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samedi 3 août 2019

«Je n’ai pas d'avenir là-bas, j'y serai en danger»

par Marine Guillain le 23 mars 2015 - Un délinquant né en Suisse doit être expulsé en Tunisie, pays qu'il ne connaît pas mais dont il a le passeport. Il lui reste une dernière chance pour obtenir le droit de rester.


Chaque jour, depuis le centre de détention administrative de Frambois (GE), Medhi voit passer les avions au-dessus de sa tête. Il sait qu'il peut se retrouver dans l'un d’eux n'importe quand, direction Tunis. «J'avais pris une fausse route, la prison m'a servi et je ne referai pas les mêmes erreurs», promet le jeune homme, les yeux brillants.
Medhi (à gauche) entouré de ses trois frères, au mois de février à Frambois. (Photo: dr)
Entre 17 et 22 ans, il a cumulé les délits dans le canton de Vaud, où il a grandi: vols, dommages à la propriété, bagarres, conduite sans permis. Medhi a passé plus de 3 ans en prison à cause de diverses condamnations. Au bénéfice d'un permis C, le multirécidiviste d'origine tunisienne, aujourd'hui âgé de 24 ans, a reçu un avis d'expulsion. Il dort à Frambois depuis fin décembre.
«Notre pays doit assumer ses responsabilités»
«Mais il n'a aucun lien avec la Tunisie, toute sa famille vit ici. Il avait commencé un apprentissage de peintre en bâtiment. Il est Suisse!» s'insurge sa mère, établie à Lausanne depuis 25 ans. Pour Medhi, qui connaît mal l'arabe, «aucun avenir n'est possible là-bas. Je serai en danger, ce pays n'est pas sûr, surtout ces temps.» Il a déposé un recours au Tribunal fédéral, mais il a été débouté.
Seul espoir désormais: ses avocats vont saisir la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg: «Notre client a commis plusieurs infractions, aucune d'elles particulièrement grave, soutiennent Me Bayenet et Me Peter. Il est né et a grandi en Suisse, notre pays doit donc assumer ses responsabilités à son égard et ne peut pas s'en décharger sur la Tunisie. Par ailleurs, c'est ici que se trouvent sa famille, sa compagne et tout son réseau social. Son renvoi vers la Tunisie, qui est pour lui une terre inconnue, viole ses droits fondamentaux.» La Cour, surchargée, ne traite que peu de demandes. Une réponse négative tomberait en quelques mois, une procédure positive prendrait plusieurs années. Medhi demande à être libéré dans l’attente du verdict.
Le cas de Medhi est «extrêmement rare»
Des personnes étrangères nées en Suisse ont déjà été expulsées, à la suite de décisions de révocation de permis C prises au motif de condamnations pénales pour infractions graves, indique le Département de la sécurité à Genève. Il souligne que «ces situations exceptionnelles sont très rares». Même son de cloche dans le canton de Vaud: «Si la personne est née en Suisse, il faut que le crime soit particulièrement grave ou l'accumulation de délits très forte, avec un risque de récidive élevé», explique Frédéric Rouyard, du Service de la population. Vaud décide du sort des étrangers condamnés au cas par cas, en fonction de la menace qu'ils représentent pour la société et du contexte: l'âge de l'arrivée en Suisse, la durée de séjour, la gravité des actes, les risques de récidive, le lien avec le pays d’origine.
Tour de vis validé la semaine dernière
Le Parlement a accepté lundi dernier la révision du Code pénal mettant en œuvre l'initiative de l’UDC sur le renvoi des criminels étrangers, votée en 2010. L’expulsion automatique pour 5 à 15 ans sera en principe réservée aux crimes passibles d'au moins 3 ans de prison. Le juge pourra exceptionnellement renoncer à une expulsion si cela met l'étranger dans une situation personnelle grave et que les intérêts publics à l'expulsion ne l'emportent pas sur les intérêts de l'intéressé à demeurer en Suisse. Il devra aussi tenir compte de la situation particulière d'une personne née et ayant grandi en Suisse.
Statu quo malgré les attaques terroristes
Les attentats qui ont causé la mort de 21 personnes, dont 20 touristes, la semaine dernière au Musée du Bardo, à Tunis, ne devraient pas avoir d'incidence sur la décision de renvoi de Medhi. Lors d'une demande d'asile, les autorités fédérales tiennent compte de la situation et du potentiel danger dans le pays d'origine. Mais lors de l'expulsion d'un criminel étranger, du ressort des autorités cantonales, «ce sont la situation et la dangerosité de la personne en Suisse qui sont appréciées, indique Frédéric Rouyard. La licéité du renvoi et le risque personnellement encouru dans le pays de destination (par exemple le risque de condamnation à la peine de mort) sont également vérifiés». Le risque d'attentat ne pèse pas plus sur la personne concernée par le renvoi que sur l'ensemble des habitants ou voyageurs présents.

lundi 19 juin 2017

Suisse : Un Tunisien condamné à 6 ans de prison pour l’enlèvement de ses deux fils





Un père tunisien a été condamné à 6 ans de prison pour enlèvement qualifié de mineurs. Le Tribunal fédéral (TF) a confirmé la première sentence qui date de septembre 2012.

Selon la Tribune de Genève, le Tunisien « n’a rien entrepris pour que ses deux fils reviennent en Suisse où vit leur mère ». Âgés actuellement de 13 et 11 ans, ils vivent en Tunisie depuis août 2010.
Lors de son procès, le Tunisien s’est défendu en indiquant que c’est son père (soit le grand-père des enfants) qui avait refusé leur retour en Suisse.

Selon la même source, les enfants ne parlent plus que l’arabe et n’ont vu leur mère qu’une seule fois durant 7 ans. D’ailleurs cette dernière ne peut pas venir en Tunisie pour les revoir, de peur qu’elle ne soit arrêtée.

mercredi 19 avril 2017

Un gendre du Tunisien Ben Ali condamné pour complicité de corruption

Le Ministère public de la Confédération confirme ce dimanche que Slim Chiboub a été condamné à 375 000 francs avec sursis pour complicité de corruption active en Libye




Un gendre de  Ben Ali, le seul membre de la famille de l'ancien dictateur tunisien à avoir accepté de se soumettre à la justice transitionnelle dans son pays, a été condamné pour complicité de corruption par le Ministère public de la Confédération (MPC). Il écope d'une peine pécuniaire de 375'000 francs avec sursis. Des fonds ont également été confisqués.
L'accusé devait être jugé début novembre devant le Tribunal pénal fédéral de Bellinzone. Celui-ci ayant retiré son recours contre l'ordonnance pénale, celle-ci est entrée en force, indique dimanche à l'ats le MPC, confirmant un article de la Zentralschweiz am Sonntag.
Concrètement, l'homme est reconnu coupable de complicité de corruption active d'agents publics étrangers. Il a été condamné à une peine pécuniaire de 150 jours-amende à 2500 francs, suspendue à une mise à l'épreuve de deux ans.
D'après les recherches de la Zentralschweiz am Sonntag, le gendre en question est Slim Chiboub, homme d'affaires et ancienne gloire sportive tunisienne.
Selon l'ordonnance pénale anonymisée, dont l'ats a obtenu une copie, il est intervenu en tant qu'intermédiaire dans une affaire de corruption en Libye impliquant le groupe d'ingénierie canadien SNC-Lavalin et un fils de Mouammar Kadhafi. En échange de son intervention, il a été rémunéré.
Au-delà de la procédure nationale, une procédure d'entraide avec la Tunisie est en cours. Une somme de 425'000 francs a été confisquée au profit de la Confédération, indique l'ordonnance pénale du MPC. Le MPC est dans ce contexte en contact avec ses homologues tunisiens.

Autres affaires

Avant l'éclatement du Printemps arabe, «Monsieur Gendre», comme l'appelaient les Tunisiens, avait été visé par une autre enquête du Ministère public de la Confédération. Les investigations concernaient l'obtention de pots-de-vin versés par la société Alstom.
Tout comme son épouse, fille cadette de l'ex-président Ben Ali et de sa première femme, Slim Chiboub figure sur une liste du Conseil fédéral, qui institue des mesures à l'encontre des proches de l'ancien chef d'Etat. En tout, le Conseil fédéral a bloqué près de soixante millions de francs appartenant au cercle des personnes proches de Ben Ali.

Reconnaissance des crimes

En mai dernier, l'Instance Vérité et dignité, qui doit réhabiliter les victimes de la répression sous le régime de Ben Ali, avait fait état d'une demande officielle de Slim Chiboub. Rentré en 2014 au pays, il a fait de la prison.
C'est le seul membre de la famille de Ben Ali à avoir accepté de se soumettre à la justice transitionnelle.
La loi sur la justice transitionnelle prévoit un abandon des poursuites contre les personnes incriminées si elles reconnaissent leurs crimes, s'excusent et restituent les sommes indûment perçues dans les cas de corruption financière.

Article paru dans le Temps 20 novembre 2016


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