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mercredi 10 mai 2017

La voix de «l’islam du milieu»

Le Vaudois d’origine tunisienne Montassar BenMrad a repris il y a un an la présidence de la Fédération des organisations islamiques de Suisse. Une fonction que l’actualité rend parfois complexe...



Montassar BenMrad est un homme très occupé. Ces dernières semaines, les sollicitations médiatiques ont même atteint des sommets… Dernière affaire en date: deux élèves musulmans qui ont refusé de serrer la main de leur enseignante dans un établissement scolaire de Bâle-Campagne. «C’est regrettable qu’une affaire, isolée comme celle-ci, ne puisse être résolue au sein de l’école, estime le président de la Fédération des organisations islamiques de Suisse (FOIS).
De tels cas concernent le plus souvent des ados potentiellement en crise et ne sont aucunement représentatifs d’un problème d’intégration des musulmans de Suisse. D’autres sujets seraient tellement plus importants à traiter dans les médias!»

Quinze jours plus tôt, ce sont les attentats de Bruxelles, opérés au soi-disant nom d’Allah, qui mettaient l’homme d’affaires de 49 ans sur le devant de la scène. Comme c’était déjà le cas en novembre dernier lors des précédentes attaques à Paris, quelques mois seulement après son entrée en fonction. «Les musulmans de Suisse n’ont pas à entretenir de sentiment de culpabilité face à ces actes criminels, commis par des terroristes qui dénaturent complètement le message de l’islam, estime le manager d’une multinationale. Pourtant, il est de notre devoir, en tant qu’organisation musulmane, de condamner fermement ces crimes abjects, qu’ils soient perpétrés à Paris, Bruxelles ou Istanbul.»
Car chaque nouvelle attaque djihadiste est un coup dur pour les musulmans vivant en Occident. «Nous aussi sommes victimes de ces attentats, poursuit-il. D’abord parce que ces attaques visent une population non ciblée, comprenant également des victimes musulmanes potentielles.
Mais aussi parce qu’après chaque attentat les cas d’islamophobie ont malheureusement tendance à augmenter.»

Montassar BenMrad est né à Tunis. A l’âge de 4 ans, il déménage en Allemagne, où il est scolarisé dans une école française. Plus tard, il retourne en Tunisie pour suivre une formation d’ingénieur en informatique, qu’il complète par un master puis un doctorat à l’EPFL. A l’exception d’une parenthèse de quatre ans à Dubaï pour le compte de son employeur actuel, il n’a plus quitté la région lausannoise où il réside en compagnie de son épouse et de ses trois enfants.

Pas de dichotomie entre science et religion

Un scientifique à la base d’une organisation religieuse, n’est-ce pas contradictoire? «Pour les musulmans, il n’y a jamais eu de véritable dichotomie entre science et religion. La recherche de la science est même un devoir», dit celui dont le grand-père et l’arrière-grand-père étaient tous deux professeurs à l’Université religieuse Zitouna à Tunis.» En homme pragmatique, c’est par le dialogue qu’il espère apaiser les tensions entre les différentes confessions.

Si la communication est primordiale entre les religions, elle l’est aussi au sein même des communautés musulmanes, a rapidement remarqué Montassar BenMrad. En 2005, il cofonde alors l’ Union vaudoise des associations musulmanes (UVAM) et un an plus tard la FOIS. «La tâche est particulièrement ardue, reconnaît-il. Parce qu’en Suisse cohabitent des musulmans de multiples origines: Bosnie, Albanie, Kosovo, Turquie, Maghreb... Et puis, contrairement aux protestants et catholiques, nous ne recevons aucune subvention de l’Etat et devons trouver des solutions pour financer les multiples activités que nous entreprenons.» Sa fonction de président de la FOIS est d’ailleurs bénévole…
Autre embûche: les langues nationales helvétiques. Heureusement pour le Vaudois, il maîtrise le français, l’allemand, l’anglais et l’arabe.
Mon prédécesseur ne parlait pas français. Ce qui explique que les médias romands ont pris l’habitude de donner la parole à d’autres structures, notamment le Conseil central islamique suisse – réputé pour sa communication provocante – bien que représentant un très faible nombre de musulmans de Suisse.»
Le président de la FOIS, qui défend lui un «islam du milieu», compte bien changer la donne. Dans ce but, Pascal Gemperli, président de l’UVAM, a été désigné comme porte-parole pour la région romande.

La FOIS représente un peu plus de 160 associations islamiques disséminées à travers tout le pays. Comment donc prendre position, lorsqu’on parle au nom d’un ensemble de communautés aussi diverses? «Ce n’est pas toujours simple, mais nous poursuivons tous le même but: la cohabitation entre toutes les communautés religieuses de Suisse. Si l’islam pouvait paraître exotique il y a encore une vingtaine d’années, il fait aujourd’hui simplement partie de notre environnement», estime celui qui se définit comme un «citoyen helvétique de tradition musulmane».
La Suisse pourrait d’ailleurs servir de modèle à ses voisins, estime Montassar BenMrad. «Notre pays n’a pas de tradition dominante, avec une répartition variée des protestants, des catholiques et de la communauté juive selon les cantons.

Notre diversité religieuse, combinée à une forte capacité à intégrer localement des migrants d’origines diverses, nous a permis d’échapper à des phénomènes de ghettoïsation envers les musulmans, comme en connaît par exemple la France.
Il nous faut éviter la polarisation confessionnelle qui génère des réflexes de replis et renforcer encore le vivre ensemble.»

Texte: © Migros Magazine | Alexandre Willemin le 25 avril 2016



mercredi 22 mars 2017

Rafik Ben Salah




Biographie :


Né à Moknine (Tunisie) le 31 mars 1948, Rafik Ben Salah fait ses études primaires et secondaires en Tunisie. A vingt ans il découvre Paris et y poursuit ses études. Après avoir obtenu une licence ès en lettres à la Sorbonne et un diplôme de journaliste, il décide de s'installer en Suisse. Il trouve du travail dans l'enseignement, dans la région lausannoise tout d'abord, puis à Paudex et Moudon où il enseigne encore actuellement le français et l'histoire.

Selon Jean-Louis Kuffer, Rafik Ben Salah est un conteur captivant, doublé d'un observateur implacable. On l'imaginerait volontiers assis en tailleur au milieu d'un cercle d'auditeurs, dans quelque médina arabe, mais ce qu'il dit exhale le soufre de la critique; et les siens ont souvent mal pris ce qu'il racontait aux "roumis". (...) Toutes ces histoires sont marquées du sceau cruel de l'authenticité." En 2005, paraît aux Editions L'Age d'Homme, La mort du Sid.

Rafik Ben Salah reçoit le Prix Génération 2001 pour la meilleure oeuvre franco-maghrébine pour Retour d'exil, Prix du Meilleur ouvrage franco-maghrébin (1987), le Prix Schiller en 1992 pour Lettres scellées au président, le Prix Lipp à Genève en 1999 pour son recueil de nouvelles Le harem en péril ainsi que le Premier Prix des Ecrivains vaudois 2004 décerné par l'Association vaudoise des écrivains.

Membre de plusieurs associations, Ecrivaines et écrivains suisses du Groupe d'Olten, Pro Litteris et l'Association vaudoise des écrivains, Rafik Ben Salah enseigne et vit à Moudon.

SOURCES: Anne-Lise Delacrétaz, Maggetti, Daniel, Ecrivaines et écrivains d'aujourd'hui, p. 21; Elisabeth Vust, 24 Heures 2005/12/27 p. 13 avec une photographie de l'écrivain; 24 Heures 2011/05/07-08 p. 22 avec une photographie de l'écrivain AVE14 pro PLD14 chd2014/12 [BCU09/bcul- doc.vaudoise/bs/2014/09]

 Source



Crédit photo



Bibliographie :



  • Retour d'exil (roman), éd. Publisud, Paris, 1987
  • Lettres scellées au président (roman), éd. Rousseau, Genève, 1991
  • La Prophétie du chameau (roman), éd. Rousseau, Genève, 1993
  • La femme du cousin (nouvelle en allemand), éd. Limmat Verlag, Zurich, 1998
  • Le Harem en péril (nouvelles), éd. L'Âge d'Homme, Lausanne, 1999
  • L'Œil du frère, éd. L'Âge d'Homme, Lausanne, 2001
  • Récits de Tunisie, éd. L'Âge d'Homme, Lausanne, 2004
  • La Mort du Sid, éd. L'Âge d'Homme, Lausanne, 2005
  • La véritable histoire de Gayoum Ben Tell, éd. Xenia, Vevey, 2007
  • L'invasion des criquets de terre et autres nouvelles de la dérive ordinaire, éd. L'Âge d'Homme, Lausanne, 2009
  • Les caves du minustaire, éd. L'Âge d'Homme, Lausanne, 2011


  • Récompenses :


  • 1987 : Prix de la meilleure œuvre franco-maghrébine pour Retour d'exil
  • 1992 : Prix Schiller pour Lettres scellées au président
  • 1999 : Prix Lipp pour Le harem en péril
  • 2004 : Prix des écrivains vaudois
  • 2012 : Prix spécial du jury (Comar d'or) pour Les caves du minustaire




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