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dimanche 24 juin 2018

En Gruyère, une poya autoroutière gérée par le chef d'orchestre Hafedh Alaya

L’été, ils triment pour vos vacances. Mais qui sont les garants de votre farniente? Le temps d’un jour, Mehdi Atmani a pris leur place comme employé. Ce jeudi, il goûte au stress de la plus grande aire de repos du canton de Fribourg



Un œil dans vos vacances (4/5)

Je suis en retard. J’ai beau avoir prévenu, mes justifications sur le bouchon autoroutier entre Lausanne et Vevey seront vaines. Hafedh Alaya n’aime pas les retardataires. Je m’imagine déjà que dans d’autres conditions, le patron de l’aire de repos de la Gruyère se serait bien passé de mes services pour le reste de la saison. Il n’en est rien. Le patron me charrie. Hafedh Alaya est comme ça: ferme, mais très sympathique.

Lui est sur le pont depuis 5 heures du matin. Voilà six ans que ce Suisse d’origine tunisienne de 47 ans est le chef d’orchestre de l’aire de repos de la Gruyère, soit la plus grande halte autoroutière du canton de Fribourg, avec un restaurant, un motel de 35 chambres, une cafétéria, des salles de conférences, un kiosque, une station-service, sans compter les deux terrasses extérieures. Le tout en continu. De 5 heures à 23 heures, Hafedh Alaya déborde d’énergie pour gérer son équipe et parer à l’imprévisible. Alors quand un journaliste en immersion vient gripper cette organisation, il n’est pas content, d’autant qu’il gère en parallèle un autre établissement à Avry.

Mon patron d’un jour n’est pas contrarié bien longtemps. Sur la terrasse qui domine le lac de la Gruyère, il s’apprête à donner le coup d’envoi de la saison estivale. Nous sommes le 26 juin. Jusqu’à la fin de septembre, le personnel de l’aire de repos ne va plus toucher terre. Hafedh Alaya vient d’engager cinq saisonniers pour l’été. Ils rejoindront les 70 employés fixes que compte le site, dont 45 rien que pour le motel et le restaurant.

C’est au restaurant, justement, que commence ma journée. L’équipe du matin part en pause reprendre quelques forces avant le coup de feu de midi. Un restaurant sur une aire d’autoroute, c’est un coup de feu permanent. Les 13 personnes au service aujourd’hui doivent gérer les repas de 400 personnes en continu. En cuisine, la brigade de 12 personnes, dont cinq cuisiniers, assure jusqu’à quatre services. En Gruyère, on cuisine non-stop, 7 jours sur 7, du matin au soir. Avec une donne importante: «On ne peut jamais prévoir la fréquentation», souligne Hafedh Alaya.

Ce midi, nous attendons un groupe de 47 touristes espagnols: «Entrée, plat, dessert, café, il faudra aller vite. Ils n’ont qu’une heure de pause au programme.» Le gérant s’éclipse. Un des sept lave-vaisselle est tombé en panne. «Quand je vous disais qu’il fallait gérer des imprévus…» Il file discuter avec le réparateur. A 11 heures, le restaurant du 1er étage connaît un calme relatif.

On m’expédie alors au rez-de-chaussée. A la cafétéria, mes collègues du jour enchaînent les sandwichs et les paninis. On ne compte plus les va-et-vient entre la cuisine et la terrasse. «Ici, tout est préparé devant le client, m’explique ma formatrice. Les produits frais sont livrés tous les matins à 5 heures.» A la réception, 10 mètres plus loin, Laetitia tapote énergiquement sur son clavier d’ordinateur, le combiné de téléphone coincé entre son oreille et son épaule droite. La jeune femme doit gérer la comptabilité des restaurants, les réservations du motel, ainsi que des quatre salles de conférences occupées ce midi par des entreprises. Comme à chaque fois, c’est la course. «Il faut faire vite, bien… surtout mieux», pour combler les pertes liées au franc fort.

L’aire d’autoroute de la Gruyère réalise un chiffre d’affaires annuel d’environ 5 millions de francs. Depuis plus de trente ans, elle est un trait d’union entre la Suisse alémanique et la Suisse romande. Une réputation qu’elle revendique malgré la concurrence engendrée par l’autoroute A1, qui passe par Yverdon-les-Bains. Avec le temps, elle est devenue une halte clé pour les touristes en transit. Mais depuis plusieurs mois, avec la baisse de l’euro face au franc, les Allemands et les Italiens hésitent à traverser la Suisse. Hafedh Alaya n’a pas adapté ses prix, mais il redouble d’effort pour attirer et garder cette clientèle de passage.

Le patron déboule de son bureau: «Atmani! En cuisine.» Il est 11h30. Le gérant passe en revue ses troupes. Il donne les dernières consignes. La réception téléphone. Les 47 Espagnols arriveront finalement à 13 heures. Plus le temps de revoir le dispositif, car autant de touristes chinois débarquent à l’improviste. Et ils ont faim. Deux d’entre eux sont arrivés avec leur pique-nique. Hafedh Alaya leur demande gentiment de ne pas le consommer sur place. Derrière lui, une petite brigade de cinq serveuses prend les commandes en bloc. Tout s’orchestre dans le calme et l’efficacité. Au milieu de ce bal, je suis perdu et me résous à suivre le patron, mon seul repère.

En bon formateur, il m’invite à déjeuner. «Nous avons trente minutes avant la prochaine vague.» Nos assiettes arrivent. Je mangerai la mienne tout seul. Les 47 Espagnols ont débarqué plus tôt, accompagnés d’une sortie d’entreprise alémanique. Mon patron a quitté la table précipitamment pour donner un coup de main en cuisine. Derrière la console, il expédie les cordons-bleus-frites et dirige les cuisiniers.

Une aire de repos, c’est un microcosme à part. D’abord la clientèle: pressée, fatiguée, qui attend un service rapide, des plats de qualité mais au bon prix. Une clientèle de passage qu’il faut évidemment choyer pour qu’elle reste le plus longtemps possible sur le site. Puis, en coulisse, il y a le personnel astreint à des horaires difficiles, mais qui doit sans cesse masquer la pression pour satisfaire un client de plus en plus exigeant. «La qualité du personnel, c’est la base pour gérer ce type d’établissement, confie Hafedh Alaya. Un employé au service peut être amené à travailler au motel si la fréquentation du jour l’exige.»

Je termine ma pause sur la terrasse de la cafétéria. A ma droite, deux touristes de Delhi partagent le café avec des Allemands. Ils admirent la vue sur le Moléson, parlent mousson et Bollywood. On en oublierait presque le flot de voitures sur l’autoroute A12. Dans le parc, le jardinier João passe la tondeuse, puis arrange transats et parasols devant les 35 chambres du motel attenant. Cette nuit, celui-ci sera plein aux trois-quarts. Plus loin, des Japonais photographient les vingt vaches grandeur nature – et relookées par des artistes – qui garnissent la pelouse. Une des missions de l’aire de repos est de servir de vitrine touristique pour la Gruyère.

Je retrouve mon patron en cuisine. Les 47 Espagnols règlent la note. C’est l’heure du débriefing. Après le coup de chaud du service, la tension est palpable. Devant sa brigade, Hafedh Alaya revient sur les quelques fausses notes. Une mauvaise communication a suscité un mot de trop entre deux commis. Mon chef désamorce et félicite son équipe. Il n’a guère le temps d’en dire davantage. Les commandes suivantes arrivent. Lara quitte la cuisine pour partir en pause. Comme moi, c’était son premier jour au restaurant. Avant, elle officiait au service de la cafétéria. «C’est plus speed, hein?»
Au rez-de-chaussée, je croise les touristes chinois. Repus, ils tournicotent chez Geneviève Page et Patricia Vuitel, qui gèrent la fromagerie. Elles aussi ne chôment pas: double crème, meringues, fondue, les deux femmes vantent la gastronomie fribourgeoise aux touristes de passage. En plusieurs langues, qui plus est: «C’est une obligation si l’on travaille sur cette aire d’autoroute.» Des qualifications qui paient, puisqu’elles écoulent jusqu’à 200 kg de Gruyère par semaine. Soit quatre fois plus que dans une fromagerie en ville de Fribourg.

Il est 15 heures lorsque Hafedh Alaya me rattrape. L’aire d’autoroute a retrouvé un calme temporaire. Mon patron en profite pour aller s’enfermer dans son bureau pour de l’administratif. Pour combien de temps? «Jusqu’au prochain coup de feu.»

Demain, votre journaliste prend de la hauteur en Valais pour y garder la cabane du Trient
Ce midi, nous attendons un groupede 47 Espagnols: «Entrée, plat, dessert, café, il faudra aller vite. Ils n’ont qu’une heure de pause au programme.» Ils arriveront finalement à 13 heures. Plus le temps de revoir le dispositif.

Publié le 8 juillet 2015 par Mehdi Atmani

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vendredi 4 mai 2018

L'islam est surexposé dans les médias, déplore Montassar BenMrad

 11.11.2017 par Jacques Berset, cath.ch 

 Montassar BenMrad et Martine Brunschwig Graf, entourant Serge Gumy, rédacteur en chef de La Liberté ¦ © Jacques Berset

Dans le cadre de la Semaine suisse des Religions, le Groupe interreligieux et interculturel de la Gruyère (GIIG) avait invité, vendredi soir 10 novembre, Martine Brunschwig Graf, présidente de la Commission fédérale contre le racisme (CFR), et Montassar BenMrad, président de la Fédération d’organisations islamiques de Suisse (FOIS) et vice-président du Conseil suisse des Religions (SCR).

Depuis l’attentat sanglant du 7 janvier 2015 contre l’hebdomadaire satirique “Charlie Hebdo” et les nombreuses attaques djihadistes dans les rues de Paris, Nice, Londres, Berlin, Barcelone ou Bruxelles, l’image des musulmans d’Europe s’est fortement dégradée. Prônant le dialogue et l’interconnaissance, le GIIG  estime que la peur de l’autre provient essentiellement de l’ignorance et du manque de connaissance mutuelle. Des études montrent aussi que, par rapport à d’autres religions, l’islam est surexposé dans les médias.

“Construire le vivre ensemble, dans la diversité des croyances”
Une bonne soixantaine de personnes, venues de tout le canton, mais aussi de plus loin, s’étaient donné rendez-vous aux Halles de Bulle pour échanger avec les deux invités sur le thème “Diversités des croyances: construire le vivre ensemble”.  Au cours d’un débat de très bonne tenue, arbitré par Serge Gumy, rédacteur en chef du quotidien La Liberté, quelques remarques ont fusé des rangs du public, montrant qu’en matière de présence musulmane dans le pays, le climat reste tendu.

Martine Brunschwig Graf, présidente de la Commission fédérale contre le racisme (CFR) ¦ © Jacques Berset

En Suisse, on compte dix religions principales et 190 nationalités vivent sur son territoire. Le pays vit ensemble avec toute cette diversité, même si un sondage a montré que plus d’un tiers des personnes interrogées déclarent être dérangées par ceux qui sont différents, a relevé la présidente de la CFR. A l’époque des initiatives xénophobes des années 1970 – les fameuses initiatives Schwarzenbach – qui vont exacerber les tensions face aux étrangers – c’étaient les travailleurs italiens qui étaient visés. “Il y avait déjà des discours de haine, des gens engagés contre ces initiatives ont reçu des menaces de mort…”

Les musulmans dans le collimateur

Aujourd’hui, outre les gens du voyage, les Roms, les Yéniches, sans parler des personnes de couleurs, ce sont les musulmans qui sont dans le collimateur. Le rejet de l’islam est en forte augmentation. Selon un sondage paru fin août dans la presse alémanique, quelque 38% des Suisses disent se sentir menacés par les musulmans de Suisse. La peur de l’islam a plus que doublé au cours des treize dernières années.
“Le lien entre musulmans et terrorisme est omniprésent sur les réseaux sociaux, sur Facebook, les blogs des journaux”, déplore Martine Brunschwig Graf, membre du Parti libéral-radical, ancienne conseillère nationale et conseillère d’Etat genevoise, par ailleurs présidente de la Fondation pour l’enseignement du judaïsme à l’Université de Lausanne.

Montassar BenMrad, président de la Fédération d’organisations islamiques de Suisse (FOIS) ¦ © Jacques Berset

“C’est la Suisse qui accueille le mieux les musulmans”

Engagé depuis plus de deux décennies dans le travail associatif et dans le dialogue interreligieux – il a été cofondateur de la Maison du dialogue de l’Arzillier, à Lausanne en 1998, et du Groupe musulmans et chrétiens pour le dialogue et l’amitié en 2001- le Vaudois Montassar BenMrad est à la tête de près de 200 associations musulmanes dans les quatre régions linguistiques de la Suisse.
S’il admet que l’on vit une période de tension en ce qui concerne la présence musulmane, il affirme, en comparaison notamment avec la France, que “c’est la Suisse qui accueille le mieux les musulmans, on favorise l’intégration…”

La situation s’est dégradée entre 2009 et 2017

Citant une étude de l’Université de Zurich sur des articles parus dans les médias, l’expert en informatique d’origine tunisienne, haut cadre dans une multinationale, affirme que la situation s’est beaucoup dégradée entre 2009 et 2017. “La plupart des articles montrent désormais de la distance par rapport aux musulmans, et ceux qui marquent de l’empathie ont fortement diminué”, regrette le scientifique, qui a obtenu son doctorat à l’EPFL en 1994.
Et de déplorer, en citant l’UDC et le PDC, que des partis politiques utilisent la question de l’islam et des musulmans à des fins purement politiques. Il estime “dommageable” que le PDC marche désormais sur les plates-bandes de la formation nationaliste conservatrice. Gerhard Pfister, président du PDC, s’est en effet récemment déclaré dans la presse fermement opposé à une reconnaissance de l’islam. Le président de la FOIS souligne cependant que cette attitude négative envers l’islam se rencontre avant tout dans le PDC de Suisse alémanique.

Les mantras de l’UDC

Quant à l’UDC, lors de son assemblée des délégués du 28 octobre dernier à Frauenfeld (TG), elle a une nouvelle fois déclaré qu'”une reconnaissance de droit public de l’islam ou une formation étatisée d’imams est hors de question”, arguant que “nous devons vivre selon nos valeurs chrétiennes”.
Ainsi, peut-on lire pêle-mêle sur le site internet du premier parti de Suisse: “L’activité pastorale des imams dans les prisons et à l’armée doit cesser […] Les imams peuvent être remplacés par des psychologues de l’armée ou des prisons […] Jusqu’à nouvel avis, les activités des imams doivent être surveillées dans toute la Suisse […] La viande halal, la dissimulation du visage etc. ne doivent pas être tolérées dans les lieux publics comme les écoles, les prisons, les hôpitaux ou dans l’armée”.
Serge Gumy, rédacteur en chef de La Liberté, face à Martine Brunschwig Graf, présidente de la Commission fédérale contre le racisme (CFR) ¦ © Jacques Berset

Primauté de l’Etat de droit et de la législation commune

Se déclarant, comme tout citoyen suisse, ferme partisan de l’Etat de droit et du respect de la législation de son pays, Montassar BenMrad se dit que lui et la FOIS sont tout autant intéressés à traiter les risques de dérives islamiques. Il partage la position de Martine Brunschwig Graf, pour qui l’Etat de droit et la loi commune en Suisse priment en tous les cas sur les préceptes de la loi religieuse, ajoutant que “les gens qui sont ici peuvent exercer leur religion en toute liberté, pour autant qu’ils respectent les règles de l’Etat de droit”. La politicienne genevoise, née à Fribourg, a rappelé par ailleurs que, dans le passé, les Eglises chrétiennes ont aussi connu des dérives.
Le représentant musulman se déclare en faveur de la reconnaissance de sa communauté au niveau cantonal – il y a des démarches dans ce sens, notamment dans les cantons de Vaud et Neuchâtel -, considérant que le processus de reconnaissance forcera les communautés musulmanes à se structurer. “Elles devront faire des efforts pour se fédérer. Il y aura plus de transparence, les livres de comptes seront ouverts…”

Le Centre Suisse Islam et Société

S’il salue le travail fourni par le Centre Suisse Islam et Société (CSIS) de l’Université de Fribourg, il rappelle que cette formation universitaire n’est pas un enseignement théologique. Ce sont les communautés locales qui sont responsables d’engager un imam. Dans le cas de l’imam radicalisé de la mosquée An’Nur de Winterthur, “il y a eu un gros dérapage, l’imam n’était pas formé, il était incompétent”. Le président de la FOIS souligne qu’en principe les imams ont suivi une formation universitaire, “mais de toute façon, il doit y avoir un contrôle de qualité des imams”.
Le président de la FOIS concède que beaucoup trop d’entre eux sont autodidactes, sans diplôme, et certains alimentent leur prêche avec les réseaux sociaux, où l’on trouve d’innombrables fausses informations sur l’islam. “Quand les communautés ont la capacité financière de payer le salaire d’un imam, un professionnel formé, il y a davantage de filtres!”

Haro sur Blancho

Interrogé sur l’image négative de l’islam propagé par le Conseil central islamique suisse (CCIS), d’obédience salafiste, Montassar BenMrad estime que ce groupe ne compte que 42 membres actifs, avec, peut-être, tout au plus 2 à 3’000 sympathisants,  soit  moins de  1% des musulmans de Suisse. Tout comme sur l’autre bord Saïda Keller-Messalhi, fondatrice et présidente du Forum pour un islam progressiste, “ils ne représentent qu’eux-mêmes!” Par contre, le CCIS a fait “pas mal de dégâts” à l’image des musulmans de Suisse, “mais on fait en sorte qu’ils n’aient aucun accès à nos mosquées”. De toute façon, lance-t-il en guise de conclusion: “Depuis qu’ils ont des problèmes avec le Ministère public de la Confédération, ils se sont calmés…” Quant à lui, il veut faire entendre “la voix du milieu, celle de la modération”. (cath.ch/be)

Martine Brunschwig Graf visée par Vigilance Islam

Peu avant le début des débats, la police s’est brièvement montrée aux Halles. La raison: les menaces – “proches de menaces de mort” – reçues par Martine Brunschwig Graf dans le cadre du colloque à l’Université de Fribourg “Hostilité envers les musulmans: société, médias, politique”, le 11 septembre 2017. Ce débat scientifique était organisé par la CFR, en partenariat avec le Centre Suisse Islam et Société de l’Université de Fribourg (CSIS) et le Centre de recherche sur les religions de l’Université de Lucerne (ZRF). La présidente de la CFR avait été prise pour cible par un membre de l’association genevoise Vigilance Islam et a porté plainte.

Le Groupe interreligieux et interculturel de la Gruyère

Pour le Groupe interreligieux et interculturel de la Gruyère (GIIG), la simple coexistence entre les diverses communautés vivant en Suisse n’est pas suffisante. “Dans un monde globalisé, avec le brassage grandissant de la population et des cultures différentes, écrit-elle, la nécessité de vivre ensemble est devenue vitale. Le monde a besoin d’unité dans l’action des croyants: les valeurs universelles communes aux différentes croyances ont le pouvoir de nourrir une société qui se laïcise et s’individualise de plus en plus. Les croyants ont une responsabilité spirituelle, morale et citoyenne d’ouverture vers l’autre: ils doivent témoigner ensemble, sans condition ni angélisme, de l’unité intrinsèque de la famille humaine, en dignité et en droit. Par le dialogue et les comportements, nous pouvons contribuer à la paix. Nos différences sont source d’enrichissement pour œuvrer ensemble!” JB