Base de données presse et documentaires francophones sur toutes les relations entre la Tunisie et la Suisse.
Tous domaines confondus (politique, histoire, culture, sport, etc.)
Une quarantaine de Tunisiens ont passé la journée de mercredi devant l'ambassade de Tunisie à Berne. Ils réclament leur passeport.
Les manifestants se disent prêts rester là aussi longtemps qu'ils ne recevront pas leur passeport.
Depuis lundi, des exilés exigent que les autorités tunisiennes leur remettent leur passeport, ce que celles-ci refusent. L'action est appelée à se prolonger.
Une trentaine de Tunisiens désirant rentrer au pays après le changement de régime se trouvaient encore en soirée devant l'ambassade, où des couvertures leur ont été apportées, a constaté un journaliste de l'ATS. Ils se disent prêts à passer la nuit et à rester là aussi longtemps qu'ils ne recevront pas leur passeport, un droit personnel, précisent-ils.
«Certains ont même donné les papiers nécessaires et ont reçu des promesses de la part des responsables de l'ambassade pour avoir leurs passeports aujourd'hui même», a écrit mercredi soir dans un communiqué le coordinateur du Comité de soutien du peuple tunisien (CSPT), Anouar Gharbi. «Ces promesses n'ont pas été respectées, ce qui a révolté les gens qui ont tellement envie de rentrer au pays après plusieurs années d'exil».
«Ces gens sont déterminés»
«Nous demandons donc à nos compatriotes fonctionnaires de l'ambassade de comprendre l'urgence de la situation et de faire le nécessaire pour délivrer les passeports dans les meilleurs délais», a ajouté le Comité de soutien. Jusqu'à maintenant, seuls cinq passeports ont été délivrés.
Selon M. Gharbi, ce mouvement, soutenu par son comité, est «spontané». Et il pourrait durer: «Ces gens sont déterminés», a-t-il averti. «Nous resterons là jusqu'à obtenir gain de cause», a confirmé sur place un immigré tunisien, Ibrahim Naouar.
Devant l'ambassade, dans le quartier des représentations diplomatiques de Kirchenfeld, le climat était parfois tendu mercredi, mais il est resté pacifique. On entendait ça et là des cris contre l'ex-chef de l'Etat Ben Ali. La police contrôlait la situation et se préparait, elle aussi, à passer la nuit là. (ats)
L’Ambassade de Suisse en Tunisie a rendu hommage ce lundi 17 septembre 2018 à un jeune étudiant tunisien, prénommé Wassim Dhaouadi récompensé par la prestigieuse Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), après avoir reçu le Prix de la meilleure moyenne toutes sections confondues avec une moyenne de 5,87 sur 6.
Wassim Dhaouadi est Bachelor en Génie Mécanique. Il a été honoré à l’EPFL au cours d’une cérémonie à laquelle l’ambassadeur de Tunisie en Suisse, Mourad Bourehla a pris part.
« Investissez de l’effort, Plus vous investissez plus vous serez récompensés:
-La motivation, peut nous porter loin, la même où nous imaginons inatteignable.
-Le travail, seul chemin légitime de la réussite et de l’accomplissement.
-La passion, source d’épanouissement, rien ne s’accomplit sans.
Mes remerciements a tous ceux qui m’ont instruit et supporté ces dernières années.
Mes remerciements à son Excellence l’Ambassadeur de Tunisie en Suisse Mr. Mourad Bourehla pour sa présence et ses félicitations.« Ainsi étaient les paroles de reconnaissance de l’étudiant après sa réussite.
Le procès d'un Tunisien au
Tribunal pénal a débuté mardi matin. Il a tué sa femme en 2010 mais se
présente comme un laïc, tolérant et attaché aux droits de l'Homme.
«Pourquoi aurait-elle besoin d'un amant, j'assumais mes devoirs
conjugaux?» L'ancien comptable de l'ambassade de Tunisie meurtrier de
son épouse en avril 2010 à Fribourg, discourt sans fin depuis mardi
devant la Cour. «Qu'elle repose en paix», exprime souvent cet homme de
47 ans qui se décrit comme «socialiste, laïc, sentimental, pas jaloux,
et respectueux des droits de l'Homme. J'étais considéré comme un sage.»
Cela ne l'a pas empêché pas de violer sa femme, puis d'uriner sur elle.
L'accusé,
qui se croyait suivi par la police du président dictateur tunisien de
l'époque, agissait aussi en tyran avec sa femme, interdite de sorties.
Il déclare qu'elle était menacée d'enlèvement pour être revendue. Il
suivait ainsi souvent celle dont il était désormais séparé, «un ange,
une fleur très fragile», de 7 ans sa cadette.
Il l'attache, la poignarde, lui tire dessus puis lui tranche la gorge
Mais
il la décrit aussi comme «malade psychiatrique». C'est pourtant lui qui
l'a bâillonnée et attachée au pied du lit en plein après-midi, tandis
que leurs deux fillettes étaient dans l'appartement du quartier du
Schönberg, en ville de Fribourg. Puis, il l'a frappée de 15 coups de
couteau dans le dos avant de lui tirer dans le visage avec un pistolet
soft-air: une bille est demeurée dans la lèvre de la victime. Il l'a
encore étranglée, avant de lui trancher la gorge. Le prévenu a dormi à
côté du cadavre et a expliqué à ses adolescentes que leur mère était
partie, puis qu'elle était hospitalisée. Sans travail , buveur, celui
qui se faisait appeler David prétend tout expliquer: «Une rupture, ce
n'était pas la fin du monde, mais je devais savoir pourquoi.» Il l
'accusait également de ne pas s'occuper de ses enfants et de ne pas
savoir faire le couscous. Elle les nourrissait mal et rentrait tard,
ajoute-t-il.
Le procès se poursuit au Tribunal du district de la Sarine.
Article par Abdelhafidh Abdeleli, publié le 5 mars 2011
Munji Ahmadi enseigne à l’école tunisienne de Suisse. Ici, la classe est à Sion, capitale du canton du Valais. (swissinfo.ch)
L’intérêt pour les cours d’arabe augmente en
Suisse. La communauté arabophone, mais aussi des Suisses désireux
d’apprendre la langue figurent parmi les étudiants. Plusieurs experts
lancent des appels à une amélioration de l’enseignement.
L’enseignement
de l’arabe n’est pas vraiment une nouveauté dans les pays occidentaux
puisqu’on en retrouve des traces au 16e siècle. Le phénomène s’est
accentué après que les communautés arabes et musulmanes ont commencé à
s’établir en Occident dans la deuxième moitié du 19e siècle.
La
conversion à l’islam de milliers d’Occidentaux a évidemment aussi joué
un rôle dans le développement de l’enseignement de l’arabe. Malgré un
état d’esprit généralement négatif, les attaques du 11 septembre 2001
n’ont pas freiné l’intérêt pour l’arabe dans le reste du monde.
Après
une phase d’incertitude, la communauté arabe est en train de percevoir
qu’elle est devenue une importante part de la société occidentale et
qu’elle a le droit de conserver sa culture et de la transmettre aux
générations suivantes. Cette prise de conscience a coïncidé avec un
intérêt grandissant de personnes non arabes pour la langue, la culture,
l’économie ou la société arabes.
C’est ainsi que le nombre
d’étudiants inscrits dans des sections d’arabe dans les universités n’a
cessé de croître ces dernières années. De plus, dans presque toutes les
villes de Suisse, on peut trouver une société culturelle, le club d’un
pays ou un centre culturel qui organisent des cours de langue avec
introduction à la culture arabe.
«Ici, nous avons des élèves
garçons et filles, explique Munji Ahmadi, qui enseigne dans une école
supervisée par l’ambassade tunisienne de Berne. La majorité d’entre eux
ont entre 6 et 13 ans.»
Attachement à la culture
Il
y a de multiples raisons d’apprendre l’arabe. Mais il est clair que de
nouvelles générations d’Arabes, qui ont vu leurs parents ou
grands-parents exclus des sociétés occidentales, parfois par racisme,
ont une autre vision de l’intégration sociale. Ils ne veulent pas couper
les liens. Au contraire, ils veulent les cimenter et développer ainsi
leur identité.
«La langue arabe est unique, de par sa
calligraphie, et les Occidentaux sont attirés par la dimension
esthétique et artistique de l’écriture», explique de son côté Sufian Bin
Hamidah, qui enseigne l’arabe dans plusieurs écoles en Suisse. «Les
Occidentaux veulent ouvrir une fenêtre sur la culture orientale et
apprendre les principaux aspects de l’islam.»
Les salles de classe
comptent aussi souvent l’un ou l’autre membre de couples bi-culturels.
«Que ce soit l’homme ou la femme qui parle arabe, ces couples ont un
grand désir d’apprendre la langue, seulement pour communiquer ou ne
serait-ce que par politesse.»
Les parents d’aujourd’hui veulent
aussi que leurs enfants sachent l’arabe et connaissent leur religion et
leur culture. Ces familles sont plus familières que ne l’étaient les
précédentes générations car, grâce au satellite, les programmes
télévision et les chaînes radios en arabe sont très faciles à capter.
Selon
Munji Ahmadi, «l’arabe reste la première langue des migrants des pays
arabophones. Les enfants doivent l’apprendre pour communiquer avec leur
famille quand ils rentrent à la maison. C’est aussi la langue du Coran
et la meilleure manière d’apprendre l’islam.»
Facteurs économiques
Mais
l’apprentissage de l’arabe dans les pays occidentaux n’est pas réservé
aux musulmans. Les relations commerciales, notamment avec les Etats du
Golfe, poussent de nombreux Occidentaux à se lancer.
De plus,
certaines villes comme Dubai ou Doha sont très recherchées par les
hommes et femmes d’affaires et par les célébrités – sans parler des
millions de touristes attirés par les paysages et le climat des pays
arabes.
Mais apprendre l’arabe requiert de la patience et du
temps. «Il faut un rythme pour faire des progrès, note Sufian Bin
Hamidah. Une leçon par semaine, ce n’est pas suffisant, surtout si la
langue n’est pas pratiquée d’une leçon à l’autre.»
Améliorations demandées
Aujourd’hui,
l’arabe est enseigné dans des clubs ou des centres culturels arabes, de
même qu’aux enfants d’origine arabe dans des cours de culture et sur
une base privée. Comme l’intérêt grandit, le besoin de qualité devient
également plus grand. «Il nous faut des standards de qualité et une
coordination», estime Sufian Bin Hamidah.
«Il est possible de
corriger le manque de standards en s’assurant que seuls des spécialistes
soient engagés pour enseigner et en trouvant des salles de classes
adéquates, poursuit Bin Hamidah. La coordination devrait se faire entre
les personnes travaillant sur le terrain, que ce soit des individus ou
des institutions.»
Pour l’heure, aucune institution centrale ne
supervise l’enseignement en Suisse. Un tel organe permettrait
d’améliorer la communication.
«Une telle institution permettrait
aussi de créer un cadre pédagogique clair, des cours bien préparés et le
processus d’apprentissage serait plus facile. Les progrès des étudiants
seraient facilités, ce qui augmenterait aussi l’intérêt pour la langue
arabe», conclut Munji Ahmadi.
ECOLE TUNISIENNE
L’ambassade
tunisienne en Suisse offre un apprentissage de civilisation et de
langue arabes dans onze cantons. Ces cours sont aussi accessibles aux
personnes non tunisiennes mais arabophones, pour autant que des places
soient disponibles.
Actuellement, quelque 250 enfants et jeunes
hommes reçoivent des leçons gratuites, une fois par semaine. Trois
enseignants assurent les cours, sous la supervision du Ministère
tunisien de l’éducation.
Comme pour les autres cours proposés aux
enfants allophones, les cours d’arabe sont donnés dans des écoles
publiques, en dehors des horaires scolaires.
Les enfants des
villes suivantes peuvent s’inscrire: Genève, Lausanne, Berne, Bienne,
Neuchâtel, Bâle, Zurich, St-Gall, Schaffhouse et Winterthour. Fin de l'infobox
LANGUES PARLEES EN SUISSE
Langues nationales:
allemand, 63,7%
français 20,4%
italien 6,5 %
romanche 0,5% Autres langues:
serbo-croate 1,4%
albanais 1,3%
portugais 1,2%
espagnol 1,1%
anglais 1%
turc 0,6%
tamoul 0,3%
arabe 0,2 % (Source: Dernier recensement fédéral de la population, 2000) Fin de l'infobox
(Adapté de l’arabe par Muhammad Shokry, traduit de l’anglais par Ariane Gigon), swissinfo.ch