être en sécurité succède rapidement la difficulté de l’intégration. «Nous avons été confrontés au racisme, à l’ignorance», raconte Arlette. Quatre ans plus tard, trois des quatre enfants partent étudier en Jordanie où ils se sentent bien plus à l’aise. Arlette et Hasan rentrent à leur tour en Cisjordanie, mais d’autres problèmes les attendent. «La corruption, l’autoritarisme, le clientélisme établis par le clan Arafat nous ont écœurés. On ne pouvait rien faire sans être membres d’un parti», explique-t-elle. Déçu de ce pays dans lequel il ne se reconnaît plus, le couple rentre en Suisse. Un drame les frappe alors: le rapt de leurs deux petits-fils en 2000 par leur père, un Palestinien de Cisjordanie. Il faudra des années à leur fille Raya, souffrant d’une grave anorexie qu’avait adoucie la maternité, pour surmonter cet arrachement. Deux ans plus tard, la vieille Jitti, la belle-mère bédouine adorée, rend l’âme.

Le pays de la liberté

Arlette tombe alors en dépression. «Les années à trimer, l’Intifada, la maladie de mes enfants, le kidnapping de mes petits-fils…, soudain, tout m’est tombé dessus», dit-elle. Elle réalise aussi combien le caractère possessif de Hasan lui pèse et décide de partir seule en vacances pour décompresser. «J’ai tapé «vacances + soleil» sur Google et je suis tombée sur une pub pour la Tunisie.» Ni une ni deux, Arlette débarque dans ce pays inconnu et en tombe amoureuse. «La nature, les paysages, la gentillesse des Tunisiens m’ont fait un bien immense.» La liberté l’appelle, elle répond: trois ans plus tard, à la stupeur de tous, elle divorce de Hasan sans rien lui demander. «Il m’avait déjà donné tout ce que j’aurais pu souhaiter», dit-elle. Arlette achète un appartement à Djerba, où elle vit depuis neuf ans. Revenir en Suisse, où ont fini par s’établir trois de ses enfants? A cette idée, elle rigole. «Ce pays est magnifique, propre et organisé, mais il ne me correspond plus. Je ne supporterais pas le train-train, l’ennui et la grisaille de la météo. Les gens sont si moroses… Décrocher un sourire dans les bus genevois, c’est un exploit!»
N’allez pas croire pour autant qu’elle tresse des couronnes à la Tunisie. «Certains endroits sont très sales, la corruption est omniprésente, les infrastructures sont défaillantes et la société est anarchique», fustige-t-elle. Sans jamais oublier la Palestine, c’est pourtant là qu’elle se sent chez elle, dans ce pays nouvellement libéré qui lui ressemble tant. Une Tunisie entre deux mondes, l’arabe et l’européen, passant de l’un à l’autre dans une quête identitaire à jamais inachevée.

Profil

1951 Naissance à Chambésy (GE).
Mai 1979 Arrivée à Nazalwasta (Cisjordanie).
1988 Retour en Suisse à Saint-Imier dans le Jura.
Mai 1992 Retour en Cisjordanie.
2009 Arrivée à Djerba.





samedi 15 décembre 2018

Un artiste non européen peut-il travailler en Suisse?



Par Anna Vaucher, 25 sept. 2012

Marché du travail

Une Tunisienne, diplômée de la HEAD de Genève, peut-elle présente-t-elle un «intérêt scientifique ou économique prépondérant» pour le pays?


Boutheyna Bouslama a obtenu un master puis un postgrade, en juin, à la Haute Ecole d’art et de design (HEAD)Image: Olivier Vogelsang

Depuis quelques semaines en ville de Genève, 2000 imitations de livrets pour étrangers se cachent dans le tram, dans les bars ou sur les panneaux d’annonce de la Migros. Ils sont l’œuvre de l’artiste tunisienne Boutheyna Bouslama qui, à l’intérieur, questionne le statut administrativement délicat des artistes étrangers.

Ces tirages, distribués dans l’espace public, font partie d’un diptyque, composé d’une vidéo, Mama Habibti . Une jeune femme arabe lit un ensemble de lettres adressées à sa mère, lui faisant part de difficultés rencontrées à la frontière roumaine. Ce diptyque lui a permis de figurer parmi les trois lauréats des Bourses de la Ville, dont le Centre d’art contemporain expose actuellement les œuvres des seize nominés.

Mauvais signes
Ce n’est pas un hasard si la jeune trentenaire a choisi ce moment pour marquer son attachement à sa ville d’adoption. Ayant obtenu un master puis un postgrade, en juin, à la Haute Ecole d’art et de design (HEAD), son permis B d’étudiant extra-européen prend fin. Si la Loi sur les étrangers stipule que le bénéficiaire doit alors quitter la Suisse, l’initiative de l’ancien conseiller national Jacques Neirynck visant à éviter la «fuite des cerveaux» devrait faciliter les démarches pour l’obtention d’un permis de travail. Depuis janvier 2011, l’article 21 ajoute qu’un étranger titulaire d’un diplôme d’une haute école suisse reconnue peut obtenir un permis si son activité lucrative revêt un intérêt scientifique ou économique prépondérant. Il bénéficie de six mois à compter de la fin de sa formation pour trouver un tel emploi.
Pour Boutheyna Bouslama, il est déjà trouvé. Elle occupe un poste d’assistante à la HEAD, qui prend fin dans un an. Pourtant, les signaux sont mauvais. La direction générale de la HES-SO qui doit formuler la demande auprès de l’Office cantonale de la population (OCP) est plus que perplexe quant à l’obtention d’un tel permis. Le Centre de contact Suisses-Immigrés aussi: «Avec les accords bilatéraux, l’obtention de permis de travail s’est assouplie pour les membres de la Communauté européenne, et par un effet de vases communicants, s’est durcie pour les extra-Européens, explique la porte-parole Marianne Halle. Je serais très étonnée que dans le cas d’un artiste, la Suisse estime qu’il y a un intérêt prépondérant à ce que cette personne reste ici.»
Pour appuyer son dossier, Boutheyna Bouslama bénéficie du soutien de plusieurs personnalités. «Elle fait partie de la scène artistique genevoise, explique Christian Bernard, directeur du Mamco. J’ai eu vent de sa situation et je me suis proposé de faire les démarches nécessaires pour la soutenir. Genève a de la peine à attirer des artistes de l’extérieur, notamment à cause du coût de la vie. Si on ne fait rien pour favoriser le maintien des gens présents, la ville va perdre ses forces vives.»
La culture, une distraction?
Jean-Pierre Greff, directeur de la HEAD, affiche le même constat inquiet. «Il y a un autre problème sous-jacent: la perception de l’art comme un élément de distraction, qui n’est pas essentiel au développement économique de la cité. L’école compte moins de 5% de diplômés extra-européens. La plupart d’entre eux repartent. Leur pays d’origine bénéficie ainsi de leurs compétences et notre école se fait connaître au-delà des frontières. Mais ce serait une chance pour nous de pouvoir garder des gens d’une qualité particulière dès lors que nous avons la possibilité de les engager. C’est un moyen de favoriser le dynamisme de la scène genevoise.»
Selon Jacques Neirynck, la question ne devrait pas se poser: «Le terme «prépondérant» porte à des interprétations douteuses contre lesquelles il faut se battre. Dire que la culture n’a pas d’intérêt économique est un préjugé qui n’est pas inscrit dans la loi.» Le dossier sera bientôt remis entre les mains de l’OCP. Si sa décision se révélait négative, ce serait «un gâchis», note Barbara Fédier, qui suit l’artiste dans ses démarches. «Boutheyna est mon assistante depuis deux ans, je l’ai formée; ce serait incompréhensible de ne pas la laisser terminer son mandat.»
(TDG)
Créé: 25.09.2012, 08h01

samedi 6 octobre 2018

Deux films tunisiens primés au Festival de Genève, FIFOG 2018

Publié le 29 avril 2018

Le Palmarès a été annoncé samedi soir, au cours d’une cérémonie de la clôture organisée à la Maison des Arts du Grütli à Genève.

La Tunisie a remporté un Fifog d’Or et une Mention spéciale du Jury, à la 13ème édition du Festival international du film Oriental de Genève.
Le Palmarès a été annoncé samedi soir, au cours d’une cérémonie de la clôture organisée à la Maison des Arts du Grütli à Genève.

Le film “Aya” de Moufida Fedhila a décroché le prix du FIFOG d’Or de la Compétition Pénitentiaire, des films de fiction organisée dans les établissements de Champ-Dollon et La Brenaz à Genève.
Le prix a été remis au réalisateur Ferid Boughedir au nom de la réalisatrice du film qui a été absente de la cérémonie de clôture.

“Le Convive ”, une coproduction tuniso-suisse du réalisateur Hakim Mastour, a remporté la Mention spéciale du jury dans la compétition scolaire des films de fiction organisée à l’Ecole de Culture Générale (ECG) Henry-Dunant (Films de fiction).

L’Iran, invité d’honneur de cette édition, a eu la part du Lion au Palmarès de cette édition 2018, en remportant quatre prix dont 2 Fifog d’Or, 2 Fifog d’Argent.

Les films “No 17. Soheila” de Mahmoud Ghaffari (Iran) et “Israfil”, d’Ida Panahendeh (Iran) ont respectivement remporté le Fifog d’Or et le Fifog d’argent de la compétition Internationale des longs-métrages de Fiction.

Dans la compétition documentaire internationale, le Fifog d’Or a été attribué au film “Des Rêves Sans Etoiles” du réalisateur Mehrdad Oskouei. Dans la compétition internationale des courts-métrages, le film “Gaze” de Farnoosh Samadi a décroché le FIFOG d’Argent.

Voici le Palmarès complet des différentes compétitions du FIFOG avec mention du film, réalisateur, pays et prix remporté :

1. Prix de la Compétition Internationale (Longs-métrages) - “No 17. Soheila” de Mahmoud Ghaffari (Iran): FIFOG d’Or- “Israfil”, d’Ida Panahendeh (Iran): FIFOG d’Argent
2. Prix de la Critique (Longs-Métrages) :- “En Attendant les Hirondelles” de Karim Moussaoui (Algérie): FIFOG d’Or de la Critique - “Iperita” de Mohamed Bouzaggou (Maroc): Mention spéciale
3. Prix de la Compétition Internationale (Documentaire) - “Des Rêves Sans Etoiles” de Mehrdad Oskouei (Iran): FIFOG d’Or- “Ya Omri” (104 Wrinkles) de Hady Zaccak(Liban): FIFOG d’Argent - “H’na Barra” (Nous Dehors) de Bahia Bencheik El Fegoun & Meriem Achour Bouakkaz (Algérie): Mention spéciale
4. Prix de la compétition Internationale (Courts-Métrages) - “Toprak” de Onur Yagiz (Turquie): FIFOG d’or- “Gaze” de Farnoosh Samadi (Iran) : FIFOG d’Argent
5. Compétition Pénitentiaire (établissements de Champ-Dollon et La Brenaz) :- “Aya” de Moufida Fedhila (Tunisie): FIFOG D’or- “Ramdam” de Zangro (France) : Mention spéciale
6. Compétitions Scolaires des courts-métrages (Genève) :Ecole de Culture Générale (ECG) Henry-Dunant (Films de fiction): - “You Are Not American” de Sadam Wahidi (Afghanistan): Prix FIFOG d’Or - “Le Convive ” de Hakim Mastour (Suisse, Tunisie): Mention spéciale du jury Cycle d’Orientation (CO) de Budé (Films de fiction):- “The Violet” de Baqer Al-Rubaie (Iraq): FIFOG d’Or - “Take My Hand” de Serge Majdalany (Liban) : Mention spéciale du jury Ecole de Culture Générale (ECG) Ella Maillart (Films documentaires):- Film “The Shield That I Carry” de Basma Farhat (Liban): Prix FIFOG d’Or - Film “Tata Milouda” de Nadja Harek (France): Mention spéciale du jury

Le FIFOG se poursuit dimanche avec la projection de 11 films dont le film Zizou de Ferid Boughedir qui sera présenté en seconde projection après celle du samedi.

Les films primés du Fifog d’Or et du Fifog d’Argent seront projetés dans la soirée à 20h aux cinémas du Grutli.

samedi 8 septembre 2018

Kamel Lazaar

 
 
 
 
Kamel Lazaar
Genève

2012

Fortune estimée: 300 à 400 millions
Variation par rapport à l'année précédente: 
 
Le fondateur de Swicorp, une banque d’affaires basée en Arabie saoudite et à Genève, pilotera la cession de Carthage Cement, l’une des entreprises confisquées au clan Bel Ali-Trabelsi en Tunisie. Le Tuniso-Suisse de 60 ans l’a emporté au nom et à la barbe de BNP Paribas et Rothschild. Les 37% de Carthage Cement représentent une part estimée à 105 millions d’euros. «Une marque de confiance des autorités tunisiennes car le processus d’attribution de ce contrat a été particulièrement transparent», a déclaré Kamel Lazaar à Jeune Afrique Economie. Vingt-cinq ans après sa création, la société gère un milliard d’euros d’actifs et fait partie des acteurs de référence en matière de conseil financier en Afrique du Nord. Une partie importante de ses 100 collaborateurs est établie à Tunis. «Avec le Printemps arabe et la crise européenne, lever de l’argent pour le placer dans des fonds est difficile. Pour poursuivre notre croissance, il faut personnaliser les propositions d’investissement faites à nos clients et il est plus facile de repérer les bonnes affaires en étant présent localement.» Avec sa fille, experte chez Sotheby’s à Londres, il vient de créer une fondation dont le but sera de venir en aide à la création artistique et à la culture.

2013

Fortune estimée: 300 à 400 millions
 
Variation par rapport à l'année précédente:
L’actionnaire de référence et fondateur de Swicorp, une banque d’affaires basée en Arabie saoudite, continue de se démener pour faire rallumer la flamme de l’intégration maghrébine à travers son think thank Maghreb Economic Forum. Le Tuniso-Suisse de 61 ans souhaiterait d’ailleurs lancer un fonds d’investissement maghrébin pour soutenir les PME. Swicorp gère un portefeuille de près de 1 milliard d’euros en provenance majoritairement des pays du golfe Persique. Actuellement, il œuvre au lancement d’un fonds d’investissement dévolu au secteur touristique en Tunisie.