Histoire d’une intégration réussie
Immigrés maghrébins en Suisse: faits et chiffres
Par Abdelhafidh Abdeleli
Publié le 15. juin 2016 - 17:00
Menée par le Forum suisse pour l’étude des migrations et de la population de l’Université de Neuchâtel (SFMLien externe), cette étudeLien externe
de 150 pages, publiée en 2014, commence par rappeler les
caractéristiques communes au Maroc, à l’Algérie et à la Tunisie, les
trois pays du Maghreb. La population pratique à 95% un Islam sunnite, de
rite malékite, parle l’arabe et le berbère et ces pays ont tous trois
connu la domination française.
Autres caractéristiques: les populations maghrébines sont aujourd’hui très jeunes (plus de 25% de moins de 14 ans) et leur première destination d’immigration est l’Europe occidentale. Cette immigration a débuté après la Deuxième Guerre mondiale. Elle s’est encore développée avec la première crise pétrolière des années 70, avant de commencer à diminuer suite à l’établissement des visas d’entrée, exigés par l’Union européenne.
La Suisse, quant à elle, devient une destination pour les populations maghrébines à partir des années 80. Les immigrés sont alors des étudiants ou des opposants politiques aux régimes dictatoriaux de leurs pays, ou encore des personnes à la recherche de meilleures conditions de vie.
Cette immigration relativement facile s’infléchit brusquement dès janvier 1991, lorsque, suite à la dénonciation d’un accord datant de 1963, la Suisse réintroduit l’obligation de visa pour les trois pays du Maghreb. Et l’application de l’accord de Schengen en décembre 2008 n’a pas arrangé les choses.
A la fin de l’année 2010, la Suisse comptait un peu plus de 18’000 personnes originaires du Maghreb (Maroc: 7469, Tunisie: 6418, Algérie: 3822). Résidents permanents, ces immigrés habitent notamment dans les grandes villes et les cantons francophones. Le tableau ci-dessous illustre l’évolution, entre 1981 et 2010, du nombre des résidents permanents maghrébins en Suisse, recensés selon leur pays d’origine.
Avec environ 18’000 personnes, les
Maghrébins forment 1% de la population étrangère de la Suisse. Une étude
réalisée pour le compte du Secrétariat d’Etat aux migrations éclaire la
réalité de cette population composite, qui selon les termes des auteurs
«n’apparaît comme soudée et homogène qu’aux yeux des personnes qui lui
sont extérieures».
Autres caractéristiques: les populations maghrébines sont aujourd’hui très jeunes (plus de 25% de moins de 14 ans) et leur première destination d’immigration est l’Europe occidentale. Cette immigration a débuté après la Deuxième Guerre mondiale. Elle s’est encore développée avec la première crise pétrolière des années 70, avant de commencer à diminuer suite à l’établissement des visas d’entrée, exigés par l’Union européenne.
La Suisse, quant à elle, devient une destination pour les populations maghrébines à partir des années 80. Les immigrés sont alors des étudiants ou des opposants politiques aux régimes dictatoriaux de leurs pays, ou encore des personnes à la recherche de meilleures conditions de vie.
Cette immigration relativement facile s’infléchit brusquement dès janvier 1991, lorsque, suite à la dénonciation d’un accord datant de 1963, la Suisse réintroduit l’obligation de visa pour les trois pays du Maghreb. Et l’application de l’accord de Schengen en décembre 2008 n’a pas arrangé les choses.
A la fin de l’année 2010, la Suisse comptait un peu plus de 18’000 personnes originaires du Maghreb (Maroc: 7469, Tunisie: 6418, Algérie: 3822). Résidents permanents, ces immigrés habitent notamment dans les grandes villes et les cantons francophones. Le tableau ci-dessous illustre l’évolution, entre 1981 et 2010, du nombre des résidents permanents maghrébins en Suisse, recensés selon leur pays d’origine.
Structure démographique et état civil
S’agissant
de la proportion entre les sexes, on remarque que les femmes sont plus
nombreuses chez les immigrés originaires du Maroc (10 pour 7 hommes). En
revanche, les immigrés d’Algérie et de Tunisie sont plus nombreux que
les immigrées (107 hommes pour 100 femmes).
Si on regarde la
pyramide des âges, on voit qu’une grande partie des Tunisiens et des
Algériens résidant en Suisse ont entre 25 et 39 ans. Les enfants et les
personnes âgées sont particulièrement peu nombreux, comme souvent dans
les populations immigrées, qui recherchent avant tout un emploi et
veulent améliorer leurs conditions de vie.
Quant aux immigrés
marocains, 35% ont entre 30 et 39 ans. Parmi eux, on trouve de
nombreuses femmes actives sur le marché du travail. On constate par
ailleurs que les actifs sont les plus nombreux chez les Marocains, que
c’est chez les Algériens qu’on trouve le plus de personnes âgées et chez
les Tunisiens le plus de jeunes.
La plupart des ressortissants
des trois pays du Maghreb sont mariés (deux tiers pour les Algériens et
les Marocains contre 59% pour les Tunisiens). Ce qui signifie que la
majorité de ces immigrés vit de façon stable au sein d’une famille. La
proportion de célibataires est de 24% chez les Marocains et de 32% chez
les Tunisiens.
Plus de la moitié des Marocains, Tunisiens et
Algériens établis en Suisse sont mariés à des Suissesses. Et plus de la
moitié des femmes marocaines sont mariées à des Suisses, contre un tiers
seulement pour les Tunisiennes et les Algériennes.
Les permis de séjour
Il existe en Suisse
plusieurs types de permis de séjour pour étrangers. Le permis B
autorise un séjour d’une durée limitée, et le C, un établissement de
longue durée. Il y a aussi les permis provisoires ou saisonniers: G, L, N
et F. La distribution des différents permis dans la population
maghrébine montre une progression des personnes passant d’un statut
provisoire à un statut permanent depuis 1994. En 2009, 90% des Marocains
et des Tunisiens, ainsi que 87% des Algériens en Suisse ont un statut
consolidé (permis B ou C).
La migration des Maghrébins a ses
motifs: le regroupement familial, la recherche d’un emploi, l’éducation,
l’asile politique. En 2002, plus de deux tiers des Marocains présents
en Suisse y étaient venus pour rejoindre leur famille. En 2005, ils
avaient atteint la proportion de 80%. Quant aux Marocains entrés en
Suisse en 2002 pour des raisons d’études et de formation, leur
proportion ne dépassait pas 20%.
Concernant la naturalisation, en
quelques années, le nombre d’immigrés des trois pays du Maghreb ayant
obtenu la nationalité suisse a augmenté. Entre 1992 et 2010, quelque 200
à 280 Tunisiens ont été naturalisés chaque année, alors que ce nombre
se situe entre 150 et 200 pour les Algériens. Le tableau ci-dessous
illustre le processus de naturalisation entre 1992 et 2010.
Répartition géographique
La majorité des
immigrés des pays du Maghreb sont installés en Suisse romande. 64% des
Algériens, 67% des Marocains et 56% des Tunisiens vivent dans les
cantons francophones. Genève et Vaud accueillent plus de la moitié des
Marocains et des Algériens. Il n’en va pas de même pour les Tunisiens,
dont 30% vivent dans les cantons alémaniques, surtout dans les grandes
villes.
Marché du travail
Le Maghreb n’est pas
traditionnellement une région de recrutement de main-d’œuvre pour la
Suisse. Néanmoins, la participation des Maghrébins à la vie active en
Suisse et leur présence sur le marché du travail atteint un pourcentage
relativement élevé (trois quarts des Maghrébins travaillent, contre cinq
sixièmes des Suisses).
Enfin, la proportion d’hommes maghrébins
actifs sur le marché du travail en Suisse est plus élevée que celle des
autres étrangers des pays hors UE / AELE.
Cet ensemble de données, et les commentaires qui les accompagnent
tout au long de l’étude du SFM dressent un tableau qui bouscule les
idées reçues sur les immigrés maghrébins. Généralement bien formés et
intégrés, actifs dans le monde du travail comme dans la vie sociale, ils
ne sont ni excessivement conservateurs, ni fermés aux droits des
femmes.
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