mercredi 19 avril 2017

Un gendre du Tunisien Ben Ali condamné pour complicité de corruption

Le Ministère public de la Confédération confirme ce dimanche que Slim Chiboub a été condamné à 375 000 francs avec sursis pour complicité de corruption active en Libye




Un gendre de  Ben Ali, le seul membre de la famille de l'ancien dictateur tunisien à avoir accepté de se soumettre à la justice transitionnelle dans son pays, a été condamné pour complicité de corruption par le Ministère public de la Confédération (MPC). Il écope d'une peine pécuniaire de 375'000 francs avec sursis. Des fonds ont également été confisqués.
L'accusé devait être jugé début novembre devant le Tribunal pénal fédéral de Bellinzone. Celui-ci ayant retiré son recours contre l'ordonnance pénale, celle-ci est entrée en force, indique dimanche à l'ats le MPC, confirmant un article de la Zentralschweiz am Sonntag.
Concrètement, l'homme est reconnu coupable de complicité de corruption active d'agents publics étrangers. Il a été condamné à une peine pécuniaire de 150 jours-amende à 2500 francs, suspendue à une mise à l'épreuve de deux ans.
D'après les recherches de la Zentralschweiz am Sonntag, le gendre en question est Slim Chiboub, homme d'affaires et ancienne gloire sportive tunisienne.
Selon l'ordonnance pénale anonymisée, dont l'ats a obtenu une copie, il est intervenu en tant qu'intermédiaire dans une affaire de corruption en Libye impliquant le groupe d'ingénierie canadien SNC-Lavalin et un fils de Mouammar Kadhafi. En échange de son intervention, il a été rémunéré.
Au-delà de la procédure nationale, une procédure d'entraide avec la Tunisie est en cours. Une somme de 425'000 francs a été confisquée au profit de la Confédération, indique l'ordonnance pénale du MPC. Le MPC est dans ce contexte en contact avec ses homologues tunisiens.

Autres affaires

Avant l'éclatement du Printemps arabe, «Monsieur Gendre», comme l'appelaient les Tunisiens, avait été visé par une autre enquête du Ministère public de la Confédération. Les investigations concernaient l'obtention de pots-de-vin versés par la société Alstom.
Tout comme son épouse, fille cadette de l'ex-président Ben Ali et de sa première femme, Slim Chiboub figure sur une liste du Conseil fédéral, qui institue des mesures à l'encontre des proches de l'ancien chef d'Etat. En tout, le Conseil fédéral a bloqué près de soixante millions de francs appartenant au cercle des personnes proches de Ben Ali.

Reconnaissance des crimes

En mai dernier, l'Instance Vérité et dignité, qui doit réhabiliter les victimes de la répression sous le régime de Ben Ali, avait fait état d'une demande officielle de Slim Chiboub. Rentré en 2014 au pays, il a fait de la prison.
C'est le seul membre de la famille de Ben Ali à avoir accepté de se soumettre à la justice transitionnelle.
La loi sur la justice transitionnelle prévoit un abandon des poursuites contre les personnes incriminées si elles reconnaissent leurs crimes, s'excusent et restituent les sommes indûment perçues dans les cas de corruption financière.

Article paru dans le Temps 20 novembre 2016


Source

La Suisse s'engage pour les jeunes de Tunis



Berne - Des jeunes Tunisiens se battent pour améliorer l'image de leur quartier et leurs perspectives d'avenir. La Suisse les soutient.

La Suisse s'engage auprès des jeunes Tunisiens. Elle souhaite les aider à se réapproprier l'image de leur quartier et à améliorer leurs propres perspectives d'avenir.
Hasan Moussa habite à Ettadhamen, un quartier populaire de la capitale tunisienne. Ce «quartier spontané» comme on l'appelle, s'est formé dans les années 60 et 70, quand les habitants des campagnes ont migré dans la capitale pour y chercher du travail.
Le jeune homme affirme avoir activement participé à la révolution en 2011. Il était alors âgé de 15 ans. Quelque chose a-t-il changé depuis? Hasan Moussa est catégorique: «Maintenant nous sommes libres».
Les jeunes d'Ettadhamen et de Douar Hicher, un autre de ces quartiers, ainsi que les jeunes des régions ont joué un rôle déterminant lors de la révolution populaire qui a provoqué la chute de Ben Ali, le 14 janvier 2011.
Près de 83'000 personnes vivent dans ces deux banlieues de Tunis. Elles souffrent de la stigmatisation communément associée à la pauvreté. Ces quartiers sont perçus comme des repaires de criminels et de base de recrutement pour les djihadistes. De nombreux chauffeurs de taxi refusaient de s'y rendre même avant la révolution.



Des jeunes plein d'idées

Avec plus de 30 autres jeunes femmes et jeunes hommes, Hasan Moussa participe aujourd'hui dans son quartier aux structures des processus de décision. Le projet de l'organisation International Alert a pour objectif d'impliquer les jeunes dans les administrations locales par des consultations régulières dans le but d'atténuer leur sentiment de marginalisation et de renforcer leur confiance dans les autorités.
«Avec l'aide d'OpenStreetMap, nous avons d'abord actualisé la carte des rues d'Ettadhamen», détaille Hassan Moussa. Les jeunes participants ont ensuite consigné ce qui manquait - notamment des pharmacies - et fait des propositions pour rendre leur quartier plus agréable.
Ils ont estimé que les transports publics, l'approvisionnement en électricité, les routes et l'éclairage public devaient être améliorés et l'ont communiqué aux autorités. Entre-temps, ces dernières ont mis à disposition 300'000 francs pour mener à bien ces travaux.
Avec 170'000 francs, la Suisse est le plus important contributeur du projet. «La dignité et le respect des citoyens comme acteurs, et pas uniquement comme sujets, faisaient partie des revendications de la révolution», explique Romain Darbellay, directeur du Bureau de coopération suisse en Tunisie.

Sortir de l'image de bidonville

«Nous voulons améliorer l'image du quartier, qui est celle d'un bidonville», déclare une jeune participante. La responsable du projet, Olfa Lamloum, explique ce que cette image de bidonville peut signifier: «Quand quelqu'un cherche du travail et qu'un de ces quartiers figure sur sa carte d'identité, ce n'est pas une bonne carte de visite». Les jeunes collaborent également avec une ONG locale, afin de trier et de recycler les déchets.
La Direction du développement et de la coopération (DDC), avec le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco), le Secrétariat aux migrations (SEM) et la Division Sécurité humaine du DFAE, soutiennent des projets en Tunisie à hauteur de 25 millions de francs par année. (ats/nxp)

Créé: 27.12.2016, 10h04 article paru dans le TDG

Prix Nobel de la Paix à la Tunisie



Sommaruga rencontre deux Nobels de la paix

 


Suisse - Tunisie
La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga a assuré à Abdessattar ben Moussa et Fadhel Mahfoudh que la Suisse poursuivrait son engagement en Tunisie.


 
Simonetta Sommaruga a rencontré vendredi à Berne deux membres du Quartette tunisien du dialogue national, structure qui a reçu l'an dernier le prix Nobel de la paix. La conseillère fédérale a rappelé l'importance de la société civile pour la démocratie.




 
La cheffe du département fédéral de justice et police (DFJP) a assuré à Abdessattar ben Moussa et Fadhel Mahfoudh que la Suisse poursuivrait son engagement en Tunisie, a indiqué dans un communiqué le DFJP. Le programme de coopération entre les deux pays met l'accent sur la consolidation des structures démocratiques, le renforcement de la protection des droits de l'homme, ainsi que le développement économique.


 


Le Quartette est composé de la Ligue tunisienne des droits de l'homme (dont ben Moussa est président), de l'Ordre national des avocats de Tunisie (dont Mahfoudh est président), de l'Union générale tunisienne du travail et de l'Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat.


 


C'est sous son égide qu'a été lancé en 2013 un dialogue avec tous les partis politiques du pays, qui a ouvert la voie à la nouvelle Constitution. (ats/nxp)


 


Créé: 22.04.2016, 12h11 article paru dans le TDG

Swiss­con­tact en Tu­ni­sie



Ouverte depuis mars 2013, la re­pré­sen­ta­tion de Swiss­con­tact en Tu­ni­sie a pour am­bi­tion d'ap­porter une ex­per­tise forte dans les do­maines de la for­ma­tion-intégration pro­fes­sion­nelle et du développement économique (territorial, services aux PME, filières agricoles, etc.).

En tant qu’organisme de coopération internationale, nous encourageons les transferts de know-how entre la Suisse et la Tunisie, tout en élaborant avec nos partenaires des solutions innovantes adaptées au contexte. Nos projets visent également à renforcer la gouvernance « multi-acteurs » dans un contexte de transition démocratique, en particulier pour une meilleure gestion de la diversité et à travers la facilitation de partenariats publics-privés (PPP). 10 projets sont actuellement en cours, financés principalement par la Coopération suisse (DDC) et le Secrétariat suisse à l’économie (SECO).






Projets de formation

Formations de spécialisation co-certifiées public-privé

Cette nouvelle possibilité de qualification permet de devenir " spécialiste certifié " reconnu par son milieu professionnel. Elle s'adresse aux détenteurs d'un diplôme de formation professionnelle (CAP, BTP, BTS) au chômage ou désirant acquérir des compétences spécifiques et pratiques demandées par les employeurs.
 

Formations qualifiantes dans les régions à faible activité économique

Cette action débutée en mars 2016 vise à utiliser les dizaines d'hectares d'exploitations agricoles que possèdent les centres de formation agricoles en Tunisie à de fins de formation pratique ce qui n'est guère le cas actuellement, alors même que la pratique constitue le point faible de la formation agricole initiale dans le pays.
 

Formation pratique dans les centres de formation agricoles

Les régions économiquement faibles regorgent de chômeurs, jeunes diplômés ou peu qualifiés, femmes, etc. prêts à s'investir pour apprendre une nouvelle activité économique. Il est cependant difficile de former beaucoup d'individus dans le même domaine sans saturer le marché.
 

Perfectionnement et voyages d'études en Suisse

Dans le cadre du partenariat migratoire conclu entre la Suisse et la Tunisie, le Secrétariat d'Etat aux Migration suisse (SEM) offre la possibilité à des tunisiens d'effectuer un séjour de courte durée en Suisse à des fins de perfectionnement professionnel.
 


En savoir plus

PLANETE PHOTOS (LE BLOG DE GENEVE)

C'est le blog de Haykel Ezzeddine !
Il a écrit de nombreux articles avec le sujet de mon blog.


Je vous laisse le lien et découvrir cette plume et ces photos !


Une excellente lecture !


http://planetephotos.blog.tdg.ch/tag/tunisie





Carthage Family

Posté dans Dimension Jeunes Talents

C’est à Neuchâtel sur une place du marché bondée que nous avions donné rendez-vous aux trois jeunes membres de Carthage Family!

À quelques heures de leurs prestations où ils donnaient un concert sur la scène de la Marée à l’occasion de la 3ème édition “Dimensions Jeunes Talents” organisée par le Centre des Loisirs de Neuchâtel et Festi’neuch, les 3 lascars de Carthage Family composés d’Ossama Benjima, Mehdi Bennour et Loris Wahler, tous trois respectivement âgés de 18, 19 et 20 ans ne semblaient pas être perturbés par l’échéance qui les attendait.

C’est donc en toute décontraction que Kelma, Genoxy et Woze ont bien voulu pour myurbanplanet.ch revenir sur les épreuves auxquels ils ont déjà dû faire face malgré leur jeune âge.

Nous aurons donc appris que la Carthage Family n’était vieille que de quelques mois seulement, puisque c’est Ossama et Mehdi qui en ont décidé ainsi au mois de février dernier, après avoir fait une pause de pratiquement 2 ans avec leur ancien groupe ” Vikings Clan. ”

Le choix quant à trouver un nouveau nom de groupe fut relativement facile! ? Etant tous deux Tunisiens est très complice, le nom ( Carthage ), faisant référence à l’empire de Carthage plutôt que de l’actuel Tunisie, furent pour eux une évidence.

http://www.myurbanplanet.ch/blog/wp-content/uploads/2015/06/11169764_870742439657570_278905747549305651_o-250x250.jpg


 

L’opportunité de participer aux auditions de la 3ème édition “Dimensions Jeunes Talents” organisées par le Centre des Loisirs de Neuchâtel et Festi’neuch était donc une occasion rêvée.

C’est à la suite de cette audition qui se déroulait au QKC ( Case à Chocs ) de Neuchâtel, qu’Ossama, fait la connaissance de Loris, qui lui aussi fréquentait le studio d’enregistrement du Centre des Loisirs de Neuchâtel. Impressionné par les prods de DJ Woze, il lui propose alors de rejoindre le groupe.

Son arrivée au sein du groupe leur a permis de devenir un crew complet ( deux rappeurs / un DJ ).

Les projets à venir sont nombreux, notamment la création d’un futur EP avec des prods de Loris Wahler  Aka Woze, sans oublier Mehdi qui est dans l’expectative d’un album.

Comme mentionné plus haut dans l’article, les deux complices n’en sont pas à leur coup d’essai, puisque c’est avec “Vikings Clan” leur ancien crew, qu’Ossama et Mehdi auront l’opportunité de participer à plusieurs events, tels que la fête de la musique, la journée mondial contre le racisme ou une première scène à Festi’neuch.

Fort de leur première expérience, Carthage Family développent aujourd’hui un style de rap qui leur est propre, grâce à une technique d’écriture bien élaborée, à un flow original, variés et conscient.

 

© Fabrice Huguelet

 

Détails & Infos : https://www.facebook.com/pg/carthagefamily/about/?ref=page_internal


Source article : http://www.myurbanplanet.ch/blog/?p=11756


 

CHEMS EDDINE





CHEMS EDDINE
est un rappeur tunisien, fondateur de la maison de production Madrassa Records.
Artiste engagé politiquement dans ses chansons, il crée la polémiqu...e avec le titre « Traqué » sur la compilation « Rap game 2 », sortie pendant le quatrième mandat présidentiel de Ben Ali en Tunisie. Dénonçant la corruption dans son pays, il reçoit plusieurs menaces et est censuré. Le titre ne sera diffusé qu’après l’exclusion du gouvernement et la révolution du printemps arabe.
Déjà en 1996 il forme avec Karim Kouki Dateacher, Wajdi Mascot et près d’une dizaine de membres le groupe « Arabic Soul ». L’un des collectifs pionniers du hip hop à Tunis dans la fin des années 90. Malgré l’énergie et l’engagement qu’ils pouvaient avoir, ils n’ont pas eu le soutien des institutions culturelles et ont été boycotté par tous les médias.
En 1999, il s’expatrie et fonde avec le rappeur ProBigDal, le duo « 7mm ». S’en suit un single et une grande tournée en 2000 dont notamment plusieurs concerts improvisés dans les rues, musiciens et DJ à l’appuis. Malgré un très bon retour du public, ils se séparent pour poursuivre chacun leur carrière.
En 2008, après avoir animé une émission rap à la radio et participé à l’organisation de plusieurs événements culturels, il fonde sa propre maison de production de musique « Madrassa Records », comptant à ce jour plus d’une dizaine de projets et produisant plusieurs artistes. Il commence par sortir, en 2010, sa première mixtape « For the hood (En attendant ma sortie) ».
Il participe également en 2011 à l’émission « Urban Fen », première émission de télé-réalité basée sur le hip hop, sur la chaîne « Hannibal TV » en Tunisie, avec des primes times comptabilisant en moyenne plus de 7 millions de téléspectateurs du mondes arabe.
Il enchaîne avec la sortie de son premier album, « From the end », distribué par Virgin Music dans plus de 11 pays, suivie en 2012 de son street album, « Arbiman in Europa », où l’on ne retrouve pas moins d’une dizaine de collaborations internationales dont il a composé la majorité de toutes les musiques.
En 2014, il s’installe finalement à Neuchâtel, en Suisse, et sort le street Album « No Mercy » une compilation de ses plus gros succès avec quelques inédits. C’est là que commence alors l’élaboration de son deuxième album, « A force de vivre »,  qui sort finalement en 2015. Avec cet opus Chems Eddine nous livre un voyage universel aux thèmes chocs. Alliant les origines et le quotidien d’un expatrié écorché vif.






Unispoir Association Suisse-Tunisie

Unispoir est une association Suisse-Tunisienne spécialisée dans la mise en place de missions visant à développer des structures socio-éducatives


Elle recherche don en toute nature matériel, scolaire, financière.


Information-Contact : 078 685 03 99








Retrouvez les sur Facebook : https://www.facebook.com/unispoir/?fref=ts

Amine & Hamza, frères de son

Ils sont Tunisiens et Suisses. Musiciens et médecins. La sortie de leur nouvel album prouve qu’ils sont surtout absolument uniques. Rencontre avant leurs concerts au Cully Jazz Festival

«Je veux jouer du oud!» C’est un petit garçon vaudois qui trépigne dans une ferme rénovée. Il s’appelle Leo, il a bientôt 2 ans et ne souhaite rien tant que saisir le luth arabe de son père. Il y a autour de lui des dizaines d’instruments, une bibliothèque qui mêle les ouvrages mystiques, la philosophie et la psychiatrie, des images indiennes, le souk parfait. Amine s’assied sur le sofa. Hamza s’assied à côté de lui. Tandis que Leo pince des cordes à vide, ils se racontent. «Nous avions presque l’âge de mon fils lorsque nous sommes devenus musiciens», murmure Amine. Ainsi débute leur conte des mille et une vies.


Cela fait quelques années déjà que l’on croise en Suisse romande les noms d’Amine et Hamza Mraihi, deux frères tunisiens, virtuoses de la musique classique arabe et des discours inclusifs, tous deux docteurs en médecine, tout juste 30 ans. On les avait vus il y a quelques mois au Festival Onze Plus de Lausanne et leurs compositions, leurs regards partagés, faisaient l’effet d’une pluie vive dans un long désert. Hamza: «Nous avons connu la Suisse en 2006, nous donnions un concert à l’Octogone du Pully, organisé par l’association Amdathtra. Ça a été un coup de foudre.»

Des larmes pour la révolution

Ils rencontrent alors des tombereaux de musiciens, notamment Antoine Auberson, Jean-Pierre Schaller, qui tous sont subjugués par cette fratrie brillante et drôle. A l’époque, ils terminent leurs études de médecine en Pologne et doivent trouver un hôpital qui les accueille pour leur spécialisation: «Une amie nous a dit que la Suisse manquait de médecins, alors on a envoyé des lettres.» Ils sont pris. Hamza en médecine interne. Amine en psychiatrie («J’ai toujours été le plus littéraire des deux, j’aime creuser la pensée»).
Ils débarquent en 2011, en pleine révolution tunisienne: «On suivait les événements entre deux consultations, sur nos téléphones. Le 14 janvier, quand Ben Ali est parti, on a joué le soir même un morceau à l’Echandole d’Yverdon. On a beaucoup pleuré. De joie.» Quand ils parlent d’émotions vécues, ils évitent de trop se regarder. Il y a, entre Amine et Hamza, une sorte de gémellité lunaire, la pudeur de deux êtres qui ont souvent été la béquille de l’autre.

Musicien contrarié

On a décidé pour eux très jeunes de ce qu’ils deviendraient ensemble. Comme on le fait pour les footballeurs. Sauf que, dans ce cas, le sélectionneur, c’était leur père. Derrière sa bouille ronde de bonze et ses yeux d’acier, Amine se souvient des heures de répétition et de l’ambition de ce paternel, pneumologue à succès mais musicien contrarié: «Dans la voiture, presque depuis notre naissance, notre père nous faisait écouter Oum Kalthoum. Il insistait bien sur le joueur de luth oud et le joueur de qanun, cet instrument à cordes pincées. Il nous a fait croire que c’étaient les vrais super-héros de l’orchestre!»
Monsieur Mraihi ne se contente pas de rapporter des valises pleines de disques de chacun de ses voyages, de vérifier que ses enfants travaillent chaque jour, interminablement, sur une phrase mélodique qui n’est pas encore fluide. Il les envoie aussi, chaque été, très loin, tous seuls. Hamza: «Nous avions 11 ou 12 ans et nous partions pour plusieurs semaines chez un maître de la musique turque à Istanbul ou chez un maître du classique arabe à Casablanca.»

Bêtes curieuses

Les doigts des frères saignent. Mais ils vivent aussi un rêve d’indépendance extraordinaire. «On n’apprenait pas seulement la musique. On sortait la nuit avec nos maîtres. On grandissait tellement vite.» Ils n’ont pas quinze ans quand ils sortent leur premier album. Ce sont des vedettes tunisiennes, les deux frères prodiges, que la télévision filme comme des bêtes curieuses. Très vite, ils veulent détourner les imaginaires, ne pas se contenter de la case qu’on a dessinée pour eux.
Un oncle leur offre un disque du guitariste flamenco Paco de Lucia. Amine et Hamza dressent des ponts mentaux entre des traditions alliées, la musique indienne, le jazz. Au point où, quand ils se retrouvent à l’Opéra du Caire, la terre sacrée du classique arabe, ils décident d’interpréter leurs propres compositions cosmopolites. La salle se vide. «Nous étions prétentieux», dit Hamza. «Mais nous voulions faire bouger les lignes.» Ils ont déjà publié huit disques. L’album qu’ils sortent aujourd’hui, «Fertile Paradoxes», est le premier depuis qu’ils sont arrivés en Suisse. Il dit la terre soulevée, les origines, la conquête et le secret.

Satie et le Moyen-Orient

Amine et Hamza, pour se séduire l’un l’autre autant que pour combler leur père, ont été de bons élèves toute leur vie. Ils sont partis encore mineurs en Pologne pour mener cette double trajectoire d’étudiant en médecine et de musicien en tournée. Hamza: «On ne le regrette pas. Ne pas dépendre de la musique pour vivre, cela nous permet de ne faire aucun compromis en ce domaine.» Ils ont joué le jeu, des fils prodigues, des surdoués. Et pourtant, leur musique dit le contraire de l’esthétique du singe savant, elle fuit aussi les carcans de l’orientalisme. Elle est un pas de côté continuel.
Ils ont créé un groupe avec le violoniste lausannois (fils de maître indien, tout de même) Baiju Bhatt, avec le saxophoniste Valentin Conus, avec aussi un joueur de tablas, Prabhu Edouar et un percussionniste, Fredrik Gille. On dirait un archipel, liés par la distance. Cette musique, qui dit autant Satie que le Moyen-Orient, le Tzigane et Miles Davis, est un défi aux identités fixes: «On joue notre sang», dit Amine. «Mais on reste une génération de déracinés.» Leur racine la plus palpable, c’est ce lien qui les unit.


Profils

1986. Naissance d’Amine, le 30 mars.
1987. Naissance de Hamza, le 27 avril. A Tunis.
1989-1990. Les deux frères commencent la musique. Amine le luth oud. Hamza le quanun, planche aux cordes pincées.
2004. Ils s’installent en Pologne pour étudier la médecine mais poursuivent en parallèle leur carrière de musicien.
2010. Arrivée en Suisse. Ils exercent aujourd’hui tous les deux au CHUV.
2017. Sortie de l’album «Fertile Paradoxes».


Article d'Arnaud Robert pour le journal le temps, publié le 2 avril 2017


Source:  https://www.letemps.ch/culture/2017/04/02/amine-hamza-freres


Site officiel : http://aminehamza.com/

SOS Villages d'enfants - Tunisie





Les Tunisiens de Suisse









Ils sont près de vingt mille Tunisiens résidant en Suisse, formant une communauté compacte, laborieuse et respectée. Près de la moitié ont acquis la nationalité suisse. Notre communauté est en hausse continue, indique à Leaders l’ambassadeur de Tunisie à Berne, Mourad Bourehla. Outre les nouveaux-nés (près de 450 par an), on constate un intérêt de la part d’un certain nombre de Tunisiens résidant dans des pays européens voisins, notamment l’Allemagne, la France et l’Italie, à vivre en Suisse. Ayant souvent la nationalité de ces pays, ils viennent s’installer en Suisse après avoir conclu des contrats de travail. Ceux qui viennent d’Allemagne s’installent souvent dans les cantons alémaniques, les autres préfèrent les cantons romands.
Parmi ces vingt mille Tunisiens de Suisse, on dénombre 917 étudiants et 4 118 élèves (enfants de familles résidentes). Pour les autres, la répartition par occupation professionnelle est comme suit :
  • Employés: 8 412
  • Cadres: 392
  • Professions libérales: 1 900
La communauté tunisienne est bien intégrée en Suisse, plusieurs sont issus des premières immigrations des années 70, notamment des étudiants et cadres qui ont réussi à monter des affaires telles que agences de voyages ou restaurants ou à exercer des professions libérales, médecins et autres.

De son côté, le secrétariat d’Etat suisse aux migrations (SEM) mentionne dans ses statistiques officielles que les Tunisiens résidant sur le territoire suisse bénéficient des titres de séjour suivants:
  • Tunisiens titulaires de permis d’établissement (permis C): 4 273
  • Tunisiens titulaires de permis de séjour (permis B): 2 840
  • Tunisiens titulaires d’une autorisation de courte durée (permis L): 26
  • Titulaires d’une admission provisoire (livret F): 11
  • En procédure d’asile: 100
  • Tunisiens en attente de rapatriement: 303
Les services consulaires tunisiens, basés au sein de l’ambassade à Berne et effectuant des missions dans les cantons, apportent à la communauté divers services (assistance consulaire, établissement de passeports, actes de naissance, de mariage et de décès, etc.). Aussi, l’ambassade a délivré, depuis le 1er janvier 2015 jusqu’au 30 septembre dernier, 47 laissez-passer pour des personnes qui ont été identifiées tunisiens dans le cadre de l’Accord de partenariat migratoire conclu entre la Tunisie et la Suisse. Elle poursuit également ses efforts visant l’obtention d’une aide au retour au profit des Tunisiens clandestins désirant regagner la Tunisie dans le cadre du retour volontaire. Selon les statistiques des autorités suisses compétentes, il y a eu 48 départs volontaires dont 38 ont bénéficié d’une aide au retour. 22.11.2015 par http://www.leaders.com.tn


Source

mardi 18 avril 2017

Ben’s Kamelfarm


Un éleveur de chamelles écoule son lait à prix d’or

Un Zurichois d’origine tunisienne s’est lancé dans la production de lait de camélidés. Avec un certain succès.





«Ce sont de véritables tondeuses.» Kamel Ben Salem regarde d’un air amusé ses dromadaires brouter nonchalamment le vert pâturage. Même le vrombissement d’un avion qui décolle à une centaine de mètres de là ne perturbe pas les pensionnaires de sa ferme de camélidés, plantée dans la campagne d’Oberglatt (ZH), tout près de l’aéroport de Kloten.
Les animaux de Ben’s Kamelfarm – 21 dromadaires et un chameau – font beaucoup parler d’eux en ce moment. Et pour cause: leur lait s’écoule à 14 fr. le litre, soit 25 fois plus que pour du lait de vache. Un prix à faire pâlir d’envie un secteur en crise où l’offre dépasse la demande. Pour Kamel Ben Salem, dont les clients viennent de toute la Suisse, c’est tout le contraire. «Je n’arrive pas à répondre aux besoins», assure-t-il. Actuellement, seules deux de ses bêtes sont allaitantes. L’éleveur importe donc une partie de son offre via une entreprise basée aux Pays-Bas, explique-t-il en ouvrant un congélateur rempli de dizaines de bouteilles d’un demi-litre.

Pauvre en matière grasse
Il n’existe pas de données sur le marché suisse du lait de chamelle, mais celui-ci est confidentiel. Outre Kamel Ben Salem, un agriculteur saint-gallois s’est fait remarquer récemment en se lançant dans cette production de niche, convaincu du potentiel. C’est que le breuvage aurait tout pour plaire: pauvre en matière grasse, plus digeste que son cousin bovin car faible en lactose, il est aussi riche en valeurs nutritives, notamment en vitamine C. «Je ne conseille pas d’en boire le soir sinon vous risquez de ne pas dormir, commente Kamel Ben Salem. Dans le désert, on a l’habitude de se faire un verre avec des dattes le matin. Après, on est calé pour toute la journée!» Encore faut-il apprécier son goût, légèrement salé.
Notre fermier zurichois en a bu toute son enfance dans le sud de la Tunisie. C’est là qu’il est né il y a 39 ans, dans une famille de Bédouins éleveurs de dromadaires. Son père en a détenu jusqu’à 100. En 2004, Kamel Ben Salem a décidé de perpétuer la tradition, quelques années après être arrivé en Suisse. «Une évidence, affirme-t-il. J’ai grandi avec des dromadaires. J’aime ces animaux intelligents, gentils et patients. Ils font partie de ma famille.» Rien de surprenant donc à ce qu’il reconnaisse tous ses camélidés, baptisés d’un nom commençant par S pour marquer le lien entre le désert du Sahara et la Suisse. «Là, c’est Subuey, dit-il, tandis que le ruminant accueille son maître en blatérant. C’est la première à être née dans mon élevage.»
Kamel Ben Salem s’occupe seul de ses bêtes au fort caractère, accompagné de son chien de berger. «Elles ne reconnaissent qu’un seul chef», explique-t-il. Tous les matins et soirs, il s’attelle à la traite, avec une machine ou manuellement. «Certains dromadaires n’aiment pas les machines. Ce sont des animaux sensibles, ils peuvent vite se fâcher.»

Balades à dos de chameau
Le Zurichois s’est lancé dans la production laitière il y a quatre ans, après que son élevage s’est agrandi. Jusqu’alors, c’était pour se promener à dos de chameau ou de dromadaire, admirer les bêtes ou organiser des événements à thème, mariages ou soirées d’entreprise, qu’on se rendait chez Ben’s Kamelfarm. Des activités qui sont toujours proposées, la vente de lait ne suffisant pas à remplir les caisses de la ferme. Ses femelles ne produisent que trois litres par jour, contre 30 litres pour de pures races laitières. «Mais on n’en trouve pas sur le marché européen», explique Kamel Ben Salem.
Cela n’empêche pas l’éleveur de voir plus grand. Pour augmenter sa production, il veut agrandir son troupeau. C’est en bonne voie: huit naissances sont attendues pour l’année prochaine. A terme, il espère accueillir une cinquantaine de bêtes dans sa ferme et en réserver une vingtaine à la production de lait. Et il ne compte pas s’arrêter là. «Nous sommes en train d’essayer de faire du fromage de chameau avec un fromager de la région.» A quand le chocolat au lait de chamelle? (24 heures)

Créé: 08.10.2016, 08h31


Elouni Janhaoui - Sculpteur



Elouni Janhaoui est sculpteur établi à Vuiteboeuf. Les voûtes de Rôtillon à Lausanne ont été pendant 8 ans le refuge de son atelier Patte Blanche, lieu de création.

Il est né en avril 1966 en Tunisie, il a passé son enfance à Kasserine.
Dès 1988, il s'installe en Suisse. Peu à peu, il commence à s'extérioriser pour exprimer ce qu'il ressent à travers le dessin, la peinture et ensuite la sculpture.
Il communique entièrement avec les différentes matières et est autodidacte. Tout est nouveau pour lui mais ne lui est pas inconnu,           il vit la matière. De là, tout prend forme: force, douleur, beauté, spiritualité, joie....
Pendant plusieurs années, il était installé dans son Atelier Patte Blanche, lieu de création et d'exposition situé dans les voûtes de Rôtillon à Lausanne.
Il a aussi été amené à ciseler le bronze à la Fonderie d'Art d'Ogens.
Dès avril 1999, il participe régulièrement à différentes expositions. Lors d'Art Forum 2003 à Montreux, le prix de la Fondation Seymour-Obermer lui est attribué.




Pour plus d'informations : http://www.patte-blanche.ch/