samedi 30 mars 2019

Le créateur de la « 404 bâchée de l’espoir » célébré à l’ONU

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Devant le Palais des Nations, siège des Nations Unies, des effigies de 100 artistes ont été exposées. Au premier rang, celle du Tunisien Bilel Aloui avec son slogan « La culture partout et pour tous» Bilel est ce jeune homme qui a tout fait pour amuser les enfants des zones défavorisées.


Plusieurs villes du monde vont accueillir ces portraits pour rendre hommages aux artistes. Cette opération s’inscrit dans le cadre du 100e anniversaire de la Haute École de travail Social sise à Genève (HETS).

Bilel Aloui a été choisi grâce pour sa participation à la décentralisation de la culture en Tunisie. Avec la 404 bâchée de l’espoir, la « bibliogidaire », le « vélo-théâtre » et « l’espace Vénus », Bilel a réussi d’émouvantes conquêtes culturelles dans les régions défavorisées.
Depuis des années, Bilel nous raconte les souffrances des enfants avant de nous montrer les sourires qu’il arrive à dessiner sur leurs visages grâce à ses spectacles.






samedi 23 mars 2019

Scientifique assassiné en Tunisie : un Belge d’origine marocaine et un Suisse suspectés

19 12 2016



Un Belge d’origine marocaine et un Suisse sont suspectés d’être les auteurs de l’assassinat de l’ingénieur tunisien Mohamed Zouari jeudi dernier à Sfax en Tunisie, a indiqué, ce lundi 19 décembre, une source officielle. 

Selon le porte-parole des tribunaux de Sfax et vice-procureur général à la Cour d’Appel de Sfax, Mourad Turki, « un homme de nationalité belge et d’origine marocaine ainsi qu’un homme de nationalité suisse, sont suspectés d’être impliqués dans l’assassinat de l’ingénieur tunisien » qui faisait partie des brigades Azzedine Al Qassam, le bras armé du Hamas palestinien, rapporte Shemsfm sur son site internet. 

Une photo d’identité de l’accusé belge a été envoyée à Interpol, afin d’approfondir les investigations à son sujet, a ajouté M. Turki, qui n’a rien dit sur le suspect suisse. 

Abattu à bout portant dans sa voiture par balles jeudi dernier devant son domicile à Sfax, l’ingénieur tunisien en aviation et ancien pilote aurait développé des drones armés pour les combattants palestiniens du mouvement Hamas. Plusieurs sources pointent la responsabilité du Mossad, les services secrets israéliens. 


Source


samedi 16 mars 2019

Tunis met le turbo pour récupérer les fonds Ben Ali en Suisse

Vendredi 2 Novembre 2018 par Maryline Dumas à Tunis

Maghreb
Le gouvernement tunisien veut récupérer les avoirs de la fille du dirigeant déchu avant la fin de l’année.


Les avoirs suisses de Cyrine Ben Ali, fille du dictateur déchu Zine el-Abidine Ben Ali, et ceux de Slim Zarrouk, un de ses gendres, sont les prochains sur la liste. Tous deux possèdent des comptes dans le pays, qui ont été gelés en 2011 après la révolution. Les autorités tunisiennes espèrent récupérer ces fonds d’ici à la fin de l’année. Ils viendront grossir la somme record amassée en 2018 grâce à la vente de biens confisqués au clan Ben Ali.
Lorsque le régime chute en 2011, les biens de plus d’une centaine de personnes sont saisis, considérés comme issus de malversations financières ou volés. Voitures, villas, entreprises ou parts sociales sont confisquées. Les comptes bancaires, eux, sont gelés. La valeur totale de ces biens est inconnue. «Il est tout à fait possible que nous n’ayons pas tout identifié, explique Mounir Chedly, conseiller principal du chef du contentieux tunisien. Il y a des montages financiers difficiles à dénouer.»
«Preuves accablantes»
En Suisse, près de 63 millions de francs au nom d’une dizaine de personnes ont été gelés. À l’heure actuelle, seuls 3,66 millions ont été récupérés par la Tunisie. «Il y a une très bonne coopération avec la Suisse, mais les procédures prennent du temps. Nous devons prouver que les biens ont été mal acquis. En face, les personnes dont les avoirs ont été confisqués protestent. L’ancien président, par exemple, clame son innocence et refuse tout accord», détaille Mounir Chedly.
À l’opposé, Cyrine Ben Ali et Slim Zarroug, eux, ont accepté une restitution par anticipation: «Leurs avoirs en Suisse devraient nous être transférés avant la fin de la procédure. S’ils acceptent, c’est parce que les preuves sont accablantes et que cela leur permet de profiter d’une mesure d’amnistie en Tunisie», justifie Ali Hammami, le chef du contentieux de l’État. Celui-ci refuse de révéler le montant en jeu, d’autant plus que la Suisse prélèvera un pourcentage – fixé généralement entre 2 et 3%, un taux jugé raisonnable par les autorités tunisiennes – en dédommagement des procédures judiciaires entamées, selon la Convention de 2003 des Nations Unies.
Des millions vite réinjectés
En Tunisie, ces avoirs seront versés sur le compte «N72». Ils rejoindront le fruit des ventes des biens confisqués entreprises dès 2012. Ces «gains» seront dédiés au développement des régions démunies. Mais le bilan n’est pour le moment guère enthousiasmant. En mars 2018, le compte n’affichait qu’un excédent de 3,47 millions de francs alors qu’il avait reçu la somme colossale de 450 millions: «Nous avons dû renflouer certaines sociétés confisquées en faillite. Et certains biens nous coûtent extrêmement cher en entretien, comme la résidence de l’ancien président, qui nécessite chaque année 7 millions de francs», estime Mounir Chedly.
La Tunisie enregistre cependant de nets progrès. En 2017, les ventes de biens confisqués ont rapporté 67,62 millions de francs. Cette année, elles devraient dépasser le chiffre record de 249 millions. «À son arrivée au gouvernement [en août 2016], le premier ministre Youssef Chahed a mis en place de nouveaux axes stratégiques. Il y a une réelle volonté de liquider ces dossiers», estime Adel Grar, manager d’Al Karama Holding. Cette dernière est chargée de la vente des sociétés confisquées.
Porsche Carrera à vendre
Si de grosses entreprises sont en cours de vente, comme le port de croisière Goulette Shipping Cruise ou des parts chez Orange Tunisie, Adel Grar s’attend à un ralentissement l’année prochaine: «Il va nous rester beaucoup de coquilles vides – des sociétés qui ne possèdent qu’un terrain avec un projet jamais commencé –, des situations bloquées dans lesquelles le pacte des actionnaires offre des droits de préemption aux partenaires alors que la loi sur les biens confisqués m’oblige à faire un appel d’offres, ou des cas compliqués avec des dettes, des possibles grèves de personnel…»
Les autres biens restants ne sont pas plus faciles à écouler. «Il va falloir faire participer les étrangers, comme pour la vente des voitures de luxe», juge Ali Hammami. Difficile effectivement d’imaginer un acheteur tunisien pour la Porsche Carrera 4S du fils Ben Ali, affichant 20 km au compteur, dans un pays où le salaire mensuel minimum s’élève à 132 francs.
(24 heures)


samedi 9 mars 2019

Tunisie: manifestations de joie en Suisse

samedi 2 mars 2019

Un Suisse arrêté pour avoir filmé des sites sensibles en Tunisie

08.08.2014 / ATS



La police tunisienne a arrêté mardi un citoyen suisse qui tentait de filmer la résidence du ministre de l'Intérieur à Kasserine, au centre du pays. Selon la radio tunisienne Express FM, citée jeudi dans le journal alémanique "20 Minuten", l'homme a été transféré à Tunis.
Toujours selon les médias du pays, il doit y être interrogé par des spécialistes du terrorisme. La police a retrouvé sur son appareil des centaines de photos de postes de police et de bâtiments officiels.
A Berne, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a lui confirmé vendredi l'arrestation d'un Suisse en Tunisie. Le DFAE est en contact avec les autorités tunisiennes compétentes. Pour des raisons de protection des données et de la personnalité, il ne peut donner davantage d'informations sur cette affaire.
ATS




samedi 23 février 2019

«Notre islam se base sur la connaissance de l’autre et la paix des religions»

Par Marie Destraz, le 17 avril 2018


© Réformés.ch


Nourredine Ferjani est l’imam de la mosquée du Petit-Saconnex à Genève. Malgré son engagement à plein-temps, il suit la nouvelle formation pour les imams de l’Université de Genève qu’il juge nécessaire.

Les yeux rivés sur le sol en marbre lustré, j’admire les rares rayons de soleil qui traversent la verrière et se reflètent sur le sol. J’explore du regard l’architecture faite d’alcôves soutenues par de hautes colonnes et l’espace d’un instant, je suis transportée en Orient. Je suis bien vite ramenée à la réalité par la femme qui m’accueille. «Vous êtes Suissesse?», demande-t-elle en m’invitant à prendre place sur une chaise.

Un homme pressé

Dans une poignée de minutes, il sera 11h et je retrouverai Nourredine Ferjani, imam de la mosquée du Petit-Saconnex à Genève, pour parler de la nouvelle formation pour les imams qui a ouvert ses portes à l’automne à l’Université du bout du lac. Mais pour l’heure, mon interlocuteur est occupé. J’attends donc dans un bureau contigu à la salle plongée dans la lumière. La pièce fait à peine 2m2. La paperasse éparse s’entasse dans les étagères qui occupent les murs. Sur le bureau, le téléphone ne cesse de sonner au milieu des piles de dossiers. La porte s’ouvre enfin. Un petit homme en costume en sort. A ma vue, il porte sa main à son front, l’air hébété. L’imam surbooké a oublié notre rendez-vous. Mais «Soyez la bienvenue. Je vous prie de m’excuser. Je suis en pleine préparation d’une présentation sur la Convention des droits de l’homme que je dois effectuer demain, dans le cadre de la formation pour laquelle vous venez m’entretenir», m’explique fébrilement Nourredine Ferjani. Il s’assied derrière son bureau, j’opte pour l’un des quatre fauteuils de cuir cerclant la table basse.
Devant lui, les papiers s’amoncellent. «J’ai suivi des études de droit, mais ça ne m’épargne pas de travailler cette présentation», lâche-t-il tout sourire. Nourredine Ferjani occupe le poste d’imam à la mosquée du Petit-Saconnex depuis un an. Ils étaient trois, mais depuis novembre dernier, il occupe seul la fonction. Quatre employés de la mosquée, dont deux imams, soupçonnés d’être des «fichés S» en France, ont été licenciés.
L’imam ne manque pas de travail et ne le cache pas. Aménager du temps pour se former en parallèle à un emploi à plein-temps dans la plus grande mosquée de Suisse, demande un peu d’organisation. 

Retour sur les bancs de l'uni

«Aujourd’hui, je fais l’impasse sur 80% des appels que je reçois. Je ne parviens pas à tout faire. Les nouveaux responsables de la Fondation culturelle islamique de Genève (FCIG) dont dépend la mosquée cherchent d’ailleurs des solutions.» Et pourtant, au semestre de printemps, Nourredine Ferjani a rejoint les bancs de l’Université de Genève pour suivre la nouvelle formation pour les imams. «Nous avons besoin de comprendre la réalité dans laquelle nous vivons. J’ai beau être en Suisse depuis vingt ans, je peux toujours en apprendre plus. Il est donc juste pour moi d’y participer.» Derrière son bureau, Nourredine Ferjani pousse sur le côté les feuillets de son exposé et s’installe confortablement contre le dossier en cuir de sa chaise.

Arrivé sur le territoire suisse en 1998, ce quinquagénaire d’origine tunisienne a passé son bac en Syrie et a obtenu sa licence en théologie islamique au Soudan, suivi d’une licence en arabe classique et en philosophie. En 2010, après un bachelor, il obtient, un master en droit à l’Université de Neuchâtel. Et pendant dix ans, il a été imam à La Chaux-de-Fonds et Neuchâtel, avant de postuler à la FCIG. «A l’université, nous explorons le droit, l’éthique, l’histoire suisse et genevoise et avons une réflexion générale sur les textes islamiques, détaille-t-il. Lire les textes que j’ai déjà étudiés, avec mes concitoyens, me permet notamment de voir comment l’autre les comprend et donc comment il va me comprendre. » C’est donc sans équivoque que l’imam, qui jongle avec des fidèles de septante nationalités différentes, estime que ce cursus est autant utile que nécessaire.

Un point de vue que partage le secrétaire saoudien de la Ligue islamique mondiale (LIM), organisation panislamique sunnite basée à La Mecque, dont dépend la FCIG. De passage à Genève en novembre dernier, le secrétaire a accordé une interview à La Tribune de Genève. Il y expliquait avoir visité le département chargé de la formation pour les imams de l’Université de Genève. Impressionné par le programme, il avouait que la LIM serait même prête à la subventionner. «La LIM manifeste ainsi une volonté d’ouverture, de compréhension de l’autre et des différentes religions pour œuvrer pour le bien de tous. Je crois à cette subvention», réagit l’imam. 

Interpréter les texte, lutter contre l'extrémisme

Une volonté qui s’exprime aussi, selon lui, avec le changement de direction de la FCIG, nommée par la LIM. «On veut lutter contre les extrémismes, et avoir une vision de l’islam basée sur la connaissance de l’autre et la paix des religions», continue-t-il. Accoudé à son bureau, il précise que ses propos sont les siens et qu’il ne s’exprime pas en tant que représentant de la Fondation.
Après la formation universitaire pour les imams, à quand une Faculté de théologie islamique, comme semble l’envisager d’autres responsables de communautés musulmanes de Suisse romande?

«C’est pour moi tout à fait envisageable. Reste en suspens la question des compétences de ceux qui y enseigneront et de la façon dont est envisagée la théologie enseignée. En islam, le message est unique, mais les interprétations sont différentes. Aussi, une même question reçoit des réponses qui diffèrent selon les cultures et la situation de la personne qui la pose. J’ai eu la chance d’étudier les différentes doctrines islamiques, dans un pays très ouvert. Ce n’est pas le cas partout.» Or en Suisse, l’islam est pluriel, et le risque d’un décalage est inévitable.
 
Mais ce que déplore Nourredine Ferjani, c’est la perte, chez les musulmans, de la «faculté d’Idjtihad. Cet effort d’interprétation des textes fondamentaux s’est perdu au fil des siècles. Alors même que le monde musulman était rempli de débat, aujourd’hui, on blâme la réflexion. On ne revient plus au texte, mais vers celui qui l’explique. Or cet effort s’impose pour vivre ensemble et éviter le repli communautaire.»

L’entretien touche à sa fin. Nourredine Ferjani s’excuse une dernière fois: «Je ne peux même pas vous inviter à partager ma table. Je dois encore terminer cette présentation et je vais devoir manger à mon bureau. Mais repassez me voir et nous dînerons ensemble.» En sortant de son bureau, je jette un dernier coup d’œil à la verrière. Le ciel s’est rempli de nuages.



 Source

samedi 16 février 2019

L’avenir de la Tunisie passe par la décentralisation

Par Renat Kuenzi, swissinfo.ch, publié le 14 mai 2015


Forum de Tunis 2015




Spécialiste de la démocratie directe suisse, Andreas Gross a aussi une profonde connaissance de sa situation en Tunisie, où il s'est déjà rendu à de nombreuses reprises, notamment pour surveiller de déroulement des élections.
(Keystone)


 

La décentralisation est l’un des grands défis de la Tunisie issue de la révolution. Le pouvoir devrait être partagé avec les communes et les provinces. Mais pour le moment, «ces dernières ressemblent plutôt à des coquilles vides dont les structures doivent être remplies», estime Andreas Gross, expert suisse de la démocratie directe.

La décentralisation figure aussi parmi les thèmes proposés lors du Forum global sur la démocratie directe moderne, qui a lieu à Tunis du 14 au 17 mai. Andreas Gross y prendra la parole en ouverture de la manifestation. Interview.

swissinfo.ch: La Tunisie a de gros problèmes économiques et pour les gens, la situation est plutôt plus mauvaise qu’avant la révolution de 2010-2011. Le Forum global représente-t-il un signe d’espoir pour les citoyens?

Andreas Gross: Les Tunisiens semblent en tout cas le percevoir ainsi. Beaucoup se réjouissent des discussions, car ils sont convaincus que celles-ci vont continuer à les faire avancer. Par ailleurs, pour beaucoup de Tunisiens, chaque visiteur étranger – et une très grande partie des quelque 400 participants officiels au Forum le sont – représente un signe d’encouragement et de soutien. La révolution démocratique tunisienne est la seule qui ait connu le succès dans le monde arabe et elle mérite tout notre soutien.

swissinfo.ch: «La décentralisation par la participation» est à la fois le mot d’ordre de la constitution tunisienne et le titre de ce Forum. Quels sont les principaux problèmes pour parvenir à une plus grande autonomie des communes et des provinces?

A. G. : La structure extrêmement centralisée de l’Etat actuel et le manque d’expérience en matière d’auto administration au niveau local et régional. Bien qu’elle n’ait jamais été une colonie de la France, la Tunisie a repris le système centralisé et hiérarchisé de ce pays. Les différences entre les régions en matière de perspectives de vie sont énormes. Ces disparités économiques entre régions ont été une des causes de la révolution. Dans certaines parties du pays, il n’a jamais été possible de vivre dignement. Changer cela représente une tâche énorme, mais c’est justement ce à quoi s’attaquent le nouveau gouvernement et le nouveau parlement.
C’est là que peuvent aider des expériences en matière de démocratie directe et de fédéralisme, les deux se caractérisant par la répartition du pouvoir. La culture de la subsidiarité signifie: plus les problèmes sont résolus à un échelon proche des citoyens, meilleur est le résultat. Il est par conséquent nécessaire de poursuivre les réformes de la révolution, car l’élan révolutionnaire n’est pas encore émoussé et doit continuer à être utilisé.

swissinfo.ch: Il existe manifestement aussi des tendances contre-révolutionnaires.

A. G. : J’en ai entendu parler. Mais la Tunisie dispose d’une société civile très développée et bien organisée. Si le gouvernement ou le parlement œuvraient dans la mauvaise direction, les gens iraient tout de suite dans la rue et rappelleraient les autorités à l’ordre - ainsi qu’ils l’ont fait à quelques reprises au cours de ces quatre dernières années.

swissinfo.ch: Où la Tunisie en est-elle exactement dans ce processus de répartition du pouvoir? Existe-t-il déjà des communes et des régions où les citoyens peuvent participer aux décisions?

A. G. : Elles existent, mais elles ressemblent plutôt à des coquilles vides. Ces structures doivent donc être entièrement remplies. Souvent, ceux qui ont beaucoup de pouvoir ne sont pas prêts à le partager. Il faut donc la pression du peuple. Lors des prochaines élections régionales, il est important de n’élire que ceux qui portent l’idée révolutionnaire et qui font avancer la décentralisation.

swissinfo.ch: Yadh Ben Achour, président de la Haute Instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique a qualifié la modernisation de la société sous l’ère Bourguiba de fondement du succès de la révolution de Jasmin. Partagez-vous cette vision?

A. G. : Habib Bourguiba était certes aussi un dirigeant autoritaire. Mais en accordant l’égalité aux femmes en 1956, il allait bien plus loin que les Suisses de l’époque. Il a aussi instauré le libre accès à l’instruction. Cela a conduit à des organisations très fortes dans la société civile, qui sont l’une des raisons expliquant le succès de la révolution en Tunisie. Elles sont d’ailleurs aussi utiles dans le cadre du processus de décentralisation. 

swissinfo.ch: Beaucoup de postes importants au gouvernement et au parlement sont aux mains de politiciens assez âgés. Ceux-ci ont-ils vraiment la volonté de partager le pouvoir?

A. G. : La nature de votre question ne rend pas justice à ces gens. La révolution doit beaucoup à certains d’entre eux. Par exemple, c’est grâce à eux qu’il n’y a pas eu d’affrontements violents ou de revers importants. Le principal problème est la relation entre l’Etat et la religion. Le dictateur déchu interdisait ou marginalisait la religion. Maintenant, elle domine là où elle est à nouveau permise. Trouver le bon équilibre entre religion et Etat et un processus d’apprentissage de la société qui n’est possible que lorsqu’on est libre d’exprimer une critique.
Ces vieux messieurs étaient en partie déjà présents sous Bourguiba, mais ils se sont de plus en plus distanciés de Ben Ali au cours des 15 dernières années. Yadh Ben Achour fait aussi partie de ces gens. La commission révolutionnaire qu’il a présidée a construit un pont essentiel entre la révolution et l’Assemblée constituante qui a intégré les différents courants révolutionnaires et créé les bases pour deux élections libres. Il est âgé, mais très circonspect et sage. Tout comme Béji Caïd Essebsi, le nouveau président. Ils veulent vraiment appliquer les valeurs de la révolution et n’ont pas de grandes ambitions personnelles.
La Tunisie est un exemple qui montre que les personnes sages avec des racines dans l’ancienne société peuvent constituer un pont important vers la nouvelle société révolutionnaire.

swissinfo.ch: L’attaque terroriste contre le Musée national, en mars, montre la vulnérabilité de ce pays qui fournit la plupart des combattants de l’Etat islamique. Comment estimez-vous le danger représenté par ceux qui reviennent de Syrie?

A. G.: La question est de savoir pourquoi des milliers de jeunes Tunisiens quittent leur pays pour rejoindre des extrémistes violents. Cela a à voir avec le manque de perspectives de vie et la misère noire de beaucoup de jeunes. En Tunisie, beaucoup de gens ont des difficultés économiques, notamment parce que désormais, de manière injuste, il y a beaucoup moins de touristes, ce qui nuit à la principale industrie du pays.
La proximité avec la Libye éclatée joue aussi un rôle. Ce pays est aujourd’hui un Etat en déliquescence et sans ordre, d’où sont venus un million de réfugiés vers la Tunisie. S’y ajoutent encore un autre million de réfugiés en provenance des zones de guerre au sud du Sahara. Pour la Tunisie et ses dix millions d’habitants, avoir 10 à 20% de réfugiés crée un problème énorme.
La principale difficulté est de sortir de la misère économique. Il faut tout de suite offrir de meilleures perspectives de vie aux jeunes, qui ont allumé la révolution en raison de la misère et du manque de perspectives. C’est le meilleur moyen de contrer l’instrumentalisation de la misère par les fondamentalistes islamiques.

swissinfo.ch: Pour en revenir au Forum, de quoi vous réjouissez-vous le plus durant ces quatre jours?

A. G.: Tout d’abord que je puisse, en tant que Suisse, donc en tant qu’enfant de la seule révolution réussie du «Printemps des peuples» de 1848, être aux côtés de la seule révolution réussie du «Printemps arabe» de 2011. Ensuite, je me réjouis des réponses à ma question qui est de savoir pourquoi ils ont rédigé une excellente constitution après la révolution, mais sans la soumettre au peuple par référendum, comme c’est habituellement le cas après une révolution démocratique. 

(Traduction de l'allemand: Olivier Pauchard), swissinfo.ch

Andreas Gross
Agé de 62 ans, Andreas Gross est historien, politologue et spécialiste des questions de démocratie directe.
Politiquement, il est depuis 24 ans membre de la Chambre basse du Parlement (socialiste). Il préside depuis huit ans le groupe socialiste du Conseil de l’Europe.
Dans le cadre du Conseil de l’Europe, Andreas Gross a surveillé à plusieurs reprises des processus électoraux dans différents pays. En Tunisie, il a été chef de la délégation des observateurs lors des élections de 2011 et de 2014. 

Plateforme internationale de la démocratie directe
Le Forum global pour la démocratie directe moderne a lieu du 14 au 17 mai à Tunis.
Le thème est «La décentralisation par la participation». Le hashtag pour Twitter est #globfor15.
Pour swissinfo.ch, le Forum de Tunis sera l’occasion de lancer au niveau international son nouveau portail consacré à la démocratie directe (hashtag #citizenpower).
Cette plateforme journalistique éclaire en dix langues les discussions, processus et défis actuels autour des thèmes des droits populaires, de la participation active des citoyens et de la démocratie participative.
 
Source

 

 

samedi 9 février 2019

Le frère de Bouteflika éloigne un médecin tunisien du service où est hospitalisé son frère à Genève

Publié le 1 Septembre, 2018 - 10:35 




Ne voulant pas d’étrangers autour de son frère interné dans un hôpital à Genève, le frère du président algérien, Said Bouteflika, a demandé l’éloignement d’un médecin tunisien et d’une infirmière marocaine travaillant dans le service.

Affaibli par les séquelles d'un accident vasculaire cérébral en 2013, le président algérien, Abdelaziz Bouteflika (81 ans) est à Genève pour des «contrôles médicaux périodiques», selon la présidence citée par l'agence d'Etat APS. Sur place, le frère du président, Saïd Bouteflika a demandé l’éloignement de tous les étrangers de son frère, selon afrik.com.

La même source révèle qu’Abdelaziz Bouteflika est soigné au huitième étage du service d'oncologie de l’hôpital cantonal de Genève, dans l’aile des malades en phase critique. De peur que les informations ne fuitent et ne soient publiées sur l’état de santé de Bouteflika, plusieurs précautions ont été prises par l’entourage du chef d’Etat.

Bouteflika junior a ainsi demandé et obtenu qu'un médecin tunisien et une infirmière marocaine travaillant dans ce service des maladies critiques soient déplacés.

Présent sur place, Said Bouteflika, supervise de près l’état médical de son frère. Les gardes du corps du président sont logés dans les cinq chambres voisines.

vendredi 1 février 2019

La Maison du Tunisien voit le jour à Genève

vendredi 25 janvier 2019

Un tribunal refuse de marier une retraitée suisse avec un jeune Tunisien

Le 20 mai 2016 



Le tribunal du canton suisse de Vaud a refusé d'enregistrer le mariage d'une retraitée suisse, âgée de 71 ans, et d’un jeune Tunisien, âgé de 21 ans. Selon le tribunal, le Tunisien n’a pas de sentiments amoureux pour la Suissesse et son objectif est de déménager en Suisse.

Selon la retraitée, elle avait déjà été mariée à un Camerounais de 13 ans son cadet, rapporte The Local.

"Je me suis déjà mariée en 1988 avec un Camerounais de 13 ans mon cadet. Un de ses cousins est venu et a semé la pagaille. Il battait sa femme et a entraîné mon mari dans une vie débridée. Nous avons divorcé", a-t-elle déclaré au journal suisse 20 minutes.

La Suissesse est rentrée en contact avec le Tunisien sur Facebook quand il avait 18 ans.

"On aime le rap, les balades dans la nature. Nous avons les mêmes idées", a-t-elle souligné.

 Ils se sont rencontrés pour la première fois lorsque la retraitée est allée en Tunisie pour fournir des documents à l'ambassade suisse en Tunisie pour enregistrer le mariage.

"Je ne peux pas vivre sans lui. Je veux l'épouser", a-t-elle déclaré.

Cependant, les juges suisses ne partagent pas la joie de leur concitoyenne. Fin avril, ils ont rejeté la demande d'enregistrement du mariage, en le considérant comme "une escroquerie sentimentale à but migratoire". D'après la législation suisse, ceux qui veulent se marier doivent soumettre leur demande à l'instance, selon le lieu de résidence, qui est chargée d'examiner s'il est possible d'enregistrer le mariage. D'après les lois suisses, un couple ne peut enregistrer un mariage pour "contourner la législation concernant la migration".




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samedi 19 janvier 2019

Un policier m’a dit : "Pour vous les Arabes, c’est fini la Suisse".

 28 octobre 2014 par Laure Siegel (Texte et Photos)

De Sfax à Strasbourg, l’odyssée d’un haraga tunisien

On les appelle les haragas, ceux qui "grillent" la mer. Z. est l’un d’entre eux : il a 38 ans, une mémoire des dates et des chiffres incroyable et une passion pour le sudoku. Ce Tunisien est arrivé en France au printemps 2011, quelques semaines après la révolution et le délitement du régime Ben Ali, et depuis vivote dans la capitale européenne. Cette chronique a été publiée initialement en novembre 2013 sur l'ancien site d'ARTE Journal et rien n'a vraiment changé en un an : Z. accepte toujours n'importe quel boulot, se fait réexpulser à l'occasion vers l’Italie et vit de café-clopes en rêvant de mariage et de voyage. De Sfax à Strasbourg en passant par Lampedusa, l’histoire d’un migrant qui pourrait être votre voisin. 



Je viens de Sfax, j’ai arrêté l’école à 17 ans parce que ça me faisait de la peine de voir mes parents trimer et je voulais les aider. Je détestais aller à l’internat aussi. J’étais seulement bon en histoire et en mathématiques, peut-être que j’aurais dû aller jusqu’au baccalauréat. Après, j’ai travaillé dix ans à l’université où j’étais responsable de la cafétéria des étudiants puis j’ai cumulé avec des courses de taxi pendant le Ramadan, les vacances, les week-ends. Les dernières années, je n’ai plus fait que chauffeur de taxi, ça payait mieux et j’aimais bien. 

Il y a quinze ans, j’ai commencé à faire des demandes de visas, mais ça ne marchait pas parce que je n’avais ni bon salaire, ni hébergement sûr, ni promesse d’embauche, … donc la France n’a aucun intérêt à m’accueillir. Un jour, un type dans un café m’a dit : "Tu me donnes 1 000 euros, je te fournis un faux visa". Je lui ai donné l’argent, mais il m’a carotté, je ne l’ai plus jamais revu. Normalement un visa ça coûte juste un timbre, autour de 45 dinars (20 euros) à l’époque. 

En 2001, j’ai pris un vol de Tunis pour Abidjan avec escale à Zurich. En Suisse, j’ai voulu partir pour prendre un train vers la France mais je n’ai pas réussi à sortir de la zone de transit. Un policier m’a dit : "Pour vous les Arabes, c’est fini la Suisse". C’était un mois après les attentats du 11 septembre. J’ai dû prendre le vol pour la Côte d’Ivoire où je suis resté dix jours puis je suis rentré chez moi. 

En juillet 2002, j’ai essayé d’obtenir un visa pour l’Allemagne, ça n’a pas marché non plus. J’ai commencé à m’intéresser aux bateaux même si sous Ben Ali, on risquait minimum deux ans de prison si on se faisait attraper en train de prendre la mer. Pour le passeur, la peine était encore bien plus lourde. Le président recevait de l’argent de la France pour arrêter les candidats à la migration. 
Début 2011, j’ai commencé à oublier cette idée de bateaux puis les manifestations ont éclaté. Elles ont commencé le 12 janvier à Sfax. C’était violent, je devais continuer à faire le taxi pendant les affrontements avec la police. Et puis la police a disparu, plus personne ne la commandait, il ne restait plus que les militaires le long des côtes. Dans un café, j’ai trouvé quelqu’un qui m’a dit "C’est 1000 dinars (450 euros) pour passer"



Fin mars, j’ai dit au revoir à ma mère, mon frère et ma sœur et je suis parti pour la plage de Djerba avec juste un peu d’eau et de lait. Je n’ai surtout pas emmené de papiers, pour ne pas risquer de les perdre et pour ne pas qu’on m’identifie à l’arrivée. Nous avions rendez-vous à 21h30, nous avons chacun donné l’argent au passeur qui l’a remis à son frère avant de monter avec nous. Nous étions 64, que des hommes, serrés comme des sardines, sur un petit bateau en bois de moins de 10 mètres. 
Quelques kilomètres après Djerba, un bateau de l’armée nous a arrêtés et les militaires nous ont ordonné de faire demi-tour. Ils nous ont aussi dit qu’il y allait avoir du vent une fois en pleine mer, et pour ça ils avaient raison, nous avons subi la houle plus tard. Mais nous ne voulions pas retourner sur la côte tunisienne, nous avons menacé de mettre le feu au bateau s’ils ne nous laissaient pas repartir. Nous avons commencé à balancer du gasoil au sol et ils nous ont dit "Ok, allez-y, faites ce que vous voulez".
Au milieu de la route, nous sommes tombés en panne à cause de la pompe à eau qui a lâché. L’eau a commencé à remplir le bateau, nous avons écopé avec les bidons de gasoil vides, et heureusement le passeur a réussi à réparer la pompe. Le voyage a duré 25 heures. On s’est raconté nos vies et nos rêves sur l’Europe.
Un bateau qui est parti en même temps que nous transportait 45 personnes. Il est aussi tombé en panne mais n’a pas réussi à repartir. Seuls trois gars ont été sauvés en s’accrochant à des bouts du bateau et ont été récupérés par le dernier bateau parti le même soir. Je les ai vus à Lampedusa, ce n’était pas beau à voir, ils avaient tout le corps, le visage troués parce qu’ils s’étaient fait bouffer par les petits poissons. Nous avons perdu beaucoup de gens dans la mer, c’est une catastrophe. 



Nous sommes arrivés à Lampedusa à 22h45 le lendemain. A 100 mètres du rivage, les bateaux des pompiers nous ont cherché. La police a détruit notre embarcation. Les malades ont été pris en charge par les ambulances puis ils nous ont emmenés au centre de rétention. La Croix-Rouge s’est bien occupée de nous, nous a donné à manger, des vêtements, des cigarettes mais le centre était plein à craquer. Tous les lits étaient occupés, les gens dormaient par terre et même sur les flancs de la montagne autour du centre. En 2011, 25 000 Tunisiens sont passés par Lampedusa, c’est énorme. 
Au bout de huit jours, ils nous ont dispatché dans plusieurs centres de l’Italie. J’ai été placé à Foggia avec un des copains de Sfax avec qui j’étais parti, j’ai eu de la chance. Il est à Paris maintenant. C’est un vrai copain, je ferais tout pour lui. A Foggia, il n’y avait pas beaucoup de monde, nous n’étions que deux par chambre, c’était plus vivable. Ils nous ont donné un permis de séjour pour l’Italie valable six mois. 

La journée, nous avions le droit de nous balader en ville puis le soir nous devions rentrer. Au bout de trois jours, je ne suis pas revenu au centre, j’ai pris le train pour Milan puis pour Lyon. Mais la police frontière est montée dans le train, m’a contrôlé et m’a fait descendre à Modane, juste à la frontière. Deux autres sans-papiers se sont faits choper dans le train, un autre Tunisien et un Turc. La police ferroviaire a pris nos empreintes, une photo et nous ont donné un papier d’obligation de quitter le territoire français. J’ai demandé au policier où je devais aller, il m’a dit "En Italie ou en France, je m’en fous." Ils nous ont donné à manger et nous ont relâché dans la nuit. 



J’ai appelé un ami qui habite à Strasbourg, je lui ai décrit le village où je me trouvais, il a trouvé sur Google Maps et il m’a dit de l’attendre, qu’il partait tout de suite et serait là au petit matin. Je suis resté toute la nuit dans la montagne, loin de la route, sous la pluie et dans le froid. A 7 heures, mon ami est arrivé et m’a ramené en France. 

Je n’ai pas demandé de papiers en France parce que je suis sûr à 100% que je ne les aurais pas : je n’ai pas de fiche de paie, ni de promesse d’embauche fixe, ni de mariage en vue et je n’ai pas les moyens de me payer un avocat. J’ai quelques amis tunisiens et un docteur français qui m’aide. 
Je savais que ça allait être dur mais je ne pensais pas que la loi serait aussi difficile à comprendre. Comme on dit chez nous, c’est comme "un mariage impossible" ce problème de papiers. J’aime la liberté plus que tout et je n’y ai pas droit. Je ne peux pas me balader près de la gare, à Homme de fer (la station de tram centrale de Strasbourg) ou au marché de Noël, il y a trop de policiers. Ce qui me fait le plus mal c’est de ne pas être libre. Vous êtes des gens, vous vous baladez comme vous voulez en Tunisie et nous ici on est quoi ? On est des animaux. 

J’ai d’abord passé six mois à Paris. A Pantin, une journaliste d’Al-Arabiya nous a proposé de l’argent pour répondre à une interview filmée sur les chantiers illégaux. Nous avons refusé. Je vivais dans un squat, bossais avec un Turc dans un magasin qui fournissait du matériel de chantier aux entreprises. Puis je suis revenu à Strasbourg, où je travaille sur des chantiers de démolition dans des petites entreprises, au black. 

Depuis que je suis en France, je me suis fait arrêter six fois. Mais en mai, j’ai été envoyé au centre de rétention de la région. J’y suis resté cinq jours, je suis passé devant le juge puis ils m’ont expulsé en Italie par avion. A Rome, ils m’ont à nouveau relâché, je suis allé à Milan et j’ai repris le bus pour Strasbourg. La douane en Suisse m’a laissé passer avec le permis de séjour italien périmé, le récépissé correspondant et mon passeport tunisien. C’est n’importe quoi, j’avais prévenu le juge que je reviendrais tout de suite après mon expulsion et qu’ils dépensaient de l’argent pour rien. 
Du mois de juin au mois d’août, je n’ai pas trouvé de travail, c’était difficile. En plus c’était le Ramadan, je ne mangeais pas, je n’avais pas d’argent mais je devais quand même fumer mon paquet et demi par jour. En Tunisie, je ne fumais que la chicha une fois par semaine, ici avec tout ce stress, je me suis mis à fumer énormément. J’ai l’aide médicale mais pas l’aide au logement, je vis dans un foyer de travailleurs. Je sais que je vais me faire expulser à nouveau, si ce n’est pas aujourd’hui, c’est demain. J’ai franchement une vie de merde en ce moment mais je suis quand même content. Je voyage, je veux construire ma vie et ça me fait tenir. 
J’aime la difficulté. Je me suis acheté des carnets de sudoku de plus en plus durs. Ça m’a même sauvé un jour. J’étais dans le tram en train de remplir une grille et des policiers sont montés dans la rame. Je suis resté concentré, ne laissant pas transparaître ma panique et ils ont passé à côté de moi sans me contrôler, sûrement parce que j’avais l’air d’un mec normal qui allait au travail.

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samedi 12 janvier 2019

Tunisie : Ode à la figue de Djebba au restaurant le Baroque



Le restaurant le Baroque a organisé,  mercredi 12 septembre, une réception afin de présenter aux gourmets la figue de Djebba, premier et unique fruit AOC de Tunisie.  La réception  a été offerte par l’ONUDI et l’Académie Nationale de Cuisine.




Rappelons que la figue de Djebba a obtenu le label AOC en 2012, par arrêté du Ministre de l’agriculture. Un nouveau dynamisme s’est développé aussi bien dans la zone de production elle-même que dans toute la région qui ne vit désormais plus que par et pour son précieux fruits.




Cette dynamique fait l’objet d’un soutien et d’un appui sans faille notamment pour  la production, la commercialisation et la promotion de ce fruit phare de la part des autorités et des organismes  d’appui à savoir la Direction Générale de la Production Agricole du ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, chargée de la mise en place et la promotion des Appellations d’origine contrôlée et des Indications de provenance en Tunisie , le GIFRUITS, Groupement Interprofessionnel des Fruits, chargé de la promotion des fruits labélisés ainsi que du projet PAMPAT, financé par le Secrétariat d’Etat à l’Economie Suisse et mis en œuvre par l’Organisation des Nations Unies pour les Développement Industriel et de l’ONTT, chargé de la promotion du tourisme alternatif dans les zones touristiques non traditionnelles.

« Il s’agit d’un projet de mise en valeur et de promotion des produits du terroir. Il est mis en œuvre par l’organisation des Nations Unies pour le développement industriel et est financé par la Suisse. On est aujourd’hui ici pour valoriser la figue de Djebba, avec l’aval du ministère de l’agriculture. On a choisit ce fruit parce qu’il s’agit du seul en Tunisie qui est d’appellation d’origine contrôlée (AOC). Il s’agit d’une variété unique dénommée Bouhouli qui est le seul fruit contrôlé, ayant un système de traçabilité. Cet événement est organisé en collaboration avec l’académie nationale de cuisine en Tunisie pour montrer au consommateur comment utiliser la figue de Djebba dans la cuisine» a déclaré à cette occasion Nuria Ackermann, Coordinatrice du projet PAMPAT Tunisie (ONUDI).




Les invités ont ainsi eu le privilège  de déguster des hors d’œuvre et des mets à base de figue, tous concoctés par de grands Chefs à l’instar de Mounir El Arem, Propriétaire du Baroque et  président de la délégation tunisienne de l’Académie nationale de cuisine française, Rafik Tlatli Co-fondateur de l’association des professionnels de l’art culinaire ou encore Michael Kargi, Chef cuisinier de l’ambassade de France.

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samedi 5 janvier 2019

Décès d’un pilier de l’armée, Béchir Turki

La Tunisie vient de perdre l’un des pères de l’armée tunisienne, le colonel Béchir Turki, ingénieur en électronique spécialiste des systèmes de transmission et radars, né à Mahdia le 21 Mars 1931.

Ancien du Collège Sadiki, Béchir Turki avait reçu une formation d’officier à l’école militaire spéciale de Saint-Cyr, à l’école pratique de renseignements de Montargis, à l’école supérieure technique de renseignements de Pontoise et enfin à l’Ecole de guerre de Paris. Egalement ingénieur en radar, il a été à la tête de la direction des renseignements généraux au ministère de la Défense, puis à celui de l’Intérieur.
Major de promotion, il a eu pour mission de bâtir avec ses compagnons la jeune armée nationale de la Tunisie indépendante dès 1956, ainsi que l’implantation des premiers systèmes de transmission sans fil militaires et civils de la Tunisie ERTT, de Bizerte à Borj Khadhra.
Suite à des divergences politiques avec sa hiérarchie, il fut contraint à l’exil en Suisse, comme réfugié politique. Il est, depuis, consultant international pour les questions de sécurité et de guerre électronique.
Ancien militaire atypique, Béchir Turki est l’auteur du livre “Ben Ali le ripou” et d’un autre ouvrage intitulé “Eclairage sur les recoins sombres de l’ère Bourguibienne”.
Suite à une complication cardiaque chronique, le colonel Béchir Turki est décédé le matin du 23 octobre 2018. Il sera inhumé demain mercredi 24 octobre 2018 à Sidi Daoud.
Que Dieu ait son âme !
Ameni Fraj