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samedi 3 août 2019

«Je n’ai pas d'avenir là-bas, j'y serai en danger»

par Marine Guillain le 23 mars 2015 - Un délinquant né en Suisse doit être expulsé en Tunisie, pays qu'il ne connaît pas mais dont il a le passeport. Il lui reste une dernière chance pour obtenir le droit de rester.


Chaque jour, depuis le centre de détention administrative de Frambois (GE), Medhi voit passer les avions au-dessus de sa tête. Il sait qu'il peut se retrouver dans l'un d’eux n'importe quand, direction Tunis. «J'avais pris une fausse route, la prison m'a servi et je ne referai pas les mêmes erreurs», promet le jeune homme, les yeux brillants.
Medhi (à gauche) entouré de ses trois frères, au mois de février à Frambois. (Photo: dr)
Entre 17 et 22 ans, il a cumulé les délits dans le canton de Vaud, où il a grandi: vols, dommages à la propriété, bagarres, conduite sans permis. Medhi a passé plus de 3 ans en prison à cause de diverses condamnations. Au bénéfice d'un permis C, le multirécidiviste d'origine tunisienne, aujourd'hui âgé de 24 ans, a reçu un avis d'expulsion. Il dort à Frambois depuis fin décembre.
«Notre pays doit assumer ses responsabilités»
«Mais il n'a aucun lien avec la Tunisie, toute sa famille vit ici. Il avait commencé un apprentissage de peintre en bâtiment. Il est Suisse!» s'insurge sa mère, établie à Lausanne depuis 25 ans. Pour Medhi, qui connaît mal l'arabe, «aucun avenir n'est possible là-bas. Je serai en danger, ce pays n'est pas sûr, surtout ces temps.» Il a déposé un recours au Tribunal fédéral, mais il a été débouté.
Seul espoir désormais: ses avocats vont saisir la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg: «Notre client a commis plusieurs infractions, aucune d'elles particulièrement grave, soutiennent Me Bayenet et Me Peter. Il est né et a grandi en Suisse, notre pays doit donc assumer ses responsabilités à son égard et ne peut pas s'en décharger sur la Tunisie. Par ailleurs, c'est ici que se trouvent sa famille, sa compagne et tout son réseau social. Son renvoi vers la Tunisie, qui est pour lui une terre inconnue, viole ses droits fondamentaux.» La Cour, surchargée, ne traite que peu de demandes. Une réponse négative tomberait en quelques mois, une procédure positive prendrait plusieurs années. Medhi demande à être libéré dans l’attente du verdict.
Le cas de Medhi est «extrêmement rare»
Des personnes étrangères nées en Suisse ont déjà été expulsées, à la suite de décisions de révocation de permis C prises au motif de condamnations pénales pour infractions graves, indique le Département de la sécurité à Genève. Il souligne que «ces situations exceptionnelles sont très rares». Même son de cloche dans le canton de Vaud: «Si la personne est née en Suisse, il faut que le crime soit particulièrement grave ou l'accumulation de délits très forte, avec un risque de récidive élevé», explique Frédéric Rouyard, du Service de la population. Vaud décide du sort des étrangers condamnés au cas par cas, en fonction de la menace qu'ils représentent pour la société et du contexte: l'âge de l'arrivée en Suisse, la durée de séjour, la gravité des actes, les risques de récidive, le lien avec le pays d’origine.
Tour de vis validé la semaine dernière
Le Parlement a accepté lundi dernier la révision du Code pénal mettant en œuvre l'initiative de l’UDC sur le renvoi des criminels étrangers, votée en 2010. L’expulsion automatique pour 5 à 15 ans sera en principe réservée aux crimes passibles d'au moins 3 ans de prison. Le juge pourra exceptionnellement renoncer à une expulsion si cela met l'étranger dans une situation personnelle grave et que les intérêts publics à l'expulsion ne l'emportent pas sur les intérêts de l'intéressé à demeurer en Suisse. Il devra aussi tenir compte de la situation particulière d'une personne née et ayant grandi en Suisse.
Statu quo malgré les attaques terroristes
Les attentats qui ont causé la mort de 21 personnes, dont 20 touristes, la semaine dernière au Musée du Bardo, à Tunis, ne devraient pas avoir d'incidence sur la décision de renvoi de Medhi. Lors d'une demande d'asile, les autorités fédérales tiennent compte de la situation et du potentiel danger dans le pays d'origine. Mais lors de l'expulsion d'un criminel étranger, du ressort des autorités cantonales, «ce sont la situation et la dangerosité de la personne en Suisse qui sont appréciées, indique Frédéric Rouyard. La licéité du renvoi et le risque personnellement encouru dans le pays de destination (par exemple le risque de condamnation à la peine de mort) sont également vérifiés». Le risque d'attentat ne pèse pas plus sur la personne concernée par le renvoi que sur l'ensemble des habitants ou voyageurs présents.

samedi 6 avril 2019

Les liaisons dangereuses de l’islamiste tunisien emprisonné à Genève

Par Valérie de Graffenried, Publié mardi 20 janvier 2015 

Ahmed, un Tunisien de 35 ans, est jugé dangereux pour la sécurité intérieure par le Service de renseignement de la Confédération. L’étudiant pourrait être lié à la mouvance «Lis!» qui s’est implantée en Suisse. Son comportement extrême l’a fait remarquer à Lausanne et Fribourg. Son avocat le rencontrera pour la première fois ce mercredi matin.



Les liaisons dangereuses d’un islamiste
Un Tunisien de 35 ans va être expulsé en raison d’un profil jugé dangereux pourla sécurité intérieure
L’étudiant pourrait être lié à la mouvance «Lis!», qui a distribué des Corans gratuits dans les villes suisses
Son comportement extrême l’a fait remarquer à Lausanne et Fribourg
Avec l’arrestation d’Ahmed*, c’est un nouveau pan de la nébuleuse djihadiste en Suisse qui se dévoile. Le Tunisien de 35 ans domicilié à Marly (FR) croupit derrière les barreaux, à Champ-Dollon, en vue d’un renvoi par vol spécial. Jugé dangereux pour la sécurité intérieure, il a été arrêté début janvier à Fribourg.
Rejeté par les musulmans fribourgeois pour son comportement vindicatif, Ahmed a fait allégeance au chef du groupe l’Etat islamique, selon la Tribune de Genève , qui a eu accès à un jugement du Tribunal administratif de première instance (TAPI).
Un détail semble ne pas figurer dans ce document, mais pourrait expliquer pourquoi le Service de renseignement de la Confédération (SRC) s’est tellement intéressé à Ahmed. Selon nos informations, ce Tunisien pourrait être lié à un autre islamiste radical, Salahdin*. Les deux hommes ont distribué des Corans dans la rue, à Genève, à peu près au même moment l’an dernier.
Salahdin, qui récemment encore apparaissait sur Facebook avec le qualificatif «as-Swissry», affichait clairement sa sympathie pour l’Etat islamique. Sur Facebook, sa photo de profil reprenait le drapeau de l’organisation. Selon les informations du Temps,Salahdin a tout récemment quitté la Suisse. Il connaît Abou Suleyman Suissery, un djihadiste parti du Nord vaudois pour combattre aux côtés de l’Etat islamique en Syrie, où il se trouve actuellement.
Auparavant, Salahdin aurait appartenu au groupe «Lies!» («Lis!»), en français), une initiative lancée par des musulmans installés en Allemagne, qui distribue gratuitement des Corans. Dirigé par le prédicateur Ibrahim Abou-Nagie, un chef d’entreprise de Cologne d’origine palestinienne, proche des milieux salafistes, «Lis!» s’est implanté en Suisse et a son propre groupe sur Facebook, en français. Des distributions gratuites de Corans ont eu lieu dans plusieurs villes suisses.
«Selon les dires de Salahdin, le groupe «Lis!» a divisé la Suisse en «gouvernorats». Et lui-même serait responsable du gouvernorat de Genève», commente une source proche des milieux sécuritaires. Selon elle, «le groupe comprendrait une centaine de sympathisants en Suisse». Jusqu’ici, les autorités peinaient à établir un lien évident entre «Lis!» et des mouvements djihadistes, malgré certaines inscriptions douteuses sur leurs stands. Mais dans une vidéo faite lors d’une de leur manifestation à Lausanne, le logo d’Ansar al-Charia Tunisie était clairement visible.
Or, Ahmed est notamment dans le viseur des autorités fédérales depuis les 17 et 30 mai 2014, date auxquelles il participait précisément à une distribution gratuite de Corans sur la place de Plainpalais puis celle du Molard, à Genève. Alerté, le SRC a depuis mené son enquête et surveillé étroitement Ahmed.
Toujours selon le jugement cité par la Tribune de Genève , le SRC s’adresse le 26 septembre à l’Office fédéral des migrations (ODM, entre-temps devenu Secrétariat d’Etat aux migrations), pour lui faire part de ses inquiétudes. Il lui demande de ne pas renouveler l’autorisation de séjour d’Ahmed, qui était officiellement étudiant depuis son arrivée en Suisse en 2006. Le 26 novembre, l’ODM obtempère et le somme de quitter le pays. Genève est chargé de l’exécution du renvoi. Le Tunisien disparaît pendant un mois. Le 24 décembre, Fedpol, l’Office fédéral de police, prononce une interdiction du territoire. Il se fera finalement pincer dans un train début janvier, à Fribourg.
Selon la base de donnée Teledata, Ahmed a vécu à Lausanne, à Marly (FR), à Fribourg, puis à Onex (GE). Sa dernière adresse, depuis le 7 décembre 2010, est située à Marly, où il vivrait avec une femme et un enfant.
Il a tenté d’entrer en contact avec plusieurs associations de musulmans fribourgeoises. Mais son comportement, décrit comme agressif et arrogant, lui a fermé des portes.
«Partout où il est passé, il est persona non grata. Mais rien dans ses propos ne laissait penser qu’il représentait un risque terroriste, sinon nous l’aurions signalé aux autorités. C’est plutôt son attitude invasive qui dérangeait», souligne un membre de l’Association des musulmans de Fribourg. Lors des élections législatives en Tunisie, en octobre dernier, Ahmed a été aperçu devant le bureau de vote lausannois ouvert aux Tunisiens de Suisse. Il aurait harangué les électeurs pour tenter de les convaincre de boycotter le scrutin, en affirmant que «la démocratie est contraire à l’islam». Les organisateurs ont fini par appeler la police pour l’éloigner.
L’été dernier, rapporte-t-on encore au sein de la communauté musulmane, il avait tenté de s’associer à une manifestation de soutien aux populations touchées par les raids israéliens sur Gaza. On l’a prié de passer son chemin après qu’il a sermonné une femme musulmane sur sa tenue vestimentaire.
Condamné à plusieurs reprises pour lésions corporelles et violence ou menace contre des fonctionnaires, Ahmed aurait des contacts avec un «Tunisien condamné à l’étranger pour ses liens avec le terrorisme international». Contacté, le SRC ne fait pas de commentaire. Aucune procédure pénale n’a été ouverte contre lui, confirme au Temps son avocat Bernard Nuzzo. «J’ai été saisi du dossier lors de l’audience au TAPI le 12 janvier et n’ai pas encore pu voir mon client. Je le rencontre ce mercredi matin pour la première fois», précise-t-il. Impossible donc de savoir quelle sera sa ligne de défense.
Ces révélations interviennent au moment où la Suisse est pour la deuxième fois signalée comme cible possible par des djihadistes dans une vidéo. «Un profil comme celui du Tunisien arrêté interpelle. Et on doit considérer avec sérieux les liens et relations supposées de cet homme avec des individus en Suisse», commente Jean-Paul Rouiller, directeur du Geneva Centre for Training and Analysis of Terrorism (GCTAT).
* Prénoms fictifs
«Partout où il est passé, il est persona non grata. Mais rien ne laissait penser qu’il représentait un risque»

samedi 9 mars 2019

Tunisie: manifestations de joie en Suisse

vendredi 30 novembre 2018

Suisse: Un étudiant tunisien reçoit le prix de la meilleure moyenne à l’EPFL de Lausanne

Par W.J Publié le 17 septembre 2018 - 12:57:15




L’Ambassade de Suisse en Tunisie a rendu hommage ce lundi 17 septembre 2018 à un jeune étudiant tunisien, prénommé Wassim Dhaouadi récompensé par la prestigieuse Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), après avoir reçu le Prix de la meilleure moyenne toutes sections confondues avec une moyenne de 5,87 sur 6.


Wassim Dhaouadi est Bachelor en Génie Mécanique. Il a été honoré à l’EPFL au cours d’une cérémonie à laquelle l’ambassadeur de Tunisie en Suisse, Mourad Bourehla a pris part.


« Investissez de l’effort, Plus vous investissez plus vous serez récompensés:
-La motivation, peut nous porter loin, la même où nous imaginons inatteignable. 
-Le travail, seul chemin légitime de la réussite et de l’accomplissement.
-La passion, source d’épanouissement, rien ne s’accomplit sans.
Mes remerciements a tous ceux qui m’ont instruit et supporté ces dernières années.
Mes remerciements à son Excellence l’Ambassadeur de Tunisie en Suisse Mr. Mourad Bourehla pour sa présence et ses félicitations.« Ainsi étaient les paroles de reconnaissance de l’étudiant après sa réussite.










Source

samedi 10 novembre 2018

La brutale dérive nocturne d’un Tunisien jugée à Lausanne

Par Fati Mansour. Publié lundi 28 septembre 2015 à 21:52.





Une victime qui résistait a eu le visage tailladé avec un couteau. Le prévenu, accusé de cinq brigandages aggravés commis durant la même nuit, voulait son téléphone. Récit d’audience

Les stigmates d’une violente nuit lausannoise
Vaud Une victime a eu le visage tailladé avec un couteau. Le prévenu voulait son téléphone

Devant la justice
On lui donnerait le bon Dieu sans confession. Poli, timide, tout en rondeurs. Et pourtant. Tarek, de son prénom d’emprunt, comparaît, tête très baissée, devant le Tribunal criminel de Lausanne pour une brutale virée nocturne. Une des victimes de cette série de cinq brigandages, le visage lacéré par plusieurs coups de couteau, porte encore les stigmates de ce déchaînement. «Je ne suis pas un ange, ni un diable», explique le prévenu qui ne se souvient pas de grand-chose mais veut bien tout avouer et tout regretter. «Ça fait du bien d’entendre des excuses», dira un plaignant quelque peu soulagé.

Les péchés

Né il y a 25 ans à Tunis, Tarek, habitué du séjour illégal et consommateur de stupéfiants de toutes sortes, cumule déjà des condamnations pour lésions corporel­les et bagarres. A Milan, notamment, où il a agressé un prêtre qui priait dans la rue. Dans la capitale vaudoise, il reconnaît avoir sévi avec un comparse – arrêté et détenu en Italie – durant cette nuit du 3 novembre 2013 à la recherche de téléphones portables et d’argent. Les victimes, menacées avec un couteau, ont été bousculées ou rouées de coups et délestées de leurs biens. «Ils étaient agressifs mais aussi assez affolés», explique un des molestés.
La deuxième cible de ce duo infernal, qui cheminait pour aller dormir chez sa grand-mère, ose la résistance. Le jeune homme, qui avait eu de récentes mésaventures tardives, s’était armé de deux poings américains et d’un cran d’arrêt apparemment oublié dans une poche. Ces objets interdits lui vaudront une procédure pénale qui est pour l’instant suspendue. Et ce n’est pas tout. Frappé à la tête, Tarek explique avoir réagi en faisant des «mouvements de balayage» avec son couteau. L’acte d’accusation du procureur Christian Buffat retient plutôt que le prévenu a poignardé sa victime à réitérées reprises à la main, au front, au nez, à la gorge et à l’arrière du crâne. Les plaies ont nécessité une quarantaine de points de suture.
A la demande du tribunal, le miraculé, représenté par Me Miriam Mazou, s’est approché des juges pour montrer ses cicatrices. Une longue balafre sur sa joue gauche et une autre sur son nez. Déjà fragilisé par une dépression et par la perte de sa place d’apprenti laborantin, le jeune homme a très mal vécu cette agression. La peur de sortir, la méfiance envers les étrangers, la gêne quand les enfants pointent du doigt son visage, tout lui est encore difficile. «Je vous souhaite du fond du cœur un bon rétablissement», répète le prévenu. La présidente lui suggère de lever la tête et de regarder sa victime lorsqu’il veut s’excuser.
L’alcool et la drogue aidant, Tarek, défendu par Me Pierre Charpié, assure qu’il ne se rappelle pas les détails de sa dérive. Il sait que les substances le rendent assez mauvais alors il doit bien admettre que tout cela est possible. En prison, il a continué à fumer du cannabis et s’est attiré quelques mises au cachot. Aujourd’hui, sa carrure massive et son esprit conciliant se dépensent dans la poterie et la cuisine. Après sa peine, que le tribunal fixera ce jeudi, le jeune homme veut rentrer au pays. Mais ça, c’est encore une autre histoire.


samedi 20 octobre 2018

5 questions sur la Tunisie au blogueur globetrotteur "Suisse moi"

Publié le 02 avril 2018 par Anissa Mahdaoui

Vous avez certainement entendu parler de lui... Véritable globetrotter 2.0, Sylvain Nicolier est celui qui se cache derrière le concept Suisse moi.
Le principe? Le jeune homme suggère à ses abonnés de proposer le contenu de ses reportages vidéo et de voyager avec lui en direct!
Sylvain voyage au fil de ses rencontres, il a visité 15 pays en quatre ans!
Un séduisant projet qui jusqu’ici bien porté ses fruits. La chaîne Youtube de ce blogueur lausannois compte, en effet, plus de 3 600 abonnés et ses pages Facebook et Instagram pas moins de 20 600.

Le HuffPost Tunisie est allé à sa rencontre suite à son aventure tunisienne à Dahar au sud-est de la Tunisie, et lui a posé cinq questions flash. Voici ses réponses:



1. Le point de départ de ton voyage à Dahar 

Sylvain Nicolier: En avril 2017, à la suite de ma visite du Salon des blogueurs de voyage, on m’a invité à me rendre direction Dahar.
J’y suis resté une semaine puis deux jours dans le désert avant Djerba


2. Ton premier contact avec la Tunisie

Plus jeune, je suis parti à Djerba avec mes parents, on a connu les plages, etc. mais ce n’était pa vraiment la Tunisie authentique que je recherche.
Alors qu’en me rendant ensuite à Dahar, j’ai découvert une région authentique pleine de richesse.

3. Ce qui t’a marqué à Dahar

Mes rencontres, les Amazighs, les Berbères, les traditions et la manière de vivre dans les régions arides.
Je me rappelle avoir vraiment très bien mangé, agneau, soupe, etc.
J’ai adoré vivre dans une maison troglodyte, c’était une vraie expérience. Les courses de chevaux aussi m’ont marquées.

4. La particularité de la Tunisie

Les paysages sont vraiment particuliers, le contexte de mon séjour aussi, j’ai vécu une expérience inoubliable!
Le contact avec les Berbères, qui sont simples et authentiques. Je trouve les gens tellement beaux avec leurs yeux clairs... J’ai été frappé par cette beauté!
Cela m’a donné envie de revenir mais dans une autre région, l’idée pour moi reste de se rapprocher de la vie locale, surtout pas touristique.
J’ai vraiment vécu une expérience qui vaut la peine et que je recommande!

5. Les premiers échos suite à la publication de ta vidéo

Les gens m’ont principalement demandé comment partir en voyage là-bas et m’ont remercié de leur avoir fait découvrir cet endroit.
Ce que j’adore et que j’ai trouvé drôle, c’est que même les Tunisiens eux-même ont fait une découverte car la région reste peu connue même des habitants tunisiens.

Photos sur Instagram

Source

samedi 13 octobre 2018

Mona Chouk: Peindre en s'amusant

Publié le 24 août 2013

Elle ne peint pas, elle s’amuse en fait, comme elle le confesse à Leaders.  Ses personnages deviennent ses complices dans un jeu ininterrompu. Mona Chouk est beaucoup plus connue en Suisse où elle est née et expose régulièrement aussi bien à Dubaï, où ses toiles sont prisées, qu’à Tunis. Pourtant, c’est ici qu’elle s’est établie depuis son retour avec ses parents à l’âge de huit ans et c’est ici qu’elle puise son inspiration. Son atelier, chez elle à La Marsa, vous introduit dans un univers de formes et de couleurs qui prennent vie et vous donnent envie d’aimer la vie.




Si elle a toujours dessiné depuis son jeune âge, Mona Chouk est venue à la peinture un peu par curiosité, pour ne pas dire oisivité. Jeune maman, elle découvre en 2003 le centre culturel d’El Menzah et ses différentes activités artistiques, s’inscrit au club de peinture et se prend au jeu. Tout va alors s’accélérer : la vocation se révèle, la passion croît et le pinceau s’affine. Ses premiers pas, elle les fera dans le figuratif pour bien maîtriser la technique et l’expression. Mais son véritable élan, elle le prendra avec le contemporain.
 
Un lancement suisse

Mona n’y avait pas cru lorsque des amis suisses qui ont vu son œuvre lui proposent en 2009 d’exposer ses toiles lors du Montreux Art Gallery, exposition d’art contemporain, la deuxième en importance en Suisse. «Le succès est tout de suite au rendez-vous, écrit le prestigieux magazine suisse des arts, Accrochages. Succès commercial, puisqu’elle vend  au-delà de ses espérances, mais aussi succès d’estime, son apparition sur la scène montreusienne lui valant plusieurs invitations à exposer dans d’autres espaces d’art». Les grands galeristes suisses ne vont plus la lâcher et voilà ses toiles sur les cimaises de la Plexus Art Gallery (Villa Murillo) Willy Grange Gallery, Galerie Bernard Chassot et autres. «C’est une découverte pour les Suisses qui ont misé sur moi, ce qui m’a beaucoup stimulée», dit-elle.
Sollicitée pour soutenir des œuvres caritatives en faveur des enfants défavorisés, Mona n’hésite pas à offrir des œuvres. Cela lui vaudra, en plus de son engagement sincère, d’être nommée à l’unanimité comme ambassadrice de la Fédération mondiale de volleyball et beach-volleyball, lors de son congrès mondial en 2011, pour les enfants dans le monde. Commencera alors pour elle une tournée en Amérique latine la conduisant au Mexique, en Bolivie, en Argentine, etc. mais aussi en Afrique, notamment au Bénin. De retour à Tunis, elle reprend ses pinceaux et peint, en réfléchissant toujours à sa prochaine exposition.

Avec application et talent

Cette fois-ci, son objectif c’est Dubaï. Mona n’hésite pas à y aller en prospection. Pas facile de décrocher un accord. Mais, juste à la veille de son retour, elle reçoit un coup de fil qui lui ouvrira les portes d’une grande galerie. Là aussi, le succès est au rendez-vous. Toujours mécène, elle offre aux œuvres de la Fondation Nour deux toiles qui seront mises aux enchères chez Christie’s à Dubaï. Vous pouvez alors imaginer la suite : elle sera invitée à d’autres expositions.
Ces succès ne lui tournent pas la tête. Mona se considère toujours encore à ses débuts. Passionnée, assidue, elle peint et s’amuse, révélant un talent encore plus prometteur. Déjà, elle a bouclé l’exposition qu’elle montera en novembre prochain à Fribourg en Suisse, mais il lui reste à terminer celle d’Abu Dhabi, en novembre également. «J’aime la vie, je vois grand et je m’amuse beaucoup avec ma peinture», dit-elle.


Née à Lausanne le 16 octobre 1972, d'une mère suisse et d'un père tunisien, Mona Chouk après une enfance passée dans sa ville natale part pour la Tunisie où elle poursuivra plus tard des études de commerce.
Attirée par la couleur, elle s'adonne à la peinture dans un club d'arts plastiques. En 2007, elle intègre l'atelier du peintre Sylvain Montélione, avec qui elle travaille la composition et ses effets chromatiques. Participant à plusieurs expositions de groupe, Mona Chouk rejoint d'un pas sûr le monde des plasticiens professionnels.
Riche de sa double culture, sa peinture nous dévoile une coloriste sensible qui est à l'écoute de "la mélodie du monde"comme disait Claudel. Ses Compositions tantôt allégoriques tantôt suggestives sont des "close up" qui nous mettent en présence d'une plasticienne à son éveil.


Sylvain Montéléone


samedi 18 août 2018

Dans le dressing de Malika


 29 février 2016 par Margaux Meyer, photographie de Sébastien Agnetti




 Malika, l'écléctique cérébrale

Immersion dans l'univers d'une fille au style inclassable.

C'est aux escaliers du Marché, à Lausanne, dans un joli immeuble médiéval longenta les fameuses marches en bois menant à la cathédrale, que Malika nous donne rendez-vous. Un coin de paradis avec bou de jardin intégré, au charme fou. La belle Helvético-Tunisienne nous reçoit, sourire aux lèvres, vêtue d'un jean cigarette, d'un body noir à col roulé et d'une paire de baskets.

Lacoste. Un premier abord enjoué, un poil déjanté, et aussi cérébral...

C'est d'ailleurs son côté intello que la jeune femme, qui finalise sa thèse de philo, nous a présenté en premier en s'épanchant sur la complexité de réaliser la synthèse de toutes ses années de recherches et de toutes ses idées à rassembler pour enfin décrocher le sacro-saint-doctorat.

Un foisonnement de pensées qui se reflète dans sa garde-robe et, par extension, dans son bureau, véritable œuvre d’art conceptuelle – du jamais vu –, le repère de la thésarde dans toute sa splendeur! Sur son bureau trônent une vingtaine de livres ouverts dont les pages sont tenues par des pinces à linge, des post-it par centaines et des feuilles accrochées au mur sur lesquelles sont inscrites des phrases dont les mots sont entourés et surlignés au feutre fluo. On comprend d’emblée que cette intellectuelle n’est pas femme à s’enfermer dans un genre précis ou une pensée unique.
L’éclectisme qui semble la caractériser se perçoit tout de suite quand on tombe sur ses multiples robes chinoises et ses kimonos japonisants paradant à côté d’une veste en cuir genre gangsta rap, dessinée par Missy Elliott pour Adidas et d’une manchette tribale en cuir de chez Pascale Monvoisin. Pas de carcans ni d’unilatéralité dans le dressing de Malika, juste une «collectionnite aiguë» teintée d’un hétéroclisme joyeux et farfelu. «Je ne peux m’empêcher de tout collectionner», et tout y passe: les imprimés, les combinaisons, les lunettes de soleil Tom Ford, mais aussi les peintures – elle a récemment commencé la collection d’anciennes toiles de maîtres suisses –, les bibelots, les ceintures, les grosses boucles d’oreilles imposantes, les manchettes et les pochettes, et puis les chapeaux, dont les plus beaux spécimens se matérialisent sous différentes formes, comme cette visière en plastique laqué rouge Adidas complètement démente, ce chapeau façon bombe d’équitation, ces larges capelines romantiques ou encore ces turbans exotiques qu’elle noue avec dextérité autour de sa tête.
Ses références mode? «Peut-être Romy Schneider dans La banquière, Saint Laurent période seventies et, surtout, Gabrielle Chanel, qui a libéré les femmes de leurs corsets, leur a rendu la liberté de mouvement grâce aux pantalons et à la fluidité des tissus, les a aidées à avancer aux sens propre et figuré. D’ailleurs, ce qui m’inspire le plus chez Chanel, c’est son audace et non ce qu’elle représente dans l’industrie du luxe en général», lance-t-elle en tenant tout de même dans ses mains son sac Boy griffé de la marque au double C…
Niveau bijoux, elle craque volontiers pour les créations de Pascale Monvoisin et les pièces géométriques. Elle est très attachée à ses bijoux berbères ramenés de Tunisie ou à ceux qui lui viennent de sa grand-mère, comme cette bague en camée qu’elle porte presque tous les jours. Evidemment, on retrouve aussi avec délectation quelques curiosités, comme ce ras-du-cou en plumes de coq, offert par sa sœur Stella.
Très libre dans sa manière de choisir ses vêtements, Malika ne se focalise pas sur ce qui est tendance ou qu’on peut admirer sur papier glacé. «Souvent, les magazines me permettent de voir ce que tout le monde va acheter la saison prochaine, et c’est justement cela que je vais éviter de porter, car quand quelque chose devient trop à la mode il finit par devenir banal.» Une révélation qui en réalité reflète une vraie lubie rigolote. «Ma grande angoisse, c’est de croiser une fille dans la rue avec un vêtement que je porte, surtout lorsque la pièce est originale. C’est rédhibitoire, et dès cet instant je ne pourrai plus jamais le mettre!» Comme cette veste couleur rouille à la coupe parfaite qu’elle refuse d’arborer depuis qu’elle l’a vue sur une inconnue, croisée dans une gare. «Ça brise le charme et ça me froisse…» avoue-t-elle, avec cet humour et cette autodérision qui semblent lui coller à la peau.
Dans un coin, roulée en boule, Pulchérie, dite La Poule, la chatte de la maison, considérée par sa maîtresse comme «une chatte responsable, intelligente, bavarde mais délicate», lève de petits yeux fatigués vers nous, comme une supplique pour un retour au calme… Il est temps de lui rendre grâce en lui accordant son repos et de quitter le monde complexe de Malika… Mais on reviendra!

Source

lundi 14 mai 2018

«Ces délinquants sont venus pour se faire de l’argent»

Interview Le chef de la police judiciaire lausannoise analyse l’explosion des délits commis par des Maghrébins.

A la tête des enquêteurs de la police municipale de Lausanne depuis novembre 2011, le capitaine Jean-Luc Gremaud est aussi un expert de l’identité judiciaire reconnu sur le plan international. Il mène la lutte contre une petite délinquance qui a explosé depuis le Printemps arabe. L’an dernier, 2500 Tunisiens ont demandé l’asile dans notre pays. Déboutés ou en attente d’une réponse, une partie d’entre eux s’adonnent au vol et au trafic de drogue. A Lausanne, les petits délits ont doublé.

Missions à l’étranger

La spécialité du capitaine Jean-Luc Gremaud, 49 ans, c’est l’identification des personnes décédées. C’était le sujet de la thèse de doctorat qui a couronné ses études à l’Ecole des sciences criminelles de l’Université de Lausanne. Il a ensuite dirigé l’Identité judiciaire de la police cantonale valaisanne. Et il a participé à des missions à l’étranger. Il s’est ainsi rendu au Kosovo en 1999 dans le cadre du mandat de procureure générale du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) confié à Carla Del Ponte. Il a participé à la création en 2001 de l’équipe suisse d’identification des victimes de catastrophes (Disaster Victim Identification, DVI), avec laquelle il est parti en Thaïlande à la suite du tsunami du 26 décembre 2004. Il a aussi été appelé à travailler sur l’accident de car qui a fait 28 morts le 13 mars dernier à Sierre (VS).

Jean-Luc Gremaud a observé depuis deux ans une explosion de la petite délinquance, attribuée pour une grande part aux Maghrébins.
Image: JEAN-PAUL GUINNARD

 

On parle toujours de «Maghrébins», mais a-t-on une idée plus précise des nationalités de ces petits délinquants?

- Les Tunisiens sont clairement surreprésentés. Si on considère le trafic de stupéfiants, 80% des délinquants arrivés ici après le Printemps arabe proviennent de Tunisie. On compte ensuite 8% d’Algériens et 4% de Libyens. Les Egyptiens sont faiblement présents. Le nombre de demandes d’asile déposées par des Syriens est en croissance, mais cela ne se traduit pas par une augmentation des délits. Nous sommes prudents avec ces chiffres. En effet, il nous est difficile de vérifier l’origine réelle de ces personnes. Comme il n’existe pas d’accord de réadmission ni de protocole de renvoi entre la Suisse et la Tunisie, certains ont intérêt à se présenter comme Tunisiens pour éviter un retour forcé dans leur vrai pays.

On entend parfois dire qu’une partie d’entre eux étaient des prisonniers de droit commun évadés dans leur pays. Est-ce vrai?

- Il est difficile de connaître leur parcours. La plupart ont un objectif clair: se faire de l’argent. Je dirais que cette population se répartit entre une minorité, d’un côté, qui menait une existence modèle dans le pays d’origine; à l’autre extrémité, on trouve une autre minorité formée de délinquants qui ont probablement passé quelques années en prison; et au milieu, une majorité qui a choisi de commettre des petits délits pour gagner de l’argent. Ce ne sont pas des criminels de haut vol, mais plutôt des touche-à-tout. Leur habileté et la facilité avec laquelle ils décident d’enfreindre la loi montrent qu’ils ne sont pas des débutants.

Ont-ils l’image d’une Suisse peu sévère sur le plan pénal?

- Oui, ils le savent. Ils évaluent le rapport entre les risques encourus et les avantages souhaités. Ils veulent obtenir de l’argent et acceptent, comme prix à payer, de passer quelques heures, voire quelques jours, dans des geôles suisses. Dans notre pays, ce rapport est à leur avantage. Ils commettent des petits délits qui pourrissent la vie des citoyens mais qui restent des actes de peu de gravité d’un point de vue pénal. Cela leur vaut quelques ennuis qu’ils sont prêts à assumer. Sur un plan plus local, je constate que Lausanne est confrontée à des phénomènes urbains spécifiques, mais avec des procédures extrêmement lourdes imposées par le canton. De ce fait, Lausanne fait face à des problèmes comparables à ceux de Genève, par exemple, mais avec des armes bien moins efficaces.

Combien de ces Maghrébins avez-vous arrêtés, et pour quels délits?

- Dans les six premiers mois de 2012, nous avons interpellé 475 personnes originaires du Maghreb. Ce sont principalement des hommes âgés de 20 à 30 ans. Dans le classement des délits, les infractions à la loi sur les étrangers se trouvent en première position: ils sont dans une situation irrégulière. Ensuite viennent les vols, notamment les vols par effraction dans les véhicules, et le trafic de drogue. On observe un glissement vers les cambriolages d’appartements et de commerces. Ce sont des délinquants polyvalents.

Quel est leur impact sur l’évolution de la petite délinquance?

- On a observé une véritable explosion entre 2010 et 2011, notamment pour les vols à l’arraché (+198%), les vols avec effraction dans les véhicules (+68%), les vols à la tire et à l’astuce (+83%). 3382 cas ont été comptés pour ces trois domaines en 2011, soit un accroissement de 1514. En 2012, cette situation s’est encore accentuée. On peut attribuer une très grande partie de cette petite délinquance aux Maghrébins.

Entrent-ils en concurrence avec d’autres groupes ethniques?

- A Lausanne, nous avions réussi à juguler le rôle des Albanais dans le trafic d’héroïne. Ce marché a été repris par les Maghrébins. Ils achètent le produit aux Albanais de Genève et le coupent avant de le revendre. Sur le front de la cocaïne, on peut parler d’une sorte d’accord tacite avec les Africains de l’Ouest. Mais on voit apparaître des tensions, par exemple dans le secteur de Bel-Air, qui nous inquiètent car elles se durcissent. Elles sont dues à la concurrence sur le produit ou à l’occupation du territoire.

Ces délinquants peuvent-ils se montrer violents?

- Si on parle des vols de collier commis sur des passantes, forcément, c’est un acte violent, puisqu’il faut soit trancher l’objet, soit l’arracher, ce qui peut provoquer des blessures. Mais, d’une manière générale, il serait incorrect de considérer que les Maghrébins sont plus agressifs que les autres délinquants. On observe actuellement une dérive. Certains ne se contentent plus de vendre des stupéfiants. Ils exercent une contrainte sur des toxicomanes qui, en échange d’une dose, doivent eux-mêmes vendre de la drogue puis leur remettre la recette.

Les aides au retour, comme le «plan Maghreb» genevois doté de 4000 fr., sont-elles efficaces?

- D’une manière générale, ce type d’aide pose un problème. Elle s’adresse à des gens en partie venus en Suisse pour gagner de l’argent de manière délictueuse. Et on leur propose de rentrer volontairement. Vous imaginez l’impact que cela peut avoir. Une telle aide au retour revient à contrarier leurs plans.

La police intervient au nord de la place de la Riponne, les délinquants se déplacent au sud. Après une interpellation, la libération suit rapidement. Votre travail est-il utile?

- Un cas est un cas, un lésé est un lésé. Si on peut retrouver l’auteur d’un délit, c’est notre mission. S’il s’agit d’une goutte d’eau dans un océan, j’en prends acte, mais, face au lésé concerné, je suis satisfait. Le tsunami de 2004 en Asie a provoqué la mort de 230 000 personnes. Quand je suis parti là-bas pour participer à l’identification des corps, je savais que nous n’identifierions peut-être que 5% des victimes. Mais si on se met à la place de quelqu’un dont on vient d’identifier un proche, notre action prend une autre dimension.

Une situation inextricable
Karim se trouve en Suisse depuis un an. Dans sa vie antérieure, cet homme de 35 ans vivait chichement de la pêche dans le sud de la Tunisie, à Kerkena. Il a traversé la Méditerranée sur un bateau chargé de 16 compatriotes qui a failli chavirer à cause d’une tempête. Karim a débarqué à Lampedusa, l’île italienne aux premières loges de l’immigration venue d’Afrique. «J’ai ensuite passé six mois en Italie dans un centre. Puis ils m’ont libéré et je suis venu en Suisse par Chiasso. J’ai demandé l’asile à deux reprises, ça a été refusé et j’ai été refoulé en Italie. Je suis revenu en Suisse où je vis maintenant dans la clandestinité», raconte-t-il. 

Comment vit Karim? «Je me débrouille. On est obligés de faire des conneries pour s’en sortir.» Il admet avoir fait du trafic de marijuana. Et aussi avoir pratiqué le vol à l’étalage quand il n’avait pas de quoi s’acheter des produits de toilette. «Mais c’est fini, tout ça», affirme-t-il. L’avenir? «Pour le moment, je ne sais pas», répond-il. Et l’aide au retour? La Confédération a mis sur pied un programme destiné aux Tunisiens, applicable du 15 juillet 2012 au 30 juin 2013. Karim s’est renseigné. Mais, assure-t-il, l’appui est insuffisant: «J’ai demandé 10 000 fr. pour que je puisse acheter une barque. On m’a parlé de 4000 fr. Mais avec cette somme, il n’est pas possible de lancer un projet et vivre correctement. Le niveau de vie est plus élevé. Après la révolution, les prix des matières premières de base ont flambé.» 

Dans le canton de Vaud, personne n’a encore bénéficié de ce programme. Aux côtés de Karim, Fathi Othmani, membre du bureau exécutif de la Communauté tunisienne en Suisse, tente d’apporter son aide et sert d’interprète. Installé depuis de nombreuses années dans notre pays, enseignant à Lausanne, il fait un constat désabusé: «Je comprends les habitants agacés par cette petite délinquance. C’est une situation absurde, qu’il faudrait résoudre au niveau européen. Ces jeunes Tunisiens sont sans solution. Et toute la communauté tunisienne, même ceux qui sont intégrés depuis des années, est stigmatisée». (24 heures)

Créé: 19.09.2012, 07h10 par Philippe Maspoli

 Source

mercredi 17 janvier 2018

Nabil Abdennadher, l’universitaire tunisien qui veut créer le « Facebook médical »

Par wb le 16 décembre 2017


 CP : Geneva Creativity Center

Docteur Nabil Abdennadher est un enseignant universitaire tunisien et responsable de l’Institut de recherche inIT (Institut d’Ingénierie Informatique et des télécommunications) à La Haute École du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève (HEPIA).
Le projet qu’il porte est d’une grande singularité et importance : Lancer un « Facebook médical ». En d’autres termes, créer la possibilité pour le patient d’aller chercher les informations qui le concernent dans les bases de données de ses différents médecins, spécialistes, physiothérapeutes, et autres et transmettre ces données à un autre praticien du monde médical.

S’exprimant à La Tribune de Genève, le Tunisien a indiqué que l’idée est « de faire travailler en binôme et à distance des étudiants en 3ème année de bachelor de la filière des Technologie de l’information à la HEPIA et des étudiants de l’Indiana University – Purdue University Indianapolis (IUPUI), autour d’un projet commun ».

« La dimension pédagogique de ce projet est importance pour deux raisons. Premièrement, il s’agit pour les étudiants de travailler sur une problématique concrète, à savoir le partage et le transfert des données médicales. La standardisation des formats et la sécurité des données sont des sujets d’actualité. Les étudiants découvrent le thème et peuvent imaginer des solutions.
Deuxièmement, nous formons des ingénieurs qui seront appelés à travailler avec des équipes à l’étranger », a-t-il expliqué.

Ce projet compte, parmi plusieurs participants, deux étudiants tunisiens, de Supcom Tunis, note la même source.

Dr. Nabil Abdennadher a obtenu son diplôme d’ingénieur de l’Ecole Nationale des Sciences de l’informatique (ENSI), à Tunis, avant de décrocher un doctorat de l’Université de Valenciennes (France). Il a été assistant à l’Université de Tunis II (de 1992 à 1998) et assistant de recherche à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (de 1999 à 2000).

En 2001, il a rejoint le département d’informatique et d’ingénierie de l’université des sciences appliquées de Suisse occidentale (HES-SO, hepia) en tant que professeur assistant. En 2008, il a été promu professeur titulaire.



samedi 6 janvier 2018

Immigrés maghrébins en Suisse: faits et chiffres

Histoire d’une intégration réussie  

Immigrés maghrébins en Suisse: faits et chiffres




Bien moins nombreux qu'en France, pays auquel les lie un passé colonial, les Maghrébins de Suisse sont généralement bien intégrés, bien formés et actifs dans la vie associative.
(Diasporastudie Maghreb)




Evolution de la population résidente permanente maghrébine en Suisse, selon le pays d’origine 1981– 2010 (Office fédéral de la statistique)
Evolution de la population résidente permanente maghrébine en Suisse, selon le pays d’origine 1981– 2010 (Office fédéral de la statistique)
(swissinfo.ch)

Structure démographique et état civil

S’agissant de la proportion entre les sexes, on remarque que les femmes sont plus nombreuses chez les immigrés originaires du Maroc (10 pour 7 hommes). En revanche, les immigrés d’Algérie et de Tunisie sont plus nombreux que les immigrées (107 hommes pour 100 femmes).
Si on regarde la pyramide des âges, on voit qu’une grande partie des Tunisiens et des Algériens résidant en Suisse ont entre 25 et 39 ans. Les enfants et les personnes âgées sont particulièrement peu nombreux, comme souvent dans les populations immigrées, qui recherchent avant tout un emploi et veulent améliorer leurs conditions de vie.
Quant aux immigrés marocains, 35% ont entre 30 et 39 ans. Parmi eux, on trouve de nombreuses femmes actives sur le marché du travail. On constate par ailleurs que les actifs sont les plus nombreux chez les Marocains, que c’est chez les Algériens qu’on trouve le plus de personnes âgées et chez les Tunisiens le plus de jeunes.
La plupart des ressortissants des trois pays du Maghreb sont mariés (deux tiers pour les Algériens et les Marocains contre 59% pour les Tunisiens). Ce qui signifie que la majorité de ces immigrés vit de façon stable au sein d’une famille. La proportion de célibataires est de 24% chez les Marocains et de 32% chez les Tunisiens.
Plus de la moitié des Marocains, Tunisiens et Algériens établis en Suisse sont mariés à des Suissesses. Et plus de la moitié des femmes marocaines sont mariées à des Suisses, contre un tiers seulement pour les Tunisiennes et les Algériennes. 



Etat civil des étrangers résidents permanents en Suisse selon l’origine, 2009 (Statistique de la population résidente de nationalité étrangère, état au 31.12.2009)
Etat civil des étrangers résidents permanents en Suisse selon l’origine, 2009 (Statistique de la population résidente de nationalité étrangère, état au 31.12.2009)
(swissinfo.ch)

Les permis de séjour

Il existe en Suisse plusieurs types de permis de séjour pour étrangers. Le permis B autorise un séjour d’une durée limitée, et le C, un établissement de longue durée. Il y a aussi les permis provisoires ou saisonniers: G, L, N et F. La distribution des différents permis dans la population maghrébine montre une progression des personnes passant d’un statut provisoire à un statut permanent depuis 1994. En 2009, 90% des Marocains et des Tunisiens, ainsi que 87% des Algériens en Suisse ont un statut consolidé (permis B ou C).
La migration des Maghrébins a ses motifs: le regroupement familial, la recherche d’un emploi, l’éducation, l’asile politique. En 2002, plus de deux tiers des Marocains présents en Suisse y étaient venus pour rejoindre leur famille. En 2005, ils avaient atteint la proportion de 80%. Quant aux Marocains entrés en Suisse en 2002 pour des raisons d’études et de formation, leur proportion ne dépassait pas 20%.
Concernant la naturalisation, en quelques années, le nombre d’immigrés des trois pays du Maghreb ayant obtenu la nationalité suisse a augmenté. Entre 1992 et 2010, quelque 200 à 280 Tunisiens ont été naturalisés chaque année, alors que ce nombre se situe entre 150 et 200 pour les Algériens. Le tableau ci-dessous illustre le processus de naturalisation entre 1992 et 2010. 



Naturalisation des personnes d’origine maghrébine en Suisse, 1992–2010 (Wanner et Steiner 2012)
Naturalisation des personnes d’origine maghrébine en Suisse, 1992–2010 (Wanner et Steiner 2012)
(swissinfo.ch)

Répartition géographique

La majorité des immigrés des pays du Maghreb sont installés en Suisse romande. 64% des Algériens, 67% des Marocains et 56% des Tunisiens vivent dans les cantons francophones. Genève et Vaud accueillent plus de la moitié des Marocains et des Algériens. Il n’en va pas de même pour les Tunisiens, dont 30% vivent dans les cantons alémaniques, surtout dans les grandes villes.



Nombre de personnes originaires du Maghreb par canton (SFM)
Nombre de personnes originaires du Maghreb par canton (SFM)
(swissinfo.ch)

Marché du travail

Le Maghreb n’est pas traditionnellement une région de recrutement de main-d’œuvre pour la Suisse. Néanmoins, la participation des Maghrébins à la vie active en Suisse et leur présence sur le marché du travail atteint un pourcentage relativement élevé (trois quarts des Maghrébins travaillent, contre cinq sixièmes des Suisses).
Enfin, la proportion d’hommes maghrébins actifs sur le marché du travail en Suisse est plus élevée que celle des autres étrangers des pays hors UE / AELE.



Participation au marché du travail des personnes âgées de 18 à 64 ans, selon le sexe et l’origine, 2010 (Relevé structurel 2010)
Participation au marché du travail des personnes âgées de 18 à 64 ans, selon le sexe et l’origine, 2010 (Relevé structurel 2010)
(swissinfo.ch)
Cet ensemble de données, et les commentaires qui les accompagnent tout au long de l’étude du SFM dressent un tableau qui bouscule les idées reçues sur les immigrés maghrébins. Généralement bien formés et intégrés, actifs dans le monde du travail comme dans la vie sociale, ils ne sont ni excessivement conservateurs, ni fermés aux droits des femmes.

(Traduction de l'arabe: Ghania Adamo), swissinfo.ch



dimanche 28 mai 2017

Le roi des nuits lausannoises préfère le matin

Mis en ligne le 29.09.2016 à 05:52 par Julien Burri
 
© François Wavre / Lundi13



THIERRY WEGMÜLLER «Toute société a besoin d’un défouloir. Nous avons, en tant que club, un rôle social très important. Je pense sincèrement que nous devrions être subventionnés par la santé publique.»
 
Portrait. Le D! Club, à Lausanne, fête ses 20 ans. A deux reprises, il a été sacré meilleur club du pays. Rencontre avec son patron depuis 2003, Thierry Wegmüller.

C’est le monde à l’envers. Le patron du D! Club n’est pas un noctambule. Il est «du matin» et se lève vers 5 heures tous les jours pour travailler. «Je n’ai fait la fermeture du club que 3 fois», s’amuse l’intéressé.

Il est 23 heures, ce samedi soir, l’établissement de 550 m2 se remplit rapidement. Le D!, ce sont deux espaces, séparés par un mur amovible. Le dancefloor principal et un balcon plus intimiste, le Bar Club ABC. Là, une citation de la série Grey’s Anatomy accueille le visiteur: «Je pense que l’on pourrait être extraordinaire ensemble, plutôt qu’ordinaire séparément.» Cela pourrait être l’adage du maître des lieux, depuis. «On est parti de rien! Mais j’ai eu la chance de travailler avec les bonnes personnes. Le D!, c’est un travail d’équipe», explique Thierry Wegmüller en présentant son programmateur musical depuis douze ans, Thierry Collado, et l’architecte Pierre Winthrop, qui a œuvré au récent et habile réaménagement du club.

Ne lui parlez pas de «discothèque». Le D!, c’est autre chose. Ici, les DJ ne se contentent pas de changer de disques dans l’ombre mais font face au public, dans une communion musicale. La salle programme aussi des artistes. Après vingt ans, la liste se révèle longue: Laurent Garnier, IAM, Keziah Jones, Sophie Hunger, Paolo Nutini, Justice, Camille, Louis Bertignac… «Je tiens à continuer à faire des concerts, même si c’est un suicide financier!»

La marque du lieu, c’est le rouge des lumières, qui se marie au noir des murs. Stendhalien. Ce soir, le dancefloor s’est rempli avant minuit. Comment créer la bonne ambiance? Tout y concourt: l’architecture, l’éclairage, la musique… Tout est fait pour favoriser l’alchimie des corps, pour que les visiteurs se mettent à danser le plus tôt possible. Et, bien évidemment, la sécurité est primordiale, à une époque où les nuits sont devenues parfois plus agressives, où l’image de Lausanne a été écornée. «Ce problème me tient particulièrement à cœur. A l’époque, pour une soirée hip-hop avec 800 personnes, j’engageais 6 agents de sécurité. Maintenant, pour une jauge de 950 personnes, ils sont 20 par soirée.»

A chaque soirée son style et sa musique. Jeune et urbain le jeudi. Plus mature, électro et house le vendredi. Le week-end, 50% de la clientèle vient d’autres cantons. «Toute société a besoin d’un défouloir. Nous avons, en tant que club, un rôle social très important. Je pense sincèrement que nous devrions être subventionnés par la santé publique.»

Traumatisé par Godard

Le D! se situe dans un ancien cinéma. Début 1911, c’est ici qu’ouvrit le Lumen, 1000 places, plus grand cinéma-théâtre de la ville. Il fut rebaptisé Cinéma ABC en 1935. Enfant, Thierry Wegmüller était déjà un habitué. Et c’est sur ses fauteuils qu’ils ont vu leur premier film, avec Yasmine Char, celle qui allait devenir sa femme (directrice du théâtre de l’Octogone, à Pully, et écrivaine): Le petit diable de et avec Roberto Benigni. Depuis, la salle est devenue le D! Club en 1996, grâce à Stéphane Bezançon. Et quand Thierry Wegmüller est arrivé en 2003, le matériel de projection avait été démonté. Il s’en désole. Il aurait bien gardé un peu de l’âme de l’ancien temple du 7e art.

Après l’école hôtelière, Thierry Wegmüller a voulu devenir acteur. Il a tourné dans un film, un seul, Hélas pour moi, de Jean-Luc Godard, sorti en 1993. Hélas pour lui. «Se retrouver dirigé par Godard, c’était traumatisant.» Le novice donnait la réplique à Depardieu. «Je devais dire: «Je m’appelle Wegmüller.» C’était ridicule, je n’ai jamais revu le film et ne sais pas s’ils ont coupé la scène…» Il a eu plus de succès en musique, avec son complice le musicien Pierre Audétat. En 2001, son remix de Highway to Hell, tube de AC/DC, a figuré sur la compilation Paris Dernière, de Béatrice Ardisson, écoulée à plus de 80 000 exemplaires.

Du Couscous au Bleu Lézard

L’homme né en 1963 se décrit comme «50% Allemand, 25% Suisse et 25% Tunisien». Dès 1958, son père crée le restaurant lausannois Au Couscous. Mais ce cuisinier, gravement malade, doit rester alité près de dix ans. Il décède lorsque Thierry Wegmüller a 16 ans. Le restaurant est repris par sa veuve, aidée de ses trois enfants, Thierry, Gilles et Jasmina. «J’ai commencé à travailler à l’âge de 10 ans, c’était tout à fait illégal», sourit celui qui est devenu aujourd’hui le roi des nuits lausannoises.

Son histoire familiale vaut bien un film, elle. Sa grand-mère paternelle, une Bernoise, partit comme jeune fille au pair en Tunisie. Là-bas, elle tomba amoureuse du facteur. Ce dernier, polygame, avait déjà deux épouses? Qu’importe, ils se marièrent. Tout ce petit monde vivait en bonne intelligence, à chaque épouse sa chambre. Jusqu’à ce que ce grand-père tunisien meure à la guerre et que sa grand-mère rentre en Suisse avec sa descendance.

La mère de Thierry Wegmüller, elle, a fui l’Allemagne de l’Est au moment de la construction du mur. Pendant dix ans, elle n’a pas pu revoir sa propre mère.

Thierry Wegmüller a beaucoup voyagé lui aussi. Il a travaillé dans l’hôtellerie et la production d’émissions de télévision en Afrique, en Allemagne, étudié la finance aux Etats-Unis. De retour en Suisse, il hésitait entre carrière artistique et hôtellerie, commençant à comprendre qu’il pourrait allier ces deux passions. La rencontre avec sa future femme est décisive. Un soir, Yasmine est venue manger au Couscous. Elle était accompagnée de son époux d’alors, mais il a osé lui offrir une rose. A la même époque, en 1992, son frère Gilles lui propose de créer le Bleu Lézard.

Le défenseur des nuits

Après la fin du mythique club lausannois la Dolce Vita, en 1999, la Cave du Bleu Lézard est la seule à organiser des concerts. Les Wegmüller créent d’autres établissements, notamment le Java, puis plus tard Les Arches et le Café Enning. Ces dernières années, Thierry Wegmüller est monté au front pour défendre la réputation des nuits lausannoises en présidant le Pool Lausanne La Nuit. Depuis 2015, il est à la tête de GastroLausanne, l’association des cafetiers et restaurateurs de la ville. Ses détracteurs l’accusent de «slalomer» pour protéger ses intérêts. D’entretenir de bons rapports avec la ville pour favoriser son club. Dans le milieu, la concurrence est féroce…

Grégoire Junod, syndic de Lausanne, voit en lui un acteur important de la vie culturelle lausannoise, qui a permis à la capitale vaudoise d’être à la pointe en termes de musique actuelle: «Il a collaboré avec nous dans le dossier de la pacification des nuits. Il a compris qu’il fallait pacifier, sans mettre sous cloche. Que la bonne image d’une ville la rendait plus attractive.» Et il a développé un music club romand de qualité. Ainsi, le D! a été élu meilleur club suisse lors des Swiss Nightlife Awards en 2014 et en 2015, à Zurich. Pas mal, pour un couche-tôt.

Du côté des Wegmüller, on chercherait en vain d’autres noctambules. Jasmina s’occupe de l’administration des établissements familiaux. C’est la plus introvertie de la fratrie, à la différence de Thierry. «On est très complémentaires, sinon on ne serait pas encore là, à travailler ensemble depuis vingt-quatre ans!» explique-t-elle, attablée au Bleu. Gilles, lui, a pris en charge le Bleu Lézard et la programmation de sa cave, le Java et le Café Enning. Tous deux sortent peu et passent leurs soirées à la campagne…

Yasmine Char, épouse de Thierry Wegmüller depuis 1997, préfère, elle aussi, sa solitude aux nuits lausannoises. Dans le foyer du théâtre de l’Octogone, elle éclate de rire: «Avec Thierry, nous sommes opposés en tout! Il est du matin et je suis du soir…» Pourtant, elle se dit ravie de vivre avec cet homme «très généreux, qui a mille idées à la fois». «Il comprend mon humour décalé et acide. On rit beaucoup ensemble, par plaisir du jeu de mots. Pour rien, comme ça.» Mieux que dans un Godard, donc. Tant mieux pour eux.

Le D! Club organise un mois de concerts et d’événements, qui culmineront lors de la soirée d’anniversaire du 20 octobre.




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