Base de données presse et documentaires francophones sur toutes les relations entre la Tunisie et la Suisse.
Tous domaines confondus (politique, histoire, culture, sport, etc.)
Sous le thème “la valorisation des nuisances en ressources”,
les travaux de la 3ème édition des Dialogues stéphano-monastiriens ont
démarré, vendredi, à Monastir.
Participent à ces rencontres, une délégation composée de 33 personnes
dont des experts, des universitaires et des représentants de la mairie
de Saint-Etienne (France) ainsi que des experts de la Suisse, de la
Pologne et de Madagascar, a indiqué Habib Harzallah, président de
l’URICA de Monastir.
Ces dialogues seront l’opportunité pour approfondir le débat sur le
lancement en 2018 de la pépinière internationale d’entreprises qui
regroupe cinq villes partenaires dont Monastir (Tunisie), Saint-Etienne
(France), Tamatave (Madagascar), Katowice (Pologne) et Sierre (Suisse).
Cette pépinière œuvrera à l’encadrement, l’accompagnent et l’apport
d’expertise-entrepreneuriat sur des projets locaux et internationaux,
a-t-il ajouté.
Au programme de ces assises, organisées par l’Union régionale de
l’industrie et du commerce de Monastir en collaboration avec le
Technopole El Fejja et la Mairie de Saint-Etienne, des conférences et
des présentations d’expériences sur “la transformation des nuisances en
ressources”, “la gestion des déchets alimentaires et le recyclage des
gravats”, “la gestion des déchets textiles et le recyclage des
plastiques”.
L’accent sera mis sur les moyens d’accompagnement des jeunes
promoteurs, de création de projets mixtes et d’incitation à
l’investissement étranger dans ces domaines.
Sur l'un des murs de son salon, des mots et des idées. Ils traduisent
certaines de ses observations quotidiennes quand ce n'est pas, par
dérision, sa double appartenance. «Trop blanche pour être Africaine,
trop africaine pour être Suisse, trop blanche pour être exotique, trop
exotique pour être Suisse...» "J'ai la nationalité artiste", sourit, avec boutade, la suissesse d'origine tunisienne Fatma Charfi.
Un personnage : Abrouc
Assise,
dans son appartement à Berne, qui tient lieu d'atelier, elle contemple
une suite de bocaux blancs transparents en pilex, où sont gardés des
Abérics. Au singulier, le mot vient de l'arabe Abrouc et
signifie quelqu'un de débrouillard, d'arrogant prêt à s'agiter et
croire tout contrôler. Une créature à la fois archaïque et moderne à
caractère universel. Fatma décida d'en faire un témoin singulier du
monde des humains à un moment important de ses tournants. Elle en fit
l'élément emblématique de son travail. Avec joie, avec douleur, pour y
arriver, elle se servit de la capacité exceptionnelle d'Abrouc à se
métamorphoser, s'adapter, se tortiller, se plier, s'enrouler, se
dérouler, exécuter toutes sortes de danses, à se combiner avec les
éléments et les objets, à se mettre en scène, se faire image, se faire
film, apparaître, disparaître. Abrouc est transformé, manipulé à
l'infini, soumis aux techniques les plus variables mais immuables dans
la constance de son importance. Il est léger, fragile mais en même temps
résistant. Il est dramatique, drôle, inquiétant, ridicule, arrogant. Il
est souvent pris entre contrainte et liberté dans les différentes mises
en scène. Abrouc a reçu un grand impact international, à Dakar
principalement, à l'occasion de la Biennale des Arts 2000. Présenté
directement dans sa matérialité, pris en photo ou filmé, ce personnage
sert une idée concernant l'homme dans sa réalité. En effet, cette
démarche et ce processus créatifs personnels au niveau du concept, des
techniques, de l'esthétique soutiennent avec justesse étonnante les
préoccupations de l'artiste et sa longue et profonde réflexion sur
l'homme, la vie, la mort et la société contemporaine.
Après la formation, le fil des expositions
Unique
fille d'une famille de sept garçons, née en 1955 à Sfax (Tunisie) Fatma
Charfi a vite confirmé sa place dans un milieu masculin à la fois
conservateur et ouvert. Elle obtient l'aval de ses parents dans ses
préférences, pousse loin ses études et ne veut rien modifier à son choix
de devenir artiste quand bien même la profession ne nourrit pas
forcément son homme. "Je pouvais être professeur d'Université, mais
l'exercice de l'art m'attirait. Je voulais avoir la force de créer tout
en étant intègre avec moi-même. Prendre le risque de ne pas gagner
beaucoup d'argent. Professeur, je pouvais avoir plus, mais artiste,
j'avais carte blanche de me donner la liberté de création, d'aller
jusqu'au bout de mes objectifs". Après quatre ans d'études à
l'école des Beaux Arts de Tunis, elle passe, en 1977 un stage de dessin
animé en Pologne et de 1980 à 1985, un Doctorat de troisième cycle à
l'Institut d'Esthétique et des Sciences de l'Art de Paris Sorbonne.
Entre 1986 et 1991, elle suit un stage à l'école Supérieure d'Art Visuel
de Genève. Elle met son énergie et son temps dans l'exercice de l'art
avec, au bout, dès 1992, une série d'expositions dans les meilleurs
espaces artistiques du monde: à Angers, en différents lieux de Suisse,
d'Italie, de Tunis et dans quelques villes de France. Comme nul n'est
prophète en son pays, la consécration ne lui vient pas de Suisse, son
pays d'adoption, mais d'Alexandrie avec l'obtention, en novembre 1999,
du Prix du Jury de la Biennale internationale d'Art contemporain. En
2000, la chance lui sourit et des mains du président Abdoulaye Wade du
Sénégal, elle reçoit le Grand Prix Léopold Sédar Senghor de la Biennale
internationale d'art contemporain de Dakar. Des invitations affluent de
partout: Biennale internationale d'art contemporain de Suède (Event 5);
Exposition universelle de Hanovre 2000 avant de faire sensation à
l'exposition Tunis-Suisse intitulée "Un autre regard" présentant des
artistes contemporains au Musée d'art de Tunis. Depuis l'an 2001, Fatma
Charfi enchaîne des expositions: au Kunstkeller de Berne; aux Îles
Canaries; à Dakart 2002; au Stadtheater dans le cadre des journées
culturelles du Monde arabe et au Centre d'Art contemporain Santander en
Espagne. Son emploi de temps reste chargé. En 2003, Fatma Charfi était
présente aux expositions de groupe au Musée d'art contemporain à
St-Louis et au Colorado. En 2006, elle expose à la galerie d’El Marsa,
en Tunisie. Aussi : d'autres expositions en 2007 à Gulf Air Fair, Dubai ;
à Baltimore Museum, USA; au Kunsthalle Dominikanerkirche Osnabrück,
Allemagne, sans oublier une exposition de groupe , dans le cadre des
Collections du CHUV , Eté 07, Lausanne , Suisse.
Esprit pacifique et responsabilités familiales
Or
donc, le succès de Fatma Sharfi pose parfois certaines interrogations.
En effet, lorsqu'elle arrive en Europe, elle a foi en l'ouverture, aux
autres tendances, du milieu de l'art contemporain. Elle se rend vite
compte de sa naïveté. En Suisse, on lui dit, un jour, sans rire, que son
oeuvre est "remarquable" mais qu'elle ne fait pas partie des actualités
suisses. Rengaine ressassée s'agissant de tout travail non neutre dans
un pays qui s'en proclame. Cela ne l'empêche pas de laisser libre court à
son imagination et de fournir un travail reconnu sous d'autres sphères.
L'artiste construit son oeuvre, patiemment, jour par jour. Elle en
conçoit l'idée et en détermine la forme selon ses propres exigences. La
richesse de créativité y est d'une grande force et d'une évidente
modernité. Parmi son oeuvre, quelques éléments sur la nature et les
sciences présentés en 1997 à Lausanne dans l'exposition collective
«Botanique» au Musée Art-Science. «J'en ai profité pour visiter des laboratoires. J'ai d'ailleurs intitulé une des mes œuvres Virus express.»
Au dernier Dakart, elle surprenait le public avec une nouvelle
création. En effet, à Dakar, son travail a pris une tournure originale.
En se servant d'une médaille, elle conviait l'assistance à des moments
de communion collective. Il s'agissait d'ouvrir une petite boîte
contenant un point rouge enfermé dans du coton blanc. S'agissait-il
d'une graine? D'une fleur? Une petite boîte ouverte collectivement, avec
patience, par un président de la république ou un simple citoyen, donna
non seulement le temps d'en découvrir le contenu, mais également dénota
du nivellement égalisateur des humains dans la vie. Un symbole de paix
auquel il fallait penser. Dans ce monde où tout est pensé jusqu'aux
moindres détails, un grand défi se présente chaque jour à l'artiste:
comment concilier les matières, les objets, les techniques les plus
divers qui l'accompagnent et les réalités de vie quotidiennes? En dépit
de diverses pressions et contraintes sociales, familiales, spatiales,
temporaires et matérielles, elle arrive à trouver une solution à chaque
situation et à élargir son espace par la qualité de son travail. "Je
suis une femme, une maman à l'étranger. Ce qui crée un rapport fort à
la vie. Je me suis occupé beaucoup de l'éducation de mes deux enfants.
Je travaille d'une manière indépendante." En attendant ses
prochains rendez-vous artistiques, le travail de Fatma Charfi reste
révélateur du talent d'une femme du sud qui a su, par ses images, capter
les attentions du monde artistique du nord. On aurait pas du tout tort
de la comparer à une ethnologue sudiste au pays des Helvètes. Ses
productions sont dorénavant reconnues et ont trouvé leur place dans le
rayon universel des créations contemporaines, ce en dépit des blocages
rencontrés maintes fois sur son parcours. Loin des considérations
d'origine, le système de travail original qu'elle a créé, continue de
séduire dans les milieux de l'art. A l'instar du franc parler, de
l'esprit critique et la solidité qui font partie de sa façon d'être.
Figure montante de la nouvelle scène humoristique romande, comédien pour la Revue, le jeune Genevois mettra ses états d’âme à nu ce samedi à la Salle centrale Madeleine. Rencontre avec un gentil bad boy.
Par Cécile Denayrouse
Alexandre Kominek, figure montante de la nouvelle scène humoristique romande. Image: Maurane Di Matteo
Bio express
1989 Naissance à Genève, d’une mère polonaise et d’un père tunisien.
2009 Obtient sa maturité, après une scolarité chaotique et turbulente.
2011 Prend conscience qu’il n’est décidément pas fait pour les études universitaires.
2012 Recalé au Concours classe libre du Cours Florent à Paris. Tombe en dépression.
2013 Première scène.
2015 Gagnant du concours Jokenation. Participe au Montreux Comedy Festival. Intègre le collectif romand Carac Attack.
Quel est le point commun entre Charles Martel, Léonard de Vinci, Guillaume Apollinaire ou encore Jon Snow? Ils sont tous nés hors mariage. De bons vieux «bâtards», comme on dit quand on est malpoli ou qu’on a trop regardé Game of Thrones. Ni une ni deux, Alexandre Kominek veut entrer dans la ligue des illégitimes célèbres. En attendant de se faire un (grand) nom, le Genevois de 27 ans promène sa sincérité et ses accès de rage sur les scènes romandes et françaises avec, en guise de blanc-seing, le titre de son dernier spectacle, Bâtard sensible. Talentueux, polyvalent, pur produit de la nouvelle génération comique romande – au même titre que Thomas Wiesel, Charles Nouveau ou Marina Rollman – il est l’un des rares Suisses à parvenir à vivre des éclats de rire des autres. Avant son premier spectacle à Genève, rencontre avec un épicurien à la colère facile.
«Bâtard sensible»… Drôle de titre de spectacle…
Il y a plusieurs significations. Déjà, je suis effectivement un bâtard, né d’un père juif et d’une mère catholique, une identité qui m’a construit. Et puis il y a la définition contemporaine du mot «bâtard»: celui qui a la moquerie facile, dégaine des petites phrases méchantes ou fait des crasses. Mais, pour dire la vérité, je ne suis pas un vrai bâtard au second sens du terme, parce que je suis un incurable romantique. Bon, en même temps, on ne me croit jamais quand je dis ça, étant donné les horreurs salaces que je suis capable de balancer sur scène. Mais, promis, les filles ne sont pas les dernières à rire. Je parais sûr de moi comme ça au premier abord, je peux être fier comme un coq, mais je suis un vrai gentil, particulièrement avec la gent féminine. Ça me perdra.
Les stand-uppers ont souvent un personnage sur scène. Comment décrire le vôtre?
C’est une des choses les plus difficiles dans le stand-up: affirmer un personnage, avoir un véritable caractère face au public. Le truc ultime, c’est de pouvoir être le seul à faire une blague. Là, tu sais que tu as gagné. Du coup, on travaille en permanence là-dessus, moi comme les autres. Dans Bâtard sensible, le personnage que j’interprète est un peu hybride. Je peux m’adresser au public comme s’il s’agissait d’un parterre de potes, sourire aux visages qui me sourient, et puis, soudainement, me mettre à m’énerver sur un sujet, débiter mes phrases beaucoup plus vite, drainer une énergie différente, plus agressive. Un personnage assez schizophrène en fait. Mais toujours en blouson de cuir, c’est ma signature.
Faire du stand-up est à la mode, mais les places sont chères. C’est si facile que ça de se faire un nom dans ce milieu?
Tout le monde veut faire du stand-up en ce moment, c’est assez dingue. Les gens estiment que ça a l’air facile, pourtant c’est tout le contraire. Beaucoup de stand-uppers deviennent célèbres passé la trentaine, à cet âge où tu as acquis la légitimité de raconter quelque chose, quand tu as déjà un peu vécu. Sans compter que souvent, ce sont les cicatrices qui font rire dans l’humour. D’ailleurs, je dis souvent que je suis contre les migrants. Pour la raison mentionnée plus haut: s’ils viennent ici, ils vont être trop drôles et me voler mon travail. Et après, il y a le style. Je serais par exemple incapable de faire ce que fait Thomas Wiesel, l’humour politique, ce n’est pas mon truc. Je n’ai pas non plus la même énergie sur scène que Charles Nouveau, qui est plus posé, plus calme, avec des textes plus écrits…
Non seulement la scène humoristique romande se porte bien, mais en plus elle semble particulièrement bien s’entendre. C’est une harmonie de façade?
Pas du tout, c’est vraiment génial. En Suisse, on a la chance de s’apprécier tous, on s’entraide, on fait parfois la fête ensemble, on est amis. A Paris, c’est différent. On a tous un peu envie d’y être parce que tu peux jouer tous les soirs si tu le souhaites, mais le climat n’est pas tout à fait le même. Cela dit, j’ai rencontré plein de mecs très bien aussi, comme Haroun, qui fait un carton en ce moment avec son humour très acide. Je suis particulièrement heureux de le voir grimper. En ce qui me concerne, je pense retourner à Paris en septembre.
Est-ce qu’il t’arrive de donner des conseils aux aspirants stand-uppers qui te le demandent?
J’ai demandé conseil à ceux qui avaient plus d’expérience que moi et ils m’ont aidé, donc si je peux conseiller quelqu’un, je ne le fais jamais! Non, avec plaisir, bien sûr. On vient assez spontanément me questionner sur les ficelles du métier, me demander des conseils. Et systématiquement, j’explique les erreurs par lesquelles je suis passé.
Lesquelles par exemple?
Au début, j’ai fait l’erreur classique, typique du débutant: j’écrivais un texte, je l’apprenais par cœur et je le jouais ensuite. J’ai compris avec l’expérience et les conseils avisés que c’est l’intention qui compte, plutôt que connaître ton texte sur le bout des lèvres; il vaut mieux savoir ce que tu veux dire.
Concrètement, cela consiste en quoi?
A mon sens, il faut un «bullet point», c’est-à-dire qu’il faut avoir en tête dès le début à quelle blague ou quelle idée tu veux arriver et visualiser le chemin à emprunter. Résultat: aujourd’hui, je m’adresse à des gens, je réagis en fonction de la salle et du public. L’autre chose primordiale que j’ai apprise, c’est qu’il ne faut pas mentir aux gens. Ce que tu livres sur scène est tellement personnel que le public sait immédiatement si tu fais semblant ou si tu es juste. Je pense qu’il faut s’inspirer de soi et du réel, ne pas prétendre être quelqu’un.
Quel est ton modèle dans ce milieu?
Sans hésitation, Bill Burr. C’est un comique américain qui a la particularité d’être très rigolo avec les gens et qui soudain va s’énerver et dire des choses supersombres, faire des blagues dérangeantes… Mais toujours pertinentes et drôles à la fois. J’adore ce mec.
Au vif du sujet
Un plat que vous ne mangerez jamais?
J’adore manger et j’adore bien manger, donc c’est difficile. Je crois qu’il y a des trucs vraiment horribles en Chine, à base de fœtus de je-ne-sais-quoi. Genre fœtus aux bolets. Ignoble. De toute façon, un nom de plat qui commence par fœtus, c’est déjà une mauvaise idée. Bref, jamais de fœtus.
Quelles sont vos mauvaises pensées?
Très clairement la luxure et la gourmandise. Je suis un hédoniste, c’est-à-dire que je sors beaucoup, je fais beaucoup la fête et j’aime beaucoup les filles. J’aime l’excès.
Quel est le trait de caractère que vos parents vous ont légué?
J’ai un gros défaut qui me vient d’eux. J’aime bien jouer les seigneurs, inviter la tablée quand je sors, jouer les grands princes, alors que je ne devrais pas.
Qu’est-ce qui vous endort le soir?
Les documentaires. Je connais les cinq premières minutes de tous les documentaires sur YouTube. Je sais par exemple grâce à ça que l’hippopotame est mon animal préféré: il prend des bains de boue, sait être à la fois agressif et protecteur, passe sa journée dans l’eau et a tout un tas d’oiseaux autour de lui à son service…
En vacances, vous êtes plutôt bisous, littérature ou rafting?
On peut en choisir plusieurs? Dans ce cas, je prends bisous et rafting. Ça va très bien ensemble.
Une personnalité avec laquelle vous ne partiriez jamais en vacances?
Eric Zemmour, évidemment, mais ça fait un peu
cliché, non? Qui voudrait partir en vacances avec Eric Zemmour? Disons plutôt n’importe quel employé d’Intrum Justitia ( ndlr: société de recouvrement ), même s’il est sympa. Je ne pourrais jamais partir en vacances avec quelqu’un de cette boîte. C.D.