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samedi 24 août 2019

Faouzi Mellah ecrivain tunisien installé en suisse

Par Mhamed Hassine Fantar le 17 mars 2014.

Histoire et littérature francophone de Tunisie: Avec Faouzi Mellah et la Reine vagabonde

HISTOIRE - Nous sommes toujours en compagnie de Fawzi Mellah qui nous raconte l'aventure d'Elyssa, la reine vagabonde. Le premier panneau se termine par une escale à Chypre qui constitue l'objet du second panneau de notre triptique. Nous voilà dans l'île de Chypre pour nous réjouir de ses merveilles et nous laisser aller au rêve.


Nous sommes toujours en compagnie de Fawzi Mellah qui nous raconte l'aventure d'Elyssa, la reine vagabonde.
Le premier panneau se termine par une escale à Chypre qui constitue l'objet du second panneau de notre triptique. Nous voilà dans l'île de Chypre pour nous réjouir de ses merveilles et nous laisser aller au rêve. Pour une princesse phénicienne, l'île de Chypre n'est point une contrée inconnue. Les marins de Tyr et des autres cités cananéennes la connaissaient depuis toujours. Ils y avaient établi une fondation, Kition, bien connue par les auteurs des écrits bibliques et les archéologues qui ont dégagé les vestiges.
Aux navigateurs phéniciens, Kition servaient d'escale, de refuge, de pied-à-terre et de comptoir pour le commerce des métaux, notamment le cuivre dont leurs métallurgistes faisaient du bronze. L'expédition d'Elissa ne manqua pas de s'enrichir. Elle se dota de femmes nécessaires à la multiplication et à l'équilibre du groupe.
Cet épisode, tel que décrit par le mythe, est incontestablement retouché: Dans le palimpseste, des vierges, qui se trouvaient au bord de la mer, furent enlevées par les compagnons d'Elissa. Fawzi Mellah a préféré y voir un don offert par les Chypriotes pour garantir la pérennité des migrants. En outre, il y a, une omission. La lettre conçue par l'auteur d'Elissa, la princesse vagabonde, passe sous silence l'apparition du grand prêtre de Chypre qui, dans le récit originel, se montra généreux à l'égard de la reine fugitive: d'après Justin, il vint accueillir la reine vagabonde. Pourquoi cette omission?
Au lieu de se perdre dans les méandres des explications gratuites, laissons les compagnons de la Princesse Vagabonde reprendre la mer en direction du couchant, vers les côtes d'Afrique, où, jadis, les Phéniciens installèrent un comptoir auprès de la population autochtone: c'était Utique dont le nom reste une énigme. Et le troisième tableau du triptique de se déployer pour nous introduire dans de nouveaux paysages naturels et ethnoculturels. On peut titrer ce panneau: Elissa au pays du roi Hiarbas. Au cours de cette longue traversée, on fit escale à Sabrata et à Hadrumète avant d'atteindre la Colline Parfumée, où la reine décida d'élire pied-à terre. La population accourut sous la houlette du roi Hiarbas, non point hostile mais inquiète et interrogatrice. Sur la scène se déroulent des palabres chargées de convoitises, de passions, de ruses, qui aboutissent à la naissance de la ville Neuve, Qart Hadasht, sur un terrain, qui livre aux fondateurs d'abord une tête de taureau et puis une tête de cheval, deux signes, dont il fallait pouvoir faire le décryptage. Le tableau se termine par le feu, qui offre à la reine la possibilité de poursuivre sa chaste fuite et de rejoindre, sans doute, l'âme de son mari, Acherbas. La vie de Carthage en dépendait; elle accepta de se donner la mort.
Voilà donc le récit de la fondation de Carthage, remodelé et instrumentalisé par Fawzi Mellah. Comment faut-il justifier les modifications introduites sur les versions les plus courantes, notamment celles de Timée de Taormine, qui vivait au IIe siècle avant J.C., et de Trogue-Pompée, un historien gaulois, contemporain d'Auguste, dont le récit fut adopté et transmis par Justin, entre le IIe et le troisième siècle de l'ère chrétienne.
Ces modifications touchent certains faits et leur interprétation comme par exemple l'affaire des vierges Chypriotes. La tradition classique parle de leur rapt, alors qu'elles vaquaient à l'accomplissement de leur devoir de jeunes filles envers la déesse Ashtart, dont le culte relevait de la prostitution sacrée: c'était une pratique religieuse bien établie en Mésopotamie et en Méditerranée. Des textes en parlent et des faits archéologiques en témoignent. Fawzi Mellah semble avoir estimé plus simple de justifier leur présence au sein du groupe par le don. Ainsi, il évita les méandres de la prostitution sacrée. Il fallait du temps et de la patience pour instruire ce dossier. Gustave Flaubert l'aurait sûrement fait; féru d'érudition, il n'aurait pas hésité de s'y investir. Parmi les modifications relevées, on relève l'absence du prêtre du temple de Junon à Chypre. Dans les deux plus grandes traditions, il est dit que la reine fut bien accueillie par le prêtre de Junon, lequel accepta de l'accompagner à condition que la magistrature sacerdotale lui fût reconnue et resta l'apanage de sa descendance. Pourquoi Fawzi Mellah a préféré écarter ces données pourtant admises par les principales versions disponibles du mythe, sachant que le fait religieux ne saurait être absent quand il s'agit d'une communauté humaine?
En revanche, il a jugé nécessaire d'inventer deux épisodes étrangers au récit de base : il s'agit des deux escales que nous avons déjà évoquées: l'une à Sabrata et l'autre à Hadrumète. Je ne veux pas croire qu'il s'agirait d'un acte gratuit. Mais il me serait difficile de trouver une justification convaincante si non celle qui offrirait à l'auteur l'opportunité de nous faire le portrait de chacune de ces deux villes telles qu'ils se les représentait et de dire ce qu'il voulait nous dire. Sabrata serait d'origine libyque. Elle représente l'altérité, un peuple différent, dont l'auteur fait un portrait laudatif. Fawzi Mellah se montre berbérophile. C'est la découverte d'un monde nouveau. Le maître d'œuvre et de l'ouvrage donne libre cours à son imagination : il crée un univers, qu'il anime en se référant à son propre cru, voire à ses fantasmes, tant pour le profane que pour le sacré. Mais là aussi, il tord le cou à l'histoire en faisant de Magon un Libyen de Sabrata au grand dam de Carthage et de l'histoire.
Quant à Hadrumetum, la rencontre ne semble pas avoir été heureuse. A tort, Fawzi Mellah la reconnaît antérieure à Carthage sur les côtes libyques. Il la présente comme l'incarnation de la laideur. Des erreurs sont commises tant pour les faits que pour leur interprétation, sans que l'on puisse savoir si elles sont volontaires ou inconscientes. Pourquoi un portrait si réducteur, voire répulsif ? Serait-ce pour le contraste? La beauté de Sabrata ferait ainsi le pendant à la laideur d'Hadrumète. Peut-être faudra-t-il fouiller dans les rapports de Fawzi Mellah avec Sousse, la perle du Sahel.
Mais là aussi, c'est à l'auteur de rendre compte ou de justifier ses assertions. Les Hadrumétins se montrent méprisants à l'égard des immigrés, "Gens venus de l'horizon": Aurions-nous déjà la semence de ce chauvinisme que l'on attribue aux Soussiens?
L'auteur rappelle une vieille expression que les Tunisois utilisaient naguère pour désigner, non sans orgueil, ceux qui venaient de la Tunisie profonde le terme d'afaqioun c'est-à-dire ceux des horizons lointains qui sont sensés être "gens grossiers et barbares". Pour le Soussien désignaient ceux qui n'étaient de Sousse par le terme péjoratif Zran, dont j'ignore l'étymologie.

mardi 19 juin 2018

Riadh Sidaoui, politologue tunisien et suisse, directeur du centre arabe de recherches et d'analyses politiques à Genève

« Les choix économiques actuels sont contre-révolutionnaires »

 

Fin observateur du paysage politique tunisien, plume acerbe à l’égard des monarchies des pétrodollars, Riadh Sidaoui, politologue, spécialiste du Monde arabe et notamment de l’Algérie et des mouvements islamistes ne se contente pas d’analyser la crise politique en Tunisie en rejetant la faute sur la scène politique.Il affirme, qu’au-delà du blocage politique, se cache une classe marginalisée, défavorisée, qui a constitué « le noyau dur de la révolution tunisienne » et qui est capable d’exploser et de provoquer une nouvelle révolution dont le seul slogan serait : travail, rien que du travail. Synthèse.

La Tunisie n’est pas uniquement l’affaire des Tunisiens

Analysant le contexte géopolitique de la Tunisie et les points de vue de nos voisins sur la situation actuelle dans le pays, il nous dit que ce qui se passe en Tunisie n’est pas seulement l’affaire des Tunisiens. « Plusieurs partenaires étrangers agissent afin de mettre fin à la crise », nous confie-t-il; avant de préciser : « L’Algérie, cette grande sœur de la Tunisie, et à sa tête le président Bouteflika, a reçu Rached Ghannouchi et Béji Caïd Essebsi à maintes reprises afin de favoriser l’entente et le consensus. C’est dans le cadre du contexte géopolitique que l’Algérie suit ce qui se passe chez nous, mais elle a d’autres soucis : ses frontières avec la Libye, qui est complètement instable, le Mali, le Polisario et aujourd’hui le Maroc ».

Evoquant le rôle des Etats-Unis, M. Riadh Sidaoui nous précise : « C’est un autre acteur, invisible pour le peuple tunisien. Ce pays pousse la Tunisie vers le modèle politique américain, c’est-à-dire une démocratie fondée sur deux grands partis politiques et qui ne discutent pas l’économie du marché : un parti républicain conservateur (Mouvement Ennahdha) et l’autre démocrate libéral (Nidaa Tounes). Les États-Unis n’optent pas pour le Front populaire à cause de son choix économique ».
La crise reste tunisienne et le pays reste dans l’impasse. « Il est très difficile de faire admettre aux médias internationaux que la Tunisie n’organisent pas les élections, deux ans après sa révolution », affirme-t-il.

Une crise économique renforcée par des choix politiques erronés

Selon lui, la Tunisie n’est pas soutenue par les Etats riches. L’Algérie, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis ne regardent pas d’un bon œil l’idéologie du mouvement Ennahdha. Quant à l’Union européenne, s’agissant du dossier tunisien, elle est guidée par la France.

Le Qatar lui « n’a malheureusement pas investi sérieusement en Tunisie et cela est dû à l’impopularité de la troïka et au fait que le mouvement Ennahdha soit membre des Frères musulmans. Bien entendu, l’Arabie saoudite ne veut pas de cet organisme ni de ses appendices », avance-t-il; avant d’ajouter : « Ce refus, on le perçoit à travers certains articles parus dans la presse saoudienne qui parle de « diplomatie de la mendicité ».

Le spécialiste s’attaque aussi aux choix économiques de la troïka : « Les choix économiques tunisiens sont erronés. Ils sont contre-révolutionnaires car il s’agit de choix ultralibéraux », avant de rappeler : « le noyau dur de la Tunisie s’est révolté à cause du chômage et de la précarité. Les jeunes des régions défavorisées espéraient un Etat social, voire un Etat-providence, un secteur public fort, un Etat capable de répondre aux aspirations des jeunes ».

Rupture totale entre l’élite politique et les citoyens tunisiens

Sur ce point, M. Sidaoui n’épargne pas l’élite politique et la considère comme « aveugle » avant de souligner que celle-ci ignore la crise économique et sociale. Selon lui, les politiciens ne voient que l’aspect politique de la crise, c’est-à-dire le pouvoir, tout en ignorant les attentes des régions défavorisées, celles qui ont déclenché la révolution.

D’ailleurs, il rappelle que, selon des statistiques officielles, 95% des blessés et des martyrs de la révolution sont soit des chômeurs, soit des ouvriers. « Pourquoi pas une nouvelle révolution sociale en Tunisie, dont l’unique slogan serait le travail », s’interroge-t-il. « Nous avons peur, dit-il, que ces gens marginalisés attaquent les administrations, les symboles de la souveraineté. Si cette révolution a lieu, elle surprendra l’élite politique qui doit comprendre que la crise est multiple : économique, sociale et sécuritaire ».

Pour cette raison, il demande aux partis politiques de penser à proposer un contrat social pour unir tous les citoyens, un Etat où tous les citoyens vivraient dignement. Cet Etat serait financé par les impôts qui seraient prélevés proportionnellement aux gains, dans le cadre de l’équité fiscale. « Si on n’instaure pas l’Etat-providence en Tunisie, nous ne connaitrons pas la paix », indique-t-il.

Que d’ambigüité politique !!!

Au niveau politique, le politologue regrette qu’il n’y ait pas de clarification au sujet de la séparation des pouvoirs. « Nos citoyens n’ont pas exercé la démocratie locale puisque c’est la capitale qui nomme les gouverneurs, les délégués et les maires.

Mais revenant sur le sujet du calendrier électoral, M. Riadh Sidaoui rappelle que depuis les élections du 23 octobre 2011, celui-ci n’a jamais été respecté. « Au départ, la date du 23 octobre 2012 était proposée, puis ce fut janvier 2013. On se rappelle aussi que le Premier ministre avait parlé de la fin de l’année 2013 et, cerise sur le gâteau, le président de la République Moncef Marzouki annonce, lors d’une interview accordée récemment à un quotidien jordanien, que les élections pourraient se tenir dans six mois ».

Et d’ajouter : « Tous ces reports font que les Tunisiens perdent confiance dans le calendrier électoral qui, faut-t-il encore le rappeler, est sacré dans d’autre pays. « Nous sommes l’unique démocratie au monde où les citoyens ne savent pas quand les élections se tiendront », signale-t-il.

Comment aboutir au consensus ?

Le seul moyen pour mener la barque à bon port est le consensus. D’ailleurs, il propose de tirer la leçon de l’expérience suisse qui, en 1959, a opté pour un gouvernement de coalition entre les différents partis (gauche et droite) durable, afin d’éviter la déchirure politique. Autrement dit, gauche et droite gouvernent ensemble depuis des décennies.

Publié le 10 décembre 2013, par l'Economiste Maghrébin

mercredi 19 avril 2017

Madame Djemââ CHRAITI : Une femme, une histoire




Djemââ Chraiti est née en Tunisie il y a 51 ans, d’une mère suisse et d’un père tunisien. Elle 3 ans lorsque son père, syndicaliste et héros de la révolution, est condamné à mort : il disparaîtra dans les geôles de Bourguiba et on ne retrouvera jamais son corps. Sa grand-mère, valaisanne, prendra soin d’elle en Tunisie jusqu’à ce que Djemââ rejoigne la Suisse à l’âge de 10 ans. Elle y passera son bac avant de poursuivre des études de lettres et de journalisme à Fribourg, d’arabe au Caire, de droit à Genève ou encore de sciences de la communication. Excusez du peu

Madame Djemââ CHRAITI : Une femme, une histoire
Cérémonie pleine d’émotion vendredi 1er avril à l’université de Genève à l’occasion de la remise des prix de « Femme engagée, femme exilée ». Un auditoire en majorité féminin a plébiscité les lauréates au nombre de neuf si on leur rajoute le prix d’honneur à Madame Ruth Dreifuss et celui attribué à Madame Simone CHAPUIS-BISCHOP
J’entame une série de portraits consacrée aux neuf femmes de valeur qui ont reçu les honneurs de la Ville de Genève le 1 vendredi 2011.
Le destin de ces femmes courageuses ne laisse personne indifférent. Suivez le guide.
Prochain portrait : Madame Gladys Ambort
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Présentation de Madame Djemââ CHRAITI
Prix « Femme exilée, femme engagée »1 avril 2011
par Marguerite Contat Hickel, coprésidente de l’Assemblée constituante
Je dirai que si présenter Djemââ Chraiti relève du défi, le faire en 5 minutes relève de l’inconscience…
Le parcours de Djemââ doit sans doute à ses origines bédouines : il est sinueux, imprévisible, voire irréductible.

Djemââ Chraiti est née en Tunisie il y a 51 ans, d’une mère suisse et d’un père tunisien. Elle 3 ans lorsque son père, syndicaliste et héros de la révolution, est condamné à mort : il disparaîtra dans les geôles de Bourguiba et on ne retrouvera jamais son corps. Sa grand-mère, valaisanne, prendra soin d’elle en Tunisie jusqu’à ce que Djemââ rejoigne la Suisse à l’âge de 10 ans. Elle y passera son bac avant de poursuivre des études de lettres et de journalisme à Fribourg, d’arabe au Caire, de droit à Genève ou encore de sciences de la communication. Excusez du peu….

Sur le plan professionnel, le parcours de Djemââ est tout aussi singulier : responsable d’un camp de Tziganes dans la banlieue de Rome, elle y exercera ses talents de médiatrice pour construire des ponts entre cette communauté d’exilés de Bosnie-Herzégovine et les autorités italiennes et favoriser l’intégration scolaire des enfants. A Genève, elle poursuit son parcours à Amnesty International puis dans l’administration cantonale où elle est responsable depuis 1998 de programmes de prospection auprès d’entreprises , destinés aux jeunes et adultes.

Voilà pour la biographie de notre lauréate. Mais ce curriculum n’est que le pâle reflet de Djemââ Chraiti. On y perçoit certes les fractures de son existence et du déracinement, on y devine sa passion du savoir et son esprit d’engagement, son intérêt pour l’humain et l’ailleurs. Mais on ne sait rien de ses combats, de ses armes et des objets de sa vindicte.

Car Djemââ est une inlassable lutteuse. Depuis l’enfance et la mort brutale de son père, elle se bat. D’abord pour définir son territoire, puis pour défendre les « sans-voix », exilés, sans papiers ou clandestins. Elle leur dédie une arme redoutable, sa plume ! Car Djemââ écrit et écrit bien. Bloggeuse voyageuse, elle sait distinguer le détail qui donne la cohérence à l’ensemble. Le trait juste et bien tourné, et l’impertinence qu’elle revendique, caractérisent son écriture. A travers ses 3 blogs, « Pâquis, j’adôôôre « « Regards croisés »et « Bienvenue chez les RRoms », elle traque les injustices, les faux semblants, informe et mobilise. Ses chroniques, toujours vivantes et colorées, se focalisent sur ce que l’on a coutume d’appeler les « faits divers ». Sous son regard, les habitants d’un quartier populaire deviennent exceptionnels et les Roms et clandestins reconquièrent leur statut d’humain.

« L’écriture me permet de ressentir le monde et de le relayer…L’impertinence, voire la transgression sont une affirmation de la liberté » me dit-elle, lors de notre discussion dans un bistrot des Pâquis. Elle en témoigne dans 2 livres qu’elle a écrits récemment : « Sarajevo, le poisson rouge » (Ed. Publibook 2010) et « Les clandestins de ma grand-mère » (Ed. Publibook 2009), ouvrage dans lequel Djemââ Chraiti, mêlant les destins et la rencontre, improbables, de clandestins colombiens et de la grand-mère valaisanne, démontre l’apport indispensable des premiers au bien-être social et culturel de notre société vieillissante.

Porte-voix des sans voix, femme engagée et toujours en mouvement, écrivaine de talent, Djemââ Chraiti est tout ceci et le prix qui lui est décerné aujourd’hui est une expression de reconnaissance de son parcours.

Mais Djemââ Chraiti est aussi le symbole d’une époque, celle des technologies qui ont contribué à la révolution tunisienne qu’elle a soutenue, celle de la mobilité et des identités multiples qui participent à la fois de la mémoire vive et de la continuité historique, celle finalement du nomadisme et de la citoyenneté assumés.

Je vous remercie


écrit le 12 avril 2011 par Maison populaire de Genève

mercredi 22 mars 2017

Rafik Ben Salah




Biographie :


Né à Moknine (Tunisie) le 31 mars 1948, Rafik Ben Salah fait ses études primaires et secondaires en Tunisie. A vingt ans il découvre Paris et y poursuit ses études. Après avoir obtenu une licence ès en lettres à la Sorbonne et un diplôme de journaliste, il décide de s'installer en Suisse. Il trouve du travail dans l'enseignement, dans la région lausannoise tout d'abord, puis à Paudex et Moudon où il enseigne encore actuellement le français et l'histoire.

Selon Jean-Louis Kuffer, Rafik Ben Salah est un conteur captivant, doublé d'un observateur implacable. On l'imaginerait volontiers assis en tailleur au milieu d'un cercle d'auditeurs, dans quelque médina arabe, mais ce qu'il dit exhale le soufre de la critique; et les siens ont souvent mal pris ce qu'il racontait aux "roumis". (...) Toutes ces histoires sont marquées du sceau cruel de l'authenticité." En 2005, paraît aux Editions L'Age d'Homme, La mort du Sid.

Rafik Ben Salah reçoit le Prix Génération 2001 pour la meilleure oeuvre franco-maghrébine pour Retour d'exil, Prix du Meilleur ouvrage franco-maghrébin (1987), le Prix Schiller en 1992 pour Lettres scellées au président, le Prix Lipp à Genève en 1999 pour son recueil de nouvelles Le harem en péril ainsi que le Premier Prix des Ecrivains vaudois 2004 décerné par l'Association vaudoise des écrivains.

Membre de plusieurs associations, Ecrivaines et écrivains suisses du Groupe d'Olten, Pro Litteris et l'Association vaudoise des écrivains, Rafik Ben Salah enseigne et vit à Moudon.

SOURCES: Anne-Lise Delacrétaz, Maggetti, Daniel, Ecrivaines et écrivains d'aujourd'hui, p. 21; Elisabeth Vust, 24 Heures 2005/12/27 p. 13 avec une photographie de l'écrivain; 24 Heures 2011/05/07-08 p. 22 avec une photographie de l'écrivain AVE14 pro PLD14 chd2014/12 [BCU09/bcul- doc.vaudoise/bs/2014/09]

 Source



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Bibliographie :



  • Retour d'exil (roman), éd. Publisud, Paris, 1987
  • Lettres scellées au président (roman), éd. Rousseau, Genève, 1991
  • La Prophétie du chameau (roman), éd. Rousseau, Genève, 1993
  • La femme du cousin (nouvelle en allemand), éd. Limmat Verlag, Zurich, 1998
  • Le Harem en péril (nouvelles), éd. L'Âge d'Homme, Lausanne, 1999
  • L'Œil du frère, éd. L'Âge d'Homme, Lausanne, 2001
  • Récits de Tunisie, éd. L'Âge d'Homme, Lausanne, 2004
  • La Mort du Sid, éd. L'Âge d'Homme, Lausanne, 2005
  • La véritable histoire de Gayoum Ben Tell, éd. Xenia, Vevey, 2007
  • L'invasion des criquets de terre et autres nouvelles de la dérive ordinaire, éd. L'Âge d'Homme, Lausanne, 2009
  • Les caves du minustaire, éd. L'Âge d'Homme, Lausanne, 2011


  • Récompenses :


  • 1987 : Prix de la meilleure œuvre franco-maghrébine pour Retour d'exil
  • 1992 : Prix Schiller pour Lettres scellées au président
  • 1999 : Prix Lipp pour Le harem en péril
  • 2004 : Prix des écrivains vaudois
  • 2012 : Prix spécial du jury (Comar d'or) pour Les caves du minustaire




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