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samedi 7 avril 2018

Darragi: nouvelle vie en Suisse

L’international tunisien a mal vécu les réactions que son transfert de Tunis à Sion a provoquées. Mais il est en Valais pour donner une impulsion à sa carrière.

 

 De Tunis au Valais, le parcours a été parsemé de difficultés. Mais Oussama Darragi est positif: «Mon rêve a toujours été de connaître une autre vie, un autre foot.» Image: Sedrik Nemeth

Il prend son souffle avant de s’enfoncer dans un canapé de l’Hôtel Alpina. «Jamais je n’ai vécu cela, qu’est-ce qu’on s’entraîne dur!» L’international tunisien Oussama Darragi (28 sélections), élu meilleur joueur africain en 2011, est en train de prendre ses marques en montagne. De l’altitude zéro des bords de la Méditerranée, il est passé avant-hier aux quelque 1600?mètres de la station du val d’Anniviers, où le FC Sion s’oxygène à trois semaines de la reprise.

Darragi est content et fier d’avoir enfin rejoint son nouveau club. «A 24?ans, je devais donner une nouvelle orientation à ma carrière. L’Europe m’apparaissait comme une nécessité. Maintenant, je dois bien travailler et réaliser un bon parcours avec Sion. Mais, quand on voit que des joueurs comme Gattuso signent pour ce même club, on se dit qu’on n’est pas à une mauvaise adresse.»

Renvoyé de l’Espérance

Pourtant, lorsque le transfert de Darragi a été conclu et annoncé en février dernier, l’international tunisien a été la cible d’une tempête sans précédent. Il avait tout donné – et tout gagné – pour l’Espérance Tunis, il a été la cible de toutes les critiques de la part de ses anciens dirigeants. Ces derniers l’ont accusé de trahison pour avoir effectué ce transfert alors qu’il aurait donné un accord de principe pour prolonger un contrat qui arrivait à terme en juin. Darragi ayant refusé de s’entraîner avec les espoirs, il n’a plus joué ce printemps.

«Sur le moment, cette réaction m’a touché, et déçu. Personne n’estime l’Espérance autant que moi. J’y étais depuis l’âge de 8?ans. Mais il s’agissait de mon avenir et je ne pouvais pas rater cette occasion. Mes anciens dirigeants ont fini par admettre les raisons qui m’ont poussé à partir, mais je ne m’attendais pas à vivre cela.»

Précision: son entraîneur, le Suisse (!) Michel Decastel, n’a pas été concerné par cette cabale, si ce n’est qu’il a perdu un grand joueur. «J’aimais beaucoup cet homme, précise Darragi. Au moment de mon transfert, j’ai un peu discuté avec lui. Il a su me conseiller.» Car le Neuchâtelois Decastel connaît la maison sédunoise pour y avoir entraîné de 1995 à 1996.

Et puis, Darragi a toujours senti le soutien des supporters tunisiens. «Eux ont tout de suite compris pourquoi il fallait que je quitte le club, je les en remercie.»

Viser le titre

Darragi a de fait été privé de compétition pendant plusieurs mois. «On remarque tout de suite que ses qualités techniques sont au-dessus de la moyenne, mais il doit se reconstruire physiquement», confirme son nouvel entraîneur, Sébastien Fournier. Darragi est prêt à fournir les efforts nécessaires. «Je veux, je dois aller loin. Je me sens en confiance et, sur ce que j’ai pu en voir, le groupe et le staff sont bien. Mon rêve a toujours été de connaître une autre vie, un autre foot. M’y voilà et je suis prêt à tout pour m’imposer.»

Le milieu offensif n’a aucun doute sur les objectifs que lui et son nouveau club se fixent: «Avec le recrutement qui a été effectué, on se doit de viser le titre.» C’est dit. (Le Matin)

Créé: 22.06.2012, 07h43 par Renaud Tschoumy

 

jeudi 29 mars 2018

L’enseignement de l’arabe a la cote en Suisse

Article par Abdelhafidh Abdeleli, publié le 5 mars 2011



Munji Ahmadi enseigne à l’école tunisienne de Suisse. Ici, la classe est à Sion, capitale du canton du Valais.
(swissinfo.ch)


L’intérêt pour les cours d’arabe augmente en Suisse. La communauté arabophone, mais aussi des Suisses désireux d’apprendre la langue figurent parmi les étudiants. Plusieurs experts lancent des appels à une amélioration de l’enseignement.

L’enseignement de l’arabe n’est pas vraiment une nouveauté dans les pays occidentaux puisqu’on en retrouve des traces au 16e siècle. Le phénomène s’est accentué après que les communautés arabes et musulmanes ont commencé à s’établir en Occident dans la deuxième moitié du 19e siècle.
La conversion à l’islam de milliers d’Occidentaux a évidemment aussi joué un rôle dans le développement de l’enseignement de l’arabe. Malgré un état d’esprit généralement négatif, les attaques du 11 septembre 2001 n’ont pas freiné l’intérêt pour l’arabe dans le reste du monde.
Après une phase d’incertitude, la communauté arabe est en train de percevoir qu’elle est devenue une importante part de la société occidentale et qu’elle a le droit de conserver sa culture et de la transmettre aux générations suivantes. Cette prise de conscience a coïncidé avec un intérêt grandissant de personnes non arabes pour la langue, la culture, l’économie ou la société arabes.
C’est ainsi que le nombre d’étudiants inscrits dans des sections d’arabe dans les universités n’a cessé de croître ces dernières années. De plus, dans presque toutes les villes de Suisse, on peut trouver une société culturelle, le club d’un pays ou un centre culturel qui organisent des cours de langue avec introduction à la culture arabe.

«Ici, nous avons des élèves garçons et filles, explique Munji Ahmadi, qui enseigne dans une école supervisée par l’ambassade tunisienne de Berne. La majorité d’entre eux ont entre 6 et 13 ans.»

Attachement à la culture

Il y a de multiples raisons d’apprendre l’arabe. Mais il est clair que de nouvelles générations d’Arabes, qui ont vu leurs parents ou grands-parents exclus des sociétés occidentales, parfois par racisme, ont une autre vision de l’intégration sociale. Ils ne veulent pas couper les liens. Au contraire, ils veulent les cimenter et développer ainsi leur identité.
«La langue arabe est unique, de par sa calligraphie, et les Occidentaux sont attirés par la dimension esthétique et artistique de l’écriture», explique de son côté Sufian Bin Hamidah, qui enseigne l’arabe dans plusieurs écoles en Suisse. «Les Occidentaux veulent ouvrir une fenêtre sur la culture orientale et apprendre les principaux aspects de l’islam.»
Les salles de classe comptent aussi souvent l’un ou l’autre membre de couples bi-culturels. «Que ce soit l’homme ou la femme qui parle arabe, ces couples ont un grand désir d’apprendre la langue, seulement pour communiquer ou ne serait-ce que par politesse.»
Les parents d’aujourd’hui veulent aussi que leurs enfants sachent l’arabe et connaissent leur religion et leur culture. Ces familles sont plus familières que ne l’étaient les précédentes générations car, grâce au satellite, les programmes télévision et les chaînes radios en arabe sont très faciles à capter.
Selon Munji Ahmadi, «l’arabe reste la première langue des migrants des pays arabophones. Les enfants doivent l’apprendre pour communiquer avec leur famille quand ils rentrent à la maison. C’est aussi la langue du Coran et la meilleure manière d’apprendre l’islam.»

Facteurs économiques

Mais l’apprentissage de l’arabe dans les pays occidentaux n’est pas réservé aux musulmans. Les relations commerciales, notamment avec les Etats du Golfe, poussent de nombreux Occidentaux à se lancer.
De plus, certaines villes comme Dubai ou Doha sont très recherchées par les hommes et femmes d’affaires et par les célébrités – sans parler des millions de touristes attirés par les paysages et le climat des pays arabes.
Mais apprendre l’arabe requiert de la patience et du temps. «Il faut un rythme pour faire des progrès, note Sufian Bin Hamidah. Une leçon par semaine, ce n’est pas suffisant, surtout si la langue n’est pas pratiquée d’une leçon à l’autre.»

Améliorations demandées 

Aujourd’hui, l’arabe est enseigné dans des clubs ou des centres culturels arabes, de même qu’aux enfants d’origine arabe dans des cours de culture et sur une base privée. Comme l’intérêt grandit, le besoin de qualité devient également plus grand. «Il nous faut des standards de qualité et une coordination», estime Sufian Bin Hamidah. 

«Il est possible de corriger le manque de standards en s’assurant que seuls des spécialistes soient engagés pour enseigner et en trouvant des salles de classes adéquates, poursuit Bin Hamidah. La coordination devrait se faire entre les personnes travaillant sur le terrain, que ce soit des individus ou des institutions.»
Pour l’heure, aucune institution centrale ne supervise l’enseignement en Suisse. Un tel organe permettrait d’améliorer la communication.
«Une telle institution permettrait aussi de créer un cadre pédagogique clair, des cours bien préparés et le processus d’apprentissage serait plus facile. Les progrès des étudiants seraient facilités, ce qui augmenterait aussi l’intérêt pour la langue arabe», conclut Munji Ahmadi.

ECOLE TUNISIENNE

L’ambassade tunisienne en Suisse offre un apprentissage de civilisation et de langue arabes dans onze cantons. Ces cours sont aussi accessibles aux personnes non tunisiennes mais arabophones, pour autant que des places soient disponibles.
Actuellement, quelque 250 enfants et jeunes hommes reçoivent des leçons gratuites, une fois par semaine. Trois enseignants assurent les cours, sous la supervision du Ministère tunisien de l’éducation.
Comme pour les autres cours proposés aux enfants allophones, les cours d’arabe sont donnés dans des écoles publiques, en dehors des horaires scolaires.
Les enfants des villes suivantes peuvent s’inscrire: Genève, Lausanne, Berne, Bienne, Neuchâtel, Bâle, Zurich, St-Gall, Schaffhouse et Winterthour.
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LANGUES PARLEES EN SUISSE

Langues nationales:
allemand, 63,7%

français 20,4%

italien 6,5 %
romanche 0,5%
 

      
Autres langues:
serbo-croate 1,4%

albanais 1,3%

portugais 1,2%

espagnol 1,1%

anglais 1%

turc 0,6%

tamoul 0,3%

arabe 0,2 %
 

       
(Source: Dernier recensement fédéral de la population, 2000)
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(Adapté de l’arabe par Muhammad Shokry, traduit de l’anglais par Ariane Gigon), swissinfo.ch

Source