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samedi 3 novembre 2018

Riadh Bezzargha : «Les opérateurs tunisiens doivent aller à l’international en conquérants et non en concurrents»

Par : Amel BelHadj Ali 

Réconcilier le Tunisien avec l’Administration ! Un vœu pieux tant notre administration, jadis des plus performantes dans le monde arabo-musulman, a été vicié et gangrené par des partis omniprésents, intervenant dans tout, se mêlant de tout et dont l’une des premières tâches auxquelles ils se sont attelés a été la marginalisation des compétences pour y mettre les parvenus grâce aux allégeances. 


 Fort heureusement, il y en a qui échappent au lot, qui ont fait du travail leur religion et de la Tunisie leur foi.
Riadh Bezzarga, directeur coordinateur du Fonds d’appui à la compétitivité et au développement des exportations “TASDIR+“, financé par la Banque mondiale, est décidé à consolider la présence de l’entreprise tunisienne à l’international pas en Afrique seulement -où le taux de croissance atteint les 8% par an- mais sur les marchés lointains tels le Brésil, la Chine, le Japon ou encore l’Indonésie.
En fait, partout où les produits tunisiens peuvent être convoités et où les opérateurs économiques peuvent identifier des niches, s’implanter et se projeter ne se limitant pas à des actions ponctuelles.





WMC : Tasdir+, c’est la phase finale du programme de soutien à l’export financé par la Banque mondiale (BM). Quelle est l’approche de Riadh Bezzarga pour la mener à terme et optimiser ses résultats ?

Riadh Bezzarga : Tout d’abord plantons le décor. Tasdir+ pèse 17 millions d’euros. C’est un programme financé par la Banque mondiale. Son objectif principal est de soutenir nos opérateurs privés à diversifier leurs marchés à l’export.
Exporter oui, mais il ne s’agit pas que de cela, il est aussi important de varier les marchés et de bien positionner nos entreprises à l’international à travers des antennes commerciales et surtout de manière très étudiée pour ne pas rater le coche.
Donc, en ce qui nous concerne, nous accompagnons les entreprises en réalisant des business-plan que nous leur proposons, pour qu’elles adoptent les meilleures stratégies sur les marchés porteurs.
Contrairement au FOPRODEX (‘Fonds de promotion des exportations, NDLR) et aux actions du CEPEX (Centre de promotion des exportations), programmes d’opportunités que l’entreprise sollicite pour un soutien financier et technique sur le court terme, nous, nous proposons un programme technique qui s’étale sur une année.
Nous intervenons également au niveau de la certification des produits à exporter et facilitons l’accès au réseau d’acheteurs.
Les opérateurs qui réussissent à identifier les personnes ressources et à tisser des liens professionnels solides sur place peuvent réussir la gageur de s’installer durablement sur un marché.
Pour nous, s’attaquer à tous ces axes avant de convoiter un marché est indispensable. C’est cette ceinture qui permet de sécuriser l’investissement.

Quand vous dites ceintures, il s’agit de quoi exactement ?
Nous ne sommes pas dans la logique du menu mais dans celle des programmes à la carte. Nous avons, pour chaque entreprise, deux types de ceintures. La première est individuelle. L’entreprise vient à nous et nous sollicite pour l’accompagner sur tel ou tel marché. Nous lui offrons une subvention et un appui technique. La subvention peut atteindre les 150.000 dinars pour chaque entreprise ; ensuite, nous assurons le suivi pour que, une fois son business-plan bouclé, elle puisse atteindre ses objectifs.
L’autre ceinture touche les filières. Nous appuyons les secteurs par filières (agroalimentaire, textile, services, composants automobiles, etc.).

Pensez-vous que l’adhésion de la Tunisie au COMESA pourrait offrir de nouvelles opportunités à nos exportateurs avec votre soutien ?
Quand les opérateurs veulent accéder à une zone difficile, ou un marché lointain, ils viennent vers nous et expriment leur volonté de s’y implanter. Avec aujourd’hui l’adhésion de notre pays au COMESA (Marché commun des pays d’Afrique de l’Est et australe, NDLR), ils peuvent, grâce à notre appui logistique, y développer leurs activités tous seuls ou via des partenariats.
il nous faut, en tant que Tasdir+, atteindre le chiffre de 600 entreprises parrainées par notre programme qui s’étale sur 5 ans.
Qu’il s’agisse de l’appui individuel ou de l’appui par filière, il nous faut, en tant que Tasdir+, atteindre le chiffre de 600 entreprises parrainées par notre programme qui s’étale sur 5 ans.
L’enjeu ou le défi pour nous est de prouver, par A + B, que les entreprises soutenues par Tasdir+ ont été performantes. C’est-à-dire qu’elles ont fait plus d’exportations que d’autres et ont réussi leur politique de diversification en accédant à des marchés qui sont difficiles.
Il s’agit pour nous de les accompagner de manière à ce qu’elles deviennent plus compétitives et qu’elles occupent des positions honorables sur les marchés conquis. Il y a une cellule export qui a pour unique mission de les accompagner à tous les niveaux.

Est-ce que vous avez des programmes spécifiques PME/PMI et d’autres grands groupes ?
Nous traitons de la même manière tous les acteurs économiques concernés par notre programme. Nous adoptons une approche qui nous est propre : actuellement que nous sommes à mi-parcours, nous réalisons que le programme est un succès grâce aux évaluations régulières auxquelles nous procédons.
Les entreprises appuyées par Tasdir+ durant les deux premières années réussissent mieux que d’autres qui ne le sont pas. Et là je parle chiffres à l’appui. Mais nous pouvons mieux faire, et c’est la raison qui nous a incités à revoir notre process et à procéder à la restructuration du programme.
au terme de l’achèvement du contrat de partenariat, les entreprises font une baisse sur les marchés où elles se sont implantées, ça n’a pas de sens, car au cœur du programme il y a le principe de la pérennisation de l’œuvre entrepreneuriale.
Nous tenons à maximiser nos résultats, or diagnostic établi, nous avons réalisé qu’il y a deux volets importants à prendre en considération : l’accompagnement ne s’est pas fait sur le long terme. Conséquence, au terme de l’achèvement du contrat de partenariat, les entreprises que nous avons soutenues font une baisse sur les marchés où elles se sont implantées. Cela n’a pas de sens, car au cœur du programme il y a le principe de la pérennisation de l’œuvre entrepreneuriale.
L’autre volet c’est celui de l’instauration, au sein de nos propres institutions tunisiennes, des bonnes pratiques en formant notre administration à être plus imaginative, plus souple, plus réceptive et moins procédurale
Le FAMEX (Fonds d’accès aux marchés extérieurs, NDLR) ou Tasdir+ n’étant pas éternels, nous avons donc conçu un modèle d’accompagnement intelligent de manière à ce que nos entreprises ne soient pas durablement dépendantes des appuis du programme et de ses fonds pour exister sur les marchés conquis ou convoités lorsque notre partenariat, avec elles, prendra fin.
L’autre volet c’est celui de l’instauration, au sein de nos propres institutions tunisiennes, des bonnes pratiques en formant notre administration à être plus imaginative, plus souple, plus réceptive et moins procédurale pour faciliter autant qu’elle le peut le travail de nos opérateurs.

Tasdir+ peut-il entreprendre des actions dans le cadre d’une politique plus agressive en matière de diplomatie économique ?
La diplomatie économique doit être portée par nombre d’institutions. Notre ministère des Affaires étrangères a mis en place toute une stratégie pour la développer, et c’est très bénéfique pour nos acteurs économiques à l’export. Tasdir+ est un programme avec une deadline et des objectifs à atteindre. Nous, nous sommes dans l’encadrement de nos entreprises, nous sommes leurs relais.
Si elles ont des problèmes au niveau du transport maritime, avec les administrations publiques ou avec la BCT dans le transfert de fonds, nous recueillons ces informations et nous nous adressons aux institutions concernées pour leur donner un coup de main. Mais notre mission ne consiste pas à résoudre leurs problèmes à ces niveaux. Nous ne voulons pas nous disperser.
Nous restons un programme de soutien à l’export, et c’est dans ce cadre que nous intervenons. C’est pour garantir une efficience maximale à nos actions.
Nous aurions aimé avoir ne serait-ce qu’un petit centre opérationnel regroupant les ministères du Commerce, du Transport, des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, les Douanes et la BCT
Théoriquement, l’échange des informations existe au niveau de certaines institutions, et il y a des cellules dont la mission consiste pour chacune à faciliter le travail de l’opérateur, mais peut-être que ce qui nous manque est de savoir et de pouvoir orchestrer tout cela de manière harmonieuse et adaptée aux contextes national et international.
Nous aurions aimé avoir ne serait-ce qu’un petit centre opérationnel regroupant les ministères du Commerce, du Transport, des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, les Douanes et la BCT pour plus de réactivité de la part de nos différentes administrations aux attentes des opérateurs privés.

Qu’avez-vous fait vous-même pour satisfaire aux exigences du contexte économique national, régional et international ?
Nous avons mis en place, en coordination avec le CEPEX, un système de vases communicants pour que la masse d’informations que nous recueillons sur les entreprises qui nous sollicitent et sur les marchés dans lesquels elles sont installées ou qu’elles convoitent soit bien structuré et ciblé. Aujourd’hui, nous avons une plateforme et un logiciel qui gère toutes les informations touchant au programme Tasdir+ : entreprises, marchés concernés, appui aux entreprises, mode d’appui, mode de sélection, produits, suivi des entreprises. Tout cela est digitalisé et est enregistré et archivé au CEPEX, ce qui n’a jamais été fait auparavant.
Deuxièmement, nous avons procédé à un nouveau mode de sélection pour ce qui est des entreprises et qui garantit une évaluation rigoureuse du programme. Nous nous sommes inspirés d’une méthode appliquée par la Banque mondiale qui consiste en un nouveau mode de sélection baptisé “Random Selection“. Il s’agit d’une méthode qui doit garantir une sélection aléatoire d’un échantillon d’opérateurs, soit des entreprises que nous choisissons au hasard pour faire partie du programme et nous procédons à une évaluation a posteriori.
Avant d’adopter cette méthode, il y avait des critères d’éligibilité. L’entreprise postule et nos experts se déplacent sur place et voient par eux-mêmes si elle répond réellement aux critères d’éligibilité
Avant d’adopter cette méthode, il y avait des critères d’éligibilité. L’entreprise postule et nos experts se déplacent sur place et voient par eux-mêmes si elle répond réellement aux critères d’éligibilité. Suite à cette première évaluation, nous décidons si nous devons l’appuyer ou pas.
Aujourd’hui, c’est totalement différent. Prenons l’exemple du secteur des services qui pourrait être appliqué à tous les secteurs. Supposons que dans ce secteur il y a 200 entreprises candidates et que parmi ces 200 entreprises, la moitié seulement est retenue par notre programme. La sélection n’est plus en fonction d’un scoring comme c’était le cas des appels à candidatures mais elle se fait par rapport à la pertinence opérationnelle du projet et son adéquation par rapport au potentiel et aux ressources de l’entreprise.
Supposons que parmi les 100 présélectionnées, il y a 50 petites entreprises, 30 moyennes, et 20 grandes entreprises. Grâce au système Random Selection, nous aurons deux groupes d’entreprises éligibles, dont 50% appuyées par le programme, et 50% non soutenues. Celles-là constitueront le groupe de contrôle.
Pourquoi, me diriez-vous ? Parce que ce sont des entreprises comparables au niveau de la taille, du volume des affaires, du savoir-faire, des performances et ainsi de suite. La moitié non bénéficiaire permettra au programme de comparer ses performances à l’exportation par rapport au groupe sélectionné. Ceci étant et quel que soit le groupe d’entreprises éligibles qui sont retenues pour la sélection, chaque entreprise est certaine qu’elle a une chance sur deux d’être sélectionnée quoi qu’il en soit.

Comment voyez-vous le rôle des entreprises dans la réussite du partenariat avec votre programme et quelle est leur responsabilité ?
Cela dépend de la qualité du management de chaque entreprise, de ses choix et de sa capacité à tirer le meilleur de notre collaboration et du programme Tasdir+.
La Random Selection est le Nobel en matière de programme d’accompagnement à l’entrepreneuriat ; il met fin à un procédé de présélection qui peut léser certaines entreprises pour des raisons non fondées.
La Random Selection est le Nobel en matière de programme d’accompagnement à l’entrepreneuriat
La Tunisie mène la première expérience dans le monde arabe et en Afrique en la matière. Il a fallu 6 mois de négociations avec nos partenaires historiques et nos institutions pour les convaincre de la justesse de notre démarche. Ils ont fini par comprendre que les moyens dont nous disposons ne nous permettent pas d’aider plus de 600 entreprises, sélection aléatoire ou pas.
Le message fort est qu’il s’agisse d’une entreprise basée à Regueb, à Metlaoui ou dans un quartier résidentiel de Tunis, Sfax, Sousse, Jendouba ou Tataouine ou Kébili, tout le monde peut bénéficier de ce programme. C’est très important et permet de mettre fin à la marginalisation des entreprises basées ailleurs que dans le centre et qui se considèrent comme ignorées et méconnues. Grâce à la Random Selection, tous les opérateurs savent qu’ils peuvent être dans le programme.
Grâce à la Random Selection, tous les opérateurs savent qu’ils peuvent être dans le programme
Nous visons également la minimisation de la paperasse, de manière à ce qu’à partir du moment où l’entreprise est intégrée dans Tasdir +, ses dépenses puissent être très rapidement remboursées dans un délai maximum de deux semaines.

Et est-ce que la Random Selection vous donne plus de garanties en matière de pérennisation des activités des entreprises dans les pays où elles se sont implantées ?
Eh bien, mise à part l’évaluation rigoureuse globale du programme, nous procèderons à l’examen rigoureux de chaque produit et de chaque action. Dans le business-plan, nous avons incorporé les composants développement du produit, participation aux salons et prime à l’export.
A titre d’exemple, cette prime peut profiter aux petits agriculteurs qui exportent à destination de l’Europe.

Quel impact de cette évaluation sur les futurs programmes d’appui initiés par le CEPEX?
Grâce aux critères d’évaluation précis que nous avons mis en place, le CEPEX ou le FOPRODEX pourront revoir leur appui aux entreprises en fonction de ces résultats qu’elles réalisent et à leurs performances. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.
Mais il y a plus important, nous estimons que l’approche Random Selection peut être généralisée à d’autres domaines d’activités socioéconomiques. Nous avons ouvert une brèche qui peut être bénéfique pour d’autres secteurs. Nous voulons instaurer une culture «d’opportunisme» économique dans le sens noble du terme.
Notre programme doit pouvoir, avec les variables existantes, aller de l’avant malgré les obstacles et écueils de tout ordre.
Nous avons choisi le chemin le plus difficile, le plus long, mais nous avons réussi à convaincre tous nos partenaires, et là nous avançons. Nous avons entamé, depuis deux semaines, le lot 3 de Tasdir+ en adoptant la Random Selection.

Combien d’entreprises avez-vous appuyées à ce jour ?
278 entreprises et, comme je l’ai déjà spécifié, nous visons de faire profiter de notre programme 600. Mais nous pouvons faire plus surtout si nous devons appuyer les filières pour qu’elles arrivent à bien se positionner sur les marchés internationaux pérennisés.
Nous avons amorcé notre programme par la filière des TIC qui s’est imposée au Salon Mobile World à Barcelone ; un Salon de référence pour ce secteur. Nous avons réalisé que ce Salon est très pertinent pour que nos entreprises exportent en Afrique et dans le monde arabe.
Nous avons appuyé 70 entreprises et, aujourd’hui, il y a un retour sur investissement très important. Nous ne sommes pas encore dans l’évaluation qui se fera dans 6 mois. Les échos sont positifs et c’est rassurant.
Notre deuxième action concerne les marchés suisse et allemand sur lesquels nous voulons augmenter nos exportations en huile d’olive bio. La Tunisie a un quota de mille tonnes en suisse mais n’en exporte que 200 tonnes, alors qu’en Suisse il y a un programme public qui aide des pays comme la Tunisie à accroître leurs exportations sur son marché, il s’agit du Swiss Import Promotion Program (SIPPO).
Nous en avons discuté avec le CEPEX et nous avons invité un expert suisse à venir en Tunisie. Il a bien étudié la filière et le marché et a constaté que le potentiel tunisien est énorme et que nous pouvons bien nous positionner sur le marché de l’huile d’olive bio.
Nous allons lancer une action “vendeurs“ en Allemagne et en Suisse au mois de novembre prochain et ramener avec nous 6 ou 7 entreprises suisses pour établir le contact avec nos producteurs et faciliter l’exportation de l’huile d’olive bio vers ces pays.

Vous savez que pour ces deux pays, la labellisation et le respect des normes européennes pour tout ce qui touche à l’agroalimentaire sont indispensables.
Il y a deux types d’actions que nous pouvons entreprendre dans ce sens. Nous avons des entreprises qui sont d’ores et déjà prêtes et labellisées bio. Elles peuvent être rapidement opérationnelles.
Il y a celles qui auront besoin d’une aide pour la labellisation de leurs produits, et veulent l’appui de Tasdir+ pour certifier leurs produits ou les développer. Nous pouvons les aider et nous comptons tenir une série de réunions avec les groupements interprofessionnels de l’agroalimentaire, avec les Chambres mixtes pour voir ce que nous pouvons faire dans chaque pays et selon qu’il soit intéressé par un produit plutôt qu’un autre.
Nous avons remarqué, à titre d’exemple, que l’artisanat tunisien de luxe intéresse le marché britannique. Si jamais des opérateurs, ou 8 ou 9 artisans veulent créer un showroom, ou un point de vente sur place, nous sommes preneurs et nous donnerons notre appui technique et logistique. C’est pour cela que nous avons ouvert la brèche des actions transversales structurantes.

Et si vous nous parliez des défis auxquels vous faites face ?
Ils sont en premier culturels. Nous devons expliquer aux entreprises qu’exporter est une démarche et un positionnement que nous devons gagner, maintenir et garder. Ce n’est pas parce qu’aujourd’hui la Libye s’est fermée que nous devons nous tourner vers l’Algérie. Chaque marché est important et a ses spécificités. Un business-plan n’est pas valable sur tous les marchés, ce n’est pas du copie/coller. Il faut travailler là où les opportunités se présentent et communiquer avec nos partenaires dans le respect des différences entre les uns et les autres.
Ce n’est pas parce qu’aujourd’hui la Libye s’est fermée que nous devons nous tourner vers l’Algérie. Chaque marché est important et a ses spécificités
Tasdir+ est dans la pérennisation de la présence de nos entreprises à l’international, nous ne sommes pas dans les actions ponctuelles. Nous sommes différents du CEPEX.
Un autre défi est celui de l’administration. Parce que pour pouvoir réussir la simplification des procédures, il a fallu batailler : il y a des lois et de la résistance. Quand un opérateur a une subvention, il lui faut des justificatifs, des documents et des cachets à n’en pas finir. Nous voulons changer cet état des choses et, dans certains cas, nous avons pu le faire, mais pas dans d’autres. Nous ne sommes pas encore dans l’administration numérique à 100% mais nous avons gagné la bataille de la standardisation de certaines procédures.
Par exemple : pour les frais de voyage, nous demandions le talon du billet d’avion, la facture de l’agence et le transfert de la banque, maintenant c’est plus simple, l’opérateur ramène une copie du passeport (sortie et entrée du pays en question), et nous avons les données sur les tarifs appliqués à la date où il s’est déplacé, il est automatiquement remboursé.
Les Turcs et les Chinois partent à l’étranger en conquérants et non en concurrents, chez nous le leitmotiv est celui du cavalier seul
Le troisième défi concerne le marché international, car concurrencer les produits turcs ou chinois, ce n’est pas facile du tout, et là c’est une question de mentalité. Eux, ils partent à l’étranger en conquérants et non en concurrents, chez nous le leitmotiv est celui du cavalier seul.
Dans d’autres pays, vous allez dans un pavillon espagnol ou turc, vous demandez après tel ou tel produit, si vous ne le trouvez pas sur place, on vous oriente vers un compatriote. Ils font en sorte que vous n’échappiez pas à leur réseau national, ce n’est malheureusement pas le cas pour la Tunisie, et c’est culturel. Au lieu de gagner des parts de marchés en étant ensemble, nous les perdons en les abordant individuellement ! Lorsque vous voyez l’agressivité commerciale des Croates, Brésiliens, Turcs ou Chinois -et je les ai vus à l’œuvre en Algérie, où j’ai représenté le CEPEX pendant des années-, c’est tout simplement époustouflant et admirable.

Justement, comment faites-vous pour réussir votre politique communicationnelle et sensibiliser sur ces questions?
Nous avons utilisé la stratégie communication du programme économique et qui doit être ciblée et percutante. Nous sommes en train de travailler sur notre site web, là où il y a des vidéos avec une simplification du programme Tasdir+ et comment y adhérer. En plus, il y a la communication institutionnelle de Tasdir+.  Et nous comptons y procéder à travers les médias, mais également des workshops, des séminaires et des tables rondes.
Notre communication doit toucher tous les acteurs économiques sur le territoire national d’une manière intelligente.
En somme, nous voulons être dans le corps à corps si vous me permettez l’expression. Nous nous déplacerons dans les régions, nous attaquerons les secteurs un par un ainsi que les filières. Notre communication doit toucher tous les acteurs économiques sur le territoire national d’une manière intelligente.
Nous avons une petite équipe mais nous croyons en l’intelligence collective. Je ne pense pas que, en organisant un grand séminaire et en y ramenant tout le monde pour parler pendant des heures, et gaver l’assistance de discours, nous réussirons à communiquer comme il se doit. Nous ne sortirons que quand nous avons des choses à dire sur le programme.
Si j’organise une table ronde avec l’Ordre des ingénieurs, je dois auparavant identifier ma population cible, découvrir ses attentes et mettre en place des propositions concrètes qui peuvent les intéresser immédiatement et les inciter à être réactifs.
Même approche pour les cliniques, les agriculteurs, les services, l’industrie, le BTP et j’en passe. Il faut une communication à la carte.
Nous devons également attaquer des secteurs comme le tourisme alternatif, le golf, ou ceux qui ne sont pas appuyés par le CEPEX, comme le marché boursier, les intermédiaires en Bourse, les assureurs. Nous allons frapper à leurs portes pour leur dire “venez, Tasdir+ peut vous appuiera pour aller sur des marchés étrangers et les conquérir“.


Entretien conduit par Amel Belhadj Ali

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mercredi 11 juillet 2018

Huile d’olive: Comment accéder aux marchés suisse et allemand ?

 Publié le juin 2018



Le Centre de promotion des exportations (CEPEX) a organisé, mardi 26 juin 2018, dans le cadre de l’exécution du workplan, programme suisse de promotion de l'importation SIPPO-CEPEX 2018, un workshop sur le développement des exportations tunisiennes de l’huile d’olive vers les marchés suisse et allemand.
Le programme SIPPO, lancé en Tunisie en 2017, vise à faciliter les importations en provenance de 11 pays en transition, dont la Tunisie, vers les marchés suisse, européen et international.
Le directeur du programme SIPPO en Tunisie, Mohamed Jouneidi Abderrazak a indiqué que trois secteurs économiques tunisiens sont concernés par les actions du programme : les produits de la pêche, les aliments transformés et les ingrédients naturels.

Plus de participations aux concours internationaux

Les marchés suisse et allemand sont deux marchés en croissance continue avec un taux de croissance annuel moyen des importations estimé à 6%. En effet la Suisse a importé en 2017/2018, 15 000 tonnes d’huile d’olive, dont 250 à 300 tonnes en provenance de la Tunisie, ces dernières années. D’autre part l’Allemagne a importé environ 62 000 tonnes dont la Tunisie n’a exporté que 700 tonnes.
Pour parvenir à pénétrer de manière efficiente les marchés internationaux, dont le marché suisse, les entreprises tunisiennes sont appelées à participer au concours international de l’huile d’olive ‘’Zurich Olive Oil Award’’.
La participation à ce concours constitue une opportunité pour les entreprises tunisiennes pour renforcer leur positionnement et assurer la visibilité de l’huile d’olive tunisienne conditionnée qui n’est pas bien connue à l’échelle mondiale.
Au cours de cet atelier, l’expert international Udo Bürk a présenté une communication sur ‘’L’accès de l'huile d'olive tunisienne aux marchés suisse et allemand: difficultés et opportunités’’, à côté d’interventions sur le ‘’Marketing de l’huile d’olive tunisienne en suisse’’ et ‘’les stratégies de pénétration des marchés allemands et suisse’’.

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dimanche 25 février 2018

Remise des prix aux lauréats du premier concours tunisien des produits de terroir

Publié le 11 décembre 2017

La Cité des sciences à Tunis a abrité, vendredi 8 décembre, une cérémonie au cours de laquelle ont été remis les prix aux lauréats du “Premier concours tunisien des produits locaux” (olives, huile d’olive, fruits, plantes aromatiques et médicinales, légumes, miel, fromages, produits de la pêche).


Cette manifestation, la première du genre en Tunisie, a été organisée à l’initiative de l’APIA (Agence de promotion des investissements agricoles) dans le cadre du projet “Accès des produits de terroir aux marchés”. Ce projet est financé par la coopération suisse, avec le bureau de Tunis de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI).


Les préparatifs pour cette manifestation ont démarré depuis trois ans, en coopération avec la partie suisse pionnière dans ce domaine, avec une expérience de plus de 14 ans. A rappeler que le Maroc a déjà adhéré à cette démarche en organisant déjà deux sessions.

Présidant la cérémonie de remise des prix, Samir Taieb, ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, a mis l’accent sur l’importance de soutenir les produits agricoles locaux afin de leur permettre d’accéder aux marchés national et étrangers.

Il a, en outre, réitéré la volonté de son département de mettre à la disposition de la femme rurale des points de vente gratuits dans les gouvernorats afin de lui permettre de mieux faire connaitre et valoriser ses produits.

Samir Taïeb estime que “le premier prix national des produits de terroir constitue une expérience réussie et les prévisions tablent sur un élargissement du nombre de participants”.

Le concours, qui a démarré les 29 et 30 novembre 2017, a enregistré la participation de plus de 150 professionnels. Environ 100 dégustateurs ont participé à des séances de dégustation.

A rappeler que les prix obtenus permettront aux lauréats de faire connaître leurs produits aux niveaux national et international, d’autant plus que la nouvelle loi sur l’investissement, entrée en vigueur depuis le 1er avril 2017, permet aux agriculteurs d’obtenir une prime de 50%.

Le directeur du partenariat à l’APIA, Mohamed El Tokabri, avait annoncé le projet d’élaboration d’un guide national des produits agricoles locaux et un site web pour faire connaître les produits seront primés.


samedi 24 février 2018

Tunisie : 1er concours des produits du terroir, de gros enjeux

Le premier concours Tunisien des produits du Terroir aura lieu fin novembre 2017. Ce concours est organisé par l’Apia, avec l’appui du Projet d’accès aux marchés des produits agroalimentaires et du Terroir (PAMPAT), a indiqué à l’agence Tap Sana Hajlaoui, assistante administrative du projet, rencontrée dans le cadre du SIAMAP 2017.

Ce concours a été ouvert à tous les producteurs de produits du terroir (agriculteurs, producteurs individuels, SMSA, GDA, entreprises de transformation….). Il concerne 6 catégories de produits (olives et huile d’olive, fruits et plantes aromatiques, miels et fromages, légumes, produits de la pêche). Les inscriptions pour ce concours ont été clôturées, le 30 septembre 2017. La dégustation des produits aura lieu les 29 et 30 novembre 2017 à la Cité des sciences de Tunis.

La cérémonie de remise des médailles aura lieu le 8 décembre 2017. Un marché de produits de terroir sera ouvert au public les 8, 9 et 10 décembre 2017.

” Cet évènement aura un écho très favorable dans la mesure où il permettra de faire connaitre les produits du terroir et les labels tunisiens à l’échelle nationale mais aussi internationale “, a-t-elle estimé.

Interrogée sur la portée du projet PAMPAT, elle a affirmé que ” la valorisation des produits du terroir à travers l’amélioration de leur qualité et la garantie de leur accès aux marchés national et extérieur sont les principaux objectifs du Projet (PAMPAT), mis en œuvre par l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) avec un financement du Secrétariat d’Etat à l’économie de la Confédération suisse ( SECO) “.

Toujours, selon elle, ce projet, ” lancé en 2013 et qui se poursuit jusqu’à septembre 2019 vise à améliorer la performance et les conditions socio- économiques au sein des trois chaînes de valeur, notamment de la harissa, la figue de Djebba et les figues de barbarie “.

” Il a également pour objectif de contribuer à assurer la conformité des produits aux exigences des labels de qualité récemment introduits (Appellation d’Origine Contrôlée, Food Quality Label Tunisia, label bio), afin de les positionner sur des marchés de niche et permettre aux producteurs d’obtenir des prix et des revenus plus élevés et d’améliorer la durabilité environnementale des chaînes de valeur ” a-t-elle encore précisé.

Source
Article paru le 2 novembre 2017

jeudi 22 février 2018

Le CEPEX organise une mission d’affaires à Zurich


Le CEPEX organise une mission d’affaires à Zurich (Suisse), le 15 novembre prochain

Le Centre de promotion des exportations (CEPEX) organise, en collaboration avec l’ambassade de Tunisie à Berne et “SWITZERLAND GLOBAL ENTREPRISE” (SGE), une mission d’Affaires en Suisse (Zurich), le 15 novembre 2017.

Le programme de cette mission comporte l’organisation d’un Forum d’affaires tuniso-suisse pour présenter les opportunités d’exportation et de partenariat, un buffet de réseautage, des rencontres d’affaires BtoB, une exposition et dégustation des produits tunisiens.

Trois secteurs seront mis en valeur à cette occasion, à savoir l’Agroalimentaire (y compris les produits bio, notamment l’huile d’olive et les dattes), les TIC et les industries mécaniques, électriques et électroniques.

mardi 9 janvier 2018

Huile d’olive: le concours «Zurich Olive Oil Awards» ouvert aux entreprises tunisiennes

 Par Imen Zine, publié le 9 janvier 2018



La Chambre de Commerce et d’Industrie de Tunis (CCI Tunis) organisera, le 18 janvier à Tunis, une journée d’information sous le thème: «Branding de l’huile d’olive Tunisienne en Suisse – participation au concours «Zurich Olive Oil Awards», et ce,  en collaboration avec le Programme suisse de promotion de l’importation (SIPPO Tunisie). 

Lors de cette rencontre, l’accent sera mis sur les modalités de participation des entreprises Tunisiennes au concours « Zurich Olive Oil Awards» (Prix de l’huile d’olive de Zurich).
La participation Tunisienne à ce concours constitue une occasion pour renforcer le positionnement et la visibilité de l’huile d’olive Tunisienne conditionnée et de faire rayonner son branding en Suisse.
Prix du concours «Zurich Olive Oil Awards» 



Le concours «Zurich Olive Oil Awards» est réparti en deux catégories de prix. Il s’agit de la catégorie «Évaluation d’expert» qui se déroulera durant les mois de mars et avril 2018.

Trois prix seront décernés, à savoir «Gold 2018», «Argent 2018» et «Bronze 2018». Il peut y avoir plusieurs gagnants dans chacun des trois catégories de prix.
Autres prix spéciaux pour l’huile d’olive extra vierge seront attribués, en plus d’avoir  mentionné les catégories gagnantes d’Or, d’Argent et de Bronze :
  • Le prix «Best Mono-Variety 2018» va être attribué à l’huile considérée comme meilleure huile monovariétale, c’est-à-dire produite à partir d’une seule variété d’olive génique.
  • Le prix «Best Organic 2018» sera attribué à l’huile considérée être meilleure huile biologique contrôlée.
  • Le prix «Best country 2018» sera attribué à l’huile d’olive extra vierge considérée comme la meilleure d’un pays particulier.
Il s’agit aussi de la catégorie «Évaluation des consommateurs» qui se déroulera du 13 au 16 septembre 2018.

Pour cette catégorie de prix, le prix du public «OLIO 2018» sera distribué, et ce, en se basant sur un test d’acceptation par un panel des consommateurs finaux.

Le prix spécial «Best Design 2018» sera, également, attribué au plus populaire ou plus attractif emballage (bouteille, canette, étiquette …).

Notons que tous les prix sont en francs suisses: pour 1 huile gagnant, le prix sera d’une valeur de 600 francs suisses (environ 1530 DT) et pour chaque huile supplémentaire gagnant, un prix d’un montant de 300 francs suisses (environ 760 DT).

Source

dimanche 26 mars 2017

Coopération Tuniso-Suisse: l’harissa et la Journée internationale des femmes

Coopération Tuniso-Suisse: l’harissa et la Journée internationale des femmes

Mercredi 8 mars c’est la Journée internationale des femmes. Pour célébrer cette journée j’ai choisi de parler de l’expérience d’un collectif de femmes tunisiennes qui a réussi à percer grâce à l’aide au développement économique helvétique. 

Quel rapport y a-t-il entre l’harissa et la Journée internationale des femmes? Apparemment aucun…Aucun à part que ce produit du terroir tunisien fait le bonheur d’une coopérative féminine rurale de Menzel Mhiri qui commence à commercialiser son produit en Suisse…
En cette journée des femmes c'est l’occasion de mettre en lumière les avancées des unes et les problèmes que rencontrent d’autres dans l’exercice de leur profession.
Retour sur la réussite de l’unique coopérative féminine en Tunisie qui a pu démarrer en 2016 l’exportation vers la Suisse. L’aide au développement économique helvétique a porté ses fruits.
Entièrement féminine, Tahadi (défi) est une société mutuelle de services agricoles (SMSA) qui fonctionne comme une coopérative regroupant 164 femmes rurales de Menzel Mhiri sise dans le gouvernorat de Kairouan. Son but est de perpétuer le savoir faire traditionnel transmis par les anciens et en faire un travail pour les femmes respectant l’économie solidaire tout en gagnant de l’argent.
Tahadi a lancé sa propre marque Errim pour commercialiser l’harissa à l’huile d’olive en Tunisie et maintenant en Suisse avant d’attaquer d’autres marchés européens à fort potentiel.
Un groupement d’achat solidaire en Italie, puis en Allemagne en ce début d’année lors de la Semaine Verte Internationale à Berlin, ont déjà mis en vente cette harissa made in Menzel Mhiri. Une belle façon de valoriser un produit du terroir fait par des femmes.
Cette success-story a pu voir le jour grâce à plusieurs partenaires dont l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (Onudi), siégeant à Vienne, qui est en train de mettre en œuvre le projet d’accès aux marchés des produits agroalimentaires et de terroir (Pampat), financé par le secrétariat d’Etat à l’Economie de la Confédération Suisse (Seco), en collaboration avec le ministère tunisien de l’Industrie et du Commerce et celui de l’Agriculture.

A l’instar du Concours suisse des produits de terroir à Délémont (Suisse), organisé chaque deux ans par la Fondation Rurale Interjurasienne, la Tunisie aura aussi, en décembre 2017, son «concours des produits de terroir», une première qui s’inscrit dans le cadre du projet Pampat. Voilà une belle vitrine pour promouvoir les produits agroalimentaires tunisiens.
Et demain est un autre jour!