Base de données presse et documentaires francophones sur toutes les relations entre la Tunisie et la Suisse. Tous domaines confondus (politique, histoire, culture, sport, etc.)
vendredi 1 février 2019
vendredi 25 janvier 2019
Un tribunal refuse de marier une retraitée suisse avec un jeune Tunisien
Le 20 mai 2016
Source
Le tribunal du canton suisse de Vaud a refusé d'enregistrer le mariage
d'une retraitée suisse, âgée de 71 ans, et d’un jeune Tunisien, âgé de
21 ans. Selon le tribunal, le Tunisien n’a pas de sentiments amoureux
pour la Suissesse et son objectif est de déménager en Suisse.
Selon la retraitée, elle avait déjà été mariée à un Camerounais de 13 ans son cadet, rapporte The Local.
"Je me suis déjà mariée en 1988 avec un
Camerounais de 13 ans mon cadet. Un de ses cousins est venu et a semé la
pagaille. Il battait sa femme et a entraîné mon mari dans une vie
débridée. Nous avons divorcé", a-t-elle déclaré au journal suisse 20
minutes.
La Suissesse est rentrée en contact avec le Tunisien sur Facebook quand il avait 18 ans.
"On aime le rap, les balades dans la nature. Nous avons les mêmes idées", a-t-elle souligné.
Ils se sont rencontrés pour la première fois lorsque la retraitée
est allée en Tunisie pour fournir des documents à l'ambassade suisse en
Tunisie pour enregistrer le mariage.
"Je ne peux pas vivre sans lui. Je veux l'épouser", a-t-elle déclaré.
Cependant,
les juges suisses ne partagent pas la joie de leur concitoyenne. Fin
avril, ils ont rejeté la demande d'enregistrement du mariage, en le
considérant comme "une escroquerie sentimentale à but migratoire".
D'après la législation suisse, ceux qui veulent se marier doivent
soumettre leur demande à l'instance, selon le lieu de résidence, qui est
chargée d'examiner s'il est possible d'enregistrer le mariage. D'après
les lois suisses, un couple ne peut enregistrer un mariage pour
"contourner la législation concernant la migration".
Source
samedi 19 janvier 2019
Un policier m’a dit : "Pour vous les Arabes, c’est fini la Suisse".
28 octobre 2014 par Laure Siegel (Texte et Photos)
De Sfax à Strasbourg, l’odyssée d’un haraga tunisien
On les appelle les haragas, ceux qui "grillent" la mer. Z. est l’un d’entre eux : il a 38 ans, une mémoire des dates et des chiffres incroyable et une passion pour le sudoku. Ce Tunisien est arrivé en France au printemps 2011, quelques semaines après la révolution et le délitement du régime Ben Ali, et depuis vivote dans la capitale européenne. Cette chronique a été publiée initialement en novembre 2013 sur l'ancien site d'ARTE Journal et rien n'a vraiment changé en un an : Z. accepte toujours n'importe quel boulot, se fait réexpulser à l'occasion vers l’Italie et vit de café-clopes en rêvant de mariage et de voyage. De Sfax à Strasbourg en passant par Lampedusa, l’histoire d’un migrant qui pourrait être votre voisin.
Je viens de Sfax, j’ai arrêté l’école à 17 ans parce que ça me faisait de la peine de voir mes parents trimer et je voulais les aider. Je détestais aller à l’internat aussi. J’étais seulement bon en histoire et en mathématiques, peut-être que j’aurais dû aller jusqu’au baccalauréat. Après, j’ai travaillé dix ans à l’université où j’étais responsable de la cafétéria des étudiants puis j’ai cumulé avec des courses de taxi pendant le Ramadan, les vacances, les week-ends. Les dernières années, je n’ai plus fait que chauffeur de taxi, ça payait mieux et j’aimais bien.
Il y a quinze ans, j’ai commencé à faire des
demandes de visas, mais ça ne marchait pas parce que je n’avais ni bon
salaire, ni hébergement sûr, ni promesse d’embauche, … donc la France
n’a aucun intérêt à m’accueillir. Un jour, un type dans un café m’a dit
: "Tu me donnes 1 000 euros, je te fournis un faux visa". Je
lui ai donné l’argent, mais il m’a carotté, je ne l’ai plus jamais revu.
Normalement un visa ça coûte juste un timbre, autour de 45 dinars (20
euros) à l’époque.
En 2001, j’ai pris un vol de Tunis pour Abidjan
avec escale à Zurich. En Suisse, j’ai voulu partir pour prendre un train
vers la France mais je n’ai pas réussi à sortir de la zone de transit.
Un policier m’a dit : "Pour vous les Arabes, c’est fini la Suisse".
C’était un mois après les attentats du 11 septembre. J’ai dû prendre le
vol pour la Côte d’Ivoire où je suis resté dix jours puis je suis
rentré chez moi.
En juillet 2002, j’ai essayé d’obtenir un visa
pour l’Allemagne, ça n’a pas marché non plus. J’ai commencé à
m’intéresser aux bateaux même si sous Ben Ali, on risquait minimum deux
ans de prison si on se faisait attraper en train de prendre la mer. Pour
le passeur, la peine était encore bien plus lourde. Le président
recevait de l’argent de la France pour arrêter les candidats à la
migration.
Début 2011, j’ai commencé à oublier cette idée
de bateaux puis les manifestations ont éclaté. Elles ont commencé le 12
janvier à Sfax. C’était violent, je devais continuer à faire le taxi
pendant les affrontements avec la police. Et puis la police a disparu,
plus personne ne la commandait, il ne restait plus que les militaires le
long des côtes. Dans un café, j’ai trouvé quelqu’un qui m’a dit "C’est 1000 dinars (450 euros) pour passer".
Fin mars, j’ai dit au revoir à ma mère, mon
frère et ma sœur et je suis parti pour la plage de Djerba avec juste un
peu d’eau et de lait. Je n’ai surtout pas emmené de papiers, pour ne pas
risquer de les perdre et pour ne pas qu’on m’identifie à l’arrivée.
Nous avions rendez-vous à 21h30, nous avons chacun donné l’argent au
passeur qui l’a remis à son frère avant de monter avec nous. Nous étions
64, que des hommes, serrés comme des sardines, sur un petit bateau en
bois de moins de 10 mètres.
Quelques kilomètres après Djerba, un bateau de
l’armée nous a arrêtés et les militaires nous ont ordonné de faire
demi-tour. Ils nous ont aussi dit qu’il y allait avoir du vent une fois
en pleine mer, et pour ça ils avaient raison, nous avons subi la houle
plus tard. Mais nous ne voulions pas retourner sur la côte tunisienne,
nous avons menacé de mettre le feu au bateau s’ils ne nous laissaient
pas repartir. Nous avons commencé à balancer du gasoil au sol et ils
nous ont dit "Ok, allez-y, faites ce que vous voulez".
Au milieu de la route, nous sommes tombés en
panne à cause de la pompe à eau qui a lâché. L’eau a commencé à remplir
le bateau, nous avons écopé avec les bidons de gasoil vides, et
heureusement le passeur a réussi à réparer la pompe. Le voyage a duré 25
heures. On s’est raconté nos vies et nos rêves sur l’Europe.
Un bateau qui est parti en même temps que nous
transportait 45 personnes. Il est aussi tombé en panne mais n’a pas
réussi à repartir. Seuls trois gars ont été sauvés en s’accrochant à des
bouts du bateau et ont été récupérés par le dernier bateau parti le
même soir. Je les ai vus à Lampedusa, ce n’était pas beau à voir, ils
avaient tout le corps, le visage troués parce qu’ils s’étaient fait
bouffer par les petits poissons. Nous avons perdu beaucoup de gens dans
la mer, c’est une catastrophe.
Nous sommes arrivés à Lampedusa à 22h45 le
lendemain. A 100 mètres du rivage, les bateaux des pompiers nous ont
cherché. La police a détruit notre embarcation. Les malades ont été pris
en charge par les ambulances puis ils nous ont emmenés au centre de
rétention. La Croix-Rouge s’est bien occupée de nous, nous a donné à
manger, des vêtements, des cigarettes mais le centre était plein à
craquer. Tous les lits étaient occupés, les gens dormaient par terre et
même sur les flancs de la montagne autour du centre. En 2011, 25 000
Tunisiens sont passés par Lampedusa, c’est énorme.
Au bout de huit jours, ils nous ont dispatché
dans plusieurs centres de l’Italie. J’ai été placé à Foggia avec un des
copains de Sfax avec qui j’étais parti, j’ai eu de la chance. Il est à
Paris maintenant. C’est un vrai copain, je ferais tout pour lui. A
Foggia, il n’y avait pas beaucoup de monde, nous n’étions que deux par
chambre, c’était plus vivable. Ils nous ont donné un permis de séjour
pour l’Italie valable six mois.
La journée, nous avions le droit de nous balader
en ville puis le soir nous devions rentrer. Au bout de trois jours, je
ne suis pas revenu au centre, j’ai pris le train pour Milan puis pour
Lyon. Mais la police frontière est montée dans le train, m’a contrôlé et
m’a fait descendre à Modane, juste à la frontière. Deux autres
sans-papiers se sont faits choper dans le train, un autre Tunisien et un
Turc. La police ferroviaire a pris nos empreintes, une photo et nous
ont donné un papier d’obligation de quitter le territoire français. J’ai
demandé au policier où je devais aller, il m’a dit "En Italie ou en France, je m’en fous." Ils nous ont donné à manger et nous ont relâché dans la nuit.
J’ai appelé un ami qui habite à Strasbourg, je
lui ai décrit le village où je me trouvais, il a trouvé sur Google Maps
et il m’a dit de l’attendre, qu’il partait tout de suite et serait là au
petit matin. Je suis resté toute la nuit dans la montagne, loin de la
route, sous la pluie et dans le froid. A 7 heures, mon ami est arrivé et
m’a ramené en France.
Je n’ai pas demandé de papiers en France parce
que je suis sûr à 100% que je ne les aurais pas : je n’ai pas de fiche
de paie, ni de promesse d’embauche fixe, ni de mariage en vue et je n’ai
pas les moyens de me payer un avocat. J’ai quelques amis tunisiens et
un docteur français qui m’aide.
Je savais que ça allait être dur mais je ne
pensais pas que la loi serait aussi difficile à comprendre. Comme on dit
chez nous, c’est comme "un mariage impossible" ce problème de papiers.
J’aime la liberté plus que tout et je n’y ai pas droit. Je ne peux pas
me balader près de la gare, à Homme de fer (la station de tram centrale
de Strasbourg) ou au marché de Noël, il y a trop de policiers. Ce qui me
fait le plus mal c’est de ne pas être libre. Vous êtes des gens, vous
vous baladez comme vous voulez en Tunisie et nous ici on est quoi ? On
est des animaux.
J’ai d’abord passé six mois à Paris. A Pantin,
une journaliste d’Al-Arabiya nous a proposé de l’argent pour répondre à
une interview filmée sur les chantiers illégaux. Nous avons refusé. Je
vivais dans un squat, bossais avec un Turc dans un magasin qui
fournissait du matériel de chantier aux entreprises. Puis je suis revenu
à Strasbourg, où je travaille sur des chantiers de démolition dans des
petites entreprises, au black.
Depuis que je suis en France, je me suis fait
arrêter six fois. Mais en mai, j’ai été envoyé au centre de rétention de
la région. J’y suis resté cinq jours, je suis passé devant le juge puis
ils m’ont expulsé en Italie par avion. A Rome, ils m’ont à nouveau
relâché, je suis allé à Milan et j’ai repris le bus pour Strasbourg. La
douane en Suisse m’a laissé passer avec le permis de séjour italien
périmé, le récépissé correspondant et mon passeport tunisien. C’est
n’importe quoi, j’avais prévenu le juge que je reviendrais tout de suite
après mon expulsion et qu’ils dépensaient de l’argent pour rien.
Du mois de juin au mois d’août, je n’ai pas
trouvé de travail, c’était difficile. En plus c’était le Ramadan, je ne
mangeais pas, je n’avais pas d’argent mais je devais quand même fumer
mon paquet et demi par jour. En Tunisie, je ne fumais que la chicha une
fois par semaine, ici avec tout ce stress, je me suis mis à fumer
énormément. J’ai l’aide médicale mais pas l’aide au logement, je vis
dans un foyer de travailleurs. Je sais que je vais me faire expulser à
nouveau, si ce n’est pas aujourd’hui, c’est demain. J’ai franchement une
vie de merde en ce moment mais je suis quand même content. Je voyage,
je veux construire ma vie et ça me fait tenir.
J’aime la difficulté. Je me suis acheté des
carnets de sudoku de plus en plus durs. Ça m’a même sauvé un jour.
J’étais dans le tram en train de remplir une grille et des policiers
sont montés dans la rame. Je suis resté concentré, ne laissant pas
transparaître ma panique et ils ont passé à côté de moi sans me
contrôler, sûrement parce que j’avais l’air d’un mec normal qui allait
au travail.
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samedi 12 janvier 2019
Tunisie : Ode à la figue de Djebba au restaurant le Baroque
Le restaurant le Baroque a organisé, mercredi 12 septembre, une réception afin de présenter aux gourmets la figue de Djebba, premier et unique fruit AOC de Tunisie. La réception a été offerte par l’ONUDI et l’Académie Nationale de Cuisine.
Rappelons que la figue de Djebba a obtenu le label AOC en 2012, par arrêté du Ministre de l’agriculture. Un nouveau dynamisme s’est développé aussi bien dans la zone de production elle-même que dans toute la région qui ne vit désormais plus que par et pour son précieux fruits.
Cette dynamique fait l’objet d’un soutien et d’un appui sans faille notamment pour la production, la commercialisation et la promotion de ce fruit phare de la part des autorités et des organismes d’appui à savoir la Direction Générale de la Production Agricole du ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, chargée de la mise en place et la promotion des Appellations d’origine contrôlée et des Indications de provenance en Tunisie , le GIFRUITS, Groupement Interprofessionnel des Fruits, chargé de la promotion des fruits labélisés ainsi que du projet PAMPAT, financé par le Secrétariat d’Etat à l’Economie Suisse et mis en œuvre par l’Organisation des Nations Unies pour les Développement Industriel et de l’ONTT, chargé de la promotion du tourisme alternatif dans les zones touristiques non traditionnelles.
« Il s’agit d’un projet de mise en valeur et de promotion des produits du terroir. Il est mis en œuvre par l’organisation des Nations Unies pour le développement industriel et est financé par la Suisse. On est aujourd’hui ici pour valoriser la figue de Djebba, avec l’aval du ministère de l’agriculture. On a choisit ce fruit parce qu’il s’agit du seul en Tunisie qui est d’appellation d’origine contrôlée (AOC). Il s’agit d’une variété unique dénommée Bouhouli qui est le seul fruit contrôlé, ayant un système de traçabilité. Cet événement est organisé en collaboration avec l’académie nationale de cuisine en Tunisie pour montrer au consommateur comment utiliser la figue de Djebba dans la cuisine» a déclaré à cette occasion Nuria Ackermann, Coordinatrice du projet PAMPAT Tunisie (ONUDI).
Les invités ont ainsi eu le privilège de déguster des hors d’œuvre et des mets à base de figue, tous concoctés par de grands Chefs à l’instar de Mounir El Arem, Propriétaire du Baroque et président de la délégation tunisienne de l’Académie nationale de cuisine française, Rafik Tlatli Co-fondateur de l’association des professionnels de l’art culinaire ou encore Michael Kargi, Chef cuisinier de l’ambassade de France.
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samedi 5 janvier 2019
Décès d’un pilier de l’armée, Béchir Turki
La Tunisie vient de perdre l’un des pères de l’armée tunisienne, le colonel Béchir Turki, ingénieur en électronique spécialiste des systèmes de transmission et radars, né à Mahdia le 21 Mars 1931.
Ancien du Collège Sadiki, Béchir Turki avait reçu une formation d’officier à l’école militaire spéciale de Saint-Cyr, à l’école pratique de renseignements de Montargis, à l’école supérieure technique de renseignements de Pontoise et enfin à l’Ecole de guerre de Paris. Egalement ingénieur en radar, il a été à la tête de la direction des renseignements généraux au ministère de la Défense, puis à celui de l’Intérieur.
Major de promotion, il a eu pour mission de bâtir avec ses compagnons la jeune armée nationale de la Tunisie indépendante dès 1956, ainsi que l’implantation des premiers systèmes de transmission sans fil militaires et civils de la Tunisie ERTT, de Bizerte à Borj Khadhra.
Suite à des divergences politiques avec sa hiérarchie, il fut contraint à l’exil en Suisse, comme réfugié politique. Il est, depuis, consultant international pour les questions de sécurité et de guerre électronique.
Ancien militaire atypique, Béchir Turki est l’auteur du livre “Ben Ali le ripou” et d’un autre ouvrage intitulé “Eclairage sur les recoins sombres de l’ère Bourguibienne”.
Suite à une complication cardiaque chronique, le colonel Béchir Turki est décédé le matin du 23 octobre 2018. Il sera inhumé demain mercredi 24 octobre 2018 à Sidi Daoud.
Que Dieu ait son âme !
ParAmeni Fraj
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samedi 29 décembre 2018
Ces jeunes tunisiens qui brillent au Sommet de Lugano
Publié le 27 août 2018
Ils s’appellent Maher, Amina, Molka, Sofiane, Zeineb, Nouha, Yosr et Youssr. Ils ont tous entre 24 et 32 ans, ont réussi leurs études supérieures en Tunisie et/ou à l’étranger et commencé une carrière professionnelle prometteuse. Activement investis dans la société civile, ils ont été sélectionnés pour participer au Sommet de Lugano 2018, des jeunes de la Méditerranée et du Moyen-Orient. Tout au long des dix jours du Forum qui a précédé le Sommet, avec près de 150 autres de leurs pairs venus de 30 pays, ils n’ont cessé de débattre, d’échanger, de confronter leurs expériences. Quitte à perdre nombre de leurs illusions avant d’aboutir à des initiatives à même de fonder une part de l’avenir. Ils se distingueront davantage au cours des séances plénières du Sommet, au Palais de Congrès, en participant aux panels de discussion et interpellant, par des questions pertinentes, les ministres, ambassadeurs, penseurs, et autres chercheurs intervenants.
Ravis de les rencontrer, les officiels tunisiens délégués au Sommet ont eu un vrai moment de bonheur à s’entretenir avec eux, sans langue de bois, en totale interaction. Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Marouane El Abbassi, le premier conseiller auprès du président de la République, chargé de la Sécurité nationale, Kamel Akrout, le Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères, Sabri Bachtobji et l’ambassadeur de Tunisie à Berne, Mourad Bourehla ont prêté à ces jeunes une écoute attentive.
Maher Bayahi, 32 ans, était banquier à la City, Londres, spécialisé en private equity. Janvier 2011 sera un grand déclic pour lui. Il revient en Tunisie, rejoint MG, la chaîne de grande distribution, au département des ressources humaines où il considère qu’il peut être le plus utile. La fibre sociale et la volonté de servir l’emportent en lui au business. La grande propre interrogation qu’il se pose à chaque réveil : Comment pourrais-je être utile, à ma communauté ? Mûri par ses années au cœur de l’action en Tunisie, il affirme humblement, comme le pensent nombre de ses pairs : ‘’On est prêt à prendre le relais, en tant qu’acteurs de changement. Mais aussi à tisser le nécessaire et enrichissant lien générationnel.’’
Amina El Abed, est diplômée en Administration des Affaires (MSB) et en Relations diplomatiques (Mastère à Birmingham). Elle a notamment été auditeur interne en Chine. De retour à Tunis, elle a créé un cabinet international de conseil en stratégie, spécialisé dans la communication, la gestion de la réputation, la communication de crise, la prévention de l’extrémisme et de la radicalisation des jeunes. Ses clients sont des gouvernements, des organisations régionales et internationales, des centres d’étude et de recherche… Fière de ses origines tunisiennes ancrées à Nefta, dans le Djérid, Amina nourrit un grand projet pan-régional : réconcilier les jeunes avec leurs gouvernements, ‘’c’est-à-dire, les gouvernements avec la jeunesse de leurs pays’’, précise-t-elle.
Molka Abbassi, enchaine les diplômes et les pays d’études, puis de travail. Diplômée de l’IHEC Carthage, elle partira aux Etats-Unis, décrochera un mastère en Economie de Développement en Angleterre, approfondira ses études économiques à HEC Lausanne et sera accueillie en stagiaire à l’OCDE. Mais, c’est au Bureau international du Travail (BIT) à Genève qu’elle s’investit actuellement, en collaborant sur une grande étude à base de statistiques et de veille mondiale. ‘’De là où je suis, j’essaie d’incarner au mieux ma tunisanité, ma Tunisie, dira-t-elle. Bientôt, Molka Abbassi ira s’installer à Dubaï, au sein d’un grand cabinet international de conseil en stratégie. ‘’Mes choix essayent d’être raisonnés, lâche-t-elle, en toute modestie. Mon fil directeur est en fait d’acquérir le maximum de connaissances (knowledge) et de connaissances (network)… pour les mettre au service de la Tunisie quand j’y reviendrai, ce qui ne saurait tarder.’’ Avec un CV bien riche et un carnet d’adresses qui s’épaissit, Molka El Abbassi fera le bonheur des chasseurs de tête, pouvant lui garantir des packages annuels des plus attractifs dans de prestigieuses multinationales. Mais, son ambition est autre : ‘’La Tunisie, et l’Administration publique !’’ confie-t-elle en toute abnégation. Une leçon de conviction et un message d’espoir.
Sofiene Marzouki, 28 ans, est exceptionnel. Il a déjà créé un business incubateur à Niamey, puis son entreprise à Accra (Ghana), lancé une compagnie d’importation et de distribution de riz au Niger et bientôt en Côte d’Ivoire, contribué au développement de Jumiya en Egypte et le voilà maintenant en Tunisie depuis 18 mois. Sans cesser de développer son portefeuille d’affaires. Né aux Pays-Bas où sa famille avait émigré, il y suivra ses études puis les continuera au Norvège. A 16 ans seulement, il avait commencé à importer des produits à partir de la Chine pour les revendre en Hollande. Mais, c’est à l’âge légal de 21 ans, qu’il établira officiellement sa première expérience. Pourquoi ce retour en Tunisie, et pourquoi en ce moment, précisément ? Sofiane laisse parler son cœur et son intelligence. ‘’C’est un moment exceptionnel. Je dois y être !’’. Le choix d’un vrai ‘’Change-Maker’’.
Zeineb Chaouch a 24 ans et la passion du théâtre dans les gènes. Après une licence en Droit à la faculté des Sciences juridiques, elle est en 2ème année de mastère. ‘’En fait, tout se marie en moi : les arts et le droit, la société civile et plus tard la carrière professionnelle, le présent et l’avenir’’, nous confie-t-elle. Lugano sera pour elle son premier voyage à l’étranger, et une grande opportunité de ressourcement et de networking. ‘’Vous ne pouvez pas imaginer combien tous ses contacts et ces échanges sont stimulants pour moi’’, s’exclame Zeineb, la tête pleine de projets.
Nouha Belaid, diplômée de l’IPSI est journaliste, communicatrice et consultante. Son parcours universitaire et professionnel s’est croisé entre la Tunisie, la France, le Canada et d’autres pays. Très active dans les réseaux associatifs, elle s’implique dans les projets et débats sur les nouveaux médias et les enjeux de la communication. Là où elle va, elle n’oublie jamais de porter autour du cou une khomsa tunisienne, insiste-t-elle.
Yosr Belkhiria, 28 ans, est journaliste à l’Agence Tunis-Afrique Presse (TAP), après une première expérience à La Presse, dans la version électronique La Presse News. Parallèlement à une thèse de doctorat qu’elle s’apprête à finaliser et soutenir, elle s’implique dans l’associatif. Ses années d’études à Grenoble lui avaient déjà montré la voie. Mais, le contexte tunisien lui offre à présent des opportunités exceptionnelles d’accomplissement personnel… au service des autres.
Yosser Belguith, 24 ans, originaire de Sidi Makhlouf à Médenine est déjà une icône dans le Sud tunisien. Après des études en Business Administration et marketing, elle se décidera à s’établir à Médenine pour y ouvrir le premier coworking center. Tous l’en dissuadaient, mais sa détermination l’a emporté. Le succès n’a pas tardé à poindre. Et la voilà rayonnante de bonheur, partageant son expérience dans de nombreux forums où elle est sollicitée à l’étranger, et surtout à l’affût de nouveaux projets. Allier business et service à la communauté, les jeunes entrepreneurs de surcroît, est pour Yosser Belguith plus qu’une véritable vocation, une mission.
Ils sont dans les nouveaux codes
Huit profils en mosaïque dessinant les contours d’une nouvelle jeunesse tunisienne qui émerge, s’impose et promet. Ce qui les distinguent le plus, c’est ce degré de maturité dont ils font montre, leur modestie naturelle et leur volonté d’être utiles aux autres. Réussir pour eux n’est pas de se mettre sous les feux de la rampe, de gagner de l’argent et d’occuper de hautes positions professionnelles et sociales, mais de servir. Un autre mental qui rompt avec l’état d’esprit de nombreux jeunes leaders éblouis par les golden boys & girls. Ils sont dans les nouveaux codes, ce qui seront les plus profitables à la Tunisie. Lugano a le mérite de les révéler.
Taoufik Habaieb, envoyé spécial de Leaders à Lugano (Suisse)
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vendredi 21 décembre 2018
Arlette Monnard-Elhajhasan, une Genevoise à l’âme arabe
Par Aline Jaccottet ,Publié lundi 13 août 2018 à 19:53, modifié mardi 14 août 2018 à 20:48.
Arlette Monnard-Elhajhasan, une Genevoise à l’âme arabe
Par amour et goût de l’aventure, l’Helvète a abandonné le confort de son pays pour s’immerger dans le monde arabe. Une exploration de toute une vie qu’elle ne regrette pas un instant
Ne vous fiez ni à sa blondeur ni à ses yeux verts: après quasi quarante ans passés au Proche-Orient et au Maghreb, Arlette Monnard-Elhajhasan est Arabe. Généreuse dans l’accueil, le verbe haut et l’émotion spontanée, ses gestes respirent l’aisance de ceux qui sont habitués à voguer d’un monde à l’autre. En Suisse, sa nature expansive détonne; en Tunisie, en Jordanie et en Cisjordanie, on s’étonne qu’une ajnabia (étrangère) maîtrise à ce point une langue et des codes si complexes. C’est qu’Arlette, infirmière de profession et originaire de Chambésy (GE), a vécu des années en Palestine rurale avant de s’établir à Djerba.
Un réveillon décisif
Son destin bascule à Londres, lors du réveillon du 31 décembre 1970. Elle qui était venue suivre une école d’infirmières rencontre Hasan, un étudiant en gynécologie palestinien. L’homme est issu de la tribu bédouine turkmène Achira qui vit depuis 1948 à Nazalwasta, petit village de Cisjordanie entre Tulkarem et Jénine. C’est le coup de foudre, puis le mariage et quatre naissances: Abdulmuti en 1972, Raya en 1974, Yasmine en 1975 et Khaled en 1977.
Hasan ne veut pas quitter l’Angleterre, mais Arlette, en mal d’exotisme, rêve de voir la Palestine. Sa persévérance a raison des réticences de son mari et le 15 mai 1979, la famille quitte Londres pour Nazalwasta, à la stupeur des parents et de la sœur d’Arlette. Laquelle atterrit dans un monde arabe rural qui lui réserve quelques difficultés. «J’ai eu de la peine à me faire à la séparation hommes-femmes pratiquée strictement par les Bédouins», dit-elle. Et puis, la vie est spartiate: pas de téléphone, des toilettes à la turque, des serpents et des lézards qui s’invitent à l’improviste dans la maison, des moustiques omniprésents… Surtout, Arlette doit se familiariser avec la langue et la culture de sa belle-famille. Tous les soirs, elle apprend un mot d’arabe, aidée par ses belles-sœurs et encouragée par son inénarrable belle-mère, Jitti, une vieille Bédouine ridée et tatouée qui mange avec les mains et avec force bruits de bouche. Arlette se fond tout entière dans cette nouvelle vie, embrassant l’islam qu’elle pratique dans un mélange serein de décontraction et de respect des traditions.
Mille naissances
Les quinze années qui suivent laissent peu de place aux regrets, aucune aux loisirs. Arlette l’infirmière et Hasan le gynécologue font équipe pour accoucher des centaines de femmes. «Pas une n’est morte entre nos mains», dit-elle avec fierté. Un exploit au vu de la dureté de la vie des mères souvent harassées par le travail des champs, et des conditions humaines et sanitaires des naissances. Lorsqu’elle revient en Suisse pour de courts séjours, Arlette ne s’y retrouve pas, entre la rigidité de sa famille qui l’étouffe et «les préjugés des gens qui avaient tant de peine à penser que j’étais la mère de ces quatre enfants qu’ils imaginaient que je travaillais comme nounou pour une famille saoudienne».
Exilée dans sa patrie
C’est pourtant en Suisse que la famille trouve refuge lors de la première Intifada. «Quitter la Palestine nous a brisé le cœur, mais les checkpoints, les militaires israéliens, la paranoïa, on n’en pouvait plus. Nos enfants adolescents auraient pu être arrêtés, voire pire», dit Arlette. Elle se préoccupe particulièrement du sort de son aîné, Abdulmuti, qui souffre de myopathie, une dégénérescence musculaire grave. Les Elhajhasan s’établissent à Saint-Imier, dans le Jura, où Hasan a trouvé un poste. Au soulagement d’être en sécurité succède rapidement la difficulté de l’intégration. «Nous avons été confrontés au racisme, à l’ignorance», raconte Arlette. Quatre ans plus tard, trois des quatre enfants partent étudier en Jordanie où ils se sentent bien plus à l’aise. Arlette et Hasan rentrent à leur tour en Cisjordanie, mais d’autres problèmes les attendent. «La corruption, l’autoritarisme, le clientélisme établis par le clan Arafat nous ont écœurés. On ne pouvait rien faire sans être membres d’un parti», explique-t-elle. Déçu de ce pays dans lequel il ne se reconnaît plus, le couple rentre en Suisse. Un drame les frappe alors: le rapt de leurs deux petits-fils en 2000 par leur père, un Palestinien de Cisjordanie. Il faudra des années à leur fille Raya, souffrant d’une grave anorexie qu’avait adoucie la maternité, pour surmonter cet arrachement. Deux ans plus tard, la vieille Jitti, la belle-mère bédouine adorée, rend l’âme.
Le pays de la liberté
Arlette tombe alors en dépression. «Les années à trimer, l’Intifada, la maladie de mes enfants, le kidnapping de mes petits-fils…, soudain, tout m’est tombé dessus», dit-elle. Elle réalise aussi combien le caractère possessif de Hasan lui pèse et décide de partir seule en vacances pour décompresser. «J’ai tapé «vacances + soleil» sur Google et je suis tombée sur une pub pour la Tunisie.» Ni une ni deux, Arlette débarque dans ce pays inconnu et en tombe amoureuse. «La nature, les paysages, la gentillesse des Tunisiens m’ont fait un bien immense.» La liberté l’appelle, elle répond: trois ans plus tard, à la stupeur de tous, elle divorce de Hasan sans rien lui demander. «Il m’avait déjà donné tout ce que j’aurais pu souhaiter», dit-elle. Arlette achète un appartement à Djerba, où elle vit depuis neuf ans. Revenir en Suisse, où ont fini par s’établir trois de ses enfants? A cette idée, elle rigole. «Ce pays est magnifique, propre et organisé, mais il ne me correspond plus. Je ne supporterais pas le train-train, l’ennui et la grisaille de la météo. Les gens sont si moroses… Décrocher un sourire dans les bus genevois, c’est un exploit!»
N’allez pas croire pour autant qu’elle tresse des couronnes à la Tunisie. «Certains endroits sont très sales, la corruption est omniprésente, les infrastructures sont défaillantes et la société est anarchique», fustige-t-elle. Sans jamais oublier la Palestine, c’est pourtant là qu’elle se sent chez elle, dans ce pays nouvellement libéré qui lui ressemble tant. Une Tunisie entre deux mondes, l’arabe et l’européen, passant de l’un à l’autre dans une quête identitaire à jamais inachevée.
Profil
1951 Naissance à Chambésy (GE).
Mai 1979 Arrivée à Nazalwasta (Cisjordanie).
1988 Retour en Suisse à Saint-Imier dans le Jura.
Mai 1992 Retour en Cisjordanie.
2009 Arrivée à Djerba.
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samedi 15 décembre 2018
Un artiste non européen peut-il travailler en Suisse?
Par Anna Vaucher, 25 sept. 2012
Marché du travail
Une Tunisienne, diplômée de la HEAD de Genève, peut-elle présente-t-elle un «intérêt scientifique ou économique prépondérant» pour le pays?
Boutheyna Bouslama a obtenu un master puis un postgrade, en juin, à la Haute Ecole d’art et de design (HEAD)Image: Olivier Vogelsang
Depuis quelques semaines en ville de Genève, 2000 imitations de livrets pour étrangers se cachent dans le tram, dans les bars ou sur les panneaux d’annonce de la Migros. Ils sont l’œuvre de l’artiste tunisienne Boutheyna Bouslama qui, à l’intérieur, questionne le statut administrativement délicat des artistes étrangers.
Ces tirages, distribués dans l’espace public, font partie d’un diptyque, composé d’une vidéo, Mama Habibti . Une jeune femme arabe lit un ensemble de lettres adressées à sa mère, lui faisant part de difficultés rencontrées à la frontière roumaine. Ce diptyque lui a permis de figurer parmi les trois lauréats des Bourses de la Ville, dont le Centre d’art contemporain expose actuellement les œuvres des seize nominés.
Mauvais signes
Ce n’est pas un hasard si la jeune trentenaire a choisi ce moment pour marquer son attachement à sa ville d’adoption. Ayant obtenu un master puis un postgrade, en juin, à la Haute Ecole d’art et de design (HEAD), son permis B d’étudiant extra-européen prend fin. Si la Loi sur les étrangers stipule que le bénéficiaire doit alors quitter la Suisse, l’initiative de l’ancien conseiller national Jacques Neirynck visant à éviter la «fuite des cerveaux» devrait faciliter les démarches pour l’obtention d’un permis de travail. Depuis janvier 2011, l’article 21 ajoute qu’un étranger titulaire d’un diplôme d’une haute école suisse reconnue peut obtenir un permis si son activité lucrative revêt un intérêt scientifique ou économique prépondérant. Il bénéficie de six mois à compter de la fin de sa formation pour trouver un tel emploi.
Pour Boutheyna Bouslama, il est déjà trouvé. Elle occupe un poste d’assistante à la HEAD, qui prend fin dans un an. Pourtant, les signaux sont mauvais. La direction générale de la HES-SO qui doit formuler la demande auprès de l’Office cantonale de la population (OCP) est plus que perplexe quant à l’obtention d’un tel permis. Le Centre de contact Suisses-Immigrés aussi: «Avec les accords bilatéraux, l’obtention de permis de travail s’est assouplie pour les membres de la Communauté européenne, et par un effet de vases communicants, s’est durcie pour les extra-Européens, explique la porte-parole Marianne Halle. Je serais très étonnée que dans le cas d’un artiste, la Suisse estime qu’il y a un intérêt prépondérant à ce que cette personne reste ici.»
Pour appuyer son dossier, Boutheyna Bouslama bénéficie du soutien de plusieurs personnalités. «Elle fait partie de la scène artistique genevoise, explique Christian Bernard, directeur du Mamco. J’ai eu vent de sa situation et je me suis proposé de faire les démarches nécessaires pour la soutenir. Genève a de la peine à attirer des artistes de l’extérieur, notamment à cause du coût de la vie. Si on ne fait rien pour favoriser le maintien des gens présents, la ville va perdre ses forces vives.»
La culture, une distraction?
Jean-Pierre Greff, directeur de la HEAD, affiche le même constat inquiet. «Il y a un autre problème sous-jacent: la perception de l’art comme un élément de distraction, qui n’est pas essentiel au développement économique de la cité. L’école compte moins de 5% de diplômés extra-européens. La plupart d’entre eux repartent. Leur pays d’origine bénéficie ainsi de leurs compétences et notre école se fait connaître au-delà des frontières. Mais ce serait une chance pour nous de pouvoir garder des gens d’une qualité particulière dès lors que nous avons la possibilité de les engager. C’est un moyen de favoriser le dynamisme de la scène genevoise.»
Selon Jacques Neirynck, la question ne devrait pas se poser: «Le terme «prépondérant» porte à des interprétations douteuses contre lesquelles il faut se battre. Dire que la culture n’a pas d’intérêt économique est un préjugé qui n’est pas inscrit dans la loi.» Le dossier sera bientôt remis entre les mains de l’OCP. Si sa décision se révélait négative, ce serait «un gâchis», note Barbara Fédier, qui suit l’artiste dans ses démarches. «Boutheyna est mon assistante depuis deux ans, je l’ai formée; ce serait incompréhensible de ne pas la laisser terminer son mandat.»
(TDG)
Créé: 25.09.2012, 08h01
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samedi 8 décembre 2018
Protestation à l'ambassade de Tunisie
Une quarantaine de Tunisiens ont passé la journée de mercredi devant l'ambassade de Tunisie à Berne. Ils réclament leur passeport.
Les manifestants se disent prêts rester là aussi longtemps qu'ils ne recevront pas leur passeport.
Depuis lundi, des exilés exigent que les autorités tunisiennes leur remettent leur passeport, ce que celles-ci refusent. L'action est appelée à se prolonger.
Une trentaine de Tunisiens désirant rentrer au pays après le changement de régime se trouvaient encore en soirée devant l'ambassade, où des couvertures leur ont été apportées, a constaté un journaliste de l'ATS. Ils se disent prêts à passer la nuit et à rester là aussi longtemps qu'ils ne recevront pas leur passeport, un droit personnel, précisent-ils.
«Certains ont même donné les papiers nécessaires et ont reçu des promesses de la part des responsables de l'ambassade pour avoir leurs passeports aujourd'hui même», a écrit mercredi soir dans un communiqué le coordinateur du Comité de soutien du peuple tunisien (CSPT), Anouar Gharbi. «Ces promesses n'ont pas été respectées, ce qui a révolté les gens qui ont tellement envie de rentrer au pays après plusieurs années d'exil».
«Ces gens sont déterminés»
«Nous demandons donc à nos compatriotes fonctionnaires de l'ambassade de comprendre l'urgence de la situation et de faire le nécessaire pour délivrer les passeports dans les meilleurs délais», a ajouté le Comité de soutien. Jusqu'à maintenant, seuls cinq passeports ont été délivrés.
Selon M. Gharbi, ce mouvement, soutenu par son comité, est «spontané». Et il pourrait durer: «Ces gens sont déterminés», a-t-il averti. «Nous resterons là jusqu'à obtenir gain de cause», a confirmé sur place un immigré tunisien, Ibrahim Naouar.
Devant l'ambassade, dans le quartier des représentations diplomatiques de Kirchenfeld, le climat était parfois tendu mercredi, mais il est resté pacifique. On entendait ça et là des cris contre l'ex-chef de l'Etat Ben Ali. La police contrôlait la situation et se préparait, elle aussi, à passer la nuit là. (ats)
19.01.2011, 19:35
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