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samedi 19 janvier 2019

Un policier m’a dit : "Pour vous les Arabes, c’est fini la Suisse".

 28 octobre 2014 par Laure Siegel (Texte et Photos)

De Sfax à Strasbourg, l’odyssée d’un haraga tunisien

On les appelle les haragas, ceux qui "grillent" la mer. Z. est l’un d’entre eux : il a 38 ans, une mémoire des dates et des chiffres incroyable et une passion pour le sudoku. Ce Tunisien est arrivé en France au printemps 2011, quelques semaines après la révolution et le délitement du régime Ben Ali, et depuis vivote dans la capitale européenne. Cette chronique a été publiée initialement en novembre 2013 sur l'ancien site d'ARTE Journal et rien n'a vraiment changé en un an : Z. accepte toujours n'importe quel boulot, se fait réexpulser à l'occasion vers l’Italie et vit de café-clopes en rêvant de mariage et de voyage. De Sfax à Strasbourg en passant par Lampedusa, l’histoire d’un migrant qui pourrait être votre voisin. 



Je viens de Sfax, j’ai arrêté l’école à 17 ans parce que ça me faisait de la peine de voir mes parents trimer et je voulais les aider. Je détestais aller à l’internat aussi. J’étais seulement bon en histoire et en mathématiques, peut-être que j’aurais dû aller jusqu’au baccalauréat. Après, j’ai travaillé dix ans à l’université où j’étais responsable de la cafétéria des étudiants puis j’ai cumulé avec des courses de taxi pendant le Ramadan, les vacances, les week-ends. Les dernières années, je n’ai plus fait que chauffeur de taxi, ça payait mieux et j’aimais bien. 

Il y a quinze ans, j’ai commencé à faire des demandes de visas, mais ça ne marchait pas parce que je n’avais ni bon salaire, ni hébergement sûr, ni promesse d’embauche, … donc la France n’a aucun intérêt à m’accueillir. Un jour, un type dans un café m’a dit : "Tu me donnes 1 000 euros, je te fournis un faux visa". Je lui ai donné l’argent, mais il m’a carotté, je ne l’ai plus jamais revu. Normalement un visa ça coûte juste un timbre, autour de 45 dinars (20 euros) à l’époque. 

En 2001, j’ai pris un vol de Tunis pour Abidjan avec escale à Zurich. En Suisse, j’ai voulu partir pour prendre un train vers la France mais je n’ai pas réussi à sortir de la zone de transit. Un policier m’a dit : "Pour vous les Arabes, c’est fini la Suisse". C’était un mois après les attentats du 11 septembre. J’ai dû prendre le vol pour la Côte d’Ivoire où je suis resté dix jours puis je suis rentré chez moi. 

En juillet 2002, j’ai essayé d’obtenir un visa pour l’Allemagne, ça n’a pas marché non plus. J’ai commencé à m’intéresser aux bateaux même si sous Ben Ali, on risquait minimum deux ans de prison si on se faisait attraper en train de prendre la mer. Pour le passeur, la peine était encore bien plus lourde. Le président recevait de l’argent de la France pour arrêter les candidats à la migration. 
Début 2011, j’ai commencé à oublier cette idée de bateaux puis les manifestations ont éclaté. Elles ont commencé le 12 janvier à Sfax. C’était violent, je devais continuer à faire le taxi pendant les affrontements avec la police. Et puis la police a disparu, plus personne ne la commandait, il ne restait plus que les militaires le long des côtes. Dans un café, j’ai trouvé quelqu’un qui m’a dit "C’est 1000 dinars (450 euros) pour passer"



Fin mars, j’ai dit au revoir à ma mère, mon frère et ma sœur et je suis parti pour la plage de Djerba avec juste un peu d’eau et de lait. Je n’ai surtout pas emmené de papiers, pour ne pas risquer de les perdre et pour ne pas qu’on m’identifie à l’arrivée. Nous avions rendez-vous à 21h30, nous avons chacun donné l’argent au passeur qui l’a remis à son frère avant de monter avec nous. Nous étions 64, que des hommes, serrés comme des sardines, sur un petit bateau en bois de moins de 10 mètres. 
Quelques kilomètres après Djerba, un bateau de l’armée nous a arrêtés et les militaires nous ont ordonné de faire demi-tour. Ils nous ont aussi dit qu’il y allait avoir du vent une fois en pleine mer, et pour ça ils avaient raison, nous avons subi la houle plus tard. Mais nous ne voulions pas retourner sur la côte tunisienne, nous avons menacé de mettre le feu au bateau s’ils ne nous laissaient pas repartir. Nous avons commencé à balancer du gasoil au sol et ils nous ont dit "Ok, allez-y, faites ce que vous voulez".
Au milieu de la route, nous sommes tombés en panne à cause de la pompe à eau qui a lâché. L’eau a commencé à remplir le bateau, nous avons écopé avec les bidons de gasoil vides, et heureusement le passeur a réussi à réparer la pompe. Le voyage a duré 25 heures. On s’est raconté nos vies et nos rêves sur l’Europe.
Un bateau qui est parti en même temps que nous transportait 45 personnes. Il est aussi tombé en panne mais n’a pas réussi à repartir. Seuls trois gars ont été sauvés en s’accrochant à des bouts du bateau et ont été récupérés par le dernier bateau parti le même soir. Je les ai vus à Lampedusa, ce n’était pas beau à voir, ils avaient tout le corps, le visage troués parce qu’ils s’étaient fait bouffer par les petits poissons. Nous avons perdu beaucoup de gens dans la mer, c’est une catastrophe. 



Nous sommes arrivés à Lampedusa à 22h45 le lendemain. A 100 mètres du rivage, les bateaux des pompiers nous ont cherché. La police a détruit notre embarcation. Les malades ont été pris en charge par les ambulances puis ils nous ont emmenés au centre de rétention. La Croix-Rouge s’est bien occupée de nous, nous a donné à manger, des vêtements, des cigarettes mais le centre était plein à craquer. Tous les lits étaient occupés, les gens dormaient par terre et même sur les flancs de la montagne autour du centre. En 2011, 25 000 Tunisiens sont passés par Lampedusa, c’est énorme. 
Au bout de huit jours, ils nous ont dispatché dans plusieurs centres de l’Italie. J’ai été placé à Foggia avec un des copains de Sfax avec qui j’étais parti, j’ai eu de la chance. Il est à Paris maintenant. C’est un vrai copain, je ferais tout pour lui. A Foggia, il n’y avait pas beaucoup de monde, nous n’étions que deux par chambre, c’était plus vivable. Ils nous ont donné un permis de séjour pour l’Italie valable six mois. 

La journée, nous avions le droit de nous balader en ville puis le soir nous devions rentrer. Au bout de trois jours, je ne suis pas revenu au centre, j’ai pris le train pour Milan puis pour Lyon. Mais la police frontière est montée dans le train, m’a contrôlé et m’a fait descendre à Modane, juste à la frontière. Deux autres sans-papiers se sont faits choper dans le train, un autre Tunisien et un Turc. La police ferroviaire a pris nos empreintes, une photo et nous ont donné un papier d’obligation de quitter le territoire français. J’ai demandé au policier où je devais aller, il m’a dit "En Italie ou en France, je m’en fous." Ils nous ont donné à manger et nous ont relâché dans la nuit. 



J’ai appelé un ami qui habite à Strasbourg, je lui ai décrit le village où je me trouvais, il a trouvé sur Google Maps et il m’a dit de l’attendre, qu’il partait tout de suite et serait là au petit matin. Je suis resté toute la nuit dans la montagne, loin de la route, sous la pluie et dans le froid. A 7 heures, mon ami est arrivé et m’a ramené en France. 

Je n’ai pas demandé de papiers en France parce que je suis sûr à 100% que je ne les aurais pas : je n’ai pas de fiche de paie, ni de promesse d’embauche fixe, ni de mariage en vue et je n’ai pas les moyens de me payer un avocat. J’ai quelques amis tunisiens et un docteur français qui m’aide. 
Je savais que ça allait être dur mais je ne pensais pas que la loi serait aussi difficile à comprendre. Comme on dit chez nous, c’est comme "un mariage impossible" ce problème de papiers. J’aime la liberté plus que tout et je n’y ai pas droit. Je ne peux pas me balader près de la gare, à Homme de fer (la station de tram centrale de Strasbourg) ou au marché de Noël, il y a trop de policiers. Ce qui me fait le plus mal c’est de ne pas être libre. Vous êtes des gens, vous vous baladez comme vous voulez en Tunisie et nous ici on est quoi ? On est des animaux. 

J’ai d’abord passé six mois à Paris. A Pantin, une journaliste d’Al-Arabiya nous a proposé de l’argent pour répondre à une interview filmée sur les chantiers illégaux. Nous avons refusé. Je vivais dans un squat, bossais avec un Turc dans un magasin qui fournissait du matériel de chantier aux entreprises. Puis je suis revenu à Strasbourg, où je travaille sur des chantiers de démolition dans des petites entreprises, au black. 

Depuis que je suis en France, je me suis fait arrêter six fois. Mais en mai, j’ai été envoyé au centre de rétention de la région. J’y suis resté cinq jours, je suis passé devant le juge puis ils m’ont expulsé en Italie par avion. A Rome, ils m’ont à nouveau relâché, je suis allé à Milan et j’ai repris le bus pour Strasbourg. La douane en Suisse m’a laissé passer avec le permis de séjour italien périmé, le récépissé correspondant et mon passeport tunisien. C’est n’importe quoi, j’avais prévenu le juge que je reviendrais tout de suite après mon expulsion et qu’ils dépensaient de l’argent pour rien. 
Du mois de juin au mois d’août, je n’ai pas trouvé de travail, c’était difficile. En plus c’était le Ramadan, je ne mangeais pas, je n’avais pas d’argent mais je devais quand même fumer mon paquet et demi par jour. En Tunisie, je ne fumais que la chicha une fois par semaine, ici avec tout ce stress, je me suis mis à fumer énormément. J’ai l’aide médicale mais pas l’aide au logement, je vis dans un foyer de travailleurs. Je sais que je vais me faire expulser à nouveau, si ce n’est pas aujourd’hui, c’est demain. J’ai franchement une vie de merde en ce moment mais je suis quand même content. Je voyage, je veux construire ma vie et ça me fait tenir. 
J’aime la difficulté. Je me suis acheté des carnets de sudoku de plus en plus durs. Ça m’a même sauvé un jour. J’étais dans le tram en train de remplir une grille et des policiers sont montés dans la rame. Je suis resté concentré, ne laissant pas transparaître ma panique et ils ont passé à côté de moi sans me contrôler, sûrement parce que j’avais l’air d’un mec normal qui allait au travail.

Source


mercredi 23 mai 2018

Anouar Gharbi «J’ai de la sympathie pour la résistance»

Par Barbara Pochinu Carta, Publié jeudi 3 juin 2010

L’un des organisateurs de la flottille est Genevois


Le sol du bureau d’Anouar Gharbi, à la Maison des associations à Genève, est jonché de cartons aux couleurs de la Palestine, de drapeaux et de keffiehs. «J’ai déménagé ce matériel hier», explique ce Suisse d’origine tunisienne, 45 ans, qui préside l’association genevoise Droit pour tous et qui est l’un des trois coordinateurs de la «Campagne européenne pour la fin du siège à Gaza». Ce désordre contraste avec son bureau: ordonné, fonctionnel, il ne contient qu’un ordinateur portable, un téléphone, un crayon. La «Campagne européenne» est l’une des associations à l’origine de la «Flottille de la liberté». Son bateau, le 8000 (en référence au nombre de Palestiniens emprisonnés en Israël), transportait des médicaments, des maisons préfabriquées et du matériel de construction ainsi que des parlementaires et des journalistes de divers pays. Budget de l’opération, achat du navire compris: 3 millions de dollars. «Son financement provient uniquement de dons, explique Anouar Gharbi. Je ne peux pas me résoudre à laisser des gens mourir à petit feu.»

Jeune étudiant, à Tunis, Anouar Gharbi était porte-parole du syndicat de son université avant de fuir son pays, il y a une vingtaine d’années. «Je ne supportais plus de vivre sous une dictature.» Il s’installe alors en Suisse pays dont sa femme possède la nationalité. Là, il se refait une vie. Sa femme travaille comme traductrice pour l’ONU. Lui devient cadre dans une entreprise informatique. Mais il conserve l’«âme d’un syndicaliste». Actif dans le milieu associatif, il est l’un des fondateurs de la Maison des associations.

La «Campagne européenne» a envoyé plus de 500 convois d’aide humanitaire à Gaza: «essentiellement des médicaments, pas des roquettes!» lâche-t-il provocateur. Il y a aussi les convois navals. Depuis cinq ans, seuls quatre bateaux ont réussi à atteindre les côtes de Gaza, trois autres ont été arrêtés en mer et un dernier a été endommagé par l’armée israélienne.

Un syndicaliste objet d’attaque

Durant l’été 2009, Anouar Gharbi s’est rendu à Gaza avec une délégation de parlementaires suisses dont Josef Zisyadis. Là, ils rencontrent Ismaël Haniyeh, l’un des leaders du Hamas. «Je ne regarde pas la religion ou la tendance politique, je suis internationaliste, je ne reçois des ordres de personne», raconte-t-il avant d’ajouter: «Je garde tout de même une distance critique.» De son côté, Josef Zisyadis précise qu’il ne soutient pas le mouvement islamiste et que, sur ce point, «nous avons des divergences» avec Anouar Gharbi.

Le syndicaliste ne craint-il pas d’être instrumentalisé par une organisation que de nombreux Etats qualifient de «terroriste»? «Pour Israël on est tous des terroristes, rétorque-t-il. Je suis du côté de ceux qui défendent leur terre, leur dignité. […] J’ai de la sympathie pour la résistance, que ce soit en Irak, au Venezuela ou en Palestine.» Si on lui rappelle que la charte du Hamas appelle à la destruction d’Israël, l’intéressé riposte: «Connaissez-vous la charte du Likoud, le parti au pouvoir en Israël. Elle stipule l’existence d’un Grand Israël depuis 3000 ans. Il n’y a donc pas de place pour les Palestiniens.»

Anouar Gharbi n’hésite pas à parler de «territoires occupés» à propos du territoire israélien dans ses communiqués appelant à manifester sur la place des Nations à Genève, à Berne ou à Zurich. Ueli Leuenberger, le président des Verts, qui a eu des contacts avec Anouar Gharbi le considère comme «quelqu’un de sérieux, qui réfléchit avant d’agir et n’hésite pas à demander conseil».

Combatif, Anouar Gharbi est également l’objet d’attaques. Ainsi a-t-il été pris à partie par certains médias et milieux antiracistes lorsqu’il a accueilli, en 2008, Azzam Tamimi, un intellectuel palestinien connu pour ses déclarations virulentes contre Israël. Ainsi est-il l’objet d’intimidations de la part des «sbires de Ben Ali». La semaine dernière encore, une voiture noire fonçait sur son scooter alors qu’il quittait sa maison. «Je les connais. Ce n’est pas la première fois, explique-t-il. J’ai déjà déposé plainte pénale auprès de la police fédérale. Pour l’heure elle n’y a pas donné suite.»

Anouar Gharbi est un musulman pratiquant: «Je crois en Dieu c’est tout», précise-t-il. Sur les étagères de sa bibliothèque, il y a plusieurs ouvrages de Tariq Ramadan. «C’est un ami, nous avons milité ensemble pour l’Irak, la Palestine, contre l’islamophobie.» Avant de se quitter, il offre une carte postale représentant des enfants aux abords d’un village de Cisjordanie, drapeaux palestiniens au vent. «J’aime bien cette image, cela me rappelle mon enfance. Il ne faut pas oublier la solidarité.»

lundi 7 mai 2018

Entretien avec Omar Ben Hamida


 «Sans compromis, pas d’intégration»



Par Abdelhafidh Abdeleli, le 30 mars 2017

Immigration


En Suisse, les immigrés viennent régulièrement en tête des préoccupations des responsables politiques, des citoyens et des médias. Lesquels en donnent une image souvent négative, sans trop s’arrêter aux causes, ni au contexte historique. L’éclairage d’un écrivain et médiateur d’origine tunisienne, établi ici depuis près d’un demi-siècle.

Né en Tunisie en 1958, Omar Ben Hamida est arrivé en Suisse à l’âge de 12 ans. Formé au commerce et à l’informatique, il a travaillé chez IBM, à la banque UBS et chez l’assureur Swiss Re avant de se lancer en solo comme écrivain, éditeur et médiateur culturel. Naturalisé et marié à une Suissesse, qui anime avec lui les éditions et une fondation au profit de l’éducation en Tunisie, il est père de deux enfants.

swissinfo.ch: Comment évaluez-vous le traitement que la Suisse et de l’Europe, en général, réservent aux immigrés et aux demandeurs d’asile depuis quelques années?

Omar Ben Hamida: La Suisse et l’Europe, en général, ont très bien agi vis-à-vis des immigrés, en particulier ceux en provenance du monde arabe et musulman. Elles leur ont offert ce qu’ils ne pouvaient même pas avoir dans des pays musulmans riches. En effet, le Royaume d’Arabie Saoudite par exemple n’a apparemment accueilli sur son territoire aucun réfugié yéménite, ni syrien, ni irakien. Si on considère sa position, sa superficie et le nombre de ses habitants, on peut affirmer que la Suisse a davantage honoré son devoir humanitaire. Surtout si l’on se souvient que plus de 20% de ses habitants sont des étrangers.

swissinfo.ch:Il y a quelques mois, une partie des politiques suisses a appelé à la fermeture des frontières face à l’afflux des réfugiés. Cela trahit-il une rupture dans la tradition d’accueil que vous évoquez?

O.B.H.: C’est que de nombreuses données ont changé. Tout d’abord, les étrangers venus en Suisse dans les années cinquante et soixante étaient tous d’origine européenne et de confession chrétienne. Et déjà pendant cette période, lorsque le nombre d’Allemands, d’Italiens ou de Portugais devenait important, les Suisses réagissaient.

Mais par la suite, avec les immigrés arabes, turcs et albanais au début des années huitante et nonante, est arrivée une nouvelle religion sur le territoire suisse: l’Islam, avec des traditions et des cultures nouvelles. Le regard des Suisses sur l’étranger a changé. Puis le climat mondial, la multiplication des conflits armés, de la violence et du terrorisme ont aggravé une certaine perception négative.

Or cette image est fausse. Si les étrangers quittent la Suisse, les rouages de la vie s’arrêtent. Qui a construit les villes et qui les nettoie? Qui a bâti les routes, les tunnels et les ponts? Les étrangers, bien sûr. Ce pays ne peut en aucun cas assurer le fonctionnement de son système et garantir la préservation de son bien-être, ni maintenant, ni plus tard, sans les ingénieurs informaticiens indiens par exemple. Les hauts dirigeants des banques et des entreprises viennent d’Allemagne, des États-Unis, et d’ailleurs. Si les infirmiers et les médecins venus du Moyen-Orient et d’Asie quittaient le pays, le secteur de la santé serait fortement perturbé. La population suisse oublie parfois cette réalité. Les médias, au lieu de la présenter, montrent uniquement les problèmes et les aspects négatifs.

Arrivé enfant dans un village d'Appenzell Rhodes-Extérieures, Omar Ben Hamida vit et travaille aujourd'hui à Zurich.
(zvg)

swissinfo.ch: On dit souvent que les étrangers ne font pas assez d’efforts pour s’intégrer dans leur nouvel environnement. Le problème de l’intégration s’est-il posé, à l’époque, aux immigrés italiens, tel qu’il se pose actuellement aux Albanais, aux Arabes et aux Turcs?

O.B.H.: En réalité, il n’y a pas de grand changement à ce sujet. Dans les années soixante et septante, je me souviens personnellement, comment les Italiens vivaient dans des ghettos, travaillaient du matin jusque tard dans la nuit, rentraient le soir dans leurs foyers ou se fréquentaient entre eux. J’ai des amis italiens qui vivent à Zurich depuis plus de cinquante ans et qui ne parlent toujours pas allemand.

L’intégration pour moi commence par la langue, c’est le premier outil de compréhension de ce qui se passe autour de nous. Ensuite, l’intégration est un processus complexe. Au début, l’État suisse lui-même ne l’encourageait pas. Mais, la situation a totalement changé. Aujourd’hui, nous avons dans chaque canton et dans chaque ville un bureau gouvernemental chargé d’aider les étrangers à participer à la vie publique, en plus des diverses opportunités offertes pour l’apprentissage des langues nationales.

Il faut aussi voir qu’à l’époque, l’idée des immigrés italiens, portugais ou français, était «je travaille cinq ans, je me construis une maison dans mon pays et je quitte la Suisse». C’est exactement ce qu’il s’est passé avec les Magrébins en France après la Deuxième Guerre mondiale. Donc, ces immigrés n’avaient pas envie d’apprendre les langues du pays de résidence, ni de comprendre les spécificités de la société suisse. Toutefois, après les premières années, dès que l’on a des enfants qui vont à l’école, cette illusion du retour se dissipe. Les Italiens sont restés en Suisse jusqu’à la retraite, et même au-delà, aussi parce que la réalité en Italie avait changé. 

Qui sont les 2 millions d'étrangers en Suisse?

Ce graphique montre le continent (anneau intérieur) et la nationalité (anneau extérieur) d'origine des 2 millions d'étrangers en Suisse en 2016.    
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swissinfo.ch:Quelle est alors la véritable signification de l’intégration?

O.B.H.: C’est une forme de vie entre deux mondes. Votre monde premier, d’origine, que vous ne pouvez en aucun cas oublier, et le nouveau monde. L’intégration dans ce dernier signifie que vous devez respecter ses traditions, vous conformer à ses lois et parler sa langue. Le succès du processus passe par l’établissement d’une harmonie entre votre culture d’origine et celle de votre nouveau pays.
Dans la réalité, la Suisse n’empêche pas l’étranger de préserver ses traditions et tolère la pratique de ses convictions religieuses. Par exemple, dans les années soixante, il n’y avait que trois mosquées dans le pays, contre des centaines actuellement. La loi suisse permet également la création d’associations civiles et religieuses. Dans les années septante, il n’était guère possible de trouver des magasins d’alimentation arabe, ni halal, tandis qu’aujourd’hui, on en trouve dans pratiquement toutes les villes. L’État suisse a autorisé les étrangers à créer une copie de leur monde d’origine.

swissinfo.ch: On a vu récemment pas mal de conflits autour des signes religieux, du foulard, des cours de natation ou des salutations à l’école. Si les musulmans ne comprennent pas que ce qui leur paraît normal est perçu ici comme illégitime, n’est est-ce pas simplement par méconnaissance de l’histoire locale?

O.B.H.: Effectivement, c’est la source des problèmes. Quelle est la place de la religion dans la société? Cette question s’est posée à la Suisse il y a 150 ans. Lorsque vous prenez part à une discussion qui a commencé depuis 5 minutes, il vous est déjà difficile de rattraper ce que vous avez raté. Alors imaginez un retard d’un siècle et demi… Ce que nous n’arrivons pas à comprendre en tant que musulmans, c’est cette séparation entre la religion, vue comme question personnelle, voire familiale, et la loi, qui régit l’ordre public dans les lieux publics. L’Europe n’est parvenue à cette équation équilibrée qu’après de longues guerres, qui ont fait des millions de morts.

Aujourd’hui, la règle, c’est «la religion à l’église et à la maison et la loi dans le domaine public». La plupart des tensions actuelles entre les immigrants musulmans et la société locale trouve là son origine profonde.

Prenez par exemple la pratique de la natation pour les filles dans les écoles. Les musulmans demandent une exemption à cause du refus de la mixité, mais la loi suisse, et la société ayant voulu cette loi, estiment que la natation est une discipline éducative obligatoire. De même, certains musulmans exigent le bannissement du signe de la croix dans les classes, alors qu’ils ne sont pas majoritaires dans cette société.

Ceci soulève une autre problématique: pour la première fois, ces musulmans se retrouvent en minorité, à vivre dans une société à majorité non musulmane. C’est ce qu’ils n’arrivent pas à digérer. Je me demande ce qu’il en serait si un chrétien résidant en Arabie Saoudite avait des revendications similaires à celles des musulmans en Occident. Si cela arrivait, la réaction serait beaucoup plus violente que celle des Suisses.

swissinfo.ch: Quelle serait selon vous l’équation magique pour une intégration réussie?

O.B.H.: C’est un objectif très difficile à réaliser. Chaque individu qui souhaite vivre en Suisse doit conserver une moitié de lui pour ses origines et l’autre moitié, il doit la puiser dans son nouvel environnement. Si l’immigré n’est pas capable de se plier à des compromis, il ne réussira jamais son intégration. Celui qui veut vivre en Suisse comme s’il continuait à vivre dans son pays d’origine doit retourner d’où il vient. Ce serait probablement mieux pour lui et pour ses enfants. 

dimanche 15 avril 2018

Santos au FC Porrentruy !

 Publié le 7 juin 2015

Jean-Pierre Faivre, le président du FCP, et Santos

Le FC Porrentruy frappe un grand coup sur le marché des transferts. Le club jurassien de 2e ligue interrégionale annonce dimanche avoir engagé Santos pour la saison prochaine. Âgé de 36 ans, cet attaquant tuniso-brésilien a notamment porté les maillots de Sochaux et Toulouse en Ligue 1 française et de Zurich en Super League. Il a également défendu les couleurs de la Tunisie à 40 reprises en inscrivant 22 buts. L'attaquant arrive dans le Jura en provenance de l'ASM Belfort qui vient d'être promu en National.

Selon le communiqué du FCP, Santos intégrera l’équipe première. Il encadrera également les juniors du club ajoulot. /msc+comm

samedi 31 mars 2018

Le Tunisien Mikari retourne à Lucerne


 Publié le 10 juillet 2013




Yassin Mikari (30 ans) retourne en Suisse. Après quatre saisons dans le championnat français au FC Sochaux (2009-2013), le milieu de terrain (ou latéral gauche) international tunisien, s’est engagé à Lucerne.

En fin de contrat chez les Lionceaux, l’ex-joueur du GC Zurich a paraphé un  bail de 3 ans avec le FC Lucerne.

Mikari avait déjà porté les couleurs bleu et blanc du club entre 2003 et 2005.


jeudi 22 février 2018

Le CEPEX organise une mission d’affaires à Zurich


Le CEPEX organise une mission d’affaires à Zurich (Suisse), le 15 novembre prochain

Le Centre de promotion des exportations (CEPEX) organise, en collaboration avec l’ambassade de Tunisie à Berne et “SWITZERLAND GLOBAL ENTREPRISE” (SGE), une mission d’Affaires en Suisse (Zurich), le 15 novembre 2017.

Le programme de cette mission comporte l’organisation d’un Forum d’affaires tuniso-suisse pour présenter les opportunités d’exportation et de partenariat, un buffet de réseautage, des rencontres d’affaires BtoB, une exposition et dégustation des produits tunisiens.

Trois secteurs seront mis en valeur à cette occasion, à savoir l’Agroalimentaire (y compris les produits bio, notamment l’huile d’olive et les dattes), les TIC et les industries mécaniques, électriques et électroniques.

mardi 9 janvier 2018

Huile d’olive: le concours «Zurich Olive Oil Awards» ouvert aux entreprises tunisiennes

 Par Imen Zine, publié le 9 janvier 2018



La Chambre de Commerce et d’Industrie de Tunis (CCI Tunis) organisera, le 18 janvier à Tunis, une journée d’information sous le thème: «Branding de l’huile d’olive Tunisienne en Suisse – participation au concours «Zurich Olive Oil Awards», et ce,  en collaboration avec le Programme suisse de promotion de l’importation (SIPPO Tunisie). 

Lors de cette rencontre, l’accent sera mis sur les modalités de participation des entreprises Tunisiennes au concours « Zurich Olive Oil Awards» (Prix de l’huile d’olive de Zurich).
La participation Tunisienne à ce concours constitue une occasion pour renforcer le positionnement et la visibilité de l’huile d’olive Tunisienne conditionnée et de faire rayonner son branding en Suisse.
Prix du concours «Zurich Olive Oil Awards» 



Le concours «Zurich Olive Oil Awards» est réparti en deux catégories de prix. Il s’agit de la catégorie «Évaluation d’expert» qui se déroulera durant les mois de mars et avril 2018.

Trois prix seront décernés, à savoir «Gold 2018», «Argent 2018» et «Bronze 2018». Il peut y avoir plusieurs gagnants dans chacun des trois catégories de prix.
Autres prix spéciaux pour l’huile d’olive extra vierge seront attribués, en plus d’avoir  mentionné les catégories gagnantes d’Or, d’Argent et de Bronze :
  • Le prix «Best Mono-Variety 2018» va être attribué à l’huile considérée comme meilleure huile monovariétale, c’est-à-dire produite à partir d’une seule variété d’olive génique.
  • Le prix «Best Organic 2018» sera attribué à l’huile considérée être meilleure huile biologique contrôlée.
  • Le prix «Best country 2018» sera attribué à l’huile d’olive extra vierge considérée comme la meilleure d’un pays particulier.
Il s’agit aussi de la catégorie «Évaluation des consommateurs» qui se déroulera du 13 au 16 septembre 2018.

Pour cette catégorie de prix, le prix du public «OLIO 2018» sera distribué, et ce, en se basant sur un test d’acceptation par un panel des consommateurs finaux.

Le prix spécial «Best Design 2018» sera, également, attribué au plus populaire ou plus attractif emballage (bouteille, canette, étiquette …).

Notons que tous les prix sont en francs suisses: pour 1 huile gagnant, le prix sera d’une valeur de 600 francs suisses (environ 1530 DT) et pour chaque huile supplémentaire gagnant, un prix d’un montant de 300 francs suisses (environ 760 DT).

Source

samedi 6 janvier 2018

Immigrés maghrébins en Suisse: faits et chiffres

Histoire d’une intégration réussie  

Immigrés maghrébins en Suisse: faits et chiffres




Bien moins nombreux qu'en France, pays auquel les lie un passé colonial, les Maghrébins de Suisse sont généralement bien intégrés, bien formés et actifs dans la vie associative.
(Diasporastudie Maghreb)




Evolution de la population résidente permanente maghrébine en Suisse, selon le pays d’origine 1981– 2010 (Office fédéral de la statistique)
Evolution de la population résidente permanente maghrébine en Suisse, selon le pays d’origine 1981– 2010 (Office fédéral de la statistique)
(swissinfo.ch)

Structure démographique et état civil

S’agissant de la proportion entre les sexes, on remarque que les femmes sont plus nombreuses chez les immigrés originaires du Maroc (10 pour 7 hommes). En revanche, les immigrés d’Algérie et de Tunisie sont plus nombreux que les immigrées (107 hommes pour 100 femmes).
Si on regarde la pyramide des âges, on voit qu’une grande partie des Tunisiens et des Algériens résidant en Suisse ont entre 25 et 39 ans. Les enfants et les personnes âgées sont particulièrement peu nombreux, comme souvent dans les populations immigrées, qui recherchent avant tout un emploi et veulent améliorer leurs conditions de vie.
Quant aux immigrés marocains, 35% ont entre 30 et 39 ans. Parmi eux, on trouve de nombreuses femmes actives sur le marché du travail. On constate par ailleurs que les actifs sont les plus nombreux chez les Marocains, que c’est chez les Algériens qu’on trouve le plus de personnes âgées et chez les Tunisiens le plus de jeunes.
La plupart des ressortissants des trois pays du Maghreb sont mariés (deux tiers pour les Algériens et les Marocains contre 59% pour les Tunisiens). Ce qui signifie que la majorité de ces immigrés vit de façon stable au sein d’une famille. La proportion de célibataires est de 24% chez les Marocains et de 32% chez les Tunisiens.
Plus de la moitié des Marocains, Tunisiens et Algériens établis en Suisse sont mariés à des Suissesses. Et plus de la moitié des femmes marocaines sont mariées à des Suisses, contre un tiers seulement pour les Tunisiennes et les Algériennes. 



Etat civil des étrangers résidents permanents en Suisse selon l’origine, 2009 (Statistique de la population résidente de nationalité étrangère, état au 31.12.2009)
Etat civil des étrangers résidents permanents en Suisse selon l’origine, 2009 (Statistique de la population résidente de nationalité étrangère, état au 31.12.2009)
(swissinfo.ch)

Les permis de séjour

Il existe en Suisse plusieurs types de permis de séjour pour étrangers. Le permis B autorise un séjour d’une durée limitée, et le C, un établissement de longue durée. Il y a aussi les permis provisoires ou saisonniers: G, L, N et F. La distribution des différents permis dans la population maghrébine montre une progression des personnes passant d’un statut provisoire à un statut permanent depuis 1994. En 2009, 90% des Marocains et des Tunisiens, ainsi que 87% des Algériens en Suisse ont un statut consolidé (permis B ou C).
La migration des Maghrébins a ses motifs: le regroupement familial, la recherche d’un emploi, l’éducation, l’asile politique. En 2002, plus de deux tiers des Marocains présents en Suisse y étaient venus pour rejoindre leur famille. En 2005, ils avaient atteint la proportion de 80%. Quant aux Marocains entrés en Suisse en 2002 pour des raisons d’études et de formation, leur proportion ne dépassait pas 20%.
Concernant la naturalisation, en quelques années, le nombre d’immigrés des trois pays du Maghreb ayant obtenu la nationalité suisse a augmenté. Entre 1992 et 2010, quelque 200 à 280 Tunisiens ont été naturalisés chaque année, alors que ce nombre se situe entre 150 et 200 pour les Algériens. Le tableau ci-dessous illustre le processus de naturalisation entre 1992 et 2010. 



Naturalisation des personnes d’origine maghrébine en Suisse, 1992–2010 (Wanner et Steiner 2012)
Naturalisation des personnes d’origine maghrébine en Suisse, 1992–2010 (Wanner et Steiner 2012)
(swissinfo.ch)

Répartition géographique

La majorité des immigrés des pays du Maghreb sont installés en Suisse romande. 64% des Algériens, 67% des Marocains et 56% des Tunisiens vivent dans les cantons francophones. Genève et Vaud accueillent plus de la moitié des Marocains et des Algériens. Il n’en va pas de même pour les Tunisiens, dont 30% vivent dans les cantons alémaniques, surtout dans les grandes villes.



Nombre de personnes originaires du Maghreb par canton (SFM)
Nombre de personnes originaires du Maghreb par canton (SFM)
(swissinfo.ch)

Marché du travail

Le Maghreb n’est pas traditionnellement une région de recrutement de main-d’œuvre pour la Suisse. Néanmoins, la participation des Maghrébins à la vie active en Suisse et leur présence sur le marché du travail atteint un pourcentage relativement élevé (trois quarts des Maghrébins travaillent, contre cinq sixièmes des Suisses).
Enfin, la proportion d’hommes maghrébins actifs sur le marché du travail en Suisse est plus élevée que celle des autres étrangers des pays hors UE / AELE.



Participation au marché du travail des personnes âgées de 18 à 64 ans, selon le sexe et l’origine, 2010 (Relevé structurel 2010)
Participation au marché du travail des personnes âgées de 18 à 64 ans, selon le sexe et l’origine, 2010 (Relevé structurel 2010)
(swissinfo.ch)
Cet ensemble de données, et les commentaires qui les accompagnent tout au long de l’étude du SFM dressent un tableau qui bouscule les idées reçues sur les immigrés maghrébins. Généralement bien formés et intégrés, actifs dans le monde du travail comme dans la vie sociale, ils ne sont ni excessivement conservateurs, ni fermés aux droits des femmes.

(Traduction de l'arabe: Ghania Adamo), swissinfo.ch



jeudi 22 juin 2017

Tunis ville la moins chère pour les expatriés, Zurich, Genève et Berne dans les 10 plus chères

Luanda redevient la ville la plus chère au monde pour les expatriés

L'an dernier, elle avait été détrônée par Hong-Kong, montre le dernier classement réalisé par le cabinet Mercer.

(Boursier.com) — Pour les salariés français qui auraient envie de s'expatrier, le classement annuel de Mercer publié ce mercredi leur permettra de choisir leur destination en fonction du coût de la vie. En 2017, Luanda, capitale de l'Angola redevient la ville la plus onéreuse pour les expatriés, alors qu'elle avait été détrônée l'an dernier par Hong Kong, qui se classe en deuxième position. Le podium est complété par Tokyo, capitale japonaise, reléguant Zurich en quatrième position.

Produits importés, devises, sécurité

Pour établir son classement, le cabinet a comparé plus de 200 prix, tels que ceux du logement, des transports, de la nourriture ou encore des loisirs. Le coût élevé de la vie à Luanda s'explique par la cherté des biens importés mais également par celle de la sécurité, compte tenu de l'important taux de criminalité dans la capitale angolaise.
Hong-Kong pâtit pour sa part de l'indexation de sa devise sur le dollar, alors que la monnaie nipponne, valeur refuge par excellence continue de se renchérir, entraînant une hausse du coût de la vie à Tokyo. La ville se classait encore au 11ème rang en 2015...
On notera que le 'top 10' est nettement dominé par les villes asiatiques - Singapour (5ème), Séoul (Corée du Sud), Shanghai (8ème) - et la Suisse qui compte à elle seule trois villes ! (Zurich, Genève et Bern).

Remontée des villes australiennes et russes

Parmi les événements marquants de cette année, Mercer observe la remontée des villes australiennes, compte tenu du renforcement du dollar australien. Sydney passe du 42ème au 25 ème rang, alors que Brisbane grimpe à la 71ème place, alors qu'elle se situait au 96ème rang l'an dernier.
Même chose pour la Russie, fortement impactée l'an dernier par la chute du Rouble. Moscou se place cette année au 14ème rang, soit un bond de 53 places !

Les villes européennes sont moins chères

A l'inverse, les villes européennes, à l'exception de la Suisse sont moins onéreuses pour les expatriés, en 2017. Paris glisse du 44ème au 62ème rang, alors que Milan perd 21 rangs pour se placer 71ème. Vienne, capitale autrichienne recule également de 24 places (78ème).
En outre, selon Mercer, les villes les moins coûteuses pour les expatriés sont, cette année, Tunis (209), Bishkek au Kirghizistan (208) et Skopje, en République de Macédoine (206).
©2017, Boursier.com

jeudi 25 mai 2017

L’IAA fête un demi-siècle d’existence et honore les lauréats de sa 50ème session

L’Institut Africain des Assurances (IAA), créée par la Société tunisienne d’assurance et de réassurances (STAR), depuis 1967, a célébré, vendredi 19 mai 2017 un demi-siècle d’existence, au cours d’une cérémonie organisée pour honorer les lauréats de la promotion de la 50ème session.

Cette institution d’avant-garde qui a vu le jour alors que la Tunisie était considérée comme le « Tigre » de l’Afrique n’a jamais manqué à sa vocation qui est la formation d’assureurs de qualité pour le pays et le continent africain, reflétant, ainsi, l’attachement de la Tunisie à son continent.
L’IAA constitue un outil précieux pour la STAR et lui offre un grand motif de satisfaction, à travers la formation d’assureurs de haut niveau pouvant bénéficier de l’expertise d’éminents spécialistes internationaux et mixer approches théoriques et stages professionnels : les objectifs étaient clairement fixés dès 1967, date de la création de l’IAA qui, en 50 ans d’existence, a pu former plus de 1800 assureurs tunisiens et africains.
Le besoin en ressources qualifiées s’était alors fait sentir dès la naissance de la STAR et un dispositif spécialisé devait être créé et M. Zaanoun s’y est attelé, fort de son passage à l’Ecole Nationale d’Assurance ( ENASS ) en France dont il était le premier élève tunisien. Le concept s’est précisé à la faveur d’une visite effectuée au siège à Zurich de la Compagnie Suisse de Réassurances Swiss Ré qui avait implanté un excellent Swiss Insurance Training Center. Une synthèse des différents modèles était rapidement élaborée et l’appel a été lancé aux « amis » de la STAR pour la création de l’IAA à Tunis.
Né d’une vision avant-gardiste élargie à l’ensemble de l’espace francophone et nourri par le soutien d’institutions amies, notamment suisses et françaises, de haut niveau, l’IAA a gagné ses lettres de noblesse et s’impose par la qualité de sa formation et la réussite de ses anciens élèves, rayonnants partout sur le continent africain.
La Compagnie Suisse de Réassurances avait dépêché ses cadres pour contribuer gratuitement à la formation. C’est, aussi, le cas pour l’ENASS qui désigna des professeurs français pour apporter leur concours à la STAR.
Du côté tunisien, Feu Habib Ben Slama, Directeur Administratif et Financier à la STAR, anima avec le concours de M. Zaanoun, les premières lignes directrices de l’institution avant de passer le témoin à de nouvelles générations.



Le président-directeur général de la STAR, M. Lassaâd Zarrouk, a souligné que la célébration de cet anniversaire vise « à conforter cette institution dans son espace africain en tant qu’instrument pour renforcer les liens de coopération et cette orientation ne fait que renforcer nos convictions et nos orientations dont les premières lignes ont été tracées par les afro-optimistes tunisiens, et cette volonté de coopération active s’est matérialisée avec l’implantation de la STAR au Niger et en Algérie, la participation à la création de l’Africa Ré et l’assistance technique à la Mauritanie, le Mali et le Togo, en plus de conférences au Sénégal, au Zimbabwe et à New Delhi ».
De son côté la directrice de l’IAA souligné que « dès le premier jour de formation, les étudiants ont compris que la place n’est réservée qu’aux performants, avec la réussite comme objectif », pour céder, par la suite la parole à M. Mohamed Dargouth, premier directeur de l’IAA pour un témoignage et passer en revue les étapes de la vie de cette institution de formation.
Cette 50ème session de l’IAA a été marquée par la participation de 116 étudiants à la formation, dont 95 ont pu obtenir leur diplôme, parmi lesquels 12 étudiants venus de six pays africains.
 
 
Par F.S
Publié le 22/05/2017 à 14:18

Source 

mardi 18 avril 2017

Ben’s Kamelfarm


Un éleveur de chamelles écoule son lait à prix d’or

Un Zurichois d’origine tunisienne s’est lancé dans la production de lait de camélidés. Avec un certain succès.





«Ce sont de véritables tondeuses.» Kamel Ben Salem regarde d’un air amusé ses dromadaires brouter nonchalamment le vert pâturage. Même le vrombissement d’un avion qui décolle à une centaine de mètres de là ne perturbe pas les pensionnaires de sa ferme de camélidés, plantée dans la campagne d’Oberglatt (ZH), tout près de l’aéroport de Kloten.
Les animaux de Ben’s Kamelfarm – 21 dromadaires et un chameau – font beaucoup parler d’eux en ce moment. Et pour cause: leur lait s’écoule à 14 fr. le litre, soit 25 fois plus que pour du lait de vache. Un prix à faire pâlir d’envie un secteur en crise où l’offre dépasse la demande. Pour Kamel Ben Salem, dont les clients viennent de toute la Suisse, c’est tout le contraire. «Je n’arrive pas à répondre aux besoins», assure-t-il. Actuellement, seules deux de ses bêtes sont allaitantes. L’éleveur importe donc une partie de son offre via une entreprise basée aux Pays-Bas, explique-t-il en ouvrant un congélateur rempli de dizaines de bouteilles d’un demi-litre.

Pauvre en matière grasse
Il n’existe pas de données sur le marché suisse du lait de chamelle, mais celui-ci est confidentiel. Outre Kamel Ben Salem, un agriculteur saint-gallois s’est fait remarquer récemment en se lançant dans cette production de niche, convaincu du potentiel. C’est que le breuvage aurait tout pour plaire: pauvre en matière grasse, plus digeste que son cousin bovin car faible en lactose, il est aussi riche en valeurs nutritives, notamment en vitamine C. «Je ne conseille pas d’en boire le soir sinon vous risquez de ne pas dormir, commente Kamel Ben Salem. Dans le désert, on a l’habitude de se faire un verre avec des dattes le matin. Après, on est calé pour toute la journée!» Encore faut-il apprécier son goût, légèrement salé.
Notre fermier zurichois en a bu toute son enfance dans le sud de la Tunisie. C’est là qu’il est né il y a 39 ans, dans une famille de Bédouins éleveurs de dromadaires. Son père en a détenu jusqu’à 100. En 2004, Kamel Ben Salem a décidé de perpétuer la tradition, quelques années après être arrivé en Suisse. «Une évidence, affirme-t-il. J’ai grandi avec des dromadaires. J’aime ces animaux intelligents, gentils et patients. Ils font partie de ma famille.» Rien de surprenant donc à ce qu’il reconnaisse tous ses camélidés, baptisés d’un nom commençant par S pour marquer le lien entre le désert du Sahara et la Suisse. «Là, c’est Subuey, dit-il, tandis que le ruminant accueille son maître en blatérant. C’est la première à être née dans mon élevage.»
Kamel Ben Salem s’occupe seul de ses bêtes au fort caractère, accompagné de son chien de berger. «Elles ne reconnaissent qu’un seul chef», explique-t-il. Tous les matins et soirs, il s’attelle à la traite, avec une machine ou manuellement. «Certains dromadaires n’aiment pas les machines. Ce sont des animaux sensibles, ils peuvent vite se fâcher.»

Balades à dos de chameau
Le Zurichois s’est lancé dans la production laitière il y a quatre ans, après que son élevage s’est agrandi. Jusqu’alors, c’était pour se promener à dos de chameau ou de dromadaire, admirer les bêtes ou organiser des événements à thème, mariages ou soirées d’entreprise, qu’on se rendait chez Ben’s Kamelfarm. Des activités qui sont toujours proposées, la vente de lait ne suffisant pas à remplir les caisses de la ferme. Ses femelles ne produisent que trois litres par jour, contre 30 litres pour de pures races laitières. «Mais on n’en trouve pas sur le marché européen», explique Kamel Ben Salem.
Cela n’empêche pas l’éleveur de voir plus grand. Pour augmenter sa production, il veut agrandir son troupeau. C’est en bonne voie: huit naissances sont attendues pour l’année prochaine. A terme, il espère accueillir une cinquantaine de bêtes dans sa ferme et en réserver une vingtaine à la production de lait. Et il ne compte pas s’arrêter là. «Nous sommes en train d’essayer de faire du fromage de chameau avec un fromager de la région.» A quand le chocolat au lait de chamelle? (24 heures)

Créé: 08.10.2016, 08h31


mercredi 22 mars 2017

Nassim Ben Khalifa





Nassim Ben Khalifa, né le à Prangins (canton de Vaud) en Suisse, est un footballeur international Suisse d'origine tunisienne, qui évolue au poste d'attaquant pour le FC Lausanne-Sport.

Carrière en club


Après avoir joué en jeune dans les clubs de Stade Nyonnais FC puis du FC Gland, Ben Khalifa commence véritablement sa formation de joueur professionnel au club de FC Lausanne-Sport pour une saison. Puis en 2006, il est recruté par le Grasshopper-Club Zurich évoluant en Super League pour 50 000 francs suisses. Il est tout d'abord recruté pour renforcer l'équipe des moins de 21 ans des Grasshopper.
Le 7 mars 2009, il réalise son premier match en professionnel contre FC Sion en rentrant à la 79e minute à la place de Alain Schultz (0-2). Il joue quelques semaines plus tard 9 minutes contre le FC Vaduz. Ensuite, lors du dernier derby de la saison 2008/2009 face au FC Zurich, il fait son entrée à la 79e à la place d'Alain Schultz.
Nassim Ben Khalifa, a quitté Grasshopper Zurich en juin 2009. Il a choisi de rejoindre VfL Wolfsburg pour quatre ans et sera donc lié avec l'équipe allemande jusqu'en 2014. Privé de temps de jeu dû à une concurrence trop importante, il est prêté au club de FC Nuremberg et rejoint ainsi un coéquipier de l'équipe national suisse, Albert Bunjaku.
Après une saison dans le championnat allemand, Nassim Ben Khalifa est prêté pour une saison dans le club du BSC Young Boys. Le jeune joueur rentre ainsi en Suisse.

Carrière internationale


Considéré comme un futur espoir suisse, Nassim participe aux Championnat d'Europe de football des moins de 17 ans 2008 et a la Coupe du monde de football des moins de 17 ans 2009 et dans ce dernier il marque dès le premier match contre la France. Il réitère un exploit face à l'Italie lorsqu'il fait basculer le match, suite à la provocation d'un penalty. Son équipe se hisse néanmoins en demi-finale, après un match difficile contre l'Espagne. Une demi-finale qui mettra un terme au rêve du rouget Ben Khalifa, car la Nati m-17 pliera sur le score de 2-1 pour les Pays-Bas.
Nassim Ben Khalifa a gagné avec la Suisse la Coupe du monde des moins de 17 ans au Nigeria en gagnant en finale contre le Nigeria, le 15 novembre 2009 sur le score de 1 à 0, grâce à une tête victorieuse de Haris Seferović. Ben Khalifa a tenu un rôle important dans cette jeune équipe en marquant et délivrant des passes décisives.
Lors des matchs de barrage pour le Championnat d'Europe de football espoirs 2011, Ben Khalifa marque son premier but en équipe espoir face à la Suède lors du match retour (1-1). Ben Khalifa a participé au championnat d'Europe des espoirs suisses au Danemark. Il y tient un rôle de remplaçant derrière d'autres attaquants tels que Mario Gavranović et Admir Mehmedi. Lors du tournoi, il ne participera que lors d'une rencontre et comptabilisera 6 minutes de jeu. Le jeune joueur réussi tout de même à se procurer une ou deux occasions intéressantes. Les espoirs suisses réussissent l'exploit de se qualifier pour les Jeux olympiques de Londres, et atteindront la finale face à l'équipe espoirs d'Espagne.
Pour la coupe du monde 2010, Nassim Ben Khalifa fut sélectionné par Ottmar Hitzfeld dans le cadre élargi des 30 joueurs de l'équipe de Suisse. Réserviste, il ne foula toutefois pas les terrains sud-africains. Cependant, Hitzfeld le resélectionne après la CM 2010 et le jeune footballeur accepte la sélection et jouera désormais pour la Suisse. Cependant, son manque de temps de jeu dans son club incite Hitzfeld à ne plus le sélectionner.
Ben Khalifa fait son retour dans le contingent de l'équipe nationale après son retour dans le Championnat suisse par l'intermédiaire du BSC Young Boys, où il est titulaire. Il est en effet rappelé par Ottmar Hitzfeld le 4 août 2011 afin de disputer un match amical face au Liechtenstein. Malheureusement, le joueur se retrouve contraint de déclarer forfait et est remplacé par Mario Gavranović.




























































































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