Base de données presse et documentaires francophones sur toutes les relations entre la Tunisie et la Suisse.
Tous domaines confondus (politique, histoire, culture, sport, etc.)
L’Ambassade de Suisse en Tunisie a rendu hommage ce lundi 17 septembre 2018 à un jeune étudiant tunisien, prénommé Wassim Dhaouadi récompensé par la prestigieuse Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), après avoir reçu le Prix de la meilleure moyenne toutes sections confondues avec une moyenne de 5,87 sur 6.
Wassim Dhaouadi est Bachelor en Génie Mécanique. Il a été honoré à l’EPFL au cours d’une cérémonie à laquelle l’ambassadeur de Tunisie en Suisse, Mourad Bourehla a pris part.
« Investissez de l’effort, Plus vous investissez plus vous serez récompensés:
-La motivation, peut nous porter loin, la même où nous imaginons inatteignable.
-Le travail, seul chemin légitime de la réussite et de l’accomplissement.
-La passion, source d’épanouissement, rien ne s’accomplit sans.
Mes remerciements a tous ceux qui m’ont instruit et supporté ces dernières années.
Mes remerciements à son Excellence l’Ambassadeur de Tunisie en Suisse Mr. Mourad Bourehla pour sa présence et ses félicitations.« Ainsi étaient les paroles de reconnaissance de l’étudiant après sa réussite.
C’est un diplomate de carrière, Etienne Thévoz, arabisant et africaniste que la Confédération suisse a désigné pour succéder à Rita Adam, en tant qu’ambassadeur à Tunis. A 62 ans, il aligne une expérience de 30 ans au sein de la diplomatie suisse. Originaire de Missy dans le Canton de Vaud, natif de Lausanne (1956) et titulaire d’une Licence ès Lettres de l’Université de Genève, il rejoindra dès 1988 le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) et se verra confier après une année de stage le dossier Monde arabe.
De 1993 à 1996, Etienne Thévoz a suivi les dossiers politiques et la IVème Commission des Nations auprès de la Mission suisse d'observation à New York. En 1997, il a été transféré à Ryad en qualité de Premier collaborateur du Chef de mission, activité qu’il a également exercée de 2001 à 2004 à l’ambassade de Suisse en Belgique. Nommé Ministre en 2004, M. Thévoz est retourné à Berne pour y occuper le poste de Suppléant du Chef de la Division politique II Afrique/Moyen Orient.
En 2007, M. Thévoz est parti à Yaoundé en qualité d’Ambassadeur de Suisse au Cameroun, RCA et Guinée équatoriale. Après cette affectation en Afrique sub-saharienne, il ira dans les pays du Golfe. C’est ainsi qu’il sera successivement avant Ambassadeur de Suisse au Koweït et Bahreïn de 2011 à 2015, au Qatar jusqu’à l’été 2018.
M. Thévoz est marié et père de deux enfants. De langue maternelle française, il maîtrise l’allemand, l’anglais et est également arabisant.
Publié le 17. SEPTEMBRE 2018 - 17:33 par Rachid Khechana, Tunis
Au départ, il cherchait juste un ancrage pour son bateau. Aujourd’hui, avec ses deux associés, il exploite un domaine agricole bio. Histoire d’un coup de cœur pour la Tunisie.
David Rachex (à gauche), avec ses associés tunisien, français et suisse.
(swissinfo.ch)
Lorsqu’ils arrivent pour la première fois en Tunisie, à Hammamet, David Rachex, sa femme abPeggy et leurs deux garçons aujourd’hui âgés de 15 et 18 ans, ne cherchent rien d’autre qu’un anneau pour l’hivernage de leur bateau.
Mais très vite, la famille succombe au charme de la région. En partenariat avec deux autres promoteurs, un Tunisien et un Suisse, elle décide de valoriser un domaine agricole, à Takelsa, et d’y développer un projet d’arboriculture fruitière biologique.
Quatre ans après, les affaires ont prospéré. Aujourd’hui, la société «Bio Natura», chargée de la gestion de cette exploitation, exporte, avec succès, des produits de terroir bio. David Rachex raconte son parcours d’investisseur.
swissinfo.ch: Pourquoi avez-vous choisi de venir en Tunisie?
David Rachex: Quand nous sommes arrivés en 2007, c’était un peu par défaut. Nous cherchions une place pour l’hivernage de notre bateau, et nous ne l’avions pas trouvée en France à l’époque. Tout le monde nous disait de venir tenter notre chance en Tunisie, à la marina d’Hammamet.
Après quatre journées passées ici, nous sommes repartis enchantés. Il y a vraiment eu un coup de cœur. Nous avons compris que ce pays est complètement différent de l'image qu’on pouvait en avoir depuis l'Europe.
David Rachex en famille.
(swissinfo.ch)
Comment vous en êtes venu au projet agricole à Takelsa?
Notre ami Chiheb Khiari, qui est un promoteur à Tunis, m’a emmené un jour au Cap Bon [province agricole à l’est de la capitale] et m’a dit: «écoute, je te présente ce terrain, c’est le mien. Je voudrais y développer un projet agricole avec toi».
En arrivant sur place, j'ai eu un autre coup de cœur. L’emplacement est magnifique, mais ni moi ni notre partenaire suisse Jean Follonier n’avions la moindre expérience dans ce domaine. J’ai dit: «l'idée me plait beaucoup, mais je ne suis pas capable, je n'ai pas les compétences pour cela». Chiheb m’a répondu que faire du vin, cela pouvait s’apprendre, comme tout le reste.
On avait le terrain et les hommes, ne restait que l'envie. Nous sommes donc partis sur ce projet un peu fou, à Takelsa. Le terrain fait 90 hectares au total et à ce jour, nous en exploitons 25, dont 14 de vignes. C'est un environnement vraiment privilégié pour l'agriculture.
Comment se sont passés les premiers pas?
On a commencé à zéro. On a constitué la société, puis on a équipé les routes d'accès, installé un système d'irrigation et, bien sûr, planté des arbres: trois ans de travail.
Combien d'arbres avez-vous planté?
8000 oliviers, des grenadiers, des figuiers de barbarie, des amandiers et trois cépages de vigne sur la totalité des 14 hectares. On a également développé toute une filière par rapport à la stevia [plante dont on tire un édulcorant naturel] qui a le vent en poupe au Japon et aux Etats-Unis et même en Europe en ce moment.
Avez-vous souffert des tracasseries administratives en Tunisie?
En général, l'administration tunisienne est très compliquée, même si les individus en eux-mêmes font tout ce qu’ils peuvent pour vous aider. Le mécanisme demeure très lourd. C’est vraiment fatigant quand on n’y est pas habitué.
Par exemple, quand on a affaire à la douane pour importer ou exporter, c'est très compliqué. Avant la révolution, on était facilement approchés par des fonctionnaires corrompus du régime de l’ancien président.
Nous sommes une société et je ne suis pas le seul investisseur. Notre credo est de faire les choses avec rigueur et dans la légalité. C’est pourquoi, je m’étais interdit d’être tenté par tout recours aux moyens illégaux. Je ne pouvais pas engager mes associés dans de telles voies, car à mon avis c'est une vision à court terme. Parce qu’un jour ou l'autre il y aura un retour de manivelle.
Derrière la haie, le domaine des vignes et des fruits.
(swissinfo.ch)
Donc, vous avez résisté et refusé de jouer le jeu des corrupteurs?
Oui bien sûr, mais c'est dommage que la corruption ait été si répandue avant la révolution. Il y a beaucoup d'investisseurs qui ont essayé de lancer des projets ici mais ils ont très vite jeté l’éponge à cause de ce fléau. Car quand on veut exporter, la coopération avec des services administratifs et douaniers professionnels et intègres est capitale pour le succès de tout projet.
Par Fati Mansour. Publié lundi 28 septembre 2015 à 21:52.
Une victime qui résistait a eu le visage tailladé avec un couteau. Le prévenu, accusé de cinq brigandages aggravés commis durant la même nuit, voulait son téléphone. Récit d’audience
Les stigmates d’une violente nuit lausannoise
Vaud Une victime a eu le visage tailladé avec un couteau. Le prévenu voulait son téléphone
Devant la justice
On lui donnerait le bon Dieu sans confession. Poli, timide, tout en rondeurs. Et pourtant. Tarek, de son prénom d’emprunt, comparaît, tête très baissée, devant le Tribunal criminel de Lausanne pour une brutale virée nocturne. Une des victimes de cette série de cinq brigandages, le visage lacéré par plusieurs coups de couteau, porte encore les stigmates de ce déchaînement. «Je ne suis pas un ange, ni un diable», explique le prévenu qui ne se souvient pas de grand-chose mais veut bien tout avouer et tout regretter. «Ça fait du bien d’entendre des excuses», dira un plaignant quelque peu soulagé.
Les péchés
Né il y a 25 ans à Tunis, Tarek, habitué du séjour illégal et consommateur de stupéfiants de toutes sortes, cumule déjà des condamnations pour lésions corporelles et bagarres. A Milan, notamment, où il a agressé un prêtre qui priait dans la rue. Dans la capitale vaudoise, il reconnaît avoir sévi avec un comparse – arrêté et détenu en Italie – durant cette nuit du 3 novembre 2013 à la recherche de téléphones portables et d’argent. Les victimes, menacées avec un couteau, ont été bousculées ou rouées de coups et délestées de leurs biens. «Ils étaient agressifs mais aussi assez affolés», explique un des molestés.
La deuxième cible de ce duo infernal, qui cheminait pour aller dormir chez sa grand-mère, ose la résistance. Le jeune homme, qui avait eu de récentes mésaventures tardives, s’était armé de deux poings américains et d’un cran d’arrêt apparemment oublié dans une poche. Ces objets interdits lui vaudront une procédure pénale qui est pour l’instant suspendue. Et ce n’est pas tout. Frappé à la tête, Tarek explique avoir réagi en faisant des «mouvements de balayage» avec son couteau. L’acte d’accusation du procureur Christian Buffat retient plutôt que le prévenu a poignardé sa victime à réitérées reprises à la main, au front, au nez, à la gorge et à l’arrière du crâne. Les plaies ont nécessité une quarantaine de points de suture.
A la demande du tribunal, le miraculé, représenté par Me Miriam Mazou, s’est approché des juges pour montrer ses cicatrices. Une longue balafre sur sa joue gauche et une autre sur son nez. Déjà fragilisé par une dépression et par la perte de sa place d’apprenti laborantin, le jeune homme a très mal vécu cette agression. La peur de sortir, la méfiance envers les étrangers, la gêne quand les enfants pointent du doigt son visage, tout lui est encore difficile. «Je vous souhaite du fond du cœur un bon rétablissement», répète le prévenu. La présidente lui suggère de lever la tête et de regarder sa victime lorsqu’il veut s’excuser.
L’alcool et la drogue aidant, Tarek, défendu par Me Pierre Charpié, assure qu’il ne se rappelle pas les détails de sa dérive. Il sait que les substances le rendent assez mauvais alors il doit bien admettre que tout cela est possible. En prison, il a continué à fumer du cannabis et s’est attiré quelques mises au cachot. Aujourd’hui, sa carrure massive et son esprit conciliant se dépensent dans la poterie et la cuisine. Après sa peine, que le tribunal fixera ce jeudi, le jeune homme veut rentrer au pays. Mais ça, c’est encore une autre histoire.
Réconcilier le Tunisien avec l’Administration ! Un vœu pieux
tant notre administration, jadis des plus performantes dans le monde
arabo-musulman, a été vicié et gangrené par des partis omniprésents,
intervenant dans tout, se mêlant de tout et dont l’une des premières
tâches auxquelles ils se sont attelés a été la marginalisation des
compétences pour y mettre les parvenus grâce aux allégeances.
Fort heureusement, il y en a qui échappent au lot, qui ont fait du travail leur religion et de la Tunisie leur foi. Riadh Bezzarga, directeur coordinateur du Fonds d’appui à la
compétitivité et au développement des exportations “TASDIR+“, financé
par la Banque mondiale, est décidé à consolider la présence de
l’entreprise tunisienne à l’international pas en
Afrique seulement -où le taux de croissance atteint les 8% par an- mais
sur les marchés lointains tels le Brésil, la Chine, le Japon ou encore
l’Indonésie. En fait, partout où les produits tunisiens peuvent être
convoités et où les opérateurs économiques peuvent identifier des
niches, s’implanter et se projeter ne se limitant pas à des actions
ponctuelles.
WMC : Tasdir+, c’est la phase finale du programme de soutien à
l’export financé par la Banque mondiale (BM). Quelle est l’approche de Riadh Bezzarga pour la mener à terme et optimiser ses résultats ?
Riadh Bezzarga : Tout d’abord plantons le décor.
Tasdir+ pèse 17 millions d’euros. C’est un programme financé par la
Banque mondiale. Son objectif principal est de soutenir nos opérateurs
privés à diversifier leurs marchés à l’export.
Exporter oui, mais il ne s’agit pas que de cela, il est aussi
important de varier les marchés et de bien positionner nos entreprises à
l’international à travers des antennes commerciales et surtout de
manière très étudiée pour ne pas rater le coche.
Donc, en ce qui nous concerne, nous accompagnons les entreprises en
réalisant des business-plan que nous leur proposons, pour qu’elles
adoptent les meilleures stratégies sur les marchés porteurs.
Contrairement au FOPRODEX (‘Fonds de promotion des exportations,
NDLR) et aux actions du CEPEX (Centre de promotion des exportations),
programmes d’opportunités que l’entreprise sollicite pour un soutien
financier et technique sur le court terme, nous, nous proposons un
programme technique qui s’étale sur une année.
Nous intervenons également au niveau de la certification des produits à exporter et facilitons l’accès au réseau d’acheteurs.
Les opérateurs qui réussissent à identifier les personnes ressources
et à tisser des liens professionnels solides sur place peuvent réussir
la gageur de s’installer durablement sur un marché.
Pour nous, s’attaquer à tous ces axes avant de convoiter un marché
est indispensable. C’est cette ceinture qui permet de sécuriser
l’investissement.
Quand vous dites ceintures, il s’agit de quoi exactement ?
Nous ne sommes pas dans la logique du menu mais dans celle des
programmes à la carte. Nous avons, pour chaque entreprise, deux types de
ceintures. La première est individuelle. L’entreprise vient à nous et
nous sollicite pour l’accompagner sur tel ou tel marché. Nous lui
offrons une subvention et un appui technique. La subvention peut
atteindre les 150.000 dinars pour chaque entreprise ; ensuite, nous
assurons le suivi pour que, une fois son business-plan bouclé, elle
puisse atteindre ses objectifs.
L’autre ceinture touche les filières. Nous appuyons les secteurs par
filières (agroalimentaire, textile, services, composants automobiles,
etc.).
Pensez-vous que l’adhésion de la Tunisie au COMESA pourrait
offrir de nouvelles opportunités à nos exportateurs avec votre soutien ?
Quand les opérateurs veulent accéder à une zone difficile, ou un
marché lointain, ils viennent vers nous et expriment leur volonté de s’y
implanter. Avec aujourd’hui l’adhésion de notre pays au COMESA
(Marché commun des pays d’Afrique de l’Est et australe, NDLR), ils
peuvent, grâce à notre appui logistique, y développer leurs activités
tous seuls ou via des partenariats.
il nous faut, en tant que Tasdir+, atteindre le chiffre de 600 entreprises parrainées par notre programme qui s’étale sur 5 ans.
Qu’il s’agisse de l’appui individuel ou de l’appui par filière, il
nous faut, en tant que Tasdir+, atteindre le chiffre de 600 entreprises
parrainées par notre programme qui s’étale sur 5 ans.
L’enjeu ou le défi pour nous est de prouver, par A + B, que les
entreprises soutenues par Tasdir+ ont été performantes. C’est-à-dire
qu’elles ont fait plus d’exportations que d’autres et ont réussi leur
politique de diversification en accédant à des marchés qui sont
difficiles.
Il s’agit pour nous de les accompagner de manière à ce qu’elles
deviennent plus compétitives et qu’elles occupent des positions
honorables sur les marchés conquis. Il y a une cellule export qui a pour
unique mission de les accompagner à tous les niveaux.
Est-ce que vous avez des programmes spécifiques PME/PMI et d’autres grands groupes ?
Nous traitons de la même manière tous les acteurs économiques
concernés par notre programme. Nous adoptons une approche qui nous est
propre : actuellement que nous sommes à mi-parcours, nous réalisons que
le programme est un succès grâce aux évaluations régulières auxquelles
nous procédons.
Les entreprises appuyées par Tasdir+ durant les deux premières années
réussissent mieux que d’autres qui ne le sont pas. Et là je parle
chiffres à l’appui. Mais nous pouvons mieux faire, et c’est la raison
qui nous a incités à revoir notre process et à procéder à la
restructuration du programme.
au terme de l’achèvement du contrat de partenariat, les
entreprises font une baisse sur les marchés où elles se sont implantées,
ça n’a pas de sens, car au cœur du programme il y a le principe de la
pérennisation de l’œuvre entrepreneuriale.
Nous tenons à maximiser nos résultats, or diagnostic établi, nous
avons réalisé qu’il y a deux volets importants à prendre en
considération : l’accompagnement ne s’est pas fait sur le long terme.
Conséquence, au terme de l’achèvement du contrat de partenariat, les
entreprises que nous avons soutenues font une baisse sur les marchés où
elles se sont implantées. Cela n’a pas de sens, car au cœur du programme
il y a le principe de la pérennisation de l’œuvre entrepreneuriale.
L’autre volet c’est celui de l’instauration, au sein de
nos propres institutions tunisiennes, des bonnes pratiques en formant
notre administration à être plus imaginative, plus souple, plus
réceptive et moins procédurale
Le FAMEX (Fonds d’accès aux marchés extérieurs, NDLR) ou Tasdir+
n’étant pas éternels, nous avons donc conçu un modèle d’accompagnement
intelligent de manière à ce que nos entreprises ne soient pas
durablement dépendantes des appuis du programme et de ses fonds pour
exister sur les marchés conquis ou convoités lorsque notre partenariat,
avec elles, prendra fin.
L’autre volet c’est celui de l’instauration, au sein de nos propres
institutions tunisiennes, des bonnes pratiques en formant notre
administration à être plus imaginative, plus souple, plus réceptive et
moins procédurale pour faciliter autant qu’elle le peut le travail de
nos opérateurs.
Tasdir+ peut-il entreprendre des actions dans le cadre d’une politique plus agressive en matière de diplomatie économique ?
La diplomatie économique doit être portée par nombre d’institutions.
Notre ministère des Affaires étrangères a mis en place toute une
stratégie pour la développer, et c’est très bénéfique pour nos acteurs
économiques à l’export. Tasdir+ est un programme avec une deadline et
des objectifs à atteindre. Nous, nous sommes dans l’encadrement de nos
entreprises, nous sommes leurs relais.
Si elles ont des problèmes au niveau du transport maritime, avec les
administrations publiques ou avec la BCT dans le transfert de fonds,
nous recueillons ces informations et nous nous adressons aux
institutions concernées pour leur donner un coup de main. Mais notre
mission ne consiste pas à résoudre leurs problèmes à ces niveaux. Nous
ne voulons pas nous disperser.
Nous restons un programme de soutien à l’export, et c’est dans ce
cadre que nous intervenons. C’est pour garantir une efficience maximale à
nos actions.
Nous aurions aimé avoir ne serait-ce qu’un petit centre
opérationnel regroupant les ministères du Commerce, du Transport, des
Affaires étrangères, de la Coopération internationale, les Douanes et la
BCT
Théoriquement, l’échange des informations existe au niveau de
certaines institutions, et il y a des cellules dont la mission consiste
pour chacune à faciliter le travail de l’opérateur, mais peut-être que
ce qui nous manque est de savoir et de pouvoir orchestrer tout cela de
manière harmonieuse et adaptée aux contextes national et international.
Nous aurions aimé avoir ne serait-ce qu’un petit centre
opérationnel regroupant les ministères du Commerce, du Transport, des
Affaires étrangères, de la Coopération internationale, les Douanes et la
BCT pour plus de réactivité de la part de nos différentes
administrations aux attentes des opérateurs privés.
Qu’avez-vous fait vous-même pour satisfaire aux exigences du contexte économique national, régional et international ?
Nous avons mis en place, en coordination avec le CEPEX, un système de
vases communicants pour que la masse d’informations que nous
recueillons sur les entreprises qui nous sollicitent et sur les marchés
dans lesquels elles sont installées ou qu’elles convoitent soit bien
structuré et ciblé. Aujourd’hui, nous avons une plateforme et un
logiciel qui gère toutes les informations touchant au programme
Tasdir+ : entreprises, marchés concernés, appui aux entreprises, mode
d’appui, mode de sélection, produits, suivi des entreprises. Tout cela
est digitalisé et est enregistré et archivé au CEPEX, ce qui n’a jamais
été fait auparavant.
Deuxièmement, nous avons procédé à un nouveau mode de sélection pour
ce qui est des entreprises et qui garantit une évaluation rigoureuse du
programme. Nous nous sommes inspirés d’une méthode appliquée par la
Banque mondiale qui consiste en un nouveau mode de sélection baptisé
“Random Selection“. Il s’agit d’une méthode qui doit garantir une
sélection aléatoire d’un échantillon d’opérateurs, soit des entreprises
que nous choisissons au hasard pour faire partie du programme et nous
procédons à une évaluation a posteriori.
Avant d’adopter cette méthode, il y avait des critères
d’éligibilité. L’entreprise postule et nos experts se déplacent sur
place et voient par eux-mêmes si elle répond réellement aux critères
d’éligibilité
Avant d’adopter cette méthode, il y avait des critères d’éligibilité.
L’entreprise postule et nos experts se déplacent sur place et voient
par eux-mêmes si elle répond réellement aux critères d’éligibilité.
Suite à cette première évaluation, nous décidons si nous devons
l’appuyer ou pas.
Aujourd’hui, c’est totalement différent. Prenons l’exemple du secteur
des services qui pourrait être appliqué à tous les secteurs. Supposons
que dans ce secteur il y a 200 entreprises candidates et que parmi ces
200 entreprises, la moitié seulement est retenue par notre programme. La
sélection n’est plus en fonction d’un scoring comme c’était le cas des
appels à candidatures mais elle se fait par rapport à la pertinence
opérationnelle du projet et son adéquation par rapport au potentiel et
aux ressources de l’entreprise.
Supposons que parmi les 100 présélectionnées, il y a 50 petites
entreprises, 30 moyennes, et 20 grandes entreprises. Grâce au système
Random Selection, nous aurons deux groupes d’entreprises éligibles, dont
50% appuyées par le programme, et 50% non soutenues. Celles-là
constitueront le groupe de contrôle.
Pourquoi, me diriez-vous ? Parce que ce sont des entreprises
comparables au niveau de la taille, du volume des affaires, du
savoir-faire, des performances et ainsi de suite. La moitié non
bénéficiaire permettra au programme de comparer ses performances à
l’exportation par rapport au groupe sélectionné. Ceci étant et quel que
soit le groupe d’entreprises éligibles qui sont retenues pour la
sélection, chaque entreprise est certaine qu’elle a une chance sur deux
d’être sélectionnée quoi qu’il en soit.
Comment voyez-vous le rôle des entreprises dans la réussite
du partenariat avec votre programme et quelle est leur responsabilité ?
Cela dépend de la qualité du management de chaque entreprise, de ses
choix et de sa capacité à tirer le meilleur de notre collaboration et du
programme Tasdir+.
La Random Selection est le Nobel en matière de programme
d’accompagnement à l’entrepreneuriat ; il met fin à un procédé de
présélection qui peut léser certaines entreprises pour des raisons non
fondées.
La Random Selection est le Nobel en matière de programme d’accompagnement à l’entrepreneuriat
La Tunisie mène la première expérience dans le monde arabe et en
Afrique en la matière. Il a fallu 6 mois de négociations avec nos
partenaires historiques et nos institutions pour les convaincre de la
justesse de notre démarche. Ils ont fini par comprendre que les moyens
dont nous disposons ne nous permettent pas d’aider plus de 600
entreprises, sélection aléatoire ou pas.
Le message fort est qu’il s’agisse d’une entreprise basée à Regueb, à
Metlaoui ou dans un quartier résidentiel de Tunis, Sfax, Sousse,
Jendouba ou Tataouine ou Kébili, tout le monde peut bénéficier de ce
programme. C’est très important et permet de mettre fin à la
marginalisation des entreprises basées ailleurs que dans le centre et
qui se considèrent comme ignorées et méconnues. Grâce à la Random
Selection, tous les opérateurs savent qu’ils peuvent être dans le
programme.
Grâce à la Random Selection, tous les opérateurs savent qu’ils peuvent être dans le programme
Nous visons également la minimisation de la paperasse, de manière à
ce qu’à partir du moment où l’entreprise est intégrée dans Tasdir +, ses
dépenses puissent être très rapidement remboursées dans un délai
maximum de deux semaines.
Et est-ce que la Random Selection vous donne plus de
garanties en matière de pérennisation des activités des entreprises dans
les pays où elles se sont implantées ?
Eh bien, mise à part l’évaluation rigoureuse globale du programme,
nous procèderons à l’examen rigoureux de chaque produit et de chaque
action. Dans le business-plan, nous avons incorporé les composants
développement du produit, participation aux salons et prime à l’export.
A titre d’exemple, cette prime peut profiter aux petits agriculteurs qui exportent à destination de l’Europe.
Quel impact de cette évaluation sur les futurs programmes d’appui initiés par le CEPEX?
Grâce aux critères d’évaluation précis que nous avons mis en place,
le CEPEX ou le FOPRODEX pourront revoir leur appui aux entreprises en
fonction de ces résultats qu’elles réalisent et à leurs performances. Ce
qui n’est pas le cas aujourd’hui.
Mais il y a plus important, nous estimons que l’approche Random
Selection peut être généralisée à d’autres domaines d’activités
socioéconomiques. Nous avons ouvert une brèche qui peut être bénéfique
pour d’autres secteurs. Nous voulons instaurer une culture
«d’opportunisme» économique dans le sens noble du terme.
Notre programme doit pouvoir, avec les variables existantes, aller de l’avant malgré les obstacles et écueils de tout ordre.
Nous avons choisi le chemin le plus difficile, le plus long, mais
nous avons réussi à convaincre tous nos partenaires, et là nous
avançons. Nous avons entamé, depuis deux semaines, le lot 3 de Tasdir+
en adoptant la Random Selection.
Combien d’entreprises avez-vous appuyées à ce jour ?
278 entreprises et, comme je l’ai déjà spécifié, nous visons de faire
profiter de notre programme 600. Mais nous pouvons faire plus surtout
si nous devons appuyer les filières pour qu’elles arrivent à bien se
positionner sur les marchés internationaux pérennisés.
Nous avons amorcé notre programme par la filière des TIC qui s’est
imposée au Salon Mobile World à Barcelone ; un Salon de référence pour
ce secteur. Nous avons réalisé que ce Salon est très pertinent pour que
nos entreprises exportent en Afrique et dans le monde arabe.
Nous avons appuyé 70 entreprises et, aujourd’hui, il y a un retour
sur investissement très important. Nous ne sommes pas encore dans
l’évaluation qui se fera dans 6 mois. Les échos sont positifs et c’est
rassurant.
Notre deuxième action concerne les marchés suisse et allemand sur
lesquels nous voulons augmenter nos exportations en huile d’olive bio.
La Tunisie a un quota de mille tonnes en suisse mais n’en exporte que
200 tonnes, alors qu’en Suisse il y a un programme public qui aide des
pays comme la Tunisie à accroître leurs exportations sur son marché, il
s’agit du Swiss Import Promotion Program (SIPPO).
Nous en avons discuté avec le CEPEX et nous avons invité un expert
suisse à venir en Tunisie. Il a bien étudié la filière et le marché et a
constaté que le potentiel tunisien est énorme et que nous pouvons bien
nous positionner sur le marché de l’huile d’olive bio.
Nous allons lancer une action “vendeurs“ en Allemagne et en Suisse au
mois de novembre prochain et ramener avec nous 6 ou 7 entreprises
suisses pour établir le contact avec nos producteurs et faciliter
l’exportation de l’huile d’olive bio vers ces pays.
Vous savez que pour ces deux pays, la labellisation et le
respect des normes européennes pour tout ce qui touche à
l’agroalimentaire sont indispensables.
Il y a deux types d’actions que nous pouvons entreprendre dans ce
sens. Nous avons des entreprises qui sont d’ores et déjà prêtes et
labellisées bio. Elles peuvent être rapidement opérationnelles.
Il y a celles qui auront besoin d’une aide pour la labellisation de
leurs produits, et veulent l’appui de Tasdir+ pour certifier leurs
produits ou les développer. Nous pouvons les aider et nous comptons
tenir une série de réunions avec les groupements interprofessionnels de
l’agroalimentaire, avec les Chambres mixtes pour voir ce que nous
pouvons faire dans chaque pays et selon qu’il soit intéressé par un
produit plutôt qu’un autre.
Nous avons remarqué, à titre d’exemple, que l’artisanat tunisien de
luxe intéresse le marché britannique. Si jamais des opérateurs, ou 8 ou 9
artisans veulent créer un showroom, ou un point de vente sur place,
nous sommes preneurs et nous donnerons notre appui technique et
logistique. C’est pour cela que nous avons ouvert la brèche des actions
transversales structurantes.
Et si vous nous parliez des défis auxquels vous faites face ?
Ils sont en premier culturels. Nous devons expliquer aux entreprises
qu’exporter est une démarche et un positionnement que nous devons
gagner, maintenir et garder. Ce n’est pas parce qu’aujourd’hui la Libye
s’est fermée que nous devons nous tourner vers l’Algérie. Chaque marché
est important et a ses spécificités. Un business-plan n’est pas valable
sur tous les marchés, ce n’est pas du copie/coller. Il faut travailler
là où les opportunités se présentent et communiquer avec nos partenaires
dans le respect des différences entre les uns et les autres.
Ce n’est pas parce qu’aujourd’hui la Libye s’est fermée
que nous devons nous tourner vers l’Algérie. Chaque marché est important
et a ses spécificités
Tasdir+ est dans la pérennisation de la présence de nos entreprises à
l’international, nous ne sommes pas dans les actions ponctuelles. Nous
sommes différents du CEPEX.
Un autre défi est celui de l’administration. Parce que pour pouvoir
réussir la simplification des procédures, il a fallu batailler : il y a
des lois et de la résistance. Quand un opérateur a une subvention, il
lui faut des justificatifs, des documents et des cachets à n’en pas
finir. Nous voulons changer cet état des choses et, dans certains cas,
nous avons pu le faire, mais pas dans d’autres. Nous ne sommes pas
encore dans l’administration numérique à 100% mais nous avons gagné la
bataille de la standardisation de certaines procédures.
Par exemple : pour les frais de voyage, nous demandions le talon du
billet d’avion, la facture de l’agence et le transfert de la banque,
maintenant c’est plus simple, l’opérateur ramène une copie du passeport
(sortie et entrée du pays en question), et nous avons les données sur
les tarifs appliqués à la date où il s’est déplacé, il est
automatiquement remboursé.
Les Turcs et les Chinois partent à l’étranger en
conquérants et non en concurrents, chez nous le leitmotiv est celui du
cavalier seul
Le troisième défi concerne le marché international, car concurrencer
les produits turcs ou chinois, ce n’est pas facile du tout, et là c’est
une question de mentalité. Eux, ils partent à l’étranger en conquérants
et non en concurrents, chez nous le leitmotiv est celui du cavalier
seul.
Dans d’autres pays, vous allez dans un pavillon espagnol ou turc,
vous demandez après tel ou tel produit, si vous ne le trouvez pas sur
place, on vous oriente vers un compatriote. Ils font en sorte que vous
n’échappiez pas à leur réseau national, ce n’est malheureusement pas le
cas pour la Tunisie, et c’est culturel. Au lieu de gagner des parts de
marchés en étant ensemble, nous les perdons en les abordant
individuellement ! Lorsque vous voyez l’agressivité commerciale des
Croates, Brésiliens, Turcs ou Chinois -et je les ai vus à l’œuvre en
Algérie, où j’ai représenté le CEPEX pendant des années-, c’est tout
simplement époustouflant et admirable.
Justement, comment faites-vous pour réussir votre politique communicationnelle et sensibiliser sur ces questions?
Nous avons utilisé la stratégie communication du programme économique
et qui doit être ciblée et percutante. Nous sommes en train de
travailler sur notre site web, là où il y a des vidéos avec une
simplification du programme Tasdir+ et comment y adhérer. En plus, il y a
la communication institutionnelle de Tasdir+. Et nous comptons y
procéder à travers les médias, mais également des workshops, des
séminaires et des tables rondes.
Notre communication doit toucher tous les acteurs économiques sur le territoire national d’une manière intelligente.
En somme, nous voulons être dans le corps à corps si vous me
permettez l’expression. Nous nous déplacerons dans les régions, nous
attaquerons les secteurs un par un ainsi que les filières. Notre
communication doit toucher tous les acteurs économiques sur le
territoire national d’une manière intelligente.
Nous avons une petite équipe mais nous croyons en l’intelligence
collective. Je ne pense pas que, en organisant un grand séminaire et en y
ramenant tout le monde pour parler pendant des heures, et gaver
l’assistance de discours, nous réussirons à communiquer comme il se
doit. Nous ne sortirons que quand nous avons des choses à dire sur le
programme.
Si j’organise une table ronde avec l’Ordre des ingénieurs, je dois
auparavant identifier ma population cible, découvrir ses attentes et
mettre en place des propositions concrètes qui peuvent les intéresser
immédiatement et les inciter à être réactifs.
Même approche pour les cliniques, les agriculteurs, les services,
l’industrie, le BTP et j’en passe. Il faut une communication à la carte.
Nous devons également attaquer des secteurs comme le tourisme
alternatif, le golf, ou ceux qui ne sont pas appuyés par le CEPEX, comme
le marché boursier, les intermédiaires en Bourse, les assureurs. Nous
allons frapper à leurs portes pour leur dire “venez, Tasdir+ peut vous
appuiera pour aller sur des marchés étrangers et les conquérir“.
Récupérer son argent oublié dans un train, combien ça coûte?
Oublier son sac dans un train et le retrouver, une chance! Mais s'il contient de l'argent, l'usager distrait va passer à la caisse. On en parle dévoile le témoignage d'une voyageuse qui a déboursé 120 francs pour en récupérer 310.
Une femme oublie son bagage contenant de l'argent dans un train, une mésaventure apparemment banale, mais les efforts entrepris pour récupérer son bien n'ont de loin pas été gratuits, rapporte lundi l'émission de la RTS On en parle.
La voyageuse a tout d'abord activé le service de recherche d'urgence des CFF pour localiser le sac, ce qui lui a coûté 50 francs. Bonne nouvelle, le bagage est retrouvé et elle pourra le récupérer deux jours plus tard dans la gare de son choix, après un passage par la centrale des objets trouvés à Berne.
Une conversion automatique en francs suisses
Au guichet des CFF, la voyageuse doit tout d'abord payer les 10 francs requis (avec demi-tarif, sinon ce serait 20 francs). Et là surprise, les 820 dinars tunisiens qu'il contenait ont été convertis en francs suisses. La cliente se dit fâchée de ne pas avoir été consultée avant cette démarche.
Selon Donatella Del Vecchio, porte-parole des CFF, interrogée par On en parle, l'ex-régie fédérale a mis en place cette pratique par mesure de sécurité. Lorsque des objets sont retrouvés, ils passent en divers mains et lieux (centrale, gare choisie par l'utilisateur pour récupérer le bien) et il existe un risque de vol. D'où la mise en place d'une politique de la quittance: l'argent est ainsi automatiquement changé en francs suisses et transféré sur le compte des CFF. L'usager reçoit une quittance et il la présente au guichet. Son argent lui est alors rendu en liquide et en francs suisses.
Un taux de change peu avantageux
Reste la question du taux de change appliqué, qui fait aussi bondir la voyageuse. Le taux proposé par les CFF était de 0,388. Pour ses 820 dinars, elle a touché 311,60 francs. Au même moment, sa banque proposait un taux de change de 0,45 et lui aurait rendu 369 francs. Une différence de presque 60 francs.
Donatella Del Vecchio assure qu'il ne s'agit pas de réaliser un bénéfice sur le dos des clients et explique que le taux de change des CFF n'est pas le même que celui des banques pour plusieurs raisons liées aux services supplémentaires proposés par l'ex-régie: important stock de devises à disposition, envoi d'argent à domicile, services en gare 7 jours sur 7 et le soir, possibilité d'obtenir des petites coupures.
Si les CFF disent qu'environ 50% des objets perdus par les clients sont retrouvés, la passagère ne décolère pas, car au final il lui en aura coûté 120 francs (50+10+60) pour récupérer 311 francs.
Vous avez certainement entendu parler de lui... Véritable
globetrotter 2.0, Sylvain Nicolier est celui qui se cache derrière le
concept Suisse moi.
Le principe? Le jeune homme suggère à ses abonnés de proposer le
contenu de ses reportages vidéo et de voyager avec lui en direct!
Sylvain voyage au fil de ses rencontres, il a visité 15 pays en quatre ans!
Le HuffPost Tunisie est allé à sa rencontre
suite à son aventure tunisienne à Dahar au sud-est de la Tunisie, et
lui a posé cinq questions flash. Voici ses réponses:
1. Le point de départ de ton voyage à Dahar
Sylvain Nicolier: En avril 2017, à la suite de ma visite du Salon des blogueurs de voyage, on m’a invité à me rendre direction Dahar.
J’y suis resté une semaine puis deux jours dans le désert avant Djerba
2. Ton premier contact avec la Tunisie
Plus jeune, je suis parti à Djerba avec mes parents, on a connu les
plages, etc. mais ce n’était pa vraiment la Tunisie authentique que je
recherche.
Alors qu’en me rendant ensuite à Dahar, j’ai découvert une région authentique pleine de richesse.
3. Ce qui t’a marqué à Dahar
Mes rencontres, les Amazighs, les Berbères, les traditions et la manière de vivre dans les régions arides.
Je me rappelle avoir vraiment très bien mangé, agneau, soupe, etc.
J’ai adoré vivre dans une maison troglodyte, c’était une vraie expérience. Les courses de chevaux aussi m’ont marquées.
4. La particularité de la Tunisie
Les paysages sont vraiment particuliers, le contexte de mon séjour aussi, j’ai vécu une expérience inoubliable!
Le contact avec les Berbères, qui sont simples et authentiques. Je
trouve les gens tellement beaux avec leurs yeux clairs... J’ai
été frappé par cette beauté!
Cela m’a donné envie de revenir mais dans une autre région, l’idée
pour moi reste de se rapprocher de la vie locale, surtout pas
touristique.
J’ai vraiment vécu une expérience qui vaut la peine et que je recommande!
5. Les premiers échos suite à la publication de ta vidéo
Les gens m’ont principalement demandé comment partir en voyage là-bas
et m’ont remercié de leur avoir fait découvrir cet endroit.
Ce que j’adore et que j’ai trouvé drôle, c’est que même les Tunisiens
eux-même ont fait une découverte car la région reste peu connue même
des habitants tunisiens.
Elle ne peint pas, elle s’amuse en fait, comme elle le confesse à
Leaders. Ses personnages deviennent ses complices dans un jeu
ininterrompu. Mona Chouk est beaucoup plus connue en Suisse où elle est
née et expose régulièrement aussi bien à Dubaï, où ses toiles sont
prisées, qu’à Tunis. Pourtant, c’est ici qu’elle s’est établie depuis
son retour avec ses parents à l’âge de huit ans et c’est ici qu’elle
puise son inspiration. Son atelier, chez elle à La Marsa, vous introduit
dans un univers de formes et de couleurs qui prennent vie et vous
donnent envie d’aimer la vie.
Si elle a toujours dessiné
depuis son jeune âge, Mona Chouk est venue à la peinture un peu par
curiosité, pour ne pas dire oisivité. Jeune maman, elle découvre en 2003
le centre culturel d’El Menzah et ses différentes activités
artistiques, s’inscrit au club de peinture et se prend au jeu. Tout va
alors s’accélérer : la vocation se révèle, la passion croît et le
pinceau s’affine. Ses premiers pas, elle les fera dans le figuratif pour
bien maîtriser la technique et l’expression. Mais son véritable élan,
elle le prendra avec le contemporain.
Un lancement suisse
Mona
n’y avait pas cru lorsque des amis suisses qui ont vu son œuvre lui
proposent en 2009 d’exposer ses toiles lors du Montreux Art Gallery,
exposition d’art contemporain, la deuxième en importance en Suisse. «Le
succès est tout de suite au rendez-vous, écrit le prestigieux magazine
suisse des arts, Accrochages. Succès commercial, puisqu’elle vend
au-delà de ses espérances, mais aussi succès d’estime, son apparition
sur la scène montreusienne lui valant plusieurs invitations à exposer
dans d’autres espaces d’art». Les grands galeristes suisses ne vont plus
la lâcher et voilà ses toiles sur les cimaises de la Plexus Art Gallery
(Villa Murillo) Willy Grange Gallery, Galerie Bernard Chassot et
autres. «C’est une découverte pour les Suisses qui ont misé sur moi, ce
qui m’a beaucoup stimulée», dit-elle. Sollicitée pour
soutenir des œuvres caritatives en faveur des enfants défavorisés, Mona
n’hésite pas à offrir des œuvres. Cela lui vaudra, en plus de son
engagement sincère, d’être nommée à l’unanimité comme ambassadrice de la
Fédération mondiale de volleyball et beach-volleyball, lors de son
congrès mondial en 2011, pour les enfants dans le monde. Commencera
alors pour elle une tournée en Amérique latine la conduisant au Mexique,
en Bolivie, en Argentine, etc. mais aussi en Afrique, notamment au
Bénin. De retour à Tunis, elle reprend ses pinceaux et peint, en
réfléchissant toujours à sa prochaine exposition.
Avec application et talent
Cette
fois-ci, son objectif c’est Dubaï. Mona n’hésite pas à y aller en
prospection. Pas facile de décrocher un accord. Mais, juste à la veille
de son retour, elle reçoit un coup de fil qui lui ouvrira les portes
d’une grande galerie. Là aussi, le succès est au rendez-vous. Toujours
mécène, elle offre aux œuvres de la Fondation Nour deux toiles qui
seront mises aux enchères chez Christie’s à Dubaï. Vous pouvez alors
imaginer la suite : elle sera invitée à d’autres expositions.
Ces succès ne lui tournent pas la tête. Mona se considère toujours
encore à ses débuts. Passionnée, assidue, elle peint et s’amuse,
révélant un talent encore plus prometteur. Déjà, elle a bouclé
l’exposition qu’elle montera en novembre prochain à Fribourg en Suisse,
mais il lui reste à terminer celle d’Abu Dhabi, en novembre également.
«J’aime la vie, je vois grand et je m’amuse beaucoup avec ma peinture»,
dit-elle.
Née à Lausanne le 16
octobre 1972, d'une mère suisse et d'un père tunisien, Mona Chouk après
une enfance passée dans sa ville natale part pour la Tunisie où elle
poursuivra plus tard des études de commerce.
Attirée par la
couleur, elle s'adonne à la peinture dans un club d'arts plastiques. En
2007, elle intègre l'atelier du peintre Sylvain Montélione, avec qui
elle travaille la composition et ses effets chromatiques. Participant à
plusieurs expositions de groupe, Mona Chouk rejoint d'un pas sûr le
monde des plasticiens professionnels.
Riche de sa double
culture, sa peinture nous dévoile une coloriste sensible qui est à
l'écoute de "la mélodie du monde"comme disait Claudel. Ses Compositions
tantôt allégoriques tantôt suggestives sont des "close up" qui nous
mettent en présence d'une plasticienne à son éveil.
Le Palmarès a été annoncé samedi soir, au cours d’une cérémonie de la clôture organisée à la Maison des Arts du Grütli à Genève.
HuffPost Tunisie avec TAP
La Tunisie a remporté un Fifog d’Or et une Mention
spéciale du Jury, à la 13ème édition du Festival international du film
Oriental de Genève.
Le Palmarès a été annoncé samedi soir, au cours d’une cérémonie de la clôture organisée à la Maison des Arts du Grütli à Genève.
Le film “Aya” de Moufida Fedhila a décroché le prix du FIFOG d’Or de
la Compétition Pénitentiaire, des films de fiction organisée dans les
établissements de Champ-Dollon et La Brenaz à Genève.
Le prix a été remis au réalisateur Ferid Boughedir au nom de la
réalisatrice du film qui a été absente de la cérémonie de clôture.
“Le Convive ”, une coproduction tuniso-suisse du réalisateur Hakim
Mastour, a remporté la Mention spéciale du jury dans la compétition
scolaire des films de fiction organisée à l’Ecole de Culture Générale
(ECG) Henry-Dunant (Films de fiction).
L’Iran, invité d’honneur de cette édition, a eu la part du Lion au
Palmarès de cette édition 2018, en remportant quatre prix dont 2 Fifog
d’Or, 2 Fifog d’Argent.
Les films “No 17. Soheila” de Mahmoud Ghaffari (Iran) et “Israfil”,
d’Ida Panahendeh (Iran) ont respectivement remporté le Fifog d’Or et le
Fifog d’argent de la compétition Internationale des longs-métrages de
Fiction.
Dans la compétition documentaire internationale, le Fifog d’Or a été
attribué au film “Des Rêves Sans Etoiles” du réalisateur Mehrdad
Oskouei. Dans la compétition internationale des courts-métrages, le film
“Gaze” de Farnoosh Samadi a décroché le FIFOG d’Argent.
Voici le Palmarès complet des différentes compétitions du FIFOG avec mention du film, réalisateur, pays et prix remporté :
1. Prix de la Compétition Internationale
(Longs-métrages) - “No 17. Soheila” de Mahmoud Ghaffari (Iran): FIFOG
d’Or- “Israfil”, d’Ida Panahendeh (Iran): FIFOG d’Argent
2. Prix de la Critique (Longs-Métrages) :- “En
Attendant les Hirondelles” de Karim Moussaoui (Algérie): FIFOG d’Or de
la Critique - “Iperita” de Mohamed Bouzaggou (Maroc): Mention spéciale
3. Prix de la Compétition Internationale
(Documentaire) - “Des Rêves Sans Etoiles” de Mehrdad Oskouei (Iran):
FIFOG d’Or- “Ya Omri” (104 Wrinkles) de Hady Zaccak(Liban): FIFOG
d’Argent - “H’na Barra” (Nous Dehors) de Bahia Bencheik El Fegoun &
Meriem Achour Bouakkaz (Algérie): Mention spéciale
4. Prix de la compétition Internationale
(Courts-Métrages) - “Toprak” de Onur Yagiz (Turquie): FIFOG d’or- “Gaze”
de Farnoosh Samadi (Iran) : FIFOG d’Argent
5. Compétition Pénitentiaire (établissements de
Champ-Dollon et La Brenaz) :- “Aya” de Moufida Fedhila (Tunisie): FIFOG
D’or- “Ramdam” de Zangro (France) : Mention spéciale
6. Compétitions Scolaires des courts-métrages
(Genève) :Ecole de Culture Générale (ECG) Henry-Dunant (Films de
fiction): - “You Are Not American” de Sadam Wahidi (Afghanistan): Prix
FIFOG d’Or - “Le Convive ” de Hakim Mastour (Suisse, Tunisie): Mention
spéciale du jury Cycle d’Orientation (CO) de Budé (Films de fiction):-
“The Violet” de Baqer Al-Rubaie (Iraq): FIFOG d’Or - “Take My Hand” de
Serge Majdalany (Liban) : Mention spéciale du jury Ecole de Culture
Générale (ECG) Ella Maillart (Films documentaires):- Film “The Shield
That I Carry” de Basma Farhat (Liban): Prix FIFOG d’Or - Film “Tata
Milouda” de Nadja Harek (France): Mention spéciale du jury
Le FIFOG se poursuit dimanche avec la projection de 11 films dont le
film Zizou de Ferid Boughedir qui sera présenté en seconde projection
après celle du samedi.
Les films primés du Fifog d’Or et du Fifog d’Argent seront projetés dans la soirée à 20h aux cinémas du Grutli.
Jessica, institutrice chrétienne en Suisse, a passé plusieurs mois en Tunisie pour enseigner dans une école.
Pourquoi es-tu allée en mission en Tunisie?
J’aime découvrir d’autres cultures, voir comment vivent les gens, partager ma foi en Jésus avec eux et apprendre d’eux. Quand j’ai décidé de devenir institutrice, je faisais déjà le rêve d’enseigner dans un autre pays. J’ai donc demandé à Dieu où aller et la porte de la Tunisie s’est ouverte. La culture orientale me fascine.
Avec quel genre de personnes as-tu passé du temps?
Avant de commencer l’école, j’ai vécu un mois avec une chrétienne tunisienne. Elle dirige une église dans son appartement et, là, j’ai appris à connaître d’autres chrétiens. Par la suite, j’ai vécu avec deux femmes françaises engagées comme volontaires à l’école. À l’école même, les enseignants étaient amicaux, mais il leur a fallu du temps pour m’intégrer activement, par exemple en partageant leur nourriture avec moi, ce qui est très important en Tunisie. En faisant du sport également (kung fu), j’ai rencontré des jeunes qui m’ont très chaleureusement accueillie.
Quelle est la situation dont tu te souviens le plus?
Lors d’une escalade, je suis tombée d’une hauteur de cinq mètres sur le dos sur un rocher. Mes compagnons s’attendaient au pire. Je suis restée consciente. J’ai été transportée en ambulance à l’hôpital, où les normes sont assez différentes de celles de la Suisse. Je souffrais beaucoup, mais je sentais que Jésus était avec moi et, à l’étonnement des médecins, je n’avais ni fracture ni blessure interne. Je suis donc sortie de l’hôpital le matin à deux heures, après environ treize heures passées là, avec une ordonnance d’analgésique. Loué soit le Seigneur!
Qu’est-ce qui t’a causé des problèmes?
Je ne vivais pas de relations personnelles et ne m’attendais pas à ce que l’enseignement dans une culture étrangère soit si différent. Au début, il y avait un chaos total dans mes classes. Les enfants tunisiens aiment parler fort, chanter, danser et bouger, ce qui est difficile dans une petite salle de classe. Cela a été difficile pour moi de me sentir dépassée, de faire face à l’échec et à la frustration. Cela m’a aidée de me décharger sur le Seigneur, de lui demander conseil et de ressentir son amour.
Qu’est-ce que cet engagement a changé pour toi personnellement?
Ma relation avec Jésus s’est approfondie. Il était, est et sera toujours à mes côtés. Beaucoup de gens ont à endurer des choses difficiles mais, grâce au Seigneur, l’espérance se faufile dans ces situations. Il nous donne la force et l’amour pour rester même si le succès n’est pas au rendez-vous. Il prend toujours soin de nous et nous donne la joie de vivre. J’ai aussi appris à apprécier de nouveau ma vie en Suisse: ma famille, ma colocataire, mon église et les moments que je passe avec mon fiancé, la liberté de mouvement, la proximité de la nature, la crédibilité des personnes, et une photocopieuse et une connexion internet qui fonctionnent.
Les compétences tunisiennes qui ont
travaillé sous le régime de Ben Ali sont de plus en plus convoitées par
les entreprises internationales et autres cabinets de conseil qui
veulent profiter de leur expérience et leur savoir faire.
C’est
ainsi qu’un discret duo helvético-tunisien a entrepris de fédérer
plusieurs technocrates stars au sein d'un même cabinet. Dans son dernier
numéro en date du 26 mai 2016, Maghreb Confidentiel rapporte que
Taoufik Baccar, qui a été ministre des finances et gouverneur de la
Banque centrale, ainsi que Rafaâ Dhékhil qui a été deux fois ministres
et ancien PDG de deux grandes entreprises nationales, la CPG et la SNDP,
ont été embauchés en tant qu’experts consultants sur certains dossiers
par Ronigger Maghreb créée en mars dernier et qui représente dans la
région la société de conseil suisse Ronigger Advisory Partners.
Ce
cabinet est dirigé par une suissesse vivant à Hammamet, Irene Mag et
l'ex- directeur central de Tunisair, Souhail Boulaaba qui a, également,
dirigé la compagnie Koral Blue Airlines compagnie charter associant
Karthago Airlines à l’égyptien Orascom.
Taoufik Baccar a pris en charge le dossier financier tandis que Rafaâ Dekhil s’est chargé des affaires minières et pétrolières.
Toujours
selon la même source le cabinet Ronigger Maghreb travaille actuellement
au refinancement de l’une des principales institutions de Microfinance.
Il se pencherait sur la gestion de l’un des aéroports du compagnie en
Libye, ainsi que sur la création d’une compagnie aérienne privée dans ce
pays.
Il est à signaler que ce même
cabinet a engagé un ancien haut gradé de la marine nationale, l’amiral
Layouni et l’hôtelier Faouzi Belgacem.
Nicolas Mattenberger, député socialiste et avocat dans le canton de
Vaud, et sa consoeur parisienne Isabelle Coutant-Peyre préparent une
plainte pénale pour « homicide par négligence ». Ils demandent que l’on fasse toute la lumière sur la mort de Skander Vogt,
détenu dans le quartier de haute sécurité de la prison de Bochuz le 11
mars dernier. Ce décès est d’autant plus embarrassant pour
l’administration pénitentiaire que cet helvético-tunisien aurait dû être
libéré en… juin 2001.
En effet, Skander Vogt n’avait été condamné qu’à 20 mois de prison
pour des imbécilités d’adolescent : dommages à la propriété, injures,
menaces, vol, violences. Mais l’article 43 du Code pénal suisse permet
de priver le condamné du droit à la liberté, à l’expiration de la peine
prononcée, pour une durée illimitée, si « en raison de son état mental, le délinquant compromet gravement la sécurité publique ». Entré à 20 ans derrière les barreaux, il n’en est sorti dix ans plus tard que les pieds devants.
Skander Vogt
Victime de brimades répétées
« Depuis 2006, j’ai alerté la Cour européenne des droits de l’homme sur cette situation invraisemblable, totalement inhumaine »,
proteste Isabelle Coutant-Peyre, l’un des défenseurs de Skander Vogt.
En effet, depuis une décennie, l’homme était considéré par
l’administration pénitentiaire comme extrêmement dangereux. Il ne
sortait de sa cellule que pieds et poings enchaînés. Or, ce garçon,
rappeur passionné, se montrait au contraire gentil, joyeux, drôle,
curieux de tout, avec le réseau d’amis qu’il avait pu se constituer en
dehors de la prison. Ils étaient une cinquantaine d’entre eux à assister
à ses funérailles au cimetière de Montoie, à Lausanne, mardi dernier.
Que s’est-il passé ? En 2008, Skander Vogt souffre
des dents, mais la prison de Bochuz (canton de Vaud) lui refuse le
dentiste. Pour protester, le prisonnier grimpe sur le toit de la prison,
et y reste trente heures, soutenu par les autres détenus. Depuis, les
responsables de l’établissement lui vouent une haine sans bornes. Les
humiliations pleuvent. La semaine dernière, on lui confisque sa radio.
Furieux, Skander annonce « ce soir, ça va cramer », et il met le feu à son matelas. La fumée envahit la cellule.
Les gardiens n’interviennent pas
« Comment expliquer que les gardiens ne lui ont pas porté
secours ? On nous dit que Skander était considéré comme dangereux et
qu’ils avaient peur d’entrer dans sa cellule ! Ça ne tient pas la route », dénonce Nicolas Mattenberger.
Les gardiens vont donc le laisser s’asphyxier pendant une heure et
demie, entre 1 heure et deux heures 30 du matin, attendant les renforts
des troupes d’élite de la police vaudoise.
La mort est constatée à trois heures.
De Tunis au Léman
Sanda, 34 ans, et Skander, 30 ans, ont perdu très tôt leur mère
tunisienne. Vivant à Tunis, ils sont recueillis par une tante. Leur
père, originaire de Bâle, en Suisse, perd le contact avec ses enfants.
Ces derniers arrivent sur les bords du lac Léman en 1993 et sont
recueillis par des familles d’accueil. Skander tombe alors dans la
petite délinquance.
Le directeur de la prison téléphone à Sanda Vogt, la sœur aînée de Skander, lui affirmant que son frère s’est suicidé.
Depuis, l’administration pénitentiaire a changé de version, prétendant
que le prisonnier empêchait les gardiens de lui porter secours,
proférant contre eux des menaces de mort. Déclaration aussitôt démentie
par le voisin de cellule de Skander. Habituellement, un incendie
provoque une grande animation dans une prison. Mais cette fois, les
gardes-chiourmes ne semblaient pas pressés d’intervenir, se contentant
de chuchoter.
Enfermé sans expertise psychiatrique
« Nous n’allons pas lâcher l’affaire, c’est trop grave. Ce
malheureux a été martyrisé pendant dix ans. Et il y en a d’autres dans
les prisons suisses. Comment peut-on priver un homme de sa liberté sous
prétexte qu’il serait dangereux ? Depuis des années nous réclamions une
expertise psychiatrique », dénonce Isabelle Coutant-Peyre.