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mardi 29 mai 2018

Blanchi de viol avec cruauté et indemnisé

Tribunal criminel  

Le procès du Tunisien, jugé depuis lundi à Vevey pour maltraitance extrême sur son épouse ramenée du pays, s’est dégonflé.

Cent vingt jours de prison d’une main, et de l’autre une indemnité de 2000 francs pour le tort moral qu’il a subi dans cette affaire. Cent vingt jours de prison qu’il n’aura pas à purger car il en a déjà subi 121 en préventive, ce qui lui vaut au passage de recevoir 200 francs pour ce jour de trop.

Le procès du ressortissant tunisien à permis C jugé depuis lundi devant le tribunal criminel de Vevey, notamment pour viol avec cruauté et tentative d’interruption de grossesse punissable sur son épouse, s’est lamentablement dégonflé. L’homme niait tout en bloc. N’ont finalement pu être retenues que les menaces qualifiées proférées par ce chauffeur presque quinquagénaire envers sa compatriote affirmant avoir vécu l’enfer durant les quatre mois qu’a duré leur mariage en 2014.
«Un doute irréductible majeur interdit à la Cour de prendre pour vérité les déclarations de la plaignante»
«La cour a acquis la conviction qu’un doute irréductible majeur lui interdisait de prendre pour vérité les déclarations de la plaignante», résume le tribunal, qui a suivi en tout point le raisonnement de Me Gafner au côté du prévenu. Résidant désormais en Tunisie, l’épouse, plus jeune de treize ans que son mari, n’avait pu être entendue par la procureure avant que celle-ci ne renvoie l’affaire devant une cour criminelle tant en raison de la gravité des accusations que du passé pénal du prévenu. Celui-ci avait en effet été condamné en 2000 pour viol avec cruauté perpétré sous la menace d’un couteau. Pour la magistrate, il n’était pas exclu qu’il eût récidivé selon le même schéma.

Longuement interrogée au procès hors la présence de son mari, la plaignante a considérablement modéré des accusations qu’elle avait jusqu’alors formulées uniquement par écrit. Les juges ont balayé celle de viol sous la menace d’un couteau, observant que Madame s’était inspirée du jugement de 2000 dont elle avait eu connaissance avant de déposer sa plainte. Rien n’a permis non plus d’étayer la tentative d’interruption de grossesse, sinon que le mari ne désirait pas cet enfant.

Le tribunal n’a donc pas suivi la procureure Myriam Bourquin, qui avait requis quatre ans fermes, certes en abandonnant elle aussi le viol avec cruauté, mais en considérant que l’accusé était potentiellement dangereux. La magistrate avait par ailleurs demandé en vain son arrestation immédiate. Convaincue de la réalité de toutes les accusations, la partie civile demandait une indemnité de 10'000 francs pour tort moral. (24 heures)

07.03.2017 par Georges-Marie Becherraz

Source

 

samedi 26 mai 2018

Enquête sur une arnaque record à l'aide sociale

Justice Un couple prévenu d’escroquerie pour avoir indûment perçu plus de 600'000 francs en dix ans de micmac entre la Suisse et la Tunisie.

L’addition présentée par le Centre social régional de Vevey atteint des sommets. Depuis 2004, en onze ans, un couple et leur fils installés sur la Riviera auraient indûment perçu très exactement 608'675 fr. 90 en revenu d’insertion, prestations complémentaires AVS et subsides d’assurance-maladie. Il leur est reproché d’avoir dissimulé d’importants avoirs et ressources financières.

Le Centre social régional de Vevey réclame 608'676 francs aux prévenus.
Image: CHANTAL DERVEY

 

Monsieur menait sans l’avoir dit plusieurs activités commerciales entre la Suisse et la Tunisie. Notamment dans le secteur de la réparation de voitures, la gestion d’achats et de transferts de fonds ainsi que l’exportation de devises. Pour sa défense, Madame explique n’avoir pas eu connaissance des multiples comptes bancaires au nom de son époux en Tunisie, et que ce dernier la tenait très peu informée de ses occupations. Les deux ont été appréhendés en juil­let dernier, puis incarcérés pour prévenir tout risque de collusion, de transfert de biens en Tunisie ou de destruction d’éléments de preuves.

Affaire compliquée

L’enquête n’est pas terminée, mais le couple a pu récemment retrouver la liberté, dans l’attente de l’issue pénale de cette affaire qui s’annonce compliquée. Il s’agit par exemple de la nécessité de mettre en œuvre une procédure d’entraide judiciaire internationale. De l’ampleur du patrimoine dissimulé, de la manière dont cela a été fait et de la durée de l’arnaque dépend en effet la culpabilité des prévenus, donc la sanction.

Procureur au Ministère public central, l’instance actuellement en charge de toutes les affaires d’abus à l’aide sociale ou au chômage, Sébastien Fetter observe que ces gens se sont montrés plutôt collaborant. «Cela nous a permis de séquestrer environ 450'000 francs», indique le magistrat. Et de souligner tout de même que les montants réclamés ici dépassent de loin la moyenne des situations dénoncées à la justice, lesquelles vont généralement de 5000 fr. à quelques dizaines de milliers de francs.

Inculpés d’escroquerie

Prévenus d’escroquerie par métier, les intéressés risquent jusqu’à 10 ans de prison. De fait, même pour de gros montants, les peines infligées sont généralement d’un tout autre ordre de grandeur. En décembre dernier, un couple avait ainsi écopé à Yverdon de 12 mois avec sursis pour avoir touché sans droit 174'000 francs en cinq ans. Et il y a dix ans, en 2005, à Nyon, pour une addition identique, mais portant sur cinq ans, une femme s’en était tirée avec 18 mois, également avec sursis (24 heures)

Créé: 07.12.2015, 18h06 par Georges-Marie Bécherraz

 

mercredi 19 avril 2017

La Tunisie célèbre le voyage de Klee, Macke et Moilliet



PeintureTunis commémore le centenaire du voyage de Paul Klee et de ses deux amis August Macke et Louis Moilliet en Tunisie en avril 1914.

A partir de ce vendredi 28 novembre, une trentaine d’œuvres originales des trois peintres suisses et allemands seront présentées pour la première fois en Tunisie.
Le périple des trois compagnons s«est déroulé du 7 au 22 avril 1914 jusqu'au 19 pour Paul Klee entre Tunis et Kairouan (nord-est). Il a marqué l«art moderne, particulièrement l'aquarelle. Durant leur séjour, les artistes ont en effet créé de nombreux dessins et plus d'une soixantaine d«aquarelles. Et ce voyage a continué de les influencer par la suite.
L'atmosphère tunisienne et la lumière particulière du nord de l'Afrique ont offert de nombreuses sources d'inspiration pour développer une peinture au centre de laquelle a été placée la couleur, considérée de plus en plus comme un élément pictural autonome.

En photo, des oeuvres de Klee lors d'une exposition à New York. Image: ARCHIVES / PHOTO D'ILLUSTRATION/Keystone

Confrontation entre abstrait et figuratif

Les œuvres s'inscrivent dans les courants de l'orphisme et du cubisme. «On dénote aussi une confrontation entre l'abstrait et le figuratif typique de cette période», explique la commissaire de l'exposition, Anna Schafroth, historienne d«art suisse et spécialiste de ce voyage.
L'exposition, qui se tient jusqu'au 14 février au musée national du Bardo à Tunis. réunira cinq pièces du peintre allemand naturalisé suisse Paul Klee (1879-1940), vingt du Suisse Louis Moilliet (1880-1962) et sept de l'Allemand August Macke (1887-1914). Les visiteurs pourront aussi découvrir des photographies d«époque, des extraits du journal intime de Klee et un film retraçant le voyage.
Les œuvres proviennent du Centre Paul Klee à Berne, du musée Jenisch à Vevey (VD), de trois musées allemands et de collections privées. Des conférences, tables rondes et d«autres événements sont également prévus.

Un pont sur la Méditerranée

«Avec cette exposition historique, nous jetons un pont sur la Méditerranée», s'enthousiasme Anna Schafroth. Les Tunisiens connaissent surtout Paul Klee, selon elle, mais très peu ses deux compagnons de route. C'est pourtant grâce à Louis Moilliet, qui s'était déjà rendu en Tunisie avant 1914, que l'expédition a été concrétisée.
«Nous voulons en apprendre davantage aux Tunisiens sur cet épisode de l'histoire de l'art», souligne la curatrice. Il a été «très difficile» de réunir les œuvres dans la capitale, en raison notamment de leur fragilité, précise-t-elle.
L'exposition a été mise sur pied par le «Goethe Institut» allemand, le ministère de la Culture tunisien et les ambassades de Suisse et d'Allemagne. Elle diffère de celle qui a eu lieu à Berne au début de l«année sur le même thème. Une partie des œuvres qui seront visibles à Tunis ont aussi été présentées au Centre Paul Klee, mais une dizaine sont inédites. (ats/nxp)

Article paru le 27 novembre 2014 dans le TDG